thumb|upright|Tourist Information (Allemagne). thumb|Office de tourisme de Kaunas en Lituanie.
L'office de tourisme, ou office du tourisme, est un centre d'information dont la mission est sur le territoire concerné à destination du public ou des visiteurs, allant des simples habitants locaux aux excursionnistes en passant par les touristes. L'objectif de la structure est de faciliter le séjour touristique des visiteurs. Cette structure publique dans la plupart des pays est généralement située dans un ou plusieurs points stratégiques du territoire, notamment où le flux de personnes est important tels qu'une gare, un port, un aéroport.
En France, l'office de tourisme est le successeur du syndicat d'initiativeCette expression est encore utilisée dans le langage courant, voire encore écrite sur les devantures des lieux concernés. Voir par exemple cette devanture photographiée en 2012 à Sainte-Sévère-sur-Indre. dont le premier fut fondé à Grenoble le , présidé par le comte de Montal. Annecy fut le deuxième à être créé à l'initiative de Camille Dunant le . Sa mission était de rendre le séjour des visiteurs agréable et facile. Son premier secrétaire général, Francis Crolard, joue un rôle de premier plan au conseil supérieur du tourisme en 1920. Puis au début du , plusieurs villes s'organiseront afin de mettre en valeur leur territoire, à l'image du Syndicat d'initiative de Nancy et des Vosges créé en 1904. La France, par le biais du ministre des Travaux publics, Alexandre Millerand est un précurseur en matière d'office de tourisme. Il crée dès 1920, le premier bureau du tourisme français et international à Londres, ainsi qu’un bureau d’information touristique connu sous le nom de « Maison de la France ». Depuis la fin du , la majorité des destinations disposent de ce type de structure qui représente la vitrine de leur territoire, notamment ceux qui ont une vocation très touristique.
Histoire thumb|Plaque à l'honneur du syndicat d'initiative de Grenoble, à côté de l'office de tourisme actuel. En 1910, à l’initiative du ministre des Travaux publics, Alexandre Millerand, la France est le premier pays à mettre en place un Office national du tourisme..
L'ONT existe de 1910 à 1935 et laisse rapidement la place au commissariat du tourisme faute de moyens financiers suffisants et isolés dans le monde du tourisme. Dans sa thèse B. Larique rappelle les rapports conflictuels que certains syndicats entretenaient avec l'ONT. Le commissariat général du tourisme, qui prend sa suite jusqu'en 1948B. Larique, Le tourisme en France de 1890 à 1940, thèse de doctorat soutenu à Bordeaux, 2003., a été particulièrement actif durant l'exposition internationale de 1937, . Il s'agissait alors de valoriser la France face à ses voisins belliqueux, à travers la culture et les régions, au sein du village des régionsJ. Manfredini, « La nation française et sa mise en scène : les terroirs gastronomiques à l’exposition internationale de Paris en 1937 » dans P. Harismendy, Goût de l’authentique et construction émotionnelle des paysages touristiques, Rennes, PUR, 2013..
Dix ans plus tard, le premier bureau du tourisme français voit le jour à Londres en 1920, ainsi qu’un bureau d’information touristique connu sous le nom de « Maison de la France » (désormais Atout France depuis le ) situé aux Champs-Élysées, à Paris.
En 2009, la majorité des pays disposent d'un office national de tourisme. Afin de pouvoir renseigner et promouvoir son territoire à l'étranger, l'office national de tourisme dispose de plusieurs bureaux dans le monde. C'est le cas notamment d'Atout France qui en compte 33 à travers l'ensemble des cinq continents, mais aussi par exemple de VisitBritain qui regroupe la promotion de l'Angleterre, l'Écosse, l'Irlande du Nord et du Pays de Galles.
En Amérique États-Unis
Aux États-Unis chaque État possède son propre office de tourisme.
