thumb|Dans un cimetière : réservoir de récupération des eaux pluviales qui tombent sur le toit de l'église, pour stocker l’eau destinée à l'arrosage de chrysanthèmes. Une installation de récupération d'eau de pluie consiste en un système de collecte et de stockage de l'eau pluviale dans la perspective d'une utilisation ultérieure. La mise en place d'une installation spécifique, qui peut varier dans sa complexité suivant l'utilisation finale, est nécessaire à la satisfaction de cet objectif.

Les motivations sont le plus souvent d'ordre économique ou écologique ; cependant dans certaines configurations, de telles installations sont indispensables pour suppléer à une alimentation en eau courante insuffisante, défaillante ou même inexistante.

L'eau de pluie récupérée peut être de qualité variable et être moins bien adaptée à certains usages comme les jardins potagers, par exemple en présence de métaux lourds.

Eau pluviale

L'eau de pluie a des caractéristiques bio-chimiques assez proches d'une eau potable et même bio-compatible sans aucun traitement. Néanmoins, il existe une relative contamination de l'eau de pluie au contact de gaz (oxydes d’azote, de soufre), de particules souvent riches en matériaux lourds et des différents aérosols relâchés par les activités humaines. L’eau de pluie se charge aussi de substances posées sur les toits (excréments d’oiseaux, feuilles, particules de poussière) ou dans la citerne d’eau dans lequel elle sera stockée.

Dès lors, l’eau de pluie n’est pas potable. Cependant, il est possible de purifier celle-ci. Mais sa consommation ne peut être recommandée que si la technique de filtration est parfaite.

L’eau de pluie légèrement purifiée peut servir à quantité d’autres applications. L'eau de pluie peut facilement être utilisée pour les toilettes, l'arrosage du jardin, le nettoyage, ou la lessive.

Utilisation thumb|Le remplacement du flotteur horizontal par deux flotteurs verticaux permet d'alimenter la chasse d'eau par l'un ou l'autre des deux circuits sans nécessité de déconnexion La récupération d'eau de pluie peut se faire à plusieurs destinations.

Dans les utilisations non comestibles : Arrosage des plantes, pelouses (principalement l'été en période de restriction d'eau), lavage voiture, mise à niveau de la piscine ; Alimentation d'un « jardin pluvial » épurant l'eau avant de l'infiltrer vers la nappe (éventuellement en sortie de trop-plein d'une citerne de récupération) Alimentation des toilettes ou de la machine à laver (dont les eaux grises pourront éventuellement être épurées par lagunage naturel ou marais filtrant ; Nettoyages divers (sols, extérieur…).

Dans les utilisations comestibles (autorisé seulement dans un cadre strictement privé en France) : Consommation de l'eau pour boire ; Douches, bains ; Lave-vaisselle ; …

Dans une habitation, pour des raisons de sécurité sanitaire, l'eau de pluie et l'eau de ville (fournie par les services de la ville) doivent circuler dans deux réseaux de plomberie différents, et donc disposer avant les toilettes ou la machine à laver d'un système de dis connexion réglementaire pour éviter toute pénétration d'eau de pluie dans le réseau d'eau de villeEn France : réglementation sanitaire et départementale, article 16-3.

Eau récupérée du toit

upright=1.5|thumb|Procédé simple de filtration et récupération d'eau de pluie à partir de tuyaux et raccords PIC du commerce.

Tous les types de toits ne conviennent pas à la collecte d’eau de pluie : + Taux de récupération en eau de pluie des toits par type de couvertureVivons l'eau sur le site wwf.be: Type de toit Taux de récupérationToit plat recouvert de gravier60 %Toit plat recouvert de matière synthétique ou de bitume (Rowling)70 - 80 %Toit plat recouvert de gazon ou d’autres plantes20 %Toit en pente recouvert de panneaux ou de tuiles75 - 95 %Toit en pente recouvert de matière synthétique ou de bitume80 - 95 %Toit en pente recouvert de gazon ou d’autres plantes25 % en moyenne (très variable selon le type de substrat et la pluviométrie) Le taux de récupération donne une idée approximative de la quantité d’eau de pluie que l’on peut effectivement collecter selon le type de toit. Un taux de 60 % signifie que vous pourrez collecter 60 % de l’eau de pluie et que les 40 % restants seront perdus par évaporation, évapotranspiration, etc.

