Les routes des Pyrénées-Orientales sont des routes qui relient la péninsule Ibérique au reste de l'Europe en passant à travers les Pyrénées-Orientales.
Au , la longueur totale du réseau routier du département des Pyrénées-Orientales est de , se répartissant en d'autoroutes, de routes nationales, de routes départementales et de voies communales.
Histoire vignette|upright=2|Carte Levasseur du département des Pyrénées-Orientales (1852) Les origines Les Pyrénées-Orientales ont été très tôt desservies par des voies praticables du fait de leur position stratégique entre la péninsule ibérique et le reste de l'Europe. Dans l'Antiquité, les Romains construisent la Via Domitia afin d'assurer une liaison rapide et sûre entre leurs colonies d'Hispanie et l'Italie via la Gaule Narbonnaise (on est alors avant la conquête du reste de la Gaule par César au ).
Les trois vallées (du nord au sud : l'Agly, la Têt et le Tech comportaient également des voies de communication assurant le lien entre l'arrière pays montagneux et la plaine littorale. Ces itinéraires vont tout naturellement perdurer et se développer au Moyen Âge et plus tard, jusqu'aux et . Les premiers travaux importants d'aménagement lourd des routes vont alors être réalisés.
De 1750 à 1784, l’ensemble du réseau routier est pour la première fois cartographié à grande échelle (au 86400) et de manière complète par Cassini de ThuryPour la Zone de Perpignan et pour la Zone de Montlouis-Mousset sur Gallica, à la demande de Louis XV. Ces cartes sont d’une grande richesse toponymique, mais d’une grande pauvreté quant à la figuration du relief et de l’altimétrie. De même les chemins secondaires sont rarement représentés, du fait d’une part de leur état médiocre, d’autre part de leur faible importance économique.
Au le réseau est développé à mesure de l'industrialisation et de la mise en exploitation massive des mines de l'arrière-pays (Canigou, Conflent, etc.). Un réseau de chemin de fer est alors développé, rayonnant à partir de Perpignan et de la ligne littorale transfrontalière.
L’Atlas national illustré réalisé par Victor Levasseur est un précieux témoignage du , les cartes coloriées à la main sont entourées de gravures indiquant statistiques, notes historiques et illustrations caractéristiques des départements. Sur ces cartes sont représentées les routes, voies ferrées et voies d'eau. Par ailleurs, les départements sont divisés en arrondissements, cantons et communesCarte Levasseur du département des Pyrénées-Orientales sur Wikimedia Commons.
La période d'après guerre voit, avec la démocratisation de l'automobile, une véritable explosion dans le développement des infrastructures routières, aux dépens du rail. L'autoroute A9 assure bientôt (vers 1975) une liaison vers Paris au nord et Barcelone et l'Espagne au sud, en suivant l'antique itinéraire de la Via Domitia.
Réforme de 1930 Devant l'état très dégradé du réseau routier au lendemain de la Première Guerre mondiale et l'explosion de l'industrie automobile, l'État, constatant l'incapacité des collectivités territoriales à remettre en état le réseau routier pour répondre aux attentes des usagers, décide d'en prendre en charge une partie. L'article 146 de la loi de finances du prévoit ainsi le classement d'une longueur de l'ordre de de routes départementales dans le domaine public routier national..
En ce qui concerne le département des Pyrénées-Orientales, ce classement devient effectif à la suite du décret du Fac-simile du décret signé par le Président de la République Gaston Doumergue, publié au Journal officiel en date du , classant une partie du réseau routier national dans le domaine public routier départemental, sur le site de Wikisara.
