vignette|Massacre des Innocents, attribué à Jacopo di Cione.

Jacopo di Cione, surnommé Robiccia dans certains documents, né à Florence et mort entre 1398 et 1400, est un peintre italien de l'école florentine.

Plus jeune frère des peintres Andrea Orcagna et Nardo di Cione et du sculpteur Matteo di Cione, il apparaît pour la première fois dans les documents en 1365. En 1366, il travaille à fresque au siège de l'Arte dei Giudici e Notai, la corporation la plus puissante de la Florence de son temps. Après la mort d'Andrea en 1368, il semble reprendre la direction de l'atelier familial et se charge d'achever certaines commandes de son frère.

Il peint en 1370-1371, avec son atelier, le grand polyptyque du maître-autel de l'église San Pier Maggiore de Florence, dont les panneaux principaux sont conservés à la National Gallery de Londres. Il collabore avec d'autres peintres, notamment Niccolò di Pietro Gerini ; son abondante production, assurée par un vaste atelier, se concentre à Florence et dans ses environs.

Inscrit à l'Arte dei Medici e Speziali en 1369, il est consul de cette corporation en 1384, 1387 et 1392.

Biographie

Famille et naissance

Jacopo di Cione est le frère d'Andrea, dit Orcagna, mort en 1368, et de Nardo, mort en 1366, tous deux peintres, ainsi que de Matteo, sculpteur, mort vers 1390. Il est le plus jeune des frères. Certains documents le désignent sous le surnom de Robiccia.

Selon le site Cassiciaco, il naît à Florence, dans le quartier de Santa Maria Novella. Le Dizionario biografico degli italiani situe sa naissance probablement dans les années 1320, tandis que lEnciclopedia dell'Arte Medievale la fixe par hypothèse vers 1340.

Premières mentions

La première mention de Jacopo date du , lorsque son frère Nardo le désigne dans son testament comme héritier à égalité avec ses deux autres frères. L'''Enciclopedia dell'Arte Medievale estime que son activité pouvait alors être peut-être déjà bien engagée.

Le , il obtient une commande importante pour décorer le siège de la corporation des juges et notaires. Selon le Dizionario biografico, ce chantier au siège de la corporation la plus puissante de Florence témoigne du crédit considérable dont il jouit déjà.

En 1369, la suite de la décoration de l'oratoire de la Compagnie de la Miséricorde, commencée par Nardo, lui est confiée.

Reprise de l'atelier familial

Après la mort d'Andrea en 1368, Jacopo semble reprendre la direction de l'atelier familial. Il se charge alors d'achever certaines commandes de son frère pour Orsanmichele, dont les peintures de la Vierge et de saint Matthieu.

Il s'inscrit le à l'Arte dei Medici e Speziali, corporation à laquelle appartenaient les peintres. LEnciclopedia dell'Arte Medievale juge cette inscription peu indicative, les membres de l'atelier d'un maître déjà inscrit en étant souvent dispensés.

Maturité

Il travaille entre 1378 et 1380 avec son frère Matteo à la cathédrale Santa Maria del Fiore, puis, de 1382 à 1385, sur le chantier de la Loggia della Signoria. Il est consul de l'Arte dei Medici e Speziali en 1384, 1387 et 1392.

Plusieurs de ses œuvres, dont des fresques à Volterra, sont réalisées en collaboration avec Niccolò di Pietro Gerini, son collaborateur en 1383.

Mort

Jacopo di Cione meurt entre 1398 et 1400.

Polyptyque de San Pier Maggiore

Composition

Peint en 1370-1371 par Jacopo et son atelier pour l'église San Pier Maggiore de Florence, le polyptyque comptait quatre registres. Le registre principal, formé de trois panneaux, représentait le Couronnement de la Vierge entouré de saints en adoration ; au-dessus se déroulait une suite de scènes narratives de la vie du Christ, de sa naissance à sa Résurrection et à son Ascension. Ses panneaux principaux sont conservés à la National Gallery de Londres.

Question des collaborateurs

La National Gallery de Londres attribue à Niccolò di Pietro Gerini la conception probable de la structure d'ensemble du retable. Les documents de 1370-1371 relatifs au retable mentionnent aux côtés de Jacopo un « Niccolaio dipintore ». L'''Enciclopedia dell'Arte Medievale le décrit comme un peintre de coffres, identifié tantôt avec Niccolò di Tommaso, tantôt avec Gerini, qui réalise les dessins préparatoires et est de nouveau mentionné aux côtés de Jacopo pour le Couronnement de la Zecca.

