La virginité est le fait pour une personne de n'avoir jamais eu de relations sexuelles. Ne reposant pas sur une base biologique, la virginité est un concept social, culturel et religieux. C'est surtout la virginité féminine qui représente un enjeu (a fortiori de la femme non mariée), tandis que celle des hommes est en général de faible importance. Elle est souvent associée aux notions de pureté et d'honneur, en particulier dans les cultures et les religions qui insistent sur l'abstinence avant le mariage, et dans les sociétés bourgeoises, soit dans la plupart des cultures, partout autour du globe.
L'importance culturelle et sociale de la virginité a mené à différentes techniques pour vérifier la virginité d'une future épouse, en premier lieu l'observation de l'hymen censé se rompre lors d'une pénétration vaginale. Dans certaines cultures et époques, des tests de virginité ou la présence de sang sur les draps à la suite de la nuit de noces ont servi à prouver la vertu de l'épouse, bien que n'étant pas des indicateurs fiables : le premier rapport sexuel avec pénétration n'entraîne pas, de façon systématique, le saignement de l'hymen. De plus, toutes les femmes n’en possèdent pas forcément un. La virginité est donc impossible à établir médicalement.
La définition de la virginité varie selon les époques et les cultures : dans certaines sociétés, une femme est toujours considérée comme vierge même si elle a eu des pratiques sexuelles sans pénétration vaginale ou si son hymen a été reconstruit chirurgicalement. La virginité est donc également liée à la définition du rapport sexuel.
Après la biologie et les sciences sociales, le concept de virginité a été aussi critiqué par les féministes qui y voient une notion floue et un outil de domination masculine permettant de contrôler les femmes, leur corps et leur sexualité.
Définition Terminologie Le substantif féminin [consulté le ].Entrée [consulté le ]. « virginité » () est un emprunt au latin (« état d'une personne vierge »), lui-même dérivé de (« jeune fille, vierge » [consulté le ].) qui, dans l'antiquité romaine, désignait spécialement les vestales () et Diane (). L'adjectif « vierge », qui apparaît au , désigne l'inconnu, ce qui n'a jamais été touché (forêt vierge, page vierge...). Au , il est également associé à la pureté (huile d'olive vierge) et à la nouveauté (un territoire vierge est un territoire qui reste à explorer).
Le substantif féminin [consulté le ] « pucelle » () désigne une femme vierge. Son étymologie est discutée. On admet généralement, d'après attesté dans un manuscrit de la loi salique rédigé entre et , l'étymon latin * (« jeune fille, vierge pure ») dont l'origine est elle-même discutée. Il pourrait s'agir d'un diminutif de pŭlla (« jeune d'un animal »), avec altération de -ŭ en -ú sous l'influence du latin pūtus (« garçon »). Mais cette hypothèse ne convient pas du point de vue sémantique, « pucelle » ayant eu à l'origine le sens de « vierge ». G. Tilander propose pour pullicella, une dérivation, d'après *dominicella, de pulla, féminin de pūllus (« propret, sans tache, pur »), lui-même issu, par contraction, de purulus, dimininutif de purus (« pur »). Le masculin de pucelle est puceau [consulté le ]. [consulté le ]..
Le dépucelage désigne la perte de virginité quel que soit le sexe, synonyme pour une femme de défloration [consulté le ]. : faire perdre sa virginité à une jeune fille est la déflorer (sens 2) [consulté le ]. [consulté le ].Entrée [consulté le ]..
Le vocabulaire lié à la virginité est fortement lié à la propriété, comme l'expression « perdre sa virginité », « préserver sa virginité » ou « offrir sa virginité ».
