Le mot guêpe désigne plusieurs sortes d'insectes hyménoptères ayant généralement un abdomen jaune rayé de noir et dont la femelle porte un dard venimeux.

Ce nom ne correspond pas à un niveau précis de classification scientifique des espèces. Il s'agit d'un nom vernaculaire dont le sens est ambigu en biologie car il est utilisé seulement pour désigner une partie des différentes espèces d'insectes classées dans diverses familles d'hyménoptères apocrites. Ce sous-ordre regroupe en effet à la fois les guêpes, abeilles, bourdons, frelons, fourmis

Dans le langage commun, le mot guêpe désigne le plus souvent un insecte du genre Vespula, et presque toujours la Guêpe commune (Vespula vulgaris) ou la Guêpe germanique (Vespula germanica) qui sont les espèces les plus fréquentes en Europe. Il en existe d'autres espèces, mal connues du public ( polistes notamment). Le groupe des guêpes est divisé en deux sous-groupes : les guêpes sociales ( 13 espèces répertoriées en Belgique/Luxembourg en 1969) ; et les guêpes solitaires..

Dans la culture populaire, la guêpe symbolise à l'origine une créature importune, dont on redoute la piqûre, mais on lui envie aussi sa fine « taille de guêpe ». Le nid de guêpe est dit « guêpier ».

Caractéristiques générales des guêpes

Les caractéristiques générales des guêpes sont celles des Apocrita, avec des nuances pour chaque espèce : voir les articles détaillés pour plus d'informations sur leur description ou leur mode de vie.

D'une longueur variant habituellement de , les guêpes ont une morphologie de base proche de celle des abeilles et des fourmis sexuées : une tête notamment dotée de mandibules et d'une paire d'antennes, d'une paire d'yeux composés et de trois ocelles infrarouges, un thorax sur lequel sont fixées six pattes et quatre ailes membraneuses, enfin l'abdomen arborant des couleurs vives avec à son extrémité un aiguillon relié à une glande à venin. Cependant, certaines guêpes (Guêpes à galles, Guêpe parasitoïdes) ont un ovipositeur allongé et fin à la place de ce dard et ne possèdent pas de venin.

En 2007, la plus petite guêpe connue Dicopomorpha echmepterygis de la famille des Mymaridae, mesure ..

Alimentation thumb|Vidéo d'une guêpe neutralisant une mouche. Chez les guêpes sociales, l'adulte est essentiellement nourri par sa larve, qui une fois sustentée, régurgite un liquide sucré. Chez les espèces sociales, lorsqu'il n'y a plus de larves dans la colonie et chez les espèces solitaires, il se nourrit de tout type de sucres disponibles (fruits en décomposition, miellat, jus de plantes sucré, nectar...).

thumb|left|Emport d'un morceau de poisson par une guêpe (après qu'elle l'a découpé) Afin de nourrir les larves, la quasi-totalité des espèces de guêpes sont prédatrices d'autres insectes, voire nécrophages. Elles peuvent aussi chaparder des morceaux destinés à l'alimentation humaine (animation ci-contre). Les espèces sociales ne gardent le plus souvent que les muscles, situés dans le thorax de l'insecte. Après les avoir mastiqués, elles les servent à leurs larves. Les espèces solitaires paralysent leur proie avant de la stocker dans un nid où elles pondent un œuf. Une fois née, la larve se nourrit seule de sa proie toujours vivante. Les espèces de la sous-famille des Masarinae sont les seules guêpes à ne pas nourrir leurs larves de matières animales mais avec du pain d'abeille, à la façon des abeilles solitaires.

Différencier une guêpe d’une abeille et d'autres insectes La coloration jaune et noire n'est pas un caractère fiable pour distinguer les guêpes des abeilles. On dit couramment que la guêpe est jaune vif rayé de noir alors que l'abeille est plus brune (sauf l'abeille charpentière qui, elle, est toute noire), mais cela est très réducteur puisque certaines abeilles solitaires présentent une livrée jaune et noire (notamment celles des genres Nomada et celles de la tribu des Anthidiini). Par ailleurs, cette même robe bicolore ne se retrouve que chez les guêpes sociales (tribus des Vespini et Polistini) ainsi que chez les guêpes solitaires appartenant aux Eumeninae, mais chez les guêpes au sens large, il existe de très nombreuses espèces ne comportant aucune tache jaune.