Réforme de 1972 En 1972, un mouvement inverse est décidé par l'État. La loi de finances du prévoit le transfert dans la voirie départementale de près de de routes nationales.. Le but poursuivi estRapport sur le transfert du réseau de la voirie nationale secondaire dans la voirie départementale, Conseil général du Loiret, séance du 6 décembre 1972 : d'obtenir une meilleure responsabilité entre l'État et les collectivités locales en fonction de l'intérêt économique des différents réseaux, de permettre à l'État de concentrer ses efforts sur les principales liaisons d'intérêt national, d'accroître les responsabilités des assemblées départementales dans le sens de la décentralisation souhaitée par le gouvernement, d'assurer une meilleure gestion et une meilleure programmation de l'ensemble des voies.
Le transfert s'est opéré par vagues et par l'intermédiaire de plusieurs décrets publiés au Journal officiel. Après concertation, la très grande majorité des départements a accepté le transfert qui s'est opéré dès 1972. En ce qui concerne le département des Pyrénées-Orientales, le transfert est acté avec un arrêté interministériel publié au journal officiel le Fac-simile de l'arrêté interministériel publié au Journal officiel en date du , déclassant une partie du réseau routier national dans le domaine public routier départemental, sur le site de Wikisara.
Les routes nationales déclassées en 1973 sont :
Route nationale 115 Le Boulou - Prats-de-Mollo - Col d'Ares déclassée en RD115 Route nationale 115a Prats-de-Mollo - La Preste (commune de Prats) déclassée en RD115A Route nationale 116a Villefranche-de-Conflent - Casteil déclassée en RD116 Route nationale 117 Rivesaltes - Saint-Paul-de-Fenouillet - dept. de l'Aude déclassée en RD117 Route nationale 118 Mont-Louis - Puyvalador - dept. de l'Aude déclassée en RD118 Route nationale 614 Rivesaltes - Baixas - Corneilla-la-Rivière - Millas déclassée en RD614 Route nationale 615 Ille-sur-Têt - Thuir - Fourques — Céret déclassée en RD615 Route nationale 616 Perpignan - Saint-Estève - Villeneuve-la-Rivière déclassée en RD616 Route nationale 617 Perpignan - Canet-en-Roussillon déclassée en RD617 et RD617A (depuis 2001 avec construction de la voie express) Route nationale 618 Argelès-sur-Mer - Maureillas-las-Illas - Céret Amélie-les-Bains-Palalda - Bouleternère Mont-Louis - Ur déclassée en RD618 Route nationale 619 Prades - Sournia - Saint-Paul-de-Fenouillet déclassée en RD619 Route nationale 619a Catllar - Molitg-les-Bains déclassée en RD14On pourra noter "l'anomalie" relative de cette renumérotation, étant donné que les autres RN des Pyrénées-Orientales déclassées en 1973 ont conservé leur numéro d'origine une fois transférées dans le réseau départemental.
Dans les années 1980-1990, l'accroissement de la population rend nécessaire l'aménagement d'un réseau de voies rapides depuis Perpignan : RD 612A vers Thuir (à partir des années 1990, dénivellation progressive) RD 617 vers Canet-en-Roussillon (1990-2001) RD 914 (ex-RN 114) vers l'Espagne par la Côte Vermeille RN 116 vers Prades et l'Andorre. RD 900 (ex-RN9) vers Rivesaltes / Le Barcarès
Réforme de 2005 Une nouvelle vague de transferts de routes nationales vers les départements intervient avec la loi du relative aux libertés et responsabilités locales, un des actes législatifs entrant dans le cadre des actes II de la décentralisation où un grand nombre de compétences de l'État ont été transférées aux collectivités locales. Dans le domaine des transports, certaines parties des routes nationales sont transférées aux départements et, pour une infime partie, aux communes (les routes n'assurant des liaisons d'intérêt départemental)..
Le décret en Conseil d’État définissant le domaine routier national, publié au JORF du . prévoit ainsi que l’État conserve la propriété de d’autoroutes concédées et de de routes nationales et autoroutes non concédées et qu'il cède aux départements un réseau de 42.
