La rue du Chevalier-de-La-Barre est une rue de la butte Montmartre à Paris (France), dans le .

Situation et accès Elle commence 9, rue Ramey et finit 8, rue du Mont-Cenis. Dans sa première partie, elle est en pente jusqu'à la rue Lamarck et interdite aux véhicules. De la rue Lamarck au croisement avec la rue de la Bonne, des escaliers permettent l'accès à son point haut. Elle redevient une rue autorisée aux véhicules jusqu'à la rue du Mont-Cenis.

Origine du nom La rue du Chevalier-de-La-Barre porte le nom de François-Jean Lefebvre de La Barre (1745–1766), jeune homme d'Abbeville condamné par la justice civile à la torture et à la mort par décapitation, en 1766, pour divers blasphèmesGuide de Paris mystérieux, Éditions Tchou Princesse, novembre 1979.. Ce nom fut choisi par les anticléricaux de la Troisième République alors que la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre était en cours de construction. et malgré l'intervention de l'Église., en la personne de l'évêque d'Amiens Louis-François-Gabriel d'Orléans de la Motte., en vue de le sauver à l'époque des faits.

Historique

vignette|gauche|Une cour rue de la Fontanelle, Stanislas Lépine, 1874–1878, Norton Simon Museum, Pasadena.

Elle a été formée par la réunion de deux voies, la « rue de la Fontenelle », qui allait de la rue Ramey à la rue de la Bonne, et la rue des Rosiers, qui se terminait rue du Mont-Cenis. La rue des Rosiers a été réunie à la rue de la Fontenelle par l’arrêté préfectoral du : on a ainsi mis fin à une homonymie fâcheuse (due à l'annexion de la commune de Montmartre à Paris en 1860) entre cette « rue des Rosiers » de Montmartre et la « rue des Rosiers » du de Paris.

Cette « rue de la Fontenelle » fut renommée « rue de La Barre » par l'arrêté du , appellation rectifiée en « rue du Chevalier-de-La-Barre » par l'arrêté du Pour dates des différents arrêtés modifiant les appellations de ces voies, voir Nomenclature des voies publiques et privées de Paris, Mairie de Paris, , mars 1997, ..

La rue de la Fontenelle devait son nom à une source naturelle appelée la « Fontenelle », tarie vers le milieu du ..

Durant la Commune de Paris, des exécutions ont eu lieu dans la portion de la voie que l'on appelait encore « rue des Rosiers ». Un photomontage d'époque d'Eugène Appert issu de la série les Crimes de la Commune représente notamment la fusillade des généraux Claude Lecomte et Clément-Thomas, qui étaient du côté des Versaillais, le , à la hauteur du 36Vingt années de Paris, André Gill, édition C. Marpon et E. Flammarion, Paris, 1883 .. Cette version officielle est contestée par divers historiens, dont William Serman., Philippe-Auguste Cattelain (directeur de la Sûreté sous la CommunePhilippe-Auguste Cattelain, Mémoires inédits du chef de la sûreté sous la commune, F. Juven éditeur, Paris, 1909 .) et Prosper-Olivier LissagarayProsper-Olivier Lissagaray, Histoire de la Commune de 1871, chapitre III (version anglaise), Henry Kistemaeckers éditeur, Bruxelles, 1876 ., pour qui ils ont été tués par la foule. En revanche, l'exécution du communard Eugène Varlin au même endroit, le , n'est pas contestée.

Dans la nuit du 21 au , pendant la Seconde Guerre mondiale, sous l'occupation allemande, les Alliés bombardent la gare de la Chapelle. Des bombes tombent aux alentours de la basilique du Sacré-Cœur et l'une d'elles occasionne des dégâts dans la rue à la hauteur des rues Lamarck et Paul-AlbertGilles Perrault, Paris sous l'Occupation, Éditions Belfond, 1987.. Un témoin raconte : .

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire De nombreux artistes y habitèrent, comme le peintre catalan Pere Créixams et l'écrivain Georges Courteline. Tous les étés, la famille de Georges Courteline s'installait dans une villa de la rue de la Fontenelle, ancien nom de la rue du Chevalier-de-la-Barre. Au habite François, le protagoniste du film Combien tu m'aimes ?, de Bertrand Blier (2005). Au , ancien cabaret Chez Ubu, racheté en 1962 à Maurice L'Hoir par Monique Morelli et Lino LéonardiGilles Schlesser, Le cabaret rive gauche. De la Rose rouge au Bateau ivre (1946-1974), Paris, L'Archipel, 2006.. Au se trouve l'entrée du Carmel de Montmartre. Au se trouve l'endroit où Eugène Varlin a été exécuté en 1871 ; les généraux versaillais Claude Lecomte et Jacques Léonard Clément-Thomas y ont peut-être été fusillés également. Au s'ouvre une voie privée, dénommée la Cité du Sacré-Cœur. Un chemin d'étoiles y est placé dans le sol, reproduisant les constellations. Constitué de petites lampes, il s'allume au crépuscule. Au vécut le peintre Pere Créixams (1893-1965)Salon des Indépendants, catalogue, 1926, . Au , le personnage joué par Claude Rich est arrêté sur une terrasse de café, aujourd'hui Au Petit Creux, dans le film de 1965, Mata Hari, agent H 21. Parc Marcel-Bleustein-Blanchet, ancien parc de la Turlure.

Notes et références

Annexes Articles connexes Liste des voies du arrondissement de Paris

Liens externes

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