La synagogue de la rue Pavée est une synagogue de Paris, située au numéro 10 de la rue Pavée, au cœur du quartier juif du Marais, dans le .

Historique

Le bâtiment a été réalisé en 1913 par l'architecte Hector Guimard, le maître parisien de l'Art nouveau, pour l’Agoudas Hakehilos (אֲגֻדָּת־הַקְּהִלּוֹת, Union des communautés)Création de l'association annoncée au JO du 23 décembre 1911, avec siège au 32 rue de Turenne, a Paris , une association issue de neuf sociétés israélites orthodoxes d'origine essentiellement russe, présidée par Joseph Landau. Elle témoigne de l'arrivée massive d'immigrés d'Europe de l'Est au début du . La construction est en pierres agglomérées creuses sur armatures en béton armé. Elle a été officiellement inaugurée le , mais elle était déjà en service depuis .

La synagogue, financée entièrement par des fonds privés, est inaugurée le sans représentant officiel du Consistoire central. Le célèbre Hazzan Gershon Sirota de Varsovie participe à l'inaugurationVivre et survivre dans le Marais. Éditions Le Manuscrit, p. 312. .Histoire juive du Marais. 25 août 2013..

La synagogue fait partie des œuvres tardives d'Hector Guimard. Avec le propre hôtel de l'architecte dans le XVIe arrondissement de Paris (1910), la synagogue illustre, par son rythme vertical simple et calme, le retour à l'ordre de l'architecture française après 1910Époque contemporaine , P.Dagen et F. Hamon, Flammarion, p.259.

Lors de la veillée de Yom Kippour en 1941, le bâtiment est dynamité en même temps que six autres synagogues parisiennes. par des collaborateurs à l'occupant nazi, antisémite. Dans la nuit du 2 au , un attentat est organisé par le Mouvement social révolutionnaire (MSR), parti d'extrême droite fondé par Eugène DeloncleVoir Cécile Desprairies. Paris dans la Collaboration. Préface de Serge Klarsfeld. Éditions du Seuil: Paris, 2009, p. 95-96. . Elle fut ensuite partiellement restaurée (notamment la porte d'entrée ne le fut que sommairement, et non remise à l'état original).

Cette synagogue est toujours en activité. Elle fait partie des synagogues orthodoxes non-consistoriales. Il n'est pas possible de la visiter en temps ordinaire, mais seulement lors d'occasions particulières comme les Journées du patrimoine. La synagogue de la Agoudas Hakehilos, dirigée par les rabbins Joël Leib HaLevi Herzog (1914-1934), Israël Elazar Halevi Hopsztein, Samuel Jacob Rubinstein, puis par le rabbin Chaim Yaakov Rottenberg, est aujourd'hui dirigée par son fils, Mordechaï Rottenberg.

Des hazzanim connus ont officié à cette synagogue, dont Elinke Hirschin (1870-1960) « », traduit, extrait et compilé par Ada Holtzman d'après . avant la guerre, Zousman (Simon) Pessine, né le à Yourrief (Russie), décédé le à Auschwitz (Pologne)Simon Pessine est né le 18 mars 1898 à Jourief. Il est déporté par le Convoi No. 69, en date du 7 mars 1944, du Camp de Drancy vers Auschwitz. Voir, Serge Klarsfeld. Le Mémorial de la déportation des Juifs de France. Beate et Serge Klarsfeld: Paris, 1978. Nouvelle édition, mise à jour, avec une liste alphabétique des noms.FFDJF (Fils et Filles des Déportés Juifs de France), 2012.Pessine (Zousman dit Simon), né le 18 mars 1898 à Yourrief (Russie), décédé le 7 avril 1944 à Auschwitz (Pologne), JORF n°290 du 14 décembre 1997 page 18080. Arrêté du 31 juillet 1997 portant apposition de la mention « Mort en déportation » sur les actes et jugements déclaratifs de décès., Tajg et Fleischer Paul Fenton, « La musique sacrée de tradition ashkénaze », sur Israelfr.com, 14 mai 2006..

Seul édifice cultuel réalisé par Hector Guimard, il a fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques par un arrêté du ., y compris tous les éléments liturgiques immeubles par nature.

Description Ne disposant que d'une bande de terrain biaise et très étroite (), Guimard a construit le bâtiment tout en hauteur. En façade, la verticalité () est accentuée par les étroites fenêtres et les pilastres continus. Le volume intérieur est aussi entièrement vertical. Il comporte deux étages de mezzanines de part et d'autre de la travée centrale. La nef est éclairée par des verrières au plafond et une vaste baie vitrée dans le mur du fond.

Le mobilier (luminaires, chandeliers, appliques et bancs) ainsi que le décor végétal stylisé en staff et les garde-corps en fonte sont également des créations d'Hector Guimard. On retrouve dans les dossiers des bancs le même mouvement ondulant que sur la façade et ils sont ornés de motifs triangulaires. À l'origine, il n'y avait pas d'étoile de David sur la façade mais seulement un triangle, comme on peut le voir sur les vieilles photos. L'étoile de David date peut-être de la rénovation d'après-guerre.

Selon Magalie Flores-Lonjou et Francis Messner, le plan de cette synagogue, dans lequel l'espace réservé au culte est rejeté à l'arrière de l'édifice, de sorte que des salles de cours et des bureaux puissent occuper la partie avant, montre une volonté d'associer le culte aux autres activités, volonté caractéristique du judaïsme orthodoxe, s'opposant en cela aux synagogues du consistoire..

Ce site est desservi par la station de métro Saint-Paul.

Notes et références

Bibliographie Dominique Jarassé, Guide du patrimoine juif parisien, Parigramme, 2003.

Voir aussi

Articles connexes Pletzl Le Marais (quartier parisien) Art nouveau à Paris Joël Leib HaLevi Herzog Samuel Jacob Rubinstein Chaim Yaakov Rottenberg Mordechai Rottenberg Hector Guimard David Feuerwerker Gershon Sirota Suzanne Aron (Benoit-Lévy)

Liens externes

Conférence La synagogue de la rue Pavée, modernité constructive au service de l'Art nouveau. Site internet

Catégorie:Édifice religieux du XXe siècle à Paris Catégorie:Architecture Art nouveau à Paris Catégorie:Édifice religieux dans le 4e arrondissement de Paris Catégorie:Hassidisme en France Catégorie:Hector Guimard Catégorie:Le Marais SynagoguePavée Catégorie:Monument historique dans le 4e arrondissement de Paris Catégorie:Monument historique inscrit en 1989 Pavee Paris Pavee Pavée Catégorie:Édifice religieux fondé en 1913 Rue Pavée