Pérou thumb|Iperú, information et assistance au touriste bureau à l'aéroport de Iquitos, en Amazonie péruvienne (Région de Loreto). Iperú, information et assistance au touriste est un service offert gratuitement par le gouvernement péruvien pour les touristes nationaux et étrangers, lesquels peuvent obtenir des informations sur les destinations, les itinéraires, les centres d'intérêt Le bureau national du tourisme au Pérou ou « iperú », est responsable du traitement des réclamations présentées par les touristes nationaux et étrangers à l'encontre des fournisseurs de services touristiques, avec des pouvoirs de médiation et de conciliation (mais pas de sanction) pour les résoudre. Les opérateurs de iperú parlent anglais, et quelques autres langues.
Iperú, information et assistance au touriste dispose d'un réseau de 31 bureaux situés dans 13 régions du Pérou.
En Europe Belgique En Belgique, le tourisme est une compétence régionalisée.
Région wallonne Le principe de la Maison du tourisme a été créé par décret en 1999. Chaque maison a le statut d’association sans but lucratif et dispose d’un bureau d’accueil doté d’agents bilingues (français-néerlandais, français-anglais ou français-allemand selon les endroits) ; chacune possède en outre un système d’information accessible en dehors des heures d’ouverture (répondeur téléphonique, site internet, etc.).
La Maison du tourisme établit avec la Région wallonne un contrat-programme renouvelable de trois ans pour définir ses missions et ses actions.
On répertorie actuellement 42 maisons qui couvrent toute la Région wallonne et sont ouvertes au moins 300 jours par an, les weekends étant des périodes d’ouverture obligatoire. Ces maisons du tourisme reprennent actuellement 254 des 262 communes wallonnes.
La première d’entre elles a été créée en , à Dinant, et regroupait 5 communes (Anhée, Dinant, Hastière, Onhaye et Yvoir) pour former la zone « Haute Meuse Dinantaise » avec le thème : « Vallées de Forteresses et de Châteaux ».
France
Histoire Les premiers groupements Le comité des promenades de la ville de Gérardmer (Vosges) en et l’union syndicale pour les intérêts thermaux et touristiques de Cauterets (1884) sont considérés comme les précurseurs des syndicats d'initiativeL. Auscher et G. Rozet, Tourisme et urbanisme : la fonction des SI, Paris, ed. Ernest Leroux, 1920, 225 pages. Jusqu’alors, les comités existant aidaient les Français à préparer leurs voyages à l’étranger. Le comité de Gérardmer est tourné vers l’accueil des visiteurs venus découvrir les massifs alentour.
Les premières structures accueillant les touristes et chargées de l'organisation du tourisme français sont : les syndicats d'initiative de Grenoble (1889), située de nos jours rue Alphand, puis d'Annecy (1895). L’union syndicale de la ville de Pau, créée en 1859, devient syndicat d'initiative en 1903..
Leur objectif principal était d’augmenter le flux de touristes et d’organiser au mieux leur séjour. Très rapidement, ce sont les syndicats d'initiative qui apparaissent à la fin du , dont Grenoble est le précurseur en mai 1889. Influencé par un voyage en Suisse, Jullien-Fevrier a vanté les mérites des sociétés de développement suisses et la mise en valeur de la montagne voisine. Le groupe de bourgeois réuni autour de Jullien-Fevrier a souhaité suivre ce modèle suisse en proposant la création d'un syndicat d'initiative. Tout comme les comités précurseurs, cités précédemment, les syndicats d'initiative avaient pour mission l'accueil, l'information et le développement du tourismeJ. Manfredini, « Penser et promouvoir le tourisme à Hyères. Le rôle du Syndicat d’Initiative (fin XIXe-1939) » dans P. Harismendy, J-Y Andrieux, Initiateurs et entrepreneurs culturels du tourisme (1850-1950), Rennes, Coll. Art et sociétés, PUR, 2011, 304 p..