Critères distinctifs L'abdomen et le corps de la guêpe sont très distincts, fins et peu poilus. Les abeilles, à l'inverse, sont plus compactes et poilues. Chez les guêpes sociales, l'ouvrière est munie d'un dard effilé et reste en vie quand elle pique un mammifère ; alors que l'ouvrière abeille domestique est munie d'un dard en forme de harpon (avec ardillons) et meurt, une partie de son abdomen arraché, lorsqu'elle pique un mammifère. Les femelles des guêpes et abeilles solitaires n'ont pas de dard ou n'en font pas un usage défensif. Les guêpes sont quasiment toutes prédatrices ou nécrophages, alors que les abeilles sont toutes floricoles. Les guêpes sociales ne participent pas à la pollinisation et ne possèdent pas d'organes de récolte de pollen, tels que les brosses et corbeilles à pollen aux pattes postérieures chez les femelles de l'Abeille européenne et des bourdons ou sous l'abdomen des Megachilidae.

Toutefois plusieurs espèces d'abeilles ont des aspects extrêmement proches des guêpes ce qui trompe facilement leurs prédateurs comme les humains profanes. En outre, plusieurs autres espèces d'insectes n'appartenant pas à la famille des hyménoptères s'efforcent aussi de ressembler à des guêpes pour dissuader leurs prédateurs, comme les syrphes.

Classification Guêpe solitaire

Guêpe fouisseuse

thumb|upright|Guêpe bâtissant des loges en terre pour stocker les proies qui serviront de réserves de nourriture à ses propres larves.

Il en existe environ à travers le monde. Ce sont des guêpes solitaires. Certaines de ces guêpes ont le corps allongé et très élancé, alors que d’autres sont plus trapues. Elles mesurent généralement entre 1 et . Elles sont parfois noires et jaunes (ou orangées), toutes noires ou bleu métallique (comme le Chalybion californicum). Elles ont parfois une taille très allongée. Leurs antennes sont longues et leurs pièces buccales de type broyeuses. Leurs pattes arrière sont souvent longues.

Pour son nid, la femelle peut : utiliser diverses cavités (tiges creuses, anfractuosités) ; bâtir de toutes pièces des loges (en terre) ; creuser plusieurs cellules dans le sol.

Le nid peut être rempli d'arthropodes (insectes matures, larves, araignées) souvent paralysés à l'aide de son venin et sur lesquels elle pond.

Les femelles chassent des insectes ou des araignées, dans le but de nourrir leur progéniture. Les adultes se nourrissent surtout de nectar. Certaines sont généralistes et se contentent de divers arthropodes qu’elles peuvent trouver (araignées, chenilles, mouches, sauterelles), alors que d’autres sont plus spécifiques dans leurs choix de proies. Ainsi, le grand sphex doré (Sphex ichneumoneus) ne chasse que de grosses sauterelles vertes. Lorsqu’une proie est capturée, celle-ci est paralysée à l’aide de l’aiguillon de la femelle guêpe. La guêpe place ensuite sa victime dans une cellule préalablement construite (dans la terre, le bois mort ou sur une paroi quelconque). Elle pond un œuf dessus et referme ensuite la cellule. Les autres cellules seront remplies de la même façon et un œuf sera pondu dans chaque cellule. À leur éclosion, les larves pourront se nourrir de la proie (insecte ou araignée) paralysée que leur mère leur a laissée. Ces proies, toujours bien vivantes, constituent un repas frais et nutritif pour ces futures guêpes.

Pompile

Ce sont des guêpes solitaires. La femelle nourrit ses larves avec des araignées (une araignée par œuf). Soit elle utilise le nid de l'araignée, soit elle utilise une cavité préexistante, soit elle creuse un terrier avant ou après avoir capturé une proie.

Guêpe maçonne

Les guêpes maçonnes ou potières sont les guêpes faisant partie de la sous-famille des Eumeninae, dans la famille des Vespidae.

