thumb|450px|Présentation fossile d'espèces de la lignée ayant conduit à celle des chevaux.
La famille des Équidés (Equidae) recouvre toutes les espèces de la famille du cheval domestique, les chevaux sauvages, les ânes et les zèbres.
Cette famille est issue d'une différenciation au sein des Périssodactyles de laquelle sont issus également les Rhinocérotidés et Tapiridés au cours de l'Éocène, il y a . Petit à petit, les membres de la branche Equidae évoluèrent différemment selon les régions où ils vivaient et les climats auxquels ils étaient confrontés.
Leur évolution a subi l'influence de leur environnement et très probablement celle directe de l'homme. La découverte de cette histoire par les scientifiques a pu donner des arguments solides aux partisans de la théorie de l'évolution face aux vues des créationnistes.
Histoire évolutive vignette|droite|Comparaison de squelettes d'équidés. Au Néogène, les continents actuels étaient formés et occupaient à peu de chose près leur emplacement actuel ; l'Eurasie n'était cependant pas en contact avec l'Afrique. Des fossiles des mêmes genres ont été trouvés en Eurasie et en Amérique du Nord, certaines de part et d'autre du détroit de Béring ; un passage entre les deux appelé Béringie a en effet existé jusqu'il y a environ. Classiquement, on considère que les Équidés modernes seraient apparus il y a , en trois étapes successives, les deux premières au moins étant originaires d'Amérique du Nord.
Systématique
Les principaux groupes évolutifs sont décrits ci-dessous par phylogénie Mikko's Phylogeny Archive. :
o Hippomorpha (Wood, 1937) |--o Pachynolophoidea (éteint) (Pavlow, 1888) | `-- Pachynolophidae (éteint) (Pavlow, 1888) `—o Equoidea (Gray, 1821 sensu Hay, 1902) |?- Indolophus (éteint) (Pilgrim, 1925 [Indolophidae Schoch, 1984]) |-- Palaeotheriidae (éteint) (Bonaparte, 1850) `--o Equidae (Gray, 1821) |-- Anchitheriinae (éteint) (Leidy, 1869) |-- Hyracotheriinae (éteint) Cope (1881), peut-être paraphylétique `—o Equinae (Gray, 1821 [non Leidy, 1869, Steinmann & Döderlein, 1890]) |-- Hipparionini (éteint) (Quinn, 1955) |-- Protohippini (éteint) (Gidley, 1907) `--o Equini (Gray, 1921) | “Pliohippus” (éteint) (Marsh, 1874)
`-- Equus
L'évolution dans cette famille s'est faite autant par changement progressif d'une fréquence du gène dans la population entière (anagénèse) que par différenciations adaptatives et spéciations en branches distinctes (cladogénèse). Les différentes espèces ancestrales ont pu également bénéficier d'une convergence évolutive, ce qui complique l'analyse des fossiles. Enfin, ponctuellement, les adaptations ont pu être en opposition d'une époque à l'autre (taille, poids…). Ce n'est que sur de longues périodes que l'on peut identifier clairement les évolutions permanentes.
Équidés précoces thumb|150px|Crâne et patte d'un Hyracotherium.
Les Équidés les plus primitifs découverts sont du genre Hyracotherium (anciennement appelé Eohippus). Certains auteurs ne les considèrent pas encore comme faisant partie des Équidés, d'autres différencient ces deux genres. Ils disposent des caractéristiques de ce qu'allaient devenir les Équidés modernes. Dotés de quatre doigts, ils vivaient dans les forêts, durant l'Éocène, il y a 60 Ma. Ils évoluaient principalement sur ce qui allait être l'Amérique du Nord, mais certains ont migré vers le Vieux Monde via le détroit de BéringSibylle Luise Binder, Gabriele Kärcher (trad. Karine Van Butsele), La vie fascinante des chevaux, Larousse, Paris, 2002 . LHyracotherium était petit — environ 20 cm — et trapu. Il se nourrissait de feuilles et menait une vie solitaire dans les sous-bois. Il va progressivement évoluer en se spécialisant dans la course, grandir et acquérir un cerveau semblable à celui des équidés modernes. On a appelé Orohippus l'étape évolutive vers 45 à 42 Ma des sept espèces découvertes.
