La première expédition française en Antarctique conduite par Jean-Baptiste Charcot à bord du trois-mâts goélette le Français s'est déroulée du au .

Préparation et financement de l'expédition Au printemps 1903, Charcot renonce à ses projets en Arctique pour se tourner vers le continent Antarctique dont la France semble alors ne pas vouloir se soucier. L'écho de la perte de l'expédition Antarctic d'Otto Nordenskjöld joue aussi un rôle de ce changement, puisqu'il est décidé à essayer de lui venir en aide.

Il rencontre des difficultés pour réunir les fonds nécessaires et finance une importante partie du budget de l'expédition sur sa fortune personnelle, notamment à cause du coût du navire. Il obtient toutefois des subventions du ministère de l'Instruction publique, de la Société de géographie, de l'Académie des sciences et du Muséum national d'histoire naturelle. Il lance une souscription dans le journal Le Matin qui récolte francs-or. Le succès de cette souscription donne l'envie à Charcot de renommer le navire en construction le Français en guise de reconnaissance. Le budget total s'élève à francs-or.

L'expédition est patronnée par le président de la République Émile Loubet. Charcot prit conseil auprès de Adrien de Gerlache de Gomery dont l'expédition avait eu lieu entre 1897 et 1899 dans l'Antarctique.

Objectifs scientifiques Le but de l'expédition est de procéder à l'exploration des côtes nord et nord-ouest de la terre de Graham, et de réaliser en même temps des observations scientifiques (zoologiques, météorologiques, hydrographiques, etc.) comme celle de déterminer si l'Antarctique est une île ou un archipel.

La liste des membres du Français

État-major Dr Jean-Baptiste Charcot, commandant, bactériologie André Matha, commandant en second, lieutenant de vaisseau, hydrographie et navigation Joseph-Jean Rey, enseigne de vaisseau, météorologie, océanographie Dr Ernest Gourdon, géologie et glaciologie Jean Turquet, naturaliste Paul Pléneau, photographie Adrien de Gerlache de Gomery, pilote — quittera l'expédition lors d'une escale au Brésil. Équipage Ernest Cholet, patron J. Jabet, maître d'équipage J. Guégen, matelot F. Rolland, matelot F. Hervéou, matelot J. Besnard, matelot Raymond Rallier du Baty (1881-1978), élève de la marine marchande E. Goudier, chef mécanicien L. Poste, second mécanicien F. Libois, chauffeur et charpentier F. Guégen, chauffeur M. Rozo, cuisinier R. Paumelle, maître d'hôtel Pierre Dayné, guide des Alpes

L'expédition

thumb|Vue d'ensemble de la baie Port Charcot. thumb|Port Charcot et un cairn établi par Charcot sur le lieu de son hivernage.

L'expédition quitte le Havre le mais la mort accidentelle d'un des membres d'équipage, Maignan, retarde le départ au . Le navire passe par Madère au Portugal, l'État du Pernambouc au Brésil et arrive le à Buenos Aires en Argentine avant de continuer de poursuivre sa route vers le sud. Adrien de Gerlache de Gomery quitte l'expédition lors de l'escale au Brésil pour des raisons personnelles. C'est à Buenos-Aires que Charcot apprend le sauvetage de l'expédition Antarctic et rencontre ses membres. Otto Nordenskjöld, impressionné par son projet, lui donne cinq chiens de traîneaux, des Groenlandais.

L'expédition continue et fait escale à Ushuaïa en Terre de Feu pour repartir le ; décidé à explorer la partie occidentale de la péninsule Antarctique, il passe les îles Shetland du Sud le et découvre Port Lockroy fin février. Le moteur du Français de ne se montre pas assez puissant pour les eaux polaires, ce qui limite les possibilités sur place.

Jean-Baptiste Charcot décide d'hiverner dans une baie de de large au nord de l'île Booth. Ce lieu, à , fait partie de l'archipel Wilhelm et est nommé Port-Charcot en l'honneur du père de Jean-Baptiste Charcot, le Docteur Jean-Martin Charcot, célèbre neurologiste français.

Retour et postérité

Au retour, le Français, abîmé, est vendu au gouvernement argentin. Charcot rentre en France et devient un héros national grâce à la publicité du Matin. Sa femme utilise son absence pour demander le divorce.

Charcot envisage de monter une autre expédition avec un nouveau navire, plus puissant, le Pourquoi-Pas ?. La Seconde expédition Charcot aura lieu entre 1908 et 1910.

Bibliographie Jean-Baptiste Charcot, Voyage au pôle Sud (1903-1905), Librairie Gelly, 1971. Serge Kahn, Jean-Baptiste Charcot explorateur des mers, navigateur des pôles, Glénat, 2006, 192 pages. Voir les pages 1079 à 1081 du livre Les Explorateurs, Robert Laffont, , 2004 Geographic Names of the Antarctic, , United States Board on Geographic Names, 1995

Liens externes Le texte intégral du journal de l'expédition et des documents scientifiques produits à cette occasion est en ligne sur le site Archimer (IFREMER) : Journal de l'expédition (1906) Géographie physique, glaciologie, pétrographie (1906) Flore microbienne (1906) Hydroïdes (1906) Mollusques (1906) Spongiaires et cœlentérés (1906) Crustacés (1908) Hexactinides et Bryozoaires (1908) Arthropodes, Pycnogonides (1908) Vers et brachiopodes (1908) Diatomacées, mousses, algues (1908) Poissons (1908) Nombreuses photographies de l'expédition

Notes et références

Catégorie:Recherche scientifique en Antarctique Catégorie:Expédition en Antarctique Catégorie:1903 en Antarctique Catégorie:1904 en Antarctique Catégorie:1905 en Antarctique Catégorie:France en Antarctique Charcot 1