Le camp de Maly TrostenetsEn (Maly Trastsianets) ; en (Maly Trostenets) ; on trouve aussi parfois Maly Trostinez, Maly Trostenez et aussi Klein Trostenez — c’est-à-dire littéralement « Petit » Trastsianets, en opposition à la localité voisine nommée Вялікі Трасцянец soit « Grand » Trastsianets. est situé dans un petit village situé à au sud-est de Minsk en Biélorussie, où furent exterminées entre personnes, pour la plupart juives, entre et Christian Gerlach. Die deutsche und Wirtschafts- Vernichtungspolitik dans Weissrussland, Hamurger édition, 1999, n.1462 .

Historique Le camp de Maly Trostenets est construit en , sur le site d'un kolkhoze de nommé « Karl Marx », pour servir à des ravitaillements alimentaires de la Wehrmacht mais aussi de camp de travail destiné aux prisonniers de guerre soviétiques capturés lors de l'opération Barbarossa. Plusieurs ateliers sont construits dans et à proximité du camp : menuiserie, scierie, atelier de mécanique. Le camp devient un site d'extermination où la Shoah est mise en œuvre au début du mois de . Les premiers détenus juifs n'arrivent toutefois qu'à partir du mois de .

Le camp joue un rôle important dans la lutte des Allemands contre les partisans biélorusses près de Minsk. Le village de Maly Trostenets est transformé en un village protégé (Wehrdorf) dont les anciens habitants sont remplacés par des agriculteurs fidèles aux nazis. Les historiens Christian Gerlach et Petra Rentrop font état de l'exécution de partisans biélorusses dans le camp.

La police de sécurité et le service de sécurité de Minsk organisent l'installation du camp. Dans le ghetto de Minsk, créé en , étaient rassemblées environ personnes. C'était un des plus importants ghettos en Europe avec après le ghetto de Lvov situé dans le Gouvernement général. Le commandant de la police de sécurité (Sicherheitspolizei) pour Minsk et pour Maly Trostenets est Eduard StrauchWolfgang Benz, Barbara Distel, Der Ort des Terrors, vol 9, CH Beck, Munich 2009, , cité par qui reçoit ses ordres de Reinhard Heydrich. Le ghetto de Minsk est, quant à lui, dirigé par Wilhelm Kube.

À partir de , le camp est entouré d'une triple clôture de barbelés dont celle du milieu était électrifiée. C'est à cette époque que des partisans biélorusses attaquent le camp et tuent quelques gardes. Les Allemands augmentent alors le nombre de gardiens qui passe à 250Didier Chauvet, op. cit., .

Le , un premier convoi parti de Vienne arrive au camp de Maly Trostenets. Au mois d', l'aménagement des voies de chemin de fer et d'une petite gare permet aux convois d'arriver directement à Maly Trostenets. Des Sonderkommandos composés de prisonniers de guerre soviétiques et une partie des Juifs s'occupent des corps des personnes exécutées: rechercher les objets de valeurs cachés, jeter les cadavres dans la fosse, fermer les fosses. Régulièrement le Sonderkommando est exécuté et remplacé par des nouveaux prisonniers.

Entre et , le camp fonctionne pour assassiner les Juifs du ghetto de Minsk et de nombreux Juifs allemands, autrichiens et tchèques.

Les déportés acheminés au camp sont exécutés par fusillade principalement ou d'une balle dans la nuque, après avoir été transportés dans les forêts proches du camp de Blagovchina (Благовщина) et Chachkovka (Шашковка). Le camp a surtout servi à exterminer l'importante communauté juive de Minsk et de ses environs. Les chambres à gaz mobiles qui y ont été déployées ont joué un rôle secondaire dans le processus d'extermination.

Outre les Juifs, de nombreux civils biélorusses et des prisonniers de guerre soviétiques furent exécutés à Maly Trostenets. Mais contrairement aux déportations d'Europe occidentale il ne reste pour ceux-là aucune trace administrative de leur passage. Les chiffres de l'ensemble des victimes exécutées dans le camp varient énormément..

Certains auteurs, à la suite de la Commission extraordinaire de l'État soviétique, citent le chiffre de Paul Kohl, Der Krieg der deutschen und der Wehrmacht Polizei 1941-1944, Fischer Frankfurt am Main, 1995, . Il faut également tenir compte du fait que la Sonderaktion 1005, entre fin octobre et mi-, a exhumé et incinéré, sur des bûchers en plein air, les victimes de Maly Trostenets, empêchant ainsi un comptage plus précis. Le véritable chiffre se situe probablement entre et victimes..

Cour fédérale de Coblence En 1963, la Cour fédérale de Coblence a jugé des charges liées à des meurtres de masse perpétrés à Maly Trostenets à l'encontre de onze membres de la police de sécurité de Minsk. Sur la base de documents de chemin de fer de l'époque, le tribunal a déterminé que seize transports avaient atteint le camp de Maly Trostenetz Justiz und NS-Verbrechen, vol XIX, op. cit., cité par . Provenance Nombre totalde convois Nombre de personnestransportées 90 % tués à Maly Trostenets Vienne (Autriche) 9 Theresienstadt5 Königsberg1 465 400 Cologne 1 900 Massacre dans le ghetto de Minsk 28- - - Liquidation du ghetto de Minsk automne 1943 - - Évacuation de Minsk - - 500 Total 16

Dans les 16 convois, juifs ont été déportés vers Maly Trostenets. Selon l'estimation du tribunal fédéral de Coblence, 90 % au moins ont été exterminés à Maly Trostenets, soit environ . La Cour fédérale, dans les 4 cas retenus par elle et concernant Maly Trostenets uniquement, ajoute des victimes liées à la liquidation du ghetto de Minsk et de l'évacuation terminale de ce ghetto et arrive à un total de victimes dans son verdict.

Yitzhak Arad L'historien israélien de la Shoah cite le chiffre de 17 convois vers Maly Trostenets et de personnes transportées. Il donne le chiffre de victimes au total quand il ajoute les victimes provenant du ghetto de Minsk et des environs de Minsk.

Commémoration Un mémorial a été construit sur le site du camp. Il attire chaque année des centaines de visiteurs, surtout depuis la dissolution de l'Union soviétique qui a facilité les possibilités de voyager.

Victimes notables

Grete Forst (1878-1942), artiste lyrique autrichienne. Cora Berliner (1890-1942), économiste allemande, juive. Lili Grün (1904-1942), écrivaine et actrice autrichienne, juive.

Références

Voir aussi Bibliographie

Articles connexes

Liste des camps de concentration nazis Bronnaya Gora

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