Wilhelm Hausenstein, né le à Hornberg et mort le à Munich, est un homme politique, journaliste, critique d'art, historien diplomate et homme de lettres allemand. Il est l'un des rares Allemands qui ait su vraiment dire non au nazisme, à l'antisémitisme.

Il est le premier ambassadeur allemand nommé à Paris après la Seconde Guerre mondiale. Il est l'un des bâtisseurs de l'amitié franco-allemande, après avoir été un médiateur culturel et politique entre l’Allemagne et la France.

Biographie Jeunesse

Wilhelm Hausenstein est né à Hornberg, face à la ville de Strasbourg, au nord de la Forêt-Noire. Il est le fils Wilhelm Hausenstein, haut fonctionnaire aux finances du duché et de la Maison de Bade, mort jeune, et de Clara Baumann.

Il fait des études au lycée de Karlsruhe, puis à l’université de Heidelberg, à Tübingen et Munich. Il réussit, en 1905, à obtenir des diplômes avec mention en philologie, philosophie, théologie, et surtout en histoire.

En 1919, il épouse Margot Lipper, qui est une interprète belge, de confession juive. Ils ont une fille prénomée Renée Marie. Hausenstein découvre très jeune la France, qui est pour lui, comme pour beaucoup d’Allemands un lieu de séjour privilégié.

Homme de lettres

La même année que le Premier Salon d'automne organisé à Berlin en 1913, le critique d'art Wilhelm Hausenstein, s'inspirant de Karl Marx, défend l'expressionnisme comme art social par excellence pour l'avenir. Après la mort d'Albert Weisgerber au front, Hausenstein rédige sa biographie, en 1918. Après la guerre de 1914-18, cet historien d’art affirme que « l'expressionnisme est mort ». En mars 1921, la monographie de Wilhelm Hausenstein, Kairuan oder eine Geschichte vom Maler Klee und von der Kunst dieses Zeitalters, marque l’édition du livre le plus important consacré jusqu'à cette date à l'artiste Paul Klee.

Homme politique

En 1907, il adhère au Parti social-démocrate d'Allemagne, ce qui exclut une carrière dans l'enseignement supérieurLettre à Theodor Heuß, le 15 mai 1907; citée dans Rennert, Wilhelm Hausenstein, Asgewählte Briefe 1904-1907 (1999) apud Kai Konstanty Gutschow, The Culture of Criticism, Columbia University, 2005.. Il devient donc écrivain.

Douze ans plus tard, en 1919, il quitte le Parti social-démocrate d'Allemagne et travaille au Frankfurter Zeitung et aux .

En 1926, il participe activement à la rédaction d’une encyclopédie soviétique sur l’art. Il a pourtant des engagements contrastés et il n’est qu’un jeune journaliste partisan du progrès politique et social. Toutefois cela suffit à la police munichoise pour obtenir, en 1933, son licenciement immédiat du comité de rédaction des Münchner Neueste Nachrichten. Ses amis, artistes modernes, sont victimes du régime. Il leur faut soit émigrer, soit être déportés.

De 1934 jusqu'à 1943, Hausenstein est responsable de tout ce qui est critique littéraire et de la page femmes du Frankfurter Zeitung. Néanmoins, dès 1936, le ministère de l'Éducation du peuple et de la Propagande du Reich lui interdit de publier des livres parce qu'il refuse de ne pas mentionner les noms des artistes juifs et parle des œuvres classées comme art dégénéré par les nazis.

En 1943, il est chassé du Frankfurter Zeitung et ne peut plus travailler comme journaliste. Il écrit alors ses mémoires, Lux Perpetua et prépare d'autres livres. Wilhelm Hausenstein vit dans la crainte de l’arrestation de sa femme Margot, qui est juive.

Le , six mois après la fin de la Seconde Guerre mondiale, le Süddeutsche Zeitung est le premier journal autorisé par l'armée américaine alors en poste en Bavière. Les Américains lui proposent la rédaction en chef du journal, mais Wilhelm Hausenstein refuse prétextant des problèmes de santé et d’autres projets d’ordre littéraire.