Construction sociale Il n'existe aucune définition médicale de la virginité et aucun moyen fiable pour l'observer physiquement. Pour de nombreux auteurs, notamment féministes, la virginité est avant tout une construction sociale dont l'importance dépend des époques et des cultures. Pour la sociologue Simona Tersigni, . . Pour l'historienne Yvonne Knibiehler, la virginité est un . La virginité est donc avant tout définie culturellement, liée à des normes sur le corps féminin et la sexualité hétérosexuelle. Enfin, Michael Rosenberg rappelle que la virginité (des femmes) a surtout été définie par les hommes .
La défloration (dite aussi dépucelage), première pénétration vaginale, a été considérée à travers les temps et les cultures comme un événement important et on l'identifie souvent avec l'entrée de la femme dans la vie conjugale ou au moins comme la fin de son enfance. Ce premier rapport sexuel vaginal, dans la tradition catholique, représente également la consommation du mariage.
Conceptions de la virginité La définition de la virginité varie selon les époques et les cultures. En effet, elle peut se définir comme l'absence de tout rapport sexuel ou bien se limiter à l'absence de pénétration vaginale. La présence de l'hymen comme critère de virginité amène à considérer comme vierge une fille ayant eu des rapports avec sodomie, frottements ou ayant pratiqué la fellation, mais dont l'hymen est intact, alors qu'une autre n'ayant eu de rapport sexuel avec aucun individu mais pratiquant la masturbation serait dite non vierge si elle a ainsi rompu son hymen.
Toutefois, les définitions du rapport sexuel peuvent être assez variées pour que de nombreux actes soient tantôt inclus, tantôt exclusPerjury about sexual relations from the Paula Jones deposition. Un sondage chez les adolescents américains en 1991 montre que 2 % s'estiment non vierges après un baiser profond, 15 % s'ils touchent les parties génitales d'autrui ou inversement, 40 % s'ils sont impliqués dans un acte de sexe oral, 99,5 % après un coït (les questions sont de type oui/non, ceux qui indiquent le baiser comme perte de virginité peuvent aussi indiquer les autres). Pour les adolescents américains, les rapports sexuels sans pénétration sont une façon de rester . Ces définitions suscitent elles-mêmes le débat aux États-Unis, où la vision chrétienne rigoriste de la virginité implique l'absence de tout acte sexuel quel qu'il soit.
De même, la volonté est prise en compte dans la conception de la virginité : dans certaines cultures, un viol ne fait pas perdre la virginité car la femme n'était pas consentante. Saint Augustin précise que le consentement est nécessaire pour perdre la virginité, autrement dit un viol ne retire pas la virginité. On peut ainsi définir la virginité comme résultant, non d'un contact physique, mais d'un choix. Cela amène à considérer qu'on ne perd sa virginité qu'à l'issue d'un rapport sexuel avec pleine prise de conscience de l'acte.
Observation de la virginité Dans toutes les cultures qui accordent une importance à la virginité des jeunes femmes non mariées s'est posée la question de la vérification de la virginité. Au fur et à mesure que les connaissances sur l'anatomie féminine se sont précisées, ces observations ont évolué. Toutefois, en Occident, depuis plus de demeure la croyance que la virginité d'une femme peut être vérifiée à travers l'observation de son corps, et en particulier l'hymen, bien que cela n'ait pas véritablement de base biologique.
Aspects anatomiques vignette|L'hymen peut prendre de très nombreuses formes et ne constitue pas un indicateur de virginité. L'hymen est une membrane qui entoure parfois l'entrée du vagin, sans en boucher l'ouverture, et qui se détend lors des premiers rapports sexuels ou indirectement lorsqu'elle est soumise à des efforts mécaniques suffisants, par exemple lors d'activités physiques. Contrairement à une croyance répandue, l'hymen ne se déchire pas mais il se détend ; de petites ruptures peuvent se produire et engendrer des saignements. Ces ruptures cicatrisent dans les 24 heures. D'après la Fondation suédoise pour l'éducation sexuelle (RFSU), moins de la moitié des femmes saignent lors de la première pénétration.
