Jean Fabry, né le à Villefranche-de-Rouergue (Aveyron) et mort le à Montreuil (Seine-Saint-Denis), est un militaire de carrière, journaliste et homme politique français.

Biographie

Famille et études Jean Fabry est né le à Villefranche-de-Rouergue en Aveyron, fils d'Auguste Fabry (né le à Montpellier dans l'Hérault), négociant et d'Isabelle Duclos (née le à Villefranche-de-Rouergue)..

Il fait ses études secondaires au collège de Villefranche-de-Rouergue puis au lycée d'Agen (Lot-et-Garonne) où il obtient son baccalauréat ès lettres et ès sciences.

Il passe le concours d'admission de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1895 et est reçu .

1895-1897 : Élève de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr (Promotion de Tanarive)Voir sur . 1904-1906 : Élève de l'École supérieure de guerre dont il sort breveté d'État-major.

Vie familiale Jean Fabry se marie le à Serres (Hautes-Alpes) avec Hélène Unal (née le à Montpellier - décédée le à Saint-Mandé (Val-de-Marne), fille de Gabriel Unal (né le à Millau (Aveyron), magistrat, président de chambre à la Cour d'appel de Montpellier, chevalier de la Légion d'honneur), ils sont parents de trois enfants :

André Fabry (né le - décédé en 1966), marié avec Marie-Paule Angot (fille d'André Angot, administrateur de compagnies d'assurances), dont postérité ; Claude Fabry (né le - décédé le ) ; François Fabry (né le - décédé le à Paris, inhumé à Rothéneuf (Ille-et-Vilaine).

Carrière militaire : Promu sous-lieutenant au d'infanterie à Toulon, avec ce régiment, il participe aux campagnes du Sahara en Algérie (1899). : Promu lieutenant. : Stagiaire à l'État-major du d'armée (détaché de l'École supérieure de guerre). : Promu capitaine. 1910 : Attaché à l'État-major particulier du général Brun, ministre de la Guerre du cabinet Briand. : Affecté à l'État-major du général Dubail, membre du Conseil supérieur de la guerre. - : Capitaine de la (Lorraine) puis promu commandant, il demande à servir au de chasseurs alpins. Avec celui-ci, Jean Fabry participe aux combats de Woëvre, d'Ypres, de l'Yser, de Carency en Artois, des Vosges, et enfin du Reichackerkopf, où il est grièvement blessé en . Il est amputé de la jambe gauche et garde la jambe droite complètement ankylosée, il est décoré de la croix de la Légion d'honneur sur lit d'hôpital. : Jean Fabry refuse sa mise en retraite et prend le commandement du du Gouvernement militaire de Paris, puis est chargé d'établir l'École d'officiers d'État-major à Senlis. 1917 : Promu lieutenant-colonel et nommé chef de cabinet du général Joffre. - : Participe à la mission Viviani-Joffre aux États-Unis. Il est très apprécié des Américains, qui le surnomment le « » (Diable bleu de France : surnom donné à un chasseur alpin)..

Un fidèle ami du maréchal Joffre

vignette|Jean Fabry à droite du maréchal Joffre. Il est un ami très proche du maréchal Joffre et il est présent quand ce dernier décède. Il recueille les dernières paroles du marechal expirant « Fabry l’Amérique ».

Au décès du maréchal, il reprend sa plume pour publier en 1931 : Joffre et son destin et, outre ses articles quotidiens, de nombreuses préfaces à des livres consacrés à la guerre, notamment à la traduction de La Guerre de Ludendorff. Il détaille les manœuvres politiques qui ont entrainé la chute de Joffre et la corruption d´esprit qui règne à l’époque.

Il est l’instigateur de la mise en place d’une statue équestre du maréchal Joffre, inaugurée le sur le Champ-de-Mars en face de la tour Eiffel.

Il la finance grâce aux fameux carnets de timbres à l’effigie du maréchal (timbre Joffre souscription nationale 50 c) qui rencontrent un énorme succès auprès des Français.

