Le d'infanterie () est un régiment d'infanterie de l'Armée de terre française constitué en 1914 avec les bataillons de réserve du d'infanterie. Dissous à l'issue de la Première Guerre mondiale, il est recréé au début de la Seconde Guerre mondiale et disparaît en 1940.

Création et différentes dénominations : d'infanterie. 1919 : dissolution 1939 : nouvelle formation 1940 : dissolution Chefs de corps

Lieutenant-colonel Sauvage (1869-1919) : août 1914 - juin 1915, nommé lieutenant-colonel au le Lieutenant-colonel Hinaux : -. Lieutenant-colonel Parisey de septembre 1939 à juin 1940

Historique des garnisons, combats et batailles du Première Guerre mondiale

Affectations À la déclaration de guerre : armée, G.D.R., de réserve,

Le appartient à : la de réserve d' à ; la d'infanterie de à

À la mobilisation, en 1914, les régiments français d'infanterie forment chacun un régiment de réserve dérivé dont le numéro est celui du régiment actif majoré de 200. Le d'infanterie d'active met sur pied le régiment de réserve.

Le régiment de réserve est, au départ, commandé par le lieutenant-colonel, commandant en second du régiment actif, et la numérotation des compagnies du régiment de réserve prend la suite de celle du régiment d'active.

Le dépôt commun du et du était à Reims. Pendant la guerre 1914-1918, Reims étant directement menacé par l'avancée allemande et la proximité de la ligne de front, le dépôt a été déplacé à Châtelaudren dans les Côtes-du-Nord, en Bretagne.

Constitution en 1914 : deux bataillons puis trois en par l'appoint d'un bataillon du d'infanterieOriginal de l’Historique du Régiment d’Infanterie « Vieille Champagne », Verdun, Imprimerie H. Frémont, 1921.

thumb|right|200px|Médaille du et du d'infanterie, vers 1920

1914 Le d’infanterie se mobilise à Reims à partir du . Il quitte cette ville le et gagne, par étapes, le point de concentration de la de réserve. Le partie de la . Le d’infanterie accompagné par la foule enthousiaste, quitte Reims pour se porter vers la Belgique par étapes successives, exécutées sous une chaleur accablante.

Le , la division commence sa marche vers le Nord et le 23, elle entre en Belgique. Le lendemain, à la suite de la bataille de Charleroi, commence la retraite de l’armée française qui devait se terminer par la bataille de la Marne.

Le , au soir, le régiment franchit la frontière et bivouaque entre Sartiau et Beaumont. Toute la nuit, s’écoulent sur la route de Beaumont les troupes en retraite du Corps d’Armée. Dans le lointain, de nombreux villages sont en feu.

Le , le d’infanterie reçoit le baptême du feu ; la est particulièrement éprouvée par le feu violent des batteries lourdes ennemies. Au soir, placé à l’arrière-garde du Groupe de Divisions de Réserve, le régiment entraîné par le mouvement de retraite générale se dirige sur Bérelles et atteint Saint-Hilaire-sur-Helpe le 25. Dans la matinée du 25 au 26, l’arrière-garde s’engage avec la cavalerie et des cyclistes ennemis au sud de Saint Hilaire. Par une marche pénible de nuit, sous une pluie battante, le régiment se porte sur le Grand Wé où il arrive le 27 à 2 h. 30. Départ par alerte à 3 h. 30.

Les jours suivants ne seront pas moins pénibles ; sans ravitaillement sur des routes encombrées, sans pause, le mouvement de retraite se poursuit par Le Sourd, Nouvion-le-Comte, Prémontré. La fatigue est extrême. La nuit du au , et cette journée, sont les plus pénibles de la retraite.

Le , le quitte Braye-en-Laonnois à 18 heures avec la de réserve pour se porter sur Anizy-Pinon, par Fourdrain, Saint-Nicolas-aux-Bois et Suzy. En arrivant à Suzy, vers 22 heures, la qui marche en queue du régiment, reçoit l’ordre de s’arrêter et de s’établir autour du village pour couvrir le parc d’artillerie de la qui bivouaque à la sortie sud de Suzy.

