Orgyen Trinley Dorjé (, aussi écrit Urgyen Trinley Dorjé), né le , même si son anniversaire est célébré le , au village de Bakor dans la région de Lhatok, région autonome du Tibet, est reconnu par le dalaï-lama, le gouvernement chinois et trois des quatre régents de l'école karma-kagyu comme le karmapa, dirigeant cette école du bouddhisme tibétain. À la veille de l'an 2000, alors âgé de 14 ans, il s'enfuit du Tibet car il ne peut y poursuivre ses études religieuses convenablement et rejoint le dalaï-lama à Dharamsala en IndeBertrand Odelys, Dharamsala, Chroniques tibétaines, préface du dalaï-lama, Albin Michel, 2003, , : . En 2008 et en 2014, il visite pour la première fois respectivement les États-Unis et l'Europe. Il est considéré comme le successeur spirituel potentiel le plus probable du dalaï-lama.
Biographie vignette|Le karmapa à 14 ans au Tibet vignette|Le karmapa s'enfuit du Tibet à la veille de l'an 2000. Orgyen Trinley Dorjé est né le , bien que son anniversaire soit célébré le ., dans une famille de nomades du Kham (sud-est du Tibet). Une sœur aînée lui donne le nom de Apo Gaga, signifiant « frère qui apporte le bonheur ». Son père se nomme Karma Döndrub Tashi (mort le .) et sa mère Loga. Tout comme ses prédécesseurs, le karmapa avait laissé une lettre prédisant sa réincarnation, qui fut trouvée en 1992 dans une amulette qu'il avait remise à Taï Sitou RinpochéLettre de prédiction du karmapa. Le , Akong Rinpoché représentant le Taï Sitou Rinpoché accompagné de Karma Sherab Tharchin représentant Gyaltsab Rinpoché se rendent au Tibet y apportant la lettre de prédiction qui devait permettre la découverte de Orgyen Trinley Dorjé Mick Brown, The Dance of 17 Lives: The Incredible True Story of Tibet's 17th Karmapa, .
Le , le dalaï-lama reconnut officiellement Orgyen Trinley Dorjé comme étant le karmapa. Le , ce dernier fut conduit au monastère de Tsourphou, siège traditionnel des karmapas, près de Lhassa, et le de cette même année, il y fut intronisé par Taï Sitou Rinpoché et Gyaltsab Rinpoché.. Numéro 3 dans la hiérarchie religieuse tibétaine après le dalaï-lama et le panchen-lama, le karmapa est le seul lama réincarné à avoir été reconnu à la fois par le dalaï-lama et le gouvernement chinois. Cependant, selon Sofia Stril-Rever, au fil du temps, les lourdes contraintes imposées par l’administration chinoise se révélèrent un obstacle majeur à sa formation : il ne fut pas autorisé à se rendre au Sikkim, siège du précédent karmapa, pour y recevoir l'éducation religieuse de son école, le gouvernement chinois préférant l'utiliser pour influencer la population tibétaine qui lui témoigne une confiance spirituelleSofia Stril-Rever et dalaï-lama, Appel au monde, Seuil, 2011, , ..