D'autres genres semblent en être issus. En Amérique du Nord, Mesohippus, de la taille d'un grand chien, vivait dans le climat chaud et sec il y a 42 à 33 Ma. Il semble avoir coexisté pour un temps avec Miohippus (40 à 25 Ma), encore plus grand que le précédent. Miohippus va ensuite donner naissance à deux branches différentes sur ce continent dont plusieurs espèces migreront sur le continent eurasien. Ils se distinguent par leur face allongée.
Du Miocène au Pliocène thumb|Évolution du pied des Équidés. De gauche à droite : Mesohippus, Merychippus, Pliohippus. Les espèces de ces fossiles sont toutes considérées comme d'authentiques Équidés.
Les Anchithériininés Kalobatippus Anchitherium, en Amérique du Nord et d'Europe à la Chine. Hypohippus, entre 17 et 11 Ma. Megahippus, entre 15 et 11 Ma. Sinohippus, en Amérique du Nord et Chine. Archaeohippus Equinae thumb|200px|Hipparion gracile.
ParahippusPuis vint Merychippus il y a 20 à 17 Ma, animal de de haut. Les deux derniers doigts continuent de s'atrophier et c'est le premier équidé à se nourrir exclusivement d'herbe. Vers 13 Ma se distinguent deux types d'Équidés à traits morphologiques nettement distincts, les Hipparions et les Pliohippus.
Les Hipparions se distinguent des Équidés modernes par leurs membres tridactyles et le dessin de l'émail sur les couronnes des molaires tandis que les Pliohippus, d'il y a 5 à 2 Ma, n'ont plus qu'un doigt. Ces derniers sont donc soupçonnés de partager un ancêtre avec les Equus plus récents, plutôt qu'avec les Hipparions. Les Pliohippus sont présents en Amérique du Sud, du Nord et en Eurasie. De cette branche commune d'Amérique du Nord émergent les Equus et les Dinohippus.
Spéciation du genre Equus
Le genre Equus est apparu il y a 4 à 5 Ma. Sa taille atteint 125 à . Ses yeux sont disposés sur les côtés pour détecter les prédateurs à de grandes distances. Le naseau, très ouvert, permet l'inspiration de grandes quantités d'air pour augmenter la vivacité et la rapidité.
L'histoire récente des Équidés est mal connue. Nous ne savons pas en particulier quand a eu lieu la spéciation entre les ânes, les chevaux sauvages (Equus ferus), les zèbres et le cheval domestique (Equus caballus). Nous ne savons pas si les espèces domestiques (cheval ou âne) résultent d'une sélection opérée par l'homme ou si elles sont le fruit de la sélection naturelle. L'histoire du cheval domestique est beaucoup mieux connue depuis l'antiquité. Toutefois, une étude génétique, réalisée sur un fragment d'os de cheval vieux d'environ trouvé au Yukon en 2003, a permis d'estimer l'apparition de l'ancêtre commun à tous les Équidés modernes à environ quatre millions d'annéesarticle sur le portail maxiscience..
Cependant, le plus ancien squelette de cheval, Equus stenonis, a été daté de la fin du tertiaire en Europe de l'Ouest. Les scientifiques pensent ainsi qu'il est une évolution du Plesippus. Equus stenonis a ensuite évolué en deux branches, l'une étant plus lourde que l'autre, dont Equus scotti, de forme similaire et commun en Amérique, dont certaines évolutions sont devenues géantes. Ces espèces américaines se sont éteintes il y a lors de l'extinction de la mégafaune américaine.
thumb|center|800px|Évolution du crâne du cheval : de son lointain ancêtre, l'Hyracotherium, de la taille d'un agneau, au cheval d'aujourd'hui. Galerie
En Eurasie thumb|200px|Peinture de la grotte Chauvet.