Le , la du , se trouva séparée par l'ennemi, de son corps qu'elle ne put rejoindre

La compagnie, commandée par le Capitaine Klipfel est détachée dans la nuit du 31 pour escorter le Parc d'Artillerie de la Division. Il convient de relater ici l’épisode héroïque de cette compagnie qui reste 15 jours dans les lignes allemandes, livrant combat plusieurs fois, se cachant le jour dans les bois, marchant la nuit, se nourrissant de betteraves crues. Grâce à l’énergie et à la foi du capitaine Klipfel, grâce à la haute valeur de ses gradés et de ses soldats, la compagnie peut échapper à l’ennemi, franchir les lignes et prendre contact avec l’Armée Française au Pavillon de Chasse de Bagatelle en Argonne. Le , lorsque la a commencé à escorter le convoi, le régiment se trouvait à Monceau-lès-Leups à une dizaine de kilomètres à l'est de La Fère dans l'Aisne. À vol d'oiseau, Bagatelle se trouve à de Monceau.

Le Récit du capitaine Klipffel "Quinze jours dans les lignes allemandes en " peut être lu iciCapitaine KLIPFFEL - R.I. - Témoignage - Combattants - Pages vécues : récits ; témoignages - FORUM pages 14-18

Le retour du capitaine Klipffel est noté à la date du . Ce sont 250 hommes qui ont rejoint avec luiJournal de marche et des Opérations du RI. Ce détachement Klipfel, majoritairement composé d'une compagnie du R.I. mais à laquelle se sont agrégés d'autres égarés de diverses unités (au moins une quinzaine d'unités parmi lesquelles des hommes des R.I, R.I, R.I, R.I, R.I, R.I, R.I. Un véritable exploit que de faire un tel trajet dans les lignes allemandes sans se faire prendre. Pour ces hauts faits, la fut citée à l’ordre de l’Armée :

"Le , la compagnie du rég. d'infanterie, chargée d'escorter un convoi se trouva séparée par l'ennemi, de son corps qu'elle ne put rejoindre. Pendant 15 jours, cette compagnie traversa les lignes allemandes, marchant et combattant sans cesse. Grâce à l'énergie et à la sagacité du capitaine Klipffel, à la discipline, à l'endurance et au courage de la compagnie tout entière, cette faible troupe est parvenue, après des efforts héroïques, à rejoindre l'armée française le ". C’est une des premières unités françaises qui eût cet honneurJO du 15 octobre 1914 - page 8307.

Le régiment suit le mouvement général de retraite, les 2, 3, . Ce jour, placé en soutien d’une division de cavalerie, il livre un rude combat à Courboin. Les pertes sont sévères. Mais la retraite doit se poursuivre ; lorsqu'enfin, le 5, l’ordre du jour du Généralissime prescrit la reprise de l’offensive. Le est alors aux environs de Villiers-Saint-Georges. Malgré les fatigues terribles et les privations de la retraite, le moral est splendide ; l’ennemi est culbuté et la marche en avant commence. Presque sans combat, le régiment atteint le 12 au soir Trigny au nord-ouest de Reims. Le lendemain, par La Neuville, Guignicourt, le se porter sur Prouvais. Il est avant-garde du G.D.R. À 10 h., le 13, l’avant-garde franchit le canal à La Neuville et s’empare de 2 automobiles avec des officiers allemands. À 10 h 30, le atteint Aguilcourt où il se déploie pour servir de flanc garde à la colonne. Le continue sa marche sur Prouvais qu’il atteint vers 19 h. Le est attaqué avec violence à Aguilcourt par une infanterie très supérieure en nombre et soutenue par une puissante artillerie. Le combat est violent, mais le bataillon remplit sa mission. À la nuit, des éléments d’une autre brigade remplacent le . Les pertes ont été lourdes. Le Chef de Bataillon, les Commandants de Compagnie sont blessés, près de 400 hommes sont hors de combat. Mais le C. A. à l’est et le C. A. n’ayant pu déboucher respectivement de la Ferme Saint Hilaire et de La Ville-aux-Bois, la division doit abandonner Prouvais par ordre. Par une marche de flanc sous le feu de l’artillerie ennemie, le régiment se porte sur Berry-au-Bac où il franchit l’Aisne, et sur Cormicy. Les jours suivants, il se reforme et organise le village. Les premiers renforts arrivent. La après son épopée glorieuse rejoint le Corps. Le , le régiment est embarqué en convoi automobile, et débarque dans la région au sud de Soissons. Le 13, il relève dans les tranchées entre Vailly et Soupir l’infanterie anglaise. La position est difficile ; l’ennemi nous domine, nous sommes accrochés aux pentes, avec derrière nous l’Aisne, dont la vallée est enfilée par le feu du Fort de Condé, que tient solidement l’ennemi. Les ravitaillements sont par suite difficiles, l’arrivée de renforts impossible. Dans ces tranchées, jusqu’au , le régiment subit un bombardement d’une intensité croissante. Le 29, le bombardement est général et terrible. Le 30 au matin, l’infanterie ennemie attaque : le à Rouge-Maison repousse plusieurs attaques successives. Le tient sans fléchir le vallon d’Ostel. Notre fusillade cause des pertes très lourdes à l’ennemi. Notre artillerie sur la rive sud de l’Aisne, sans munitions ne peut soutenir notre infanterie. Au nord de Vailly-sur-Aisne, malgré les contre-attaques énergiques le est obligé de fléchir ; le Général Commandant la Brigade donne l’ordre de repli prévu depuis la veille. Ce mouvement de repli exécuté sous le feu de l’artillerie de tous calibres qui bat avec précision tous les passages sur l’Aisne et le canal, nous cause de lourdes pertes. Le 30 au soir, le régiment cantonne à Limé où il se reforme les jours suivants. Le , le régiment relève des fractions du Corps d’Armée dans les tranchées entre Vailly et Cys. Pendant de longs mois, ce sera la vie de tranchées avec ses fatigues, ses alertes quotidiennes, sa monotonie, où le bon moral des hommes lutte victorieusement contre la dépression physique et morale.