Aussi, à 14 ans, prit-il seul la décision de fuir son paysFrancesca Yvonne Caroutch, , , 141.. Sa résolution devint plus ferme car il n'était pas autorisé à voir son tuteur, Taï Sitou Rinpoché, et qu'en 1998 une tentative de meurtre sur sa personne avait été suggérée après la découverte de deux intrus chinois au monastère de Tsourphou Mick Brown, The Dance of 17 Lives: The Incredible True Story of Tibet's Karmapa, . Bloomsbury Publishing, New York et Londres, 2004, .. Dix-sept ans plus tard, il révéla avoir laissé un message lors de son départ où il écrivit avoir vainement demandé à se rendre à l'étranger, et n'avoir pas eu d'autre choix. Il ajoute que dans l'avenir, s'il peut être bénéfique pour le Tibet, il reviendrait.. Le , avec quelques compagnons choisis, il entreprit la traversée de l’Himalaya, laquelle, au prix de bien de difficultés et de dangers, allait le mener jusqu’à la résidence du dalaï-lama à Dharamsala dans le nord de l'Inde The Karmapa's Great Escape (December 28, 1999-January 5, 2000)Martine Valo, Rencontre avec le karmapa, le protégé du dalaï-lama, Le Monde, 25 juillet 2010, reproduit : . À l’arrivée du karmapa, le , le dalaï-lama a déclaré qu'« il n'y avait aucune autre solution » ; il a ajouté « Je pense que le jour de notre retour avec un certain degré de liberté au Tibet viendra. Je pense que je réaliserai cela durant ma vie ». Le karmapa a exprimé son souhait de rester en Inde. Il a notamment déclaré « l'Enseignement Bouddhiste le plus important est la compassion, mais pour essayer de le pratiquer, on doit être libre ». Il souhaite qu'avec l'inspiration du dalaï-lama, « l’ensemble du peuple du Tibet sera bientôt en mesure de gagner sa liberté ». Selon Tashi Wangdi, ministre de la religion et de la culture du gouvernement tibétain en exil, le karmapa était très inquiet de l'érosion de la culture tibétaine à Lhassa : « il veut vraiment travailler au développement culturel et religieux du peuple, mais est très inquiet par la répression concernant les activités religieuses et la dilution délibérée de la culture tibétaine par les autorités ». La plupart des grands maîtres du bouddhisme tibétain ont été contraints de s'exiler du Tibet du fait de l'absence de liberté et de la politique totalitaire qui y prévaut, comme l'a rappelé l'évasion du karmapa.. Fin , Thrangu Rinpoché a été choisi comme son professeur principal par Taï Sitou Rinpoché et Gyaltsab Rinpoché et d'autres lama karma-kagyu, un choix entériné par le 14e dalaï-lamaFrancesca-Yvonne Caroutch, , p. 173.
vignette|Gyalwa Karmapa par le peintre Claude-Max Lochu, exposition pour le projet du Temple pour la Paix, 2008
En Inde, le karmapa a trouvé refuge au monastère de Gyuto à Sidhbari près de Dharamsala. Depuis, il reçoit les enseignements des grands maîtres tibétains exilés en Inde. Il reçoit la visite de disciples du monde entier, donne des enseignements, écrit des poèmes. Il soutient aussi de nombreux projets dont notamment la construction d'un hôpital Seeking urgent help for Gyuto Tantric University Hospital.
En juillet 2008, le karmapa a souhaité visiter des monastères situés dans le Lahaul et Spiti (Himachal Pradesh), et au Ladakh (Jammu-et-Cachemire). Le Gouvernement indien n'a accordé sa permission qu'en septembre en raison des jeux olympiques de Pékin en été Karmapa arrives in Ladakh to begin Dharma tour..
En 2015, alors qu'il atteint l'âge de 30 ans, il déclare ne pas vouloir fêter son anniversaire, n'ayant pu revoir ses parents au Tibet, se préoccupant des questions environnementales au Tibet, et des destructions liées au séisme au Népal. Il rappelle qu'il est toujours hébergé au monastère de Gyuto, et n'a pu visiter le Sikkim, où se trouve le monastère de Rumtek, siège du karmapaMessage du Karmapa à l’occasion de son , 21 juin 2015 Tibet vulnerable to climate change: Karmapa, 26 juin 2015, Indo-Asian News Service.
Reconnaissance de tulkou
Environ un an après sa naissance au Tibet, Tsouglag Mawéi Drayang a été reconnu comme de la lignée des Pawo Rinpoché, grâce aux indications du karmapa, lui-même âgé alors d'une dizaine d'annéesMichele Martin, Une musique venue du ciel : Vie et œuvre du Karmapa, Ed. Claire Lumiere, (2005) — Série Tsadra — , .
En 1996, Lodrö Chökyi Nyima, fut reconnu comme réincarnation de Jamgon Kongtrul par le karmapaMichele Martin, Une Musique venue du ciel : Vie et œuvre du Karmapa, éd. Claire Lumiere, (2005) — Série Tsadra — .
Le , la reconnaissance de la réincarnation de Bokar Rinpoché, de la lignée, par le karmapa a été annoncée officiellement..
En 2017, suivant les indications du karmapa, Nyima Döndrup, le yangsi (réincarnation) du précédent Tenga Rinpoché est découvert..
