Jean-HenriLes actes d'état civil mentionnent : Jean Henri Casimir Fabre (cf : Archives départementales de Vaucluse ). De rares sources omettent le trait d'union entre les deux éléments de son prénom composé usuel, Jean-Henri, ainsi que son deuxième prénom maternel, Casimir. Nous nous conformons ici à l'orthographe la plus fréquemment admise. Voir à ce sujet la biographie de l'abbé Augustin Fabre, Jean-Henri Fabre le naturaliste (Imprimerie Carrère, Rodez 1924), et la préface d'Yves Delange aux Souvenirs entomologiques (éditions Robert Laffont, Paris 1989). Ses œuvres en provençal sont signées Jan-Enri Fabre. Voir également sur Wikipédia : convention sur les prénoms composés anciens. Casimir Fabre , né le Mairie de Saint-Léons le 22 décembre 1823

L'an mil huit cent vingt trois et le vingt deuxième du mois de décembre à huit heures du matin par devant moi Joannis Jean Antoine, maire de la mairie de St Léons, canton de Vezin département de l'Aveyron est comparu le Sieur Antoine Fabre, praticien, âgé de vingt quatre ans, habitant du dit St Léons, lequel nous a présenté un enfant de sexe masculin né le jour d'hier vingt un décembre à quatre heures du soir de lui déclarant et de Victoire Salgues son épouse auquel il a déclaré donner les prénoms de Jean Henri Casimir lesquelles présentations et déclarations ont été faites en présence des Sieurs Jean Pierre Micard, instituteur âgé de soixante deux ans et de Jean Delouvrie âgé de quarante sept habitant du dit St Léons. Soussignés avec le déclarant et nous dit maire après que lecture à eux faite du présent acte.

A. Fabre

Micard

Joannis

source : © Archives départementales de l'Aveyron (Rodez) : cote 4E247-4 à Saint-Léons (Aveyron) et mort le à Sérignan-du-Comtat (Vaucluse), est un homme de sciences, un humaniste, un naturaliste, un entomologiste éminent, un écrivain passionné par la nature et un poète français de langue occitane (et à ce titre félibre) et française, lauréat de l'Académie française et d'un nombre élevé de prix.

Il peut être considéré comme l'un des précurseurs de l'éthologie, science du comportement animal, et de l'écophysiologieVoir M. Fontaine et Y. Delange, « Jean-Henri Fabre, précurseur de l'écophysiologie » in Actes du congrès J.-H. Fabre, 1985..

Ses découvertes sont tenues en haute estime en Russie, aux États-UnisAux États-Unis, l'intérêt accru pour l'entomologiste réside pour certains — et souvent au niveau des états — dans sa négation du darwinisme et donc de l'évolution des espèces. Des campagnes créationnistes ont même réussi à faire changer des lois sur l'enseignement et à prendre en seules références la Bible et la Genèse Site américain créationniste., en Corée du Sud et surtout au Japon où Jean-Henri Fabre est considéré comme le modèle accompli de l'homme de sciences et de l'homme de lettres réunis et, à ce titre, est au programme des enseignements de l'école primaireLes japonais, J.-H. Fabre et les insectes, Forum Japon lire en ligne. Il est aussi mondialement connu pour ses Souvenirs entomologiques, qui ont été traduits en quinze languesanglais, allemand, italien, espagnol, danois, suédois, russe, polonais, tchèque, hébreu, chinois, coréen, ou encore en japonais..

« Un grand savant qui pense en philosophe, voit en artiste, sent et s'exprime en poète », c'est ainsi que Jean RostandJean Rostand, Cet homme fut mon idole! La Gazette apicole, Montfavet, .

Cf. de nombreuses sources sur le net, tels aveyron.com, micropolis ou encore musee-jeanhenrifabre.com. qualifie la polymathie de Jean-Henri FabreD'autres sources attribuent cette citation à Edmond Rostand, père de Jean Rostand, à l'instar des Commentaires sur Jean-Henri Fabre : l'observateur incomparable : biographie de Alix Delage, par Gilbert Jolivet, document PDF..