1915 Fin , le lieutenant-colonel Sauvage qui commandait le régiment depuis la mobilisation passe au R.I, et est remplacé à la tête du R.I par le lieutenant-colonel Hinaux.

1916 Fin , le régiment quitte le secteur de l’Aisne et se rend au Camp de Chalons-sur-Marne. Au commencement du mois d’avril, le régiment est embarqué pour la région de Verdun. Le , il monte en ligne dans le secteur du fort de Vaux. La relève est faite sous un bombardement d’une grande violence. Le tunnel de Tavannes restera longtemps présent à la mémoire des troupiers du régiment comme un souvenir des jours les plus pénibles de la guerre.

Une compagnie de mitrailleuses et une compagnie d’infanterie du sont au fort de Vaux. Le est dans les ouvrages à l’est du Fort.

Le , l’ennemi attaque dans la région de l’étang de Vaux. Le enraye, vers 17 heures, une violente attaque. Le soir même, le régiment est relevé sous un bombardement très dense d’obus lacrymogènes. Il doit aller rejoindre la Division sur la rive gauche de la Meuse.

Le , à la nuit, le en ligne sur les pentes nord-ouest du Mort-Homme. Pendant la relève, un chef de bataillon est grièvement blessé ; l’aumônier du régiment, M. l’abbé de Lacroze, célèbre par son courage et si sympathique à tous par son aménité est tué aux abris NETER. Jusqu’au , les et restent en ligne. Entretemps, la et la C. M. 6 repoussent, le 24, une attaque sur la tranchée LECOINTRE. La mise en soutien d’un bataillon voisin au bois de Cumières, prend part à l’attaque dans cette région et engage un très dur combat à la grenade dans les boyaux et repousse une contre-attaque allemande.

Pendant cette période, le bombardement ennemi, par obus de gros calibre, a été ininterrompu. Nos hommes l’ont supporté vaillamment dans des tranchées complètement éboulées, sans abri d’aucune sorte. Le ravitaillement, en vivres et munitions, était d’une difficulté extrême. La souffrance de la soif inapaisée, le marmitage effroyable n’ont pas entamé le moral extraordinaire des poilus.

Le devait rester en ligne jusqu’au . Une tâche glorieuse lui était dévolue : l’enlèvement de l’ouvrage du Trapèze et de la Guitoune, à la crête du Mort-Homme et la deuxième tranchée allemande à contre-pente. La et 30 grenadiers du sont chargés de l’attaque. L’action est foudroyante. Les ouvrages sont enlevés ; une vingtaine de prisonniers sont ramenés et quatre mitrailleuses sont prises. La C. M. 2. par le feu de ses pièces, interdit toute contre-attaque. Le , le rejoint le au bivouac du Bois Bouchet où ce dernier se trouvait depuis le 3.