Visites en Amérique du Nord Aux États-Unis vignette|200px|Ogyen Trinley Dorje à Washington le 9 juillet 2011 vignette|200px|Le karmapa en avril 2015 lors d'une discussion organisée par l'Institut des États-Unis pour la paix. Le karmapa se rendit aux États-Unis entre mai et juin 2008. Ce fut sa première visite à l’étranger depuis son arrivée en Inde en 2000. Il se rendit à New York, Karma Triyana Dharmachakra, New Jersey, Boulder (Colorado) puis à Seattle (État de Washington).Visite du karmapa en 2008. Karmapa to begin his first visit outside India.. Cette visite fut organisée principalement par Dzogchèn Ponlop Rinpoché.. Le karmapa y annonça qu’il souhaitait passer deux mois par an pour enseigner dans la communauté bouddhiste dans ce pays, montrant l’importance qu’il lui accordait. Le karmapa déclara : . Il s’exprima aussi sur la situation au Tibet, affirmant qu’elle avait atteint un état d’urgence The World's Next Top Lama.. Selon Robert Thurman, la Chine croit que « quand le Dalai Lama sera parti, les gens oublieront le Tibet. Ceci (cette visite aux États-Unis) aide à montrer que cela ne sera pas le cas » Buddhist karmapa tours U.S., Seattle Times..
Selon Claude Arpi, sans que l’on en comprenne la raison, les autorités indiennes n’ont pas accordé à Ogyen Trinley Dorjé de permis de voyager aux États-Unis en . « Le Karmapa devait assister à des séances de prière organisées par le centre de Karma Triyana Dharmachakra à Woodstock, New York, mais les autorités indiennes ont refusé de lui accorder la permission nécessaire à cette visite, » a déclaré le secrétaire du karmapa, Gompo Tsering. « Nous ne comprenons pas pourquoi les restrictions ont été imposées sur ses mouvements car cette visite était purement religieuse » Claude Arpi, Why was the Karmapa's US tour cancelled?..
Orgyen Trinley Dorje s'est rendu États-Unis pour une visite de trois semaines en . Durant son séjour, il a reçu l’initiation de Kalachakra du dalaï-lama à Washington Sherab Woeser, Karmapa to receive Kalachakra initiations in Washington, DC, 7 juillet 2011, Phayul.com. Il s'est rendu à Karma Triyana Dharmachakra, son siège principal en Amérique du Nord ainsi qu'à Karma Thegsum Chöling dans le New Jersey Karma Thegsum Chöling, 20 juillet 2011. et au centre de retraite Karma Ling Stretching Time at Karme Ling Retreat, 26 juillet 2011.. Il donna une conférence publique à l’université de Hunter A few words about His Holiness’ Speech on the Eve of His Departure to India, July 29th, 29 juillet 2011..
Orgyen Trinley Dorje s'est rendu États-Unis pour une visite de 2 mois en The Journey Begins: The Karmapa Departs India. L'université de Redlands, qu'il visita après avoir accueilli deux groupes d'étudiants de cette l'université au monastère Gyuto en Inde, et où lui fut conféré un doctorat honorifique ès lettres le University of Redlands Award Karmapa Honorary Doctor of Humane Letters Degree, 27 mars 2015. Il donna une conférence à la où il a déclaré qu'à côté des épidémies, des guerres, de la violence et de la famine, une autre source de catastrophe, négligée, est le manque d'amour qui mène à l'apathie, le plus danger au monde, car il nous empêche de prendre des mesures contre ces menaces Michael Naughton, ‘The most dangerous thing in the world is apathy’, 30 mars 2015, Harvard Gazette. Interrogé par Radio Free Asia au sujet de la réincarnation du dalaï-lama, et répondant aux certitudes des autorités chinoises sur celle-ci, il répondit que la décision ne pouvait être prise que par l’intéressé, et qu'il avait entière confiance Peter Poham, Will the Dalai Lama be reincarnated? Only he can decide, claims senior Tibetan monk, The Independent, 16 avril 2015. Après le séisme de 2015 au Népal qui survint lors de son séjour, Orgyen Trinley Dorje offre Karmapa Service Society et appelle les monastères karma-kagyu du Népal, également affectés, à étendre leur aide aux communautés environnantes Message from The Gyalwang Karmapa Concerning the Recent Earthquake au Népal. Le monastère de Benchen près de Kathmandou devient le centre de ses activités de secours. Il rentre en Inde début juin et reprend son dialogue avec les étudiants tibétains à Sidhbari, faisant suite à une première réunion en avec plus de 100 étudiants universitaires tibétains à Delhi Karmapa holds 2 week dialogue with Tibetan youth, Phayul, 13 juin 2015.
En visite aux États-Unis en 2017, il prolonge son séjour en octobre pour raison de santé..