Carrière journalistique et politique À la fin de la guerre, avec 95 % d'invalidité, il est forcé d'accepter sa mise à la réforme. Il mène ensuite une double carrière de journaliste et d'homme politique. Il devient journaliste en 1918, collaborant à Oui (sous le pseudonyme de Bouchavesnes puis sous son nom à partir de , date où il devient le co-directeur de cet éphémère quotidienLe Gaulois, 17 juin 1918, Le , 17 juin 1918, Notice de la BNF) et à L'Avenir début 1919. Il est nommé par Léon Bailby rédacteur en chef du quotidien de centre-droit L'Intransigeant en L'Intransigeant, 11 février 1919. Lorsque Léon Bailby perd le contrôle du quotidien fin 1932, racheté par l'homme d'affaires et député Louis Louis-Dreyfus, plus à gauche que Jean Fabry, ce dernier obtient de conserver son poste, ce que L'Humanité dénonce en publiant des lettres de Jean FabryL'Humanité, 30 décembre 1932, Ibid., 31 décembre 1932, Ibid., janvier 1933,Ibid., 2 janvier 1933. Il devient le directeur du journal de à . Il est membre de l'association Légion d'honneur D.P.L.V.

Il collabore ensuite à d'autres périodiques de droite, au quotidien Le Matin de 1938 à 1940 puis à l'hebdomadaire Gringoire du 1939 à 1944.

En partie grâce à son statut d'ancien officier invalide de guerre, ancien du cabinet du maréchal Joffre, et du fait aussi de l'appui de Léon Bailby, il se porte candidat sur une liste du Bloc national aux élections législatives de 1919 dans le de Paris. Il est élu député de la Seine, sur un programme anticommunisteLe Gaulois, 9 novembre 1919. Il accède à la présidence du Groupement des officiers mutilés en L'Intransigeant, 24 décembre 1919.

L'Alliance républicaine démocratique (ARD) soutient sa candidature en 1919 et le compte comme un de ses élus. Il intègre ensuite le comité directeur de ce parti de centre-droit.

À la Chambre, il devient président de la Commission de l'armée et vice-président de la Commission d'études du Conseil supérieur de la défense nationale. Réélu député de la Seine en 1924 sur une liste qu'il mène, il est réélu en 1928 et 1932 (contre le radical Oscar Dufrenne, qu'il bat difficilement) au scrutin d'arrondissement.

Jean Fabry est le représentant de la France à la Commission des armements (en remplacement de René Viviani) de la Société des Nations de 1922 à 1924 et prend part aux travaux aboutissant au projet de . Il devient ministre des Colonies dans le troisième cabinet de Raymond Poincaré du au . Il est membre de la délégation française à la Conférence pour la réduction et la limitation des armements à Genève en 1932.

Ami, conseiller et collaborateur d'André Maginot, il a en partie inspiré la politique défensive portée par ce dernier, c'est-à-dire la fortification des frontières de l'Est (ligne Maginot). Le , Jean Fabry devient ministre de la Défense nationale et de la Guerre dans le premier cabinet formé par Édouard Daladier, mais il donne sa démission dès le , estimant que la mesure du ministre de l'Intérieur Eugène Frot de décider le déplacement du préfet de police de Paris Jean Chiappe a été prise sans motifs sérieux. Il retrouve son portefeuille de la Guerre le dans le quatrième cabinet de Pierre Laval. Il établit alors un plan de construction de chars. C'est qu'il a été progressivement convaincu de la nécessité de se doter de cette arme, sans pour autant préconiser une stratégie offensive. Il demeure cependant pacifiste. Un pacifisme d'ancien combattant doublé dans le seconde moitié des années 1930 d'un néo-pacifisme de droite, hostile au Parti communiste qu'il abhorreRosemonde Sanson, op. cit., . Un Parti communiste qui le combat alors violemmentGeorges Vidal, La Grande illusion ? Le Parti communiste français et la Défense nationale à l'époque du Front populaire, 1934-1939, Presses universitaires de Lyon, 2006, .