Certaines femmes vierges n'ont quasiment pas d'hymen. Dans de rares cas, d'autres doivent recourir à la chirurgie pour ouvrir un hymen trop résistant (scléreux). À l'opposé, certains hymens particulièrement souples se laissent distendre sans se rompre lors du rapport sexuel. Enfin, certaines femmes naissent sans hymen. De plus, l'hymen peut se déchirer lors d'une activité physique ou lors de la croissance de l'enfance sans que la femme s'en aperçoive. D'autre part, même si un tampon hygiénique peut être normalement inséré et rester dans le vagin sans que l'hymen se déchire, cela peut néanmoins arriver accidentellement L'hymen est donc un élément peu fiable de la virginité.
Certains utilisent la présence de l'hymen comme définition de la virginitéLa virginité - Fil Santé Jeunes - 0 800 235 236 Anonyme et Gratuit, allant jusqu'à appeler vierge une fille dont l'hymen a été reconstitué chirurgicalement alors qu'il avait été rompu par un précédent rapport sexuelVierges à tout prix.. Si l'on définit la virginité comme l'absence de rapports sexuels, la présence de l'hymen n'est qu'une propriété qui coïncide et non pas une preuve définitive.
Toutefois, le lien entre hymen et virginité a des conséquences pratiques. Ainsi, au Viêt Nam (où la virginité est directement définie par le fait d'avoir un hymen), les mères enseignent à leurs filles de faire attention à la manière dont elles s’assoient (ne pas trop écarter les cuisses par exemple), à ne pas faire de sport violent ou à faire attention en montant à vélo pour éviter une déchirure de cette membrane.
Histoire L'hymen a très tôt été considéré comme un moyen pour vérifier la virginité d'une future épouse.
Dès le Moyen Âge, différents auteurs (masculins) sont conscients des limites de l'observation de l'hymen et mettent au point différentes méthodes complémentaires :
En effet, la vérification de la virginité de l'épouse est un besoin culturel ; lorsque les observations biologiques ne suffisent pas, il faut les compléter par d'autres méthodes.
Au Moyen Âge, l'anatomie féminine est mal connue. Aux ont lieu en Europe d'intense débats parmi les médecins sur l'existence même de l'hymen et sa forme. Au , le médecin Guilielmus de Saliceto comprend néanmoins que le sang qui coule lors d'un rapport sexuel n'est pas un indicateur fiable de virginité ; il met en évidence d'autres signes, tels qu'un vagin resserré. La croyance répandue à l'époque est qu'une femme ayant déjà eu des relations sexuelles aura un vagin élargi. Saliceto préconise également d'observer l'urine qui pourrait être mélangée au sperme chez la femme non vierge. Certaines procédures complexes sont élaborées de manière empirique par les médecins médiévaux, impliquant des fumigations.
En 1598, Séverin Pineau fait paraître quelques années après la mort d'Ambroise Paré un livre sur la virginité et la défloration. Il affirme qu'une femme est vierge lorsque son cou peut être entouré par un fil qui s'étendrait de la pointe du nez à la réunion des sutures sagittale et lambdoïde (en arrière du crâne). Cela viendrait d'une croyance des romains qui estimaient que le cou rétrécissait à la suite du premier rapport sexuel.
Pour le Dictionnaire des sciences médicales de 1814, outre l'hymen certains signes peuvent indiquer la virginité : l'état du clitoris, la taille du vagin, l'état de la muqueuse vaginale, voire l'aspect de la peau. L'auteur note également que la douleur ressentie lors d'un premier rapport sexuel est une marque de la virginité. Enfin, la virginité a souvent été liée à l'observation du comportement de la femme :
Tests de virginité
vignette|Affiche de l'Organisation mondiale de la santé contre les tests de virginité Des tests de virginité visant à vérifier la présence de l'hymen ont historiquement servi à établir la virginité d'une femme. Ainsi, Jeanne d'Arc a subi deux examens de virginité, et dans les deux cas a été déclarée vierge.