Entre-deux-guerres La nécessité de posséder des locaux d’accueil pour les touristes et les missions des syndicats d’initiative se renforcent après la Grande Guerre. La puissante fédération des syndicats d’initiatives d’Auvergne et du Massif Central réclame .
Accompagnant la création des stations thermales, climatiques et touristiques et la généralisation de la taxe de séjour, un décret réglementaire confie aux chambres d'industrie touristique le soin de créer des bureaux de renseignements dans les stations classées. Par une circulaire du , le ministre des Travaux publics Yves Le Trocquer invite les chambres d'industrie et les mairies à réfléchir à confier la gestion de ces bureaux de renseignements aux syndicats d'initiatives.
De à , la Fédération nationale des syndicats d'initiative commande au dessinateur et affichiste Rob d'Ac une quinzaine de couvertures en couleurs pour des albums touristiques régionaux. Vu leur format ( x ), ces couvertures, sous serpentes, peuvent devenir des affiches murales. Les régions présentées vont de "Artois Flandre Picardie" à "Côte d'Azur et Corse"..
Seconde Guerre mondiale Durant la Seconde Guerre mondiale, les syndicats d’initiatives veulent poursuivre leur travail et lancent une souscription en 1941 pour aider les groupes de zone occupée.
La loi du crée les comités régionaux de tourisme. Ils sont créés par arrêté du secrétaire d’État aux Communications. Ils comportent au plus neuf membres issus du secteur touristique, nommés pour un an arrêté ministériel. Leur mission est .
Elle est complétée par la loi du qui organise notamment la tutelle des organisations touristiques au secrétariat d’État au tourisme.
Des syndicats d’initiative aux offices de tourisme Durant l’après-guerre, les problèmes de financement des syndicats d’initiative se font cruellement sentir, particulièrement au vu de la mission accrue liée à la progression du tourisme. L’existence de ces organismes privés va être bousculé par la création officielle, par la loi du ., des offices de tourisme. Le gouvernement, ayant pris conscience des enjeux économiques liés au tourisme, décide d’autoriser les conseils municipaux des stations classées de tourisme, à créer des offices si elles le désirent. L’accueil et la promotion touristique commencent à être perçus comme un service public. La création de ces structures doit être entériné par le préfet. Il s’agit alors d’établissements publics à caractère industriel et commercial ayant vocation .
Il est consulté sur les questions liées au tourisme et peut-être chargé d’exploiter des installations touristiques et d’organiser fêtes et manifestations artistiques. Pour préserver les intérêts des syndicats d’initiative, le texte précise que l’office peut .
La première structure à avoir la véritable dénomination d'office de tourisme fut cependant l'Office de tourisme de Saint-Pierre-de-Chartreuse (Isère) qui vit le jour en 1905. Sa position au cœur du massif chartroussin, célèbre pour son hospitalité, notamment à travers l'Ordre des moines Chartreux fondé par Saint Bruno, lui a permis de se développer et de prendre une place centrale dans l'information touristique du territoire.
Des offices de tourisme, portant ce nom, existent déjà, comme ceux de Beaune et Dijon, créés en 1938.
Les offices du tourisme et les syndicats d'initiative sont deux structures totalement différentes même si elles œuvrent en faveur du tourisme. Les offices du tourisme sont des structures mises en place par l'administration, quand les syndicats d'initiative sont des associations privées à but non lucratif. Le syndicat d'initiative collabore étroitement avec la municipalité, dépend parfois trop fortement de ses subventions mais n'y est jamais soumis.
Le développement d’offices de tourisme professionnalisés, dirigé par un directeur et des agents rémunérés, d’un budget et de missions définies par la loi s’impose peu à peu face à des syndicats d’initiative ne disposant que de faibles ressources et ne vivant qu’avec des bénévoles. Durant les premières années, les deux organismes peuvent cohabiter, parfois avec succès. Dans le temps, les municipalités remplacent peu à peu les syndicats d’initiative par les offices de tourisme.