Lorenzo di Bicci, né vers le milieu du et mort en 1427, est un peintre italien de l'école florentine.

Inscrit à l'Arte dei Medici e Speziali et actif comme peintre dès 1370, il fonde à Florence un atelier dont l'activité se poursuit jusqu'à la fin du grâce à son fils Bicci di Lorenzo et à son petit-fils Neri di Bicci. Ses premières œuvres témoignent d'une formation dans l'entourage de Jacopo di Cione.

La vie que lui consacre Vasari confond son activité avec celle de son fils ; l'historiographie ultérieure reprend cette confusion, dont témoignent encore certains catalogues. Des recherches d'archives sur la cathédrale Santa Maria del Fiore ont permis de lui restituer avec certitude trois panneaux figurant les évangélistes, peints en 1398, devenus le point de départ de la reconstitution de son œuvre.

Le Dizionario biografico degli italiani le compte parmi les peintres les plus importants actifs à Florence dans la seconde moitié du , comme exemple du courant le plus traditionaliste de la peinture florentine de son temps. Le musée du Petit Palais d'Avignon conserve un crucifix peint qui lui est attribué.

Biographie

Origines et formation

Lorenzo di Bicci naît vraisemblablement vers le milieu du . Il est probablement fils d'un peintre.

Inscrit à l'Arte dei Medici e Speziali entre 1353 et 1386, il est documenté comme peintre dès 1370.

Ses œuvres les plus anciennes, attribuées sur des bases stylistiques, témoignent d'une formation dans l'entourage de Jacopo di Cione, et en particulier au contact direct du Maître anonyme de l'autel de San Niccolò, comme semblerait l'indiquer un poinçon décoratif employé par ce dernier et retrouvé dans l'atelier de Lorenzo.

Atelier

Actif dans plusieurs villes de Toscane, Lorenzo di Bicci fonde à Florence un atelier qui poursuit son activité jusqu'à la fin du , grâce à l'œuvre de son fils Bicci di Lorenzo et de son petit-fils Neri di Bicci. Son fils se forme dans cet atelier.

Selon le Barber Institute of Fine Arts, la famille compte parmi les peintres les plus productifs de son temps et travaille aussi bien pour les familles régnantes, dont les Médicis, que pour les milieux marchands.

Le catalogue de la Fondation Federico Zeri enregistre sous son nom la fresque du tabernacle dit du Madonnone, à l'angle de la via Aretina et de la via San Salvi, à Florence ; une note dactylographiée collée au dos d'une photographie y présente l'état de la fresque en 1910 et en 1955, et en documente la dégradation. La National Gallery of Art de Washington y voit une possible collaboration entre Lorenzo et son fils ; Ugo Procacci laisse ouverte la question de l'attribution entre les deux peintres.

Autel de la Vierge de la cathédrale

En 1398, Lorenzo di Bicci peint pour l'autel de la Madone , adossé à la paroi intérieure de la façade de la cathédrale Santa Maria del Fiore, entre le portail principal et le portail latéral de droite, quatre panneaux polylobés figurant les évangélistes en buste. Ils étaient presque certainement encastrés dans la voûte des baldaquins dont parlent les documents ; Giuliano di Arrigo, dit Pesello, peignit l'Agnus Dei, perdu, au centre de la voûte de la chapelle.

Lorenzo exécute également le rideau, renouvelé en 1438, qui recouvrait le panneau de la Vierge peint par Mariotto di Nardo pour cet autel. La chapelle est démolie en 1842.

Trois des panneaux, figurant saint Jean, saint Marc et saint Matthieu, sont conservés. Placés dans la sacristie des chanoines après la démolition de l'autel, ils sont aujourd'hui exposés au Museo dell'Opera del Duomo.

Mort

Lorenzo di Bicci meurt en 1427.