Cas des toitures ou terrasses végétalisées Pour les raisons éthiques, environnementales, économiques et esthétiques, les toits verts couverts d'une couche de végétation extensive (sédums majoritairement) sont de plus en plus répandus.

Une étude M.A. Monterusso, D.B. Rowe, C.L. Rugh, D.K. Russell, Runoff water quantity and quality from green roof systems ; ISHS Acta Horticulturae 639: XXVI International Horticultural Congress: Expanding Roles for Horticulture in Improving Human Well-Being and Life Quality, Toronto, Canada, 30 juin 2004 ; (Résumé) a comparé les capacités de rétention/épuration d'engrais contenus dans l'eau de ruissellement, sur quatre types de systèmes commercialisés aux États-Unis contenant chacun au moins trois types distincts de plantes. L'eau ruisselant sur des plates-formes expérimentales végétalisées a été retenue par le substrat pour 38,6 % (pour le support Xeroflor) à 58,1 % (pour le support Siplast).C'est l'épaisseur du substrat plutôt que de système de drainage ou le type de flore qui expliquait le mieux la capacité de rétention d'eau, ainsi que la teneur en humidité du substrat juste avant une pluie.Le chauffage urbain et la pollution routière étant sources de NOx pouvant former des nitrates en se combinant avec l'ozone, il était intéressant de mesurer la capacité des terrasses végétalisées à épurer les nitrates.

Filtres Avant de parvenir dans la citerne, l'eau doit idéalement être filtrée ; au moins par un filtre primaire. Il en existe plusieurs types.

Filtres non auto-nettoyants C'est par exemple sous de la gouttière, un petit bassin de décantation qui retient les matières solides et dont le trop-plein alimente la citerne. Ce bassin sera nettoyé quelquefois par an (en siphonnant par exemple). Ce système n’est pas recommandé car devant être régulièrement nettoyé, et vidé en cas de gel prolongé. Filtres auto-nettoyants Ces filtres sans entretien laissent l’eau s’écouler au travers d’un fin tamis en acier inoxydable. Ils ont deux ouvertures ; une par laquelle s’écoule l’eau filtrée qui poursuit son chemin vers la citerne, l’autre par laquelle s’écoule l’eau souillée qui élimine ainsi environ 10 % de la quantité totale d’eau. Les feuilles y sont emportées par l’eau qui s’écoule vers une sortie de décharge.

Il existe différents types de filtres : Filtre automatique à tamis horizontal ; Filtre cyclone ; Filtre collecteur (installé dans la gouttière). Un deuxième filtre primaire peut être placé entre la citerne d’eau de pluie et la pompe pour retenir les matières solides en suspension. Il contient généralement une cartouche en gaine de nylon, lavable toutes les deux à trois semaines.

Choix de la citerne

Il existe sur le marché des dizaines de citernes de récupération d’eau répondant à différents besoins (pour la maison, le jardin, le lavage de la voiture…) : le choix du volume se fait selon la place disponible et les objectifs d'utilisation de l'eau de pluie ; il tient également compte de la quantité d'eau de pluie potentiellement récupérable, selon la pluviométrie locale, et le type de pluie (grosse pluie peu régulière ou bruines fréquentes).

