Pontlieue est une ancienne commune du département de la Sarthe et depuis le , un quartier de la ville du Mans. Le quartier est situé dans le secteur Est. Il est délimité à l'est par Les Sablons, à l'ouest le pied sec et au nord par le quartier Jaures, au Sud par une zone commerciale.
Le quartier est aujourd'hui constitué d'un pont d'assez grande taille, enjambant l'Huisne, Le Pont de Pontlieue. Cet endroit est le point de rencontre des deux lignes de tramway et un lieu d'échange multimodal avec bus et taxi. Non loin, la place Adrien-Tironneau, aussi appelée lune de Pontlieue est un échangeur majeur du sud de la ville. Ce rond-point à quatre voies permet des bifurcations vers Tours, Angers, Orléans et Chartres. Au sud, se situent le parc des expositions et le stade du Maroc.
Dans le quartier de Pontlieue se trouve le Musée vert, muséum d'histoire naturelle du Mans.
Le quartier a été marqué par la bataille du Mans, ou encore pour l'histoire personnelle de l'écrivain Paul Scarron.
Toponymie Attestée sous la forme Pontileuga en 616, sa toponymie est basée sur le latin leuga (« lieue »)Distance entre 2 Bornes leugaires., composé avec « pont ».
Il s'agit d'un faubourg du Mans, situé à une lieue de l'extrémité Sud du Vieux-Mans, aux abords d'un pont, le « pont des Vendéens », détruit partiellement durant l'insurrection vendéenne qui fut longtemps le seul pont au sud de la cité.
Histoire
Les origines de Pontlieue L'origine de la paroisse de Pontlieue remonte à la fondation d'un prieuré conventuel par saint Bertrand, évêque du Mans de . À quelques pas de l'Huisne, dans ce qui n'était alors qu'un simple marécage, il implante un petit hospice destiné à accueillir les fidèles qui se rendaient en pèlerinage à l'abbaye Saint-Pierre et Saint-Paul de La Couture. L’évêque saint Bérard, qui siégea au Mans entre fut inhumé dans l'église déjà annexée au prieuré de Pontlieue et dédiée à saint Martin. Plus tard, vers le , sur les ruines du sanctuaire primitif fut construite l'église en forme de croix latine qui subsista péniblement jusqu'à la Restauration. Peu à peu, des maisons s'établissent à proximité formant le bourg originel de Pontlieue. Les invasions vikings du n’épargnèrent pas le bourg de Pontlieue qui fut pillé et en partie détruit probablement après la prise du Mans en .
Au-delà, c’était la campagne avec un double aspect : le long de l’Huisne s’étendaient de bonnes terres cultivées de temps immémorial alors qu’au contraire, les terres de la paroisse en direction du Sud étaient constituées par de vastes landes au sol ingrat couvert de bruyères, ajoncs et autres petits arbustes hormis quelques îlots plus favorisés grâce à quelques point d’eau ou petits ruisseaux comme le Roule-Crottes et Les Epinettes. Ajoncs et genêts des landes mancelles semblent être à l’origine du surnom « Plantagenet » conféré à Geoffroi duc d’Anjou (). C’est son amour de la chasse et à ses courses à travers les landes mancelles que Geoffroi doit cette appellation : Geoffroi grand chasseur a dû accroître l’étendue de landes, laisser des terres en friche « planter du genêt » pour augmenter ses chasses. C'est durant la guerre de aux que le Bourg-Bas de Pontlieue eut le plus à souffrir de dévastations : maisons, moulins, ponts détruits.
Les landes de Pontlieue Le retour à la paix marque un tournant dans la mise en valeur de la paroisse de Pontlieue avec un effort réel de mise en culture de sols défavorisés. Des terres délaissées furent confiées à des familles paysannes pour remises en état ou pour édifier à nouveau une demeure détruite. Ainsi, à la fin , l’Hôtel Dieu Coëffort propriétaire de la lande du Ronceray tenta sa mise en culture là où les ronces étaient maîtresses. Peu à peu, des habitats se constituent aux Fontenelles, Huchepie, Vallée aux Poules, Raineries… Au , près de de terres furent cédés à 13 particuliers entre le Gibet et le Chemin aux bœufs. Ainsi, un certain Michel Loiseau devient propriétaire de terres semblant correspondre à Vaulion (Vauguyon). Des fermes naissent avec la naissance de bordages. À la fin du , l’habitat à Pontlieue ne différait pas de celui des bordages en pleine campagne. Le principe pour une habitation était une chambre basse avec cheminée et chambre froide faisant suite. Souvent, seul le mur de la cheminée était en pierre, les autres murs ne comportaient que des solives de bois dressées entre lesquelles était glissé un torchis fait d’argile, de chaux et de paille hachée. Le toit des constructions était le plus souvent en « bardeau », c’est-à-dire revêtu de lattes de bois. À cette époque, la paroisse comptait 18 métairies principalement situées dans les terres les plus fertiles en bordure de l’Huisne ou des ruisseaux comme le Roule-Crottes ( Hunaudières). Aux mains des laboureurs, paysans disposant d’un attelage et de serviteurs, les métairies étaient propriétés du clergé et de l’Abbaye de la Couture.
