Koçi Xoxe (API , peut également être transcrit en français Kotchi Dzodze), né le à Negovani, en Grèce, et mort le , est un homme politique albanais.

Biographie Né dans une famille d’origines Tosques, géographiquement originaire de Kolonjë, en raison de difficultés économiques au XIXe siècle, elle s'est installée dans le village de Plikati, puis à Negovani. Son père, Dhimitër Xoxe et sa mère Vasillo, s’installe à Korçë, où grandit Xoxe.

Son grand-père, Sotir Xoxe, était un fondateur de l'école albanaise de Negovani et un enseignant impliqué dans le Réveil national albanais. Dans sa jeunesse, Xoxe fut scolarisé par son grand-père à l'école du village, puis il fréquenta le lycée de Thessalonique où il obtint d'excellents résultats et son baccalauréat en 1929. Dans les années 1930, son grand-père et plusieurs membres de sa famille s'installèrent à Constanța, en Roumanie, où il possédait et dirigeait Dituria, une imprimerie albanaise.

Après ses études, Xoxe arriva à Korçë où il découvrit les idées et la littérature communistes. Dans les années 1930, il devint cofondateur du Groupe communiste de Korçë et son premier président. Vers 1937, il s'imposa, aux côtés d'autres figures telles qu'Enver Hoxha et Koço Tashko, comme un communiste albanais de premier plan, où il fut l'un des membres élus de l' Assemblée municipale de Korça. En tant qu'élément communiste, il fut exilé à la fin de 1938.

Entre 1941 et 1943, il fut emprisonné par le régime fasciste, mais réussit à s'échapper de la prison de Tirana par un tunnel.

Il est le fondateur et le premier président du groupe communiste de Korça et membre de la réunion fondatrice du Parti communiste albanais (PKSh), dont il est membre du Bureau politique et du Comité central depuis sa création. Il est élu par contumace secrétaire à l'organisation du parti en mars 1943 et, le 10 juillet, membre de l'état-major. Lors du congrès communiste de Përmet, il est promu lieutenant-général et nommé vice-président de la KANÇ.

Après la libération de l'Albanie en , Koçi Xoxe est le ministre de la Défense de la République populaire d'Albanie et l'instigateur de l'intégration de son pays dans la confédération yougoslave voulue par Tito, avec qui il partageait des relations amicales.

Après la guerre, il s'imposa comme le bras droit d'Enver Hoxha, occupant des postes importants et se révélant son proche collaborateur. Il fut nommé président du Tribunal spécial en mars-avril 1945. De décembre 1944 à mars 1946, il dirigea la Direction de la protection du peuple, l'organisation qui prit en charge la répression brutale des opposants au régime. Son adjoint et confident, Nesti Kerenxhi, lui succéda.

De 1946 à 1948, il fut député de Korça. Durant cette période, il occupa successivement les fonctions de vice-Premier ministre, ministre de l'Intérieur, président de la Commission de contrôle de l'État et vice-président du Présidium de l'Assemblée populaire.

Hoxha commença à craindre Xoxe, qu'il considérait comme un rival pour son propre pouvoir. Après que Xoxe eut ordonné l'arrestation de modérés aux sentiments anti-yougoslaves, dont Sejfulla Malëshova, Tito s'en prit à Hoxha dans une lettre adressée au Politburo albanais. Hoxha répliqua en se rendant à Moscou avec Nako Spiru et en revenant avec un accord commercial formel avec l' Union soviétique, sans consulter Tito. Xoxe accusa Spiru de subversion et, finalement, Spiru fut retrouvé mort par balle dans son appartement, dans des circonstances suspectes.

Tito tenta de déployer deux divisions militaires en territoire albanais sous prétexte de le protéger d'une invasion grecque, en dépit de l'opposition du gouvernement albanais. Il incita ensuite Xoxe à convoquer une réunion du Comité central, où il expulsa plusieurs partisans d'Hoxha et proposa une motion visant à fusionner l'économie et l'armée albanaises avec celles de la Yougoslavie. Hoxha, soutenu par les Soviétiques, riposta en abrogeant les traités conclus avec la Yougoslavie et en expulsant les conseillers yougoslaves en Albanie. Il affirma que Xoxe complotait pour faire de l'Albanie une colonie yougoslave, citant les tentatives de déploiement de l'armée yougoslave en Albanie et les divers traités qui subordonnaient la planification économique albanaise au plan national yougoslave. Xoxe tenta de se sauver en déclarant son soutien à l'Union soviétique et en faisant arrêter les partisans de Tito au sein du gouvernement. Le Comité central, cependant, se retourna contre Xoxe, le démit de ses fonctions et l'expulsa du parti à la suite du congrès du Kominform à Belgrade en juin 1948 et du début de la scission idéologique entre Tito et Staline. En novembre 1948, il fut arrêté avec plusieurs autres personnes.

Il est écarté du pouvoir en , il fut traduit en justice et confessa avoir été recruté par Zog Ier d'Albanie, ainsi que par les services de renseignement britanniques. Lors de son procès, il déclara également avoir participé à un complot, soutenu par Tito et mené par la faction pro-yougoslave du Parti communiste albanais, visant à assassiner Enver Hoxha, alors premier secrétaire du Parti communiste et fidèle partisan des idées de Staline. Xoxe fut condamné à mort et pendu le 11 juin 1949 par un peloton d'exécution.

Références

Voir aussi Bibliographie Serge Berstein et Pierre Milza, Histoire du Tome II, Hatier, initial, 2005.

Liens externes

Enver Hodja maître de l'Albanie par Georges Castellan, Professeur honoraire à l’Institut national des langues et civilisations orientales. The History of Albania

Articles connexes Histoire de l'Albanie Les démocraties populaires

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