Biographie vignette|left|Maison natale de Jean-Henri Fabre à Saint-Léons, statue en bronze de Joseph Malet.

L'éveil à la nature : un autodidacte précoce Son père, Antoine Fabre, est originaire du Puech de la Font, au lieu-dit MalavalSouvenirs entomologiques, IV, Mon école., au nord de Saint-Léons, sur la paroisse de Vaysse dans l'Aveyron. Marié à Victoire Salgues, fille de l'huissier de Saint-Léons, il s'y établit dans l'espoir de succéder à son beau-père. Jean-Henri est élevé à la ferme du Malaval par ses grands-parents paternels, Pierre-Jean Fabre et Élizabeth Poujade. C'est dans ce Rouergue profond que le petit garçon découvre très tôt les réalités d'une nature contrastée et sauvage, qui va aiguiser son esprit d'observation et sa pugnacitéDans Enfance en Rouergue, Jean-Henri Fabre raconte ses souvenirs, ses jeux, ses observations et ses premières découvertes..

vignette|left|Cour d'honneur de l'École Normale d'Avignon avec la statue de Jean-Henri Fabre. vignette|left|Ancienne École Normale d'Avignon, rue Louis Pasteur, où Jean-Henri Fabre fit ses études d'instituteur.

De retour au village de Saint-Léons à l'âge de sept ans, en compagnie de son frère Frédéric, de deux ans son cadet, le jeune garçon s'instruit dans de nombreux domaines avec les moyens mis à sa disposition. Son instituteur est son parrain, Pierre Ricard. Pendant trois ans, il lui apprend à lire et à écrire dans une grange transformée en classe, entouré d'animaux de basse-cour. Son plus précieux outil scolaire est alors un abécédaire illustré par des animaux que son père Antoine lui a rapporté de la ville. Dans le chapitre IV de la des Souvenirs entomologiques, sous le titre Mon école, il le décrit de la sorte : . Puis, progressant sur l'utilisation de son abécédaire et ses capacités de lecture :

Les difficultés professionnelles de son père, paysan devenu cafetier, interrompent sans cesse sa scolarité, obligeant Jean-Henri à être autodidacte dès l'âge de 10 ans. Dès 1833 et pendant les six années suivantes, l'exode rural pousse la famille à Rodez, Aurillac, Toulouse, Montpellier, Pierrelatte et enfin Avignon Biographie de Fabre sur 19e.org..

À dix ans, brillant élève au Collège royal de Rodez, il est clergeon dans la chapelle de l'établissement universitaire, ce qui lui vaut la gratuité de l'externat. Quatre ans après, son père s’installe à Toulouse où Jean-Henri peut suivre gratuitement les cours du séminaire de l’Esquille. Puis la famille déménage à nouveau. À Montpellier, âgé de quatorze ans, il est tenté par la médecine mais doit y renoncer pour aider ses parents. Il abandonne ses études pour gagner sa vie et se retrouve à vendre des citrons à la foire de Beaucaire Biographie sur e-fabre.com. puis se fait embaucher comme manœuvre pour la construction du chemin de fer Nîmes-Beaucaire.

Il y a pourtant appris assez de latin et de grec pour se passionner pour les auteurs de l'Antiquité. Il affectionne surtout Virgile, en qui il découvre un poète épris de nature. Décidé à se présenter à un examen pour obtenir une bourse, en 1840, ayant appris qu'un concours d'entrée recrutait des élèves instituteurs, il part à Avignon, sort premier de sa promotion et rentre à l'École normale d'instituteursbiographie, (archive).. Reçu en qualité de pensionnaire boursier, il est, à dix-sept ans, enfin assuré du gîte et du couvert.

Les résultats de sa première année sont passables. Au milieu de la seconde, il est déclaré « élève insuffisant et médiocre ». Piqué au vif, il demande et obtient de suivre son dernier semestre en et obtient le « Brevet supérieur »Le Brevet supérieur, qui nécessitait trois années d'études supplémentaires après le « Brevet élémentaire », permettait d'accéder aux postes de professeurs dans les « Écoles primaires supérieures » ou de concourir au « Certificat d'aptitude à l'Inspection primaire » et à la « Direction des Écoles Normales ». en 1842, avec une année d'avance sur le cycle habituel.

