On appelle Avranchin le pays normand centré autour de sa ville principale qui est Avranches dans le sud-ouest du département de la Manche. Il est tourné vers la baie du Mont-Saint-Michel. Le gentilé des habitants de l'Avranchin est Avranchinais.

Géographie vignette|gauche|L’Avranchin, au sud du Cotentin. L'Avranchin se situe dans la partie normande du Massif armoricain au sud du Cotentin dans le département de la Manche en Normandie occidentale ou Basse Normandie. Sa côte appartient à la baie du Mont-Saint-Michel. Le secteur côtier avranchinois était compris entre deux rivières : le Thar, au nord, et le Couesnon, au sud-ouest, cependant le cours du Couesnon ayant été dévié vers l'est à partir du (canalisation), sa limite se trouve à l'heure actuelle à à l'ouest de ce fleuve. Vers l'est, l'Avranchin se prolonge jusqu'au cours de l'Égrenne, sous-affluent de la Mayenne. La limite sud correspond aujourd'hui, tout comme la limite sud-ouest, à la frontière entre les départements de la Manche (Normandie) et d'Ille-et-Vilaine (Bretagne) à 5 km de l'embouchure du Couesnon à vol d'oiseau. Le Mortainais est une ancienne partie de l'Avranchin, dont le nom n'est pas attesté avant le . Sur le rocher du mont saint-Michel est construite l'abbaye du Mont-Saint-Michel.

Histoire Antiquité L'Avranchin correspond sans doute aux limites territoriales du peuple gaulois armoricain des Abrincates, qui établissent leur oppidum sur le site de ce qui sera Avranches.Daniel Levalet, « De la cité des Abrincates au diocèse d'Avranches. Contribution à l'étude du peuplement de la Normandie. 1) L'environnement archéologique », Annales de Normandie, vol. 29, no 1, 1979 (lire en ligne [archive])... Jules César ne le mentionne cependant pas dans sa liste des peuples armoricains, contrairement aux Unelli du Cotentin. Lors de la partition de la Gaule lyonnaise sous , il est rattaché à la Lyonnaise seconde qui correspond à peu près aux limites de la Normandie actuelle et dont la capitale est Rotomagus (Rouen).

Moyen Âge vignette|droite|Les anciens diocèses de la Normandie jusqu'en 1802.

C'est sur ce cadre administratif romain que vont s'ériger les diocèses dépendant de la province ecclésiastique de Rouen et dont fait partie le diocèse d'Avranches.

Sur le plan politique, après la chute de l'Empire romain, il fait partie de la Neustrie qui comprend tout l'archidiocèse de Rouen et est donc directement sous l'autorité d'un comte nommé par le roi des Francs. Sa frontière occidentale semble être matérialisée par la Sélune. En 765, une série de donations indique que le littoral entre la Sélune et le Couesnon relève du pays de Rennes. En revanche, le Mont-Saint-Michel dépend déjà de l’Avranchin. Cette région fait l’objet d’une revendication du diocèse d’Avranches au milieu du IXe siècle, au détriment du diocèse de Rennes, dont il n’est pas encore clairement établi si ses limites orientales confinaient avec le Couesnon dès l’époque mérovingienne ou plus tard lors de la naissance de la Normandie au Xe siècle.

Avec l'émergence du royaume de Bretagne, les Bretons annexent probablement l'Avranchin dans la foulée des raids menés contre la ville de Bayeux en 846.. Lors du traité de Compiègne de 867, le roi des Francs Charles le Chauve reconnaît l'autorité du roi Salomon de Bretagne sur le Cotentin mais garde le contrôle du diocèse de Coutances. Il est à supposer que les Bretons s'étaient déjà rendus maîtres de l'Avranchin, qui sépare alors le Rennais du Cotentin, et que le roi carolingien a entériné de facto cette situation. C’est dans ce contexte que le diocèse d’Avranches, d’après É. Van Torhoudt, passe temporairement sous la tutelle doloise.

La plus grosse partie de l'Avranchin est incorporée dans le duché de Normandie par Guillaume Longue-Epée en 933. La frontière est encore repoussée en 966 au détriment de la Bretagne par Richard Ier de Normandie retrouvant ainsi plus ou moins les limites traditionnelles de l'archidiocèse de Rouen. C'est à cette époque que Richard Ier aurait fondé l'abbaye bénédictine du Mont-Saint-Michel.