Hausenstein fait écrire une inscription sur l'arrière du Siegestor, un monument munichois qui dit : (dédié à la victoire, détruit par la guerre et rappel de paix). Le Siegestor (littéralement porte de la victoire) est un arc de triomphe qui se trouve à Munich. Après avoir été largement endommagé pendant la Seconde Guerre mondiale, il ne sera que partiellement reconstruit et restauré.

Diplomate allemand

Wilhelm Hausenstein aime la France, ses peintres, ses sculpteurs et ses écrivains. Ce militant européen et pacifiste accepte d’être ambassadeur à Paris pour le gouvernement Adenauer, avec la mission de réorganiser et d'améliorer les rapports franco-allemands. Il va devoir surmonter de bien grandes difficultés. Il est le premier consul général d’Allemagne à Paris d’après-guerre, de 1950 à . Puis il est nommé attaché aux affaires jusqu'au .

Pour le germaniste Robert Minder : Robert Minder, Wilhelm Hausenstein, dans Neue Deutsche Biographie, vol.8, Berlin, 1969, .. Il joue effectivement le rôle de précurseur dans les relations franco-allemandes d’après-guerre, à l'écart de la politique réaliste.

L'ambassadeur va se heurter en 1950 à un accueil des plus réservés et un refus de s'ouvrir à la culture allemande. Il fait cependant preuve de patience et de tact.

Quand il quitte ses fonctions, Hausenstein est membre de plusieurs institutions et fait fonction, à partir de 1950, de président de l’Académie des Beaux-Arts de Munich. Mais ses rapports avec le gouvernement allemand sont mauvais. Il succombe le à un infarctus du myocarde à Munich et est enterré au cimetière du district de Bogenhausen à Munich.

À l’occasion du de sa disparition, la Maison Heinrich Heine, qui est elle-même le fruit de l’engagement de Wilhelm Hausenstein dans le processus de la réconciliation des deux pays, organise un colloque-débat, suivi d’une soirée de conférences, en hommage à ce diplomate et homme de lettres. C'est grâce à lui qu'a été posée la première pierre de cet édifice en 1954. Il a ouvert aussi des consulats allemands en province.

Œuvre

Wilhelm Hausenstein va écrire pendant toute sa vie environ sur la culture, l'art, les voyages, l’histoire, mais aussi ses mémoires. Quelques-uns d'eux paraissaient sous les pseudonymes de Johann ArmbrusterArmbruster est le patronyme de certains de ses ancêtres maternels et Kannitverstan. Il traduit aussi des poèmes de Charles Baudelaire.

1910 : Der Bauern-Bruegel, monographie de ce peintre et son premier livre 1914 : Malerei, Plastik, Zeichnung. Die bildende Kunst der Gegenwart 1918 : Albert Weisgerber, ein Gedenkbuch, Herausgegeben von der Münchener Neuen Sezession 1919 : Der Isenheimer Altar des Matthias Grünewald 1923 : Giotto 1928 : Kunstgeschichte 1932 : Europäische Hauptstädte 1949 : Was bedeutet die moderne Kunst 1948 : Zwiegespräch über Don Quijote 1961 : Pariser Erinnerungen

Wilhelm Hausenstein: Lux Perpetua; Frankfurt/Main, 1972, son autobiographie;

Notes et références Wandel und Integrationdeutsch-französische Annäherungen der fünfziger Jahre... de Hélène Miard-Delacroix, Rainer Hudemann, .

Annexes Bibliographie

Walter Migge: Wilhelm Hausenstein. Wege eines Europäers. Katalog einer Ausstellung; Marbach am Neckar, 1967; Peter Matthias Reuss: Die Mission Hausenstein (1950–1955); Sinzheim, 1995; ; Dieter Sulzer: Der Nachlass Wilhelm Hausenstein. Ein Bericht; Marbach am Neckar, 1982, ; Johannes Werner: Wilhelm Hausenstein, Ein Lebenslauf; München, 2005; ;

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