Carpentras : l'instituteur érudit vignette|redresse|left|Jean-Henri Fabre à Carpentras vers 30 ans. vignette|left|Le mont Ventoux fut pour Fabre un important terrain d'étude.

Âgé de dix-neuf ans, il devient instituteur à l’école primaire annexe du collège de Carpentras. Il va y rester sept ans. En cette année 1842, ses émoluments ne dépassent pas francs. Il reprend pourtant ses études latines en relisant Virgile et en traduisant Homère. C'est aussi en 1842 qu'il publie son premier recueil de poèmes, Invocations, et qu'il escalade pour la première fois le mont Ventoux.

L’installation de l’aîné attire sa famille. Son père et sa mère rejoignent Pierrelatte pour tenir un nouveau café sur la Place d’Armes, tandis que son frère est nommé instituteur à Lapalud. Le , il épouse Marie-Césarine Villard acte de mariage., institutrice originaire de Carpentras, qui lui donnera sept enfants, dont trois n'atteindront pas l'âge adulteLes sept enfants du Mariage de Jean-Henri Fabre et Jeanne Marie Villard :

- Élizabeth Marie Virginie Andréa Fabre, décède à l'âge de 10 mois

- Jean Antoine Emile Henri Fabre, décède à l'âge de 18 mois

- Antonine Andréa, enfant

- Aglaé Emilie, enfant

- Claire Euphrasie, 5ème enfant décède à l'âge de 35 ans

- Jules André Henri, enfant, décède à l'âge de 16 ans

- François Emile, enfant

https://www.e-fabre.com/biographie/genealogie.htm.

Étouffé par l'enseignement de l'époque, qu'il qualifie de « prison », il met à profit la clémence du climat de la région pour encourager l'enseignement en plein air. Poussé par son envie d'apprendre, il consacre son temps libre à la préparation de nouveaux diplômes, tout en menant diverses recherches, notamment en entomologie. Il obtient en 1844, à Montpellier, le baccalauréat ès-lettres, en 1846 le baccalauréat en mathématiques, en 1847 la licence de sciences mathématiques et enfin en 1848 la licence de sciences physiques.

C’est cette même année que son jeune fils est atteint de fièvre, son état empirant et devant l’impuissance avouée des médecins traitants, il tente de le sauver avec les méthodes prescrites par François-Vincent Raspail. L’enfant meurt et il annonce son deuil à son frère le . Pour faire face et ne pouvant plus se contenter de son maigre salaire, il postule à un poste de professeur de mathématiques au lycée de Tournon, qui lui échappe tout comme celui d’Avignon.

Durant toute cette période, Fabre avait fait sien le précepte de Platon : « Que nul n'entre ici s'il n'est géomètreSouvenirs entomologiques, Jean-Henri Fabre, 1903, Série, Chapitre 18.. » Entre vingt et trente ans, il se perfectionne en mathématiques, en particulier l'ellipse, l'hyperbole, les tangentes, la mécanique analytique, et le calcul infinitésimal. Pour Fabre, le nombre est empreint de poésie, et il va jusqu'à lui consacrer une ode, Arithmos.

Séduit par la richesse botanique et entomologique de la Provence, il s'adonne à nouveau à sa passion des insectes et commence une carrière d'« historien des bêtes ». Mais c'est la lecture des travaux de Léon Dufour qui va le pousser vers sa nouvelle carrièreIl décrit ainsi sa découverte des travaux de Léon Dufour : (Souvenirs entomologiques série, Chapitre 3; voir aussi Wikisource)..

Ajaccio (1849-1852) : éclosion du naturaliste Nommé professeur de physique au collège impérial d’Ajaccio, le , il s'installe dans l'île avec son épouse. Fabre, qui enseigne à présent la physique et la chimie dans les classes secondaires, bénéficie d'une nette amélioration de ses conditions de travail puisque ses appointements se montent à . La Corse ouvre au jeune professeur un champ de recherches et d’observations qui va compléter ce qu’il a déjà entrepris sur les pentes du Ventoux.