Ce sont des guêpes formant des petits nids d'argile ou de boue ou de particules de sable et argiles agglomérées avec de la salive. Ces nids sont si spécifiques à chaque espèce qu'il est possible de produire une clé d'identification des nids de guêpes sociales (certaines espèces sont solitaires, d'autres sont sociales)Wenzel J. W., 1998. A generic key to the nests of hornets, yellowjackets, and paper wasps worldwide (Vespidae: Vespinae, Polistinae). American Museum Novitates, 3224 : 1-39.. Les Eumènes construisent leur nid en assemblant des gouttelettes de boue. Dans cette famille, on appelle Guêpes potières celles (Eumenes, Delta, etc.) qui les fabriquent en forme de petit pot de terre remplis de chenilles paralysées avant que l'entrée en soit fermée d'un opercule de terre. La femelle fixe un seul œuf par cellule de terre, suspendu au bout d'un fil au-dessus des "provisions" de nourriture. Après l'éclosion, la larve reste suspendue et mange peu à peu son stock de chenilles. Les Odynères (Odynerus et genres voisins) font des nids de terre qui sont des galeries où des cellules sont aménagées par des cloisons les séparant. La plupart des espèces construisent ces nids dans le sol, ou des pans de terre (talus argilo-sableux en général). Les galeries souterraines sont parfois équipées d'une sorte de cheminée provisoire qui protège le nid (des prédateurs, de la pluie, de la déshydratation le temps de sa construction et de la ponte, avant que la femelle ne la détruise et en utilise la terre pour construire l'opercule qui fermera le nid. Les proies stockées dans ces nids sont le plus souvent des larves de charançons ou de chrysomèles, paralysées par une petite dose de venin). Certaines espèces d'Odynères font leurs nids dans des tiges creuses de végétaux, des nids récupérés d'Hyménoptères ou des coquilles d'escargotsClaire Villemant. Les nids de guêpes solitaires et sociales, Insecte 24, , OPIE, PDF, 3 pages. Une femelle produit généralement une dizaine de nids, avant de mourir. Le Sceliphron, qui peut construire ses nids dans les maisons, est une guêpe qui nourrit ses larves avec des araignées paralyséesOPIE, Qu'est-ce que les guêpes maçonnes ? et illustrations par Aramel, avec clé de détermination.

Guêpe sociale

Les guêpes sociales sont les guêpes faisant partie de la famille des Vespidae, comprenant uniquement les sous-familles Vespinae et Polistinae; les autres sous-familles, Eumeninae et Masarinae, ayant un comportement solitaire.

Elles forment des colonies annuelles fondées au printemps par une femelle fécondée, la reine. Le nid est constitué d'alvéoles de « carton » construites avec une espèce de pâte à papier que les guêpes produisent en mastiquant du bois mélangé à leur salive.

Terminologie

Étymologie et sémantique Le mot est attesté dès le Moyen Âge, sous les formes wespe vers 1180 (Marie de France, Fables, éd. K. Warnke, 65, 28) ; guespe dans le Dictionnaire du Moyen français (1330-1500). Les mouches guespes comprennent alors les guespes de ruche, c'est-à-dire les abeilles.

Dans le Dictionnaire de l'Académie française, ce terme est mentionné dès la quatrième édition (1762) qui définit la guêpe en la comparant à la mouche, plus petite, et à l'abeille, . Elle est aussi caractérisée par son aiguillon et son . À partir de la sixième édition (1832-5), ce dictionnaire précise que certaines espèces . La huitième édition (1932-5) introduit la notion de classification en les décrivant comme un dont font partie la « Guêpe vulgaire » ou le Frelon, et l'ouvrage précise que seules les femelles sont pourvues d'un aiguillon, mais leur production de miel n'est plus mentionnéeGuêpe dans les Dictionnaires d'autrefois, des , , et siècles, sur Atilf.

Le Trésor de la langue française informatisé (TLFi) en donne une définition plus large, précisant seulement qu'il s'agit d'un hyménoptère, que l'abdomen est et que la femelle possède .

On dit un essaim de guêpes, un nid de guêpes, une piqûre de guêpe. Le «guêpier désigne aussi bien le nid que l'essaim.