À côté de ces fermiers plus aisés, la paroisse comptait une soixantaine de bordages : la Basinière, Bel Essor, Raineries, les Dehais, les Fontenelles, les Sources, le Fouillet, la Fresnellerie, la Guéronnière (Glonnières), le Houx, la Vallée aux poules, Huchepie, les Mortes Œuvres, Pied sec, la Ronceray, les Rouges Gouttières, la Timonière, Vaulion, Vertgalant. Sans fortunes, avec peu de meubles et de bestiaux, les habitants des bordages vivaient dans une situation très précaire. Les bordages comportaient moins de terres cultivables que les métairies mais étaient ceintes d’une importante étendue de landes « où le maître envoyait en toute saison paître ses quelques animaux ». La récolte habituelle était le seigle avec un peu d’avoine et quelques vignes. Pour pallier les aléas de la culture, chaque paysan organisait une où plusieurs activités accessoires et annexes : tissage, « vaisseaux de mouche » (ruches pour le miel et la cire). Chacun œuvrait pour vivre mais ce n’était pas toujours aisé : malchance, maladies, incompétence, manque de courage, aléa climatique… tout pouvait jouer. Pendant très longtemps, il est certain que la zone de bois et de landes, avec des terres trop sèches, dut rester inhabitée ou presque. Mais, vers 1750, les landes firent peu à peu place aux sapinières source de profits en un sol très pauvre, sablonneux et c’est ainsi qu’en 1810, la commune comptait de pins, 131 de taillis, de Landes soit impropres à la culture contre de terres labourables, prés et pâtures.
Administration de la paroisse
L’administration de la paroisse était dévolue à un procureur syndic désigné très « démocratiquement » par les habitants de la paroisse. Il convoque les assemblées, les préside, informe les habitants, demande leurs avis et la décision est prise en commun et cosignée sur le procès-verbal du notaire. De nombreux syndics se succédèrent : Pierre Cohin (1683–1698), René Gautier (1718-1722)… Presque tous étaient marchands et avaient parfois un certain degré d’instruction. Les réunions du syndic se tenaient à l’issue de la messe dominicale devant la porte principale de l’église. hommes se réunissaient alors pour débattre : de la répartition de la taille (impôt devant être payé par la paroisse en 1679) ; du tirage au sort pour la milice de la paroisse qui devait par tirage au sort fournir un ou plusieurs de ses jeunes hommes pour la constitution de ces milices provinciales, sorte de réserve de l’armée de métier (le premier cas connu fut en 1688 celui de Toussaint Belin « beicheur, âgé de ») ; les rapports avec le curé, le prélèvement de la dîme, le clocher à réparer ; l’instruction : à la fin du , le pourcentage des illettrés complets est énorme à Pontlieue malgré la déclaration de Louis XIV du demandant aux communautés d’habitants de consacrer une dépense de pour faire appel à des maîtres. Mais, les habitants ne parvenant que bien difficilement à payer les impôts qui les accablaient, rien ne sera fait en ce sens avant le . La lecture des actes notariés retraçant les débats permet de se plonger dans le quotidien d’une paroisse rurale où les conflits et tensions entre habitants ne sont pas rares tant au sujet de la répartition de l’impôt que du tirage au sort. La misère de la paroisse est souvent évoquée ainsi que les calamités agricoles… comme l’hiver historique de 1709. Cet hiver commença . L’entraide était constante et c’était là un palliatif face à une nécessité vitale car à peu près personne n’avait à proprement parler le nécessaire. La charité pouvait prendre une forme collective comme en témoigne l’action de l’hôtel dieu Coëffort qui pratiquait la distribution de pains ou les soins aux malades. Après 1658, la charité fut prise en charge par l’Hôpital général du Mans.
La paroisse avant la Révolution
En 1764, la paroisse de Pontlieue comptait dont chefs de famille. Le groupe le plus important étant celui des enfants (). La catégorie sociale la plus importante était bien entendu les laboureurs, bordagers et autres ouvriers agricoles. La paroisse comptait assez peu de commerçants. Pas de boucher, la population n’étant pas assez riche pour s’offrir de la viande. Le boulanger était lui-même assez inutile dans la mesure où la cuisson du pain était le plus souvent effectuée au four de la ferme. Le métier le plus florissant fut l’exercice de la pêche dans l’Huisne et les étangs assez nombreux à l’époque. Pontlieue comptait également quelques marchands de bestiaux ou de chevaux. Les artisans étaient plus nombreux. La paroisse comptait notamment douze meuniers, un serrurier, quelques maçons (René Lebouc, Claude Milleré, Sébastien Le Moyne) et couvreurs. Les plus nombreux étaient les charpentiers, le bois intervenant alors largement dans les constructions. Sans oublier les charrons et maréchaux-ferrants, artisanat plus strictement agricole.
Le tissage représentait une activité importante à Pontlieue notamment dans les fermes et par l’intervention d’artisans professionnels : cardeurs, fileuses, cordiers et tisserands (François Trottier, Simon Pourriau, Simon Quetier, Nicolas Trouvé). La paroisse comptait peu de notables hormis quelques marchands, trois clercs et les notaires qui se succédèrent : René Roussel (1683-1728), Antoine Antoine (1729-1743), Mathurin Tironneau (1743-1766) et Nicolas Beauvais (1766-1787). Contrairement à beaucoup d’autres paroisses, aucun noble ne résidait sur le territoire de Pontlieue, la paroisse dépendant de l’Abbaye de la couture. La famille la plus importante était sans conteste la famille de blanchisseurs Bérard. Le , le marchand manceau Pierre Bérard forma au Mans une société pour y établir une manufacture de toiles de lin et de chanvre. Ainsi, fut créée la première manufacture destinée au lavage et au blanchissage des toiles.