Les historiens hésitent à placer la frontière entre l'Avranchin et la Bretagne sur la Sélune ou le CouesnonÉric Van Torhoudt, « Penser la première expansion de la Normandie. Réflexions sur les processus de territorialisation du pouvoir princier en Normandie occidentale (Xe-première moitié du XIe siècle) » in Penser les mondes normands médiévaux, édité par David Bates et Pierre Bauduin, Presses universitaires de Caen, 2016, p. 103-126, rubrique 16-17-18 (lire en ligne) . Il semble toutefois que le littoral du pays de Rennes et son arrière-pays ne sont intégrés à la Normandie qu'à partir de 1009. Face aux Bretons, Néel de Saint-Sauveur et Auvray le Géant reçoivent la garde de la forteresse de Carues située à Sacey sur le Couesnon vers 1030. Après le milieu du , le Couesnon semble marquer la frontière entre le diocèse d'Avranches et le diocèse de Dol.

En 1204, dans le cadre de la conquête des possessions continentales des Plantagenêts, le roi de France Philippe Auguste s'empare définitivement du duché de Normandie, dont l'AvranchinAnne-Marie Flambard Héricher et Véronique Gazeau (dir.), 1204, La Normandie entre Plantagenêts et Capétiens, Caen, CRAHM, 2007 , ..

Le diocèse d'Avranches va perdurer jusqu'à la fin de la Révolution française. À cette époque, il est supprimé et l'Avranchin est rattaché au diocèse de Coutances, tandis que le Mortainais, qui en faisait partie, est rattaché à celui de Sées. La Révolution fait en effet correspondre les diocèses aux départements nouvellement créés.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Livres Émile Pigeon, Annales civiles, militaires et généalogiques du pays d'Avranches ou de toute la Basse-Normandie, Caen, 1856 P. Coulmin, L'Espace vécu des agriculteurs de l'Avranchin et du Mortainais, La Société et la terre, 1976, multigraphié Articles M. le Commandant Pigeon, « Mémoire sur la topographie et la géologie de l'ancien Avranchin », Mémoires de la Société d'archéologie, de littérature, sciences et arts d'Avranches, éd. Tostain, Avranches, 1888, p. 249-262 (lire sur Gallica.bnf.fr) J. Pougheol et Michel Delalonde, « Trésors d'art religieux de l'Avranchin », Art de Basse-Normandie, numéro spécial, 1966 Maxime Fauchon, « Les droits de péage, pontage ou pontonnage dans l'Avranchin », Revue de l'Avranchin et du Pays de Granville, n° 250, et n° 252, Michel Delalonde, « Avranches et l'Avranchin », La Manche au passé et au présent, éd. Manche-Tourisme, 1984 Romain Provost de la Fardinière, « Mélanges sur le sud de l’Avranchin au : À propos du fief de Verdun à Saint-Martin-des-Champs et à Saint-Quentin-sur-le-Homme (), À propos du fief de Tessues à Juilley (), À propos du fief d’Ardenne en Ducey et des origines de l’abbaye de Montmorel ()», Revue de l'Avranchin et du Pays de Granville, recueil d'études offert en hommage à Emmanuel Poulle, tome 87, 2010, fasc. 425, 2010, pages 585 à 615 : Romain Provost de la Fardinière, La grande charte de confirmation des biens de l’abbaye de Savigny dans l’évêché d’Avranches par l’évêque Richard (), Revue de l’Avranchin et du Pays de Granville, t.89, , p.111-136 Romain Provost de la Fardinière, Voirie médiévale et occupation du sol dans la région de Poilley (Manche), Revue de l’Avranchin et du Pays de Granville, t.89, déc. 2012, p.399-434 Romain Provost de la Fardinière, Les pêcheries sur la Sélune sous l’Ancien Régime, Revue de l’Avranchin et du Pays de Granville, t.89, sept. 2012, p.293-307 Romain Provost de la Fardinière, Épidémies en Avranchin sous Louis XIV : la grande dysenterie de l’été 1676, Revue de l’Avranchin et du Pays de Granville, t.95, , p.1-41

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