Dans le département des Pyrénées-Orientales, le transfert est décidé par arrêté préfectoral signé le Fac-simile de l'arrêté préfectoral signé le , déclassant une partie du réseau routier national dans le domaine public routier départemental, sur le site du Ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire. de routes nationales sont déclassées. La longueur du réseau routier national dans le département passe ainsi de en 2004 à 141 en 2006 pendant que celle du réseau départemental s'accroît de à .
Les routes nationales déclassées en 2006 sont : Route nationale 9 dept. de l'Aude - Salses - Perpignan - Le Boulou - Le Perthus - Espagne déclassée en RD900 Route nationale 114 Perpignan - Elne - Argelès-sur-Mer - Cerbère - Espagne déclassée en RD914
Caractéristiques du réseau Consistance du réseau Le réseau routier comprend cinq catégories de voies : les autoroutes et routes nationales appartenant au domaine public routier national et gérées par l'État, les routes départementales appartenant au domaine public routier départemental et gérées par les conseils généraux et les voies communales et chemins ruraux appartenant respectivement aux domaines public et privé des communes et gérées par les municipalités. Le linéaire de routes par catégories peut évoluer avec la création de routes nouvelles ou par transferts de domanialité entre catégories par classement ou déclassement, lorsque les fonctionnalités de la route ne correspondent plus à celle attendues d'une route de la catégorie dans laquelle elle est classée. Ces transferts peuvent aussi résulter d'une démarche globale de transfert de compétences d'une collectivité vers une autre.
Au , la longueur totale du réseau routier du département des Pyrénées-Orientales est de , se répartissant en d'autoroutes, de routes nationales, de routes départementales et de voies communales. Il occupe ainsi le au niveau national sur les métropolitains quant à sa longueur et le quant à sa densité avec par kilomètre carré de territoire..
Trois grandes réformes ont contribué à faire évoluer notablement cette répartition : 1930, 1972 et 2005.
L'évolution du réseau routier entre 2002 et 2017 est présentée dans le tableau ci-après.
+ Évolution du réseau routier entre 2002 et 20172002200320042005200620072008200920102011201220132014201520162017Autoroutes52525352525353535353535353535353Routes nationales 245245245135141140140140140140140140140140140140Routes départementales Voies communales TOTAL
Source: lindependant .
Routes nationales
Route nationale 20 dept. de l'Ariège - Tunnel de Puymorens - Ur - Bourg-Madame Route nationale 22 Col de Puymorens - principauté d'Andorre (Pas de la Casa) Route nationale 116 Perpignan - Prades - Mont-Louis - Bourg-Madame Route nationale 320 Ancien itinéraire de la RN20 avant la construction du tunnel de Puymorens.
Réalisations ou événements récents Route nationale 116
La route nationale 116 relie Perpignan à Bourg-Madame : elle assure ainsi le lien entre la plaine littorale et la Cerdagne, et permet de rejoindre la principauté d'Andorre. Cet axe supporte un important trafic poids-lourds, ce qui nécessite des aménagements importants. Mise à 2x2 voies entre Perpignan et Prades : La route est actuellement à 2x2 voies entre Perpignan et Ille-sur-Têt. Les travaux de cette section ont commencé au début des années 1990 avec en première phase une chaussée à 2x1 voies dénivelée sur quelques sections (ouverture de la déviation d'Ille en 1992). L'aménagement c'est ensuite poursuivi avec le doublement progressif de la route, la construction de la déviation de Néfiach (ouverture vers 1998) et la construction de la deuxième chaussée de la déviation d'Ille-sur-Têt (achevée en 2002). La section Ille-sur-Têt - Prades a fait l'objet d'une enquête d'utilité publique en décembre 2006/janvier 2007, conséquence de la disponibilité des crédits pour engager les travaux sur ce tronçon. On peut en espérer un achèvement à l'horizon 2015-2020. Aménagements entre Prades et Bourg-Madame : Plusieurs aménagements vont être / ont été réalisés sur le reste de l'itinéraire. À l'ouest de Villefranche-de-Conflent, un créneau de dépassement à 2x2 voies a été réalisé récemment.