Les Équidés sont représentés sur des peintures pariétales remontant à plus de ans, notamment dans la grotte Chauvet. Il est l'un des animaux les plus fréquemment représentés de l'art préhistorique, comme dans la grotte de Lascaux ; il ne s'agit probablement pas de l'ancêtre direct des chevaux domestiques, mais ceux de l'espèce Equus ferus dans laquelle est classé le Tarpan.
Celui-ci a été chassé pour sa viande et les utilisations de certaines ressources telles que la peau, les os, etc. La date des premières traces de domestication reste imprécise car les ossements, même plus récents, ne permettent pas de distinguer, dans le cas du cheval, individus sauvages et individus domestiques.
Les hypothèses actuelles penchent vers une domestication comme animal de prestige. Le musée préhistorique d'Île-de-France a produit une exposition avançant des arguments convaincants en ce sens.
En Amérique Galerie américaine
Plusieurs genres se sont côtoyés, par exemple Hippidion et Equus.
Le site de la grotte de Pendejo est situé à une cinquantaine de kilomètres au sud d'Alamogordo, au Nouveau-Mexique, et à environ quinze kilomètres au nord-est de l'extrémité méridionale des montagnes de Sacramento. Une pointe d'alène ou de lance a été découverte dans un os d'une espèce de cheval aujourd'hui disparue (Equus Amerhippus alaskae). L'ensemble reposait dans une couche stratigraphique datée de .
Sur les différents sites archéologiques situés autour du volcan Nevado de Toluca, un des plus grands volcans de la région de Mexico, tels que les sites de Chimalhuacan ou de Balderas, de nombreux ossements d'équidés furent mis au jour avec des squelettes humains et d'autres ossements d'animaux tels que mammouths, glyptodons et camélidés. Tous furent tués il y a ans lors de l'éruption plinienne du volcan Nevado de Toluca.
En 1993, la découverte dans le Yukon canadien d'une peau vieille de d'un Equus lambei et de pattes momifiées permirent par une analyse ADN de montrer la très proche parenté avec les actuels EquusYukon Horse.
L'''Equus atteignit le continent sud-américain au début du Pléistocène et des espèces se différencièrent : le cheval nain des Andes (Equus Amerhippus andium), le cheval préhistorique argentin (Equus Amerhippus curvidens). On retrouve ses ossements dans le site de Pikimachay dans les Andes péruviennes, il y a ans, associés à des pointes de lancesFlea Cave (Pikimachay), Sam E. Rustan, Minnesota State University (consulté le 25 février 2007).
Au Chili, dans la caverne du Mylodon, furent mis au jour des indices de présence humaine, des ossements dHippidum (Equus curvidens) et de mylodon répartis en plusieurs strates. La datation au carbone 14 des ossements et artefacts trouvés donnent des dates comprises entre et .
Les espèces du genre Equus auraient finalement disparu du continent américain il y a environ seulement. L'homme, à travers les Amérindiens et Paléoaméricains, les carnassiers comme les tigres aux dents de sabres, les éléments naturels, en particulier le volcanisme de la région centrale de Mexico et des épizooties dévastatrices, eurent raison de la présence des équidés en Amérique..
La réintroduction d'espèces de la famille s'est faite lors de l'invasion de l'Amérique par les conquistadores, certaines espèces devenant marron (retour à la vie sauvage), comme les mustangs.
Histoire de cette théorie Du fait que les Équidés étaient absents des Amériques lorsque les conquistadors espagnols ont abordé leurs rivages et que les Amérindiens n'avaient pas de mot pour désigner les Équidés, on pourrait s'imaginer que les chevaux sont originaires d'Eurasie, pourtant leur histoire évolutive semble plus compliquée.