Selon le catalogue de la Yale University Art Gallery, l'identification de ce « Niccolaio » avec Gerini, largement admise, n'est pas confirmée par l'examen des œuvres, même si Jacopo a collaboré avec Gerini dans les années 1380 ; le collaborateur de Jacopo sur ce retable pourrait avoir été Niccolò di Tommaso, concepteur de l'ensemble et peut-être exécutant de certains saints et de certaines scènes de la partie gauche.

Une notice du musée Thyssen-Bornemisza indique qu'un document de 1370 associe Niccolò di Tommaso à Nardo et à Jacopo di Cione pour un dessin préparatoire destiné à ce polyptyque ; Nardo était toutefois mort avant le .

Appréciation

La National Gallery de Londres relève que le retable porte la marque d'une participation de l'atelier, mais que certaines de ses parties montrent l'inventivité de Jacopo, comme conteur et dans l'emploi de mélanges de pigments et d'accords de couleurs nouveaux.

Autres œuvres

Couronnement de la Zecca

Le Couronnement de la Vierge de la Galleria dell'Accademia de Florence est exécuté en 1372-1373 pour la Zecca, l'hôtel des monnaies de Florence.

Œuvre de la première période

Le Dizionario biografico tient pour l'œuvre de référence de la première période du peintre une Vierge à l'Enfant avec le Rédempteur bénissant dans le trilobe de la cuspide, autrefois dans la collection Stoclet à Bruxelles et aujourd'hui dans une collection particulière américaine.

Le même dictionnaire y relève les caractères propres à la peinture florentine des années 1360 et 1370 : une atmosphère rassurante et une grande attention aux aspects décoratifs, d'un raffinement exquis. Ces caractères se distinguent nettement de la synthèse plastique et spatiale forte et sévère qu'Orcagna poursuit jusqu'à sa mort, et qui représente peut-être le premier épisode cohérent d'évocation giottesque dans la peinture florentine du . Le dictionnaire juge tout à fait trompeuse l'inclusion de ce tableau dans le catalogue d'Orcagna proposée par Kreytenberg en 2000.

Santa Maria degli Angeli

La National Gallery de Londres conserve douze petits panneaux de saints, attribués à Jacopo di Cione et à son atelier, qui formaient probablement les pilastres d'un polyptyque, peut-être réalisé pour l'église camaldule de Santa Maria degli Angeli à Florence. La présence de trois saints de l'ordre camaldule laisse penser qu'ils proviennent de ce monastère.

Ces panneaux pourraient avoir appartenu au même retable que le Noli me tangere du même musée, attribué avec probabilité à Jacopo. Ce Noli me tangere est lui-même rapproché de plusieurs fragments conservés dans des collections américaines, qui pourraient avoir appartenu à un retable provenant, pense-t-on, d'une chapelle dédiée à tous les saints à Santa Maria degli Angeli, fondée par un notaire, Ser Francesco di ser Berto degli Albizzi.

Réception critique

L'Enciclopedia dell'Arte Medievale juge la composante orcagnesque déterminante dans la formation de Jacopo, ce qu'elle estime compréhensible chez le plus jeune des frères Cione. Pour la National Gallery de Londres, les frères di Cione, Andrea, Jacopo et Nardo, dominent la peinture florentine de la seconde moitié du .

Selon la notice d'un tableau de Mariotto di Nardo publiée sur le portail Musenor des musées du Nord-Pas-de-Calais, ce peintre se détache de l'influence de Jacopo di Cione durant la dernière décennie du , en abandonnant les formes statiques pour des figures plus élancées.

Œuvres

+ Sélection Date Titre Lieu 1366 Fresques Siège de l'Arte dei Giudici e Notai, Florence Vierge à l'Enfant avec le Rédempteur bénissant Collection particulière, États-Unis 1370-1371 Polyptyque de San Pier Maggiore, avec l'atelier National Gallery, Londres 1372-1373 Couronnement de la Vierge, pour la Zecca Galleria dell'Accademia, Florence Douze panneaux de saints de pilastres, avec l'atelier National Gallery, Londres Noli me tangere, attribution probable National Gallery, Londres Crucifixion, avec l'atelier National Gallery, Londres Fresques, avec Niccolò di Pietro Gerini Volterra Retable de la Vierge en majesté tenant l'Enfant bénissant, attribué Église Saint-Martin, Ermenonville Massacre des Innocents, avec Mariotto di Nardo Santa Maria Maggiore, Florence Saint Zanobi Museo dell'Opera del Duomo, Florence Couronnement de la Vierge Musée de Grenoble

Notes et références

Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie

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Articles connexes

Andrea Orcagna Nardo di Cione Niccolò di Pietro Gerini Mariotto di Nardo

Liens externes

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