+ Les trois types de matériaux disponibles sur le marché en Belgique Citerne souple Matières synthétiques BétonBelgique : Pas de labelBelgique : De préférence avec label BENOR (obligatoire en Flandre).Plus légère que le béton ou d’autres matières rigides synthétiques, la citerne souple ne nécessitent aucun terrassement et peut être installées aussi bien à l’extérieur, posées sur le sol, qu’en vide sanitaire, sous une véranda ou une terrasse, c’est-à-dire dans des espaces à hauteur réduite ou difficiles d’accès.Plus légères que le béton : peuvent être placées sans l’aide d’une grue; Plusieurs petits réservoirs peuvent être placés en série dans une cave existante.Doit être installée à l’aide d’une grue. Les parois et le fond doivent être d’une seule pièce.L’un des avantages de la citerne souple est qu’elle conserve l’eau de pluie dans sa composition initiale. Le textile protège de toute modification biologique.On peut prévoir une fine couche de gravier, dans laquelle certains micro-organismes peuvent spontanément s’installer. Ceux-ci dégradent les petites impuretés qui se trouvent dans l’eau. Cette couche de gravier, si elle est importante permet également d’éviter que la citerne ne soit poussée vers le haut en raison de la pression de l’eau souterraine en cas de remontée de nappe phréatique autour d'une citerne vide.Sur les parois et sur le fond s’installent de micro-organismes qui dissolvent les petites impuretés présentes dans l’eau de pluie.Des pierres calcaires peuvent être installées dans la citerne : celles-ci neutraliseront l’acidité des eaux de pluie, ce qui est nécessaire pour éviter la corrosion des conduites d’eau si elles sont métalliques.Le béton neutralise l’acidité de l’eau de pluie, mais certains ciments peuvent contenir des métaux lourds.Le prix des citernes souples est bien en deçà des citernes classiques.Une citerne en matières synthétiques est plus onéreuse mais sa pose est plus aisée, même dans un jardin situé à l’arrière de la maison. Les modèles carrés peuvent passer dans l’ouverture d’une porte.Les citernes en béton préfabriquées constituent souvent l’option la moins onéreuse si l’installation peut se faire dans un endroit accessible au camion et à la grue. La citerne correctement installée peut fonctionner pendant plus de dix ans avant d’être nettoyée (pas besoin de nettoyage pour les citernes souples). Les micro-organismes exercent un rôle de nettoyeurs.

Il ne faut pas, lors du nettoyage, frotter les parois, car il faut beaucoup de temps avant que les micro-organismes (biofilm) ne s’y réinstallent.

Les sédiments qui se seraient éventuellement déposés sur le fond sous forme de vase (milieu plus anoxique) doivent être éliminés.

Micro-crépine Une micro-crépine équipée d’un flotteur permet de puiser l’eau à environ une dizaine de centimètres sous la surface et d’éviter ainsi que les impuretés stagnantes au fond du réservoir et flottantes ne soient entraînées vers la pompe. Le puits est muni d’un trop-plein pour éviter les inondations. En effet quelques dizaines de fois par an, le puits déborde. Ainsi le biofilm ou la fine pellicule de poussière accumulée en surface sont régulièrement évacués.

Le trop-plein sera connecté de préférence à un puits d’infiltration, un bassin d'infiltration, un fossé ou un étang, afin de permettre à l’eau excédentaire de s’infiltrer dans le sol. En Suisse et dans certains États de la République fédérale d’Allemagne, il s’agit là d’une obligation légale. Ne raccorder le trop-plein à l’égout que s’il n’existe vraiment aucune autre option. Si tel est le cas, il faudra munir le trop-plein d’un système empêchant l’eau venant de l’égout de refluer dans le puits, ce qui pourrait arriver si l’égout est saturé à la suite d'une violente averse ou en cas de précipitations prolongées.

Pompe de distribution Par un circuit séparé, une pompe distribue l’eau de pluie dans la maison. Il existe divers types de pompes, qui ont chacun leurs avantages et leurs inconvénients (voir tableau). Un filtre mécanique peut éventuellement être placé après la pompe qui retiendra toutes les petites particules de poussière (ces filtres sont munis de cartouches renouvelables ou en mode automatique avec mécanisme de refoulement).