Historiographie

Confusion avec Bicci di Lorenzo

La vie que Vasari consacre à Lorenzo di Bicci n'aide guère à retracer son parcours artistique, l'historien confondant pour l'essentiel son activité avec celle de son fils ; l'historiographie ultérieure reprend cette confusion. Vasari attribue ainsi à Lorenzo des œuvres qui reviennent pour la plupart à Bicci.

Cette confusion se retrouve dans la documentation photographique et muséale. Une photographie des frères Alinari donne à « Lorenzo di Bicci » les quatre évangélistes de la voûte du chœur de San Francesco d'Arezzo, que le catalogue de la Fondation Zeri enregistre sous le nom de Bicci di Lorenzo et date des environs de 1445 à 1452. Le Baptême du Christ du musée d'Arts de Nantes figure dans la base Joconde du ministère de la Culture sous le nom de Lorenzo di Bicci, mais avec les dates de Bicci di Lorenzo, 1373 et 1452 ; l'agence photographique de la Réunion des musées nationaux le donne à Bicci di Lorenzo.

Reconstitution de l'œuvre

Les recherches documentaires de Poggi sur la cathédrale de Florence, publiées en 1909, s'avèrent décisives : elles permettent d'identifier les trois panneaux des évangélistes comme des œuvres de 1398 revenant avec certitude au peintre, qui deviennent le point de départ de la critique pour la reconstitution de son activité.

Plusieurs attributions ont varié. Une Annonciation recensée parmi les peintures italiennes des collections publiques nord-américaines, donnée à un anonyme florentin du par B. B. Fredericksen et Federico Zeri en 1972, est aujourd'hui classée sous le nom de Lorenzo di Bicci par la Fondation Zeri, qui renvoie à l'ouvrage de Miklós Boskovits de 1975. Pour une Vierge à l'Enfant avec des saints du musée du Palazzo di Venezia, à Rome, la fiche de la même fondation relève à la fois une attribution à Lorenzo di Bicci, publiée par Zeri en 1955, et une note manuscrite de Zeri au dos de la photographie, « Ps. Bicci di Lor. ».

Style

Le Dizionario biografico degli italiani relève qu'en dépit de la rareté des données biographiques et du petit nombre d'œuvres qui peuvent lui être attribuées avec certitude, Lorenzo di Bicci compte parmi les peintres les plus importants actifs à Florence dans la seconde moitié du , comme exemple emblématique du courant le plus traditionaliste de la peinture florentine de son temps.

Selon le même dictionnaire, ses œuvres présentent une structure de composition très simple et reposent sur l'emploi de couleurs lumineuses et vives ; la gamme typologique des figures est assez limitée, les physionomies plutôt figées, les visages généralement inexpressifs. L'exécution technique est presque toujours très soignée, soutenue par une habileté considérable dans le dessin préparatoire.

Œuvres

+ Sélection Date Titre Lieu vers 1370-1375 Panneau de sujet marial, autrefois collection Primoli Museo del Palazzo di Venezia, Rome vers 1370-1375 Lunette à fresque de sujet marial, au-dessus de la porte latérale droite Santa Maria a Peretola, près de Florence vers 1375-1380 Vierge à l'Enfant entre saint Julien, une sainte et quatre anges Museo del Palazzo di Venezia, Rome vers 1375-1380 Mariage mystique de sainte Catherine Pinacothèque vaticane Fresque du tabernacle du Madonnone Via Aretina, Florence 1398 Saint Jean, Saint Marc, Saint Matthieu Museo dell'Opera del Duomo, Florence Annonciation Collection publique nord-américaine Crucifixion Catalogue de vente de la maison Lino Pesaro, Crucifix peint Musée du Petit Palais, Avignon Vierge à l'Enfant avec des anges Fine Arts Museums de San Francisco Vierge à l'Enfant avec des saints Sant'Ambrogio, Florence

Le Dizionario biografico tient le crucifix d'Avignon, bien que remanié, pour une œuvre qui lui revient sans aucun doute.

Notes et références

Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie

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Articles connexes

Bicci di Lorenzo Neri di Bicci Crucifix peint (Lorenzo di Bicci, Avignon)

Liens externes

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