Il est battu aux élections législatives de 1936 par Lucien Bossoutrot, radical-socialiste, dans le contexte du Front populaire. Mais le , à la suite du décès de Gaston Japy, une élection sénatoriale partielle a lieu dans le Doubs, Jean Fabry est alors élu sénateur du Doubs.

Il vote le les pleins pouvoirs au maréchal Pétain et se met à chanter les louanges du maréchal dans les colonnes de GringoireExtraits de Gringoire : Le Nouvelliste d'Indochine, 20 octobre 1940, Le Temps, 5 décembre 1940. Il se vante d'exercer une certaine influence sur le maréchalRosemonde Sanson, op. cit., , qui le convie parfois à sa table à VichyJournal des débats, 15 décembre 1941, La Croix, novembre 1943. Il est nommé en membre du Conseil national institué par le régime de Vichy. Il préside une sous-commission de sa Commission de l'information généraleInformations générales, 9 décembre 1941. Encore hostile au communisme, il écrit en à Pierre Laval une note désignant l'URSS comme l'ennemi et estimant que l'Allemagne est seule capable de préserver la France du danger communiste. Il faut donc l'aider . Il se recueille le devant le catafalque d’Henriot et signe le registre de deuil, avec de Brinon, Doriot, Paul Marion..

Il est déclaré inéligible à la Libération en raison de son vote du . Il est membre d'un Comité d'honneur pour la libération de Pétain, constitué en 1948 et il collabore aux Écrits de Paris en 1947Simon Epstein, Un paradoxe français : antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance, Albin Michel, 2008, ..

Jean Fabry meurt le à Montreuil et est inhumé à Rothéneuf.

Mandats et fonctions

Fonctions gouvernementales

Fonction Gouvernement Période Ministre des ColoniesPoincaré IIIFrançois-Marsaldu au Ministre de la Défense Nationale et de la GuerreDaladier IIdu au Ministre de la GuerreLaval IVdu au

Mandats parlementaires

- : Député de la Seine. - : Député de la Seine. - : Député de la Seine. - : Député de la Seine. - : Sénateur du Doubs.

Fonctions politiques

Membre du Comité républicain du commerce et de l'industrie. 1932-1934 : Membre puis président de la Ligue républicaine nationale. 1934 : Vice-président puis président de la Fédération des comités parisiens et de la Seine de l'Alliance républicaine démocratique. Membre directeur du Parti républicain de réorganisation nationale.

Autres fonctions

Président du Groupement des officiers mutilés (). 1924 : Membre du Haut Conseil colonial. Membre du Comité parlementaire France et Monde. Membre du Comité parlementaire l'Association France. Membre du Comité France-Amérique.

Décorations

Décorations françaises

50px Grand-officier de la Légion d'honneur () 50px Croix de guerre 1914-1918 (avec palme)

Décorations étrangères (Belgique) 50px Croix du Mérite de la guerre (Italie) 50px Officier de l'ordre du Nichan Iftikhar (Tunisie, 1911)

Ouvrages Joffre et son destin, La Marne - Verdun, La Somme - L'Amérique, Paris, Limoges, Nancy, Charles-Lavauzelle & , 1931 De la place de la Concorde au cours de l'Intendance (-), Paris, Les Éditions de France, 1942, 246 p. Le Front humain, Vers une constitution française, 1945 J'ai connu.., 2 volumes, Paris, Descamps, 1960, 238 p.

Sources

Rosemonde Sanson, L'Alliance républicaine démocratique et les militaires. Le colonel Jean Fabry, un des leaders de l'Alliance démocratique, dans Olivier Forcade, Eric Duhamel, Philippe Vial (dir.), Militaires en République: les officiers, le pouvoir et la vie publique en France, Publications de la Sorbonne, 1999

Notes et références

Liens externes

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