vignette|Exemple d'impact du réchauffement climatique sur l'environnement et les sociétés humaines. Ici l'élévation du niveau de la mer aux îles Marshall dépassant la limite du trait de côte d'un village.

Les impacts du changement climatique décrivent les conséquences affectant l'environnement et les sociétés humaines en raison d’une augmentation mondiale de la température. Ces conséquences, bien documentées, s'accentuent. Les changements du système climatique comprennent une tendance générale observée et projetée vers des températures moyennes mondiales plus élevées par rapport aux niveaux préindustriels, des changements dans les régimes de précipitations et des conditions météorologiques plus extrêmes. Le changement climatique a des répercussions sur l'environnement naturel, avec des effets tels que des incendies de forêt plus intenses, le dégel du pergélisol et la désertification. Ces changements ont un impact sur les écosystèmes et les sociétés et peuvent devenir irréversibles une fois les points de basculement franchis.

L'augmentation de la concentration de gaz à effet de serre présents dans l'athmosphère, due aux activités humaines depuis le avec la révolution industrielle, est responsable du changement climatique.

L'un des enjeux cruciaux du est de limiter les impacts directs ou indirects du réchauffement climatique sur les sociétés humaines à court, moyen, et long terme, relativement à leurs conséquences économiques, sociales, et environnementales, notamment par la diminution de l'émission de gaz à effet de serre d'origine anthropique.

Historique vignette|500px|Émissions mondiales de et de la température probabilistes de différentes politiques. En 1824, le physicien français Joseph Fourier découvre le phénomène de l'effet de serre et son effet sur le bilan thermique de la Terre. En 1896, Svante Arrhenius publie un article décrivant le phénomène, et proposant une prédiction de l'élévation de la température atmosphérique en cas de doublement de la concentration en . Dans les années 1980, cette question refait surface à l'échelle mondiale, avec la création du GIEC en 1988. Celui-ci arrive à la conclusion que, très probablement., le climat de la Terre se réchauffe du fait de l'activité anthropique. Des effets nouveaux apparaissent pour des secteurs localement très vulnérables aux changements climatiques tels que l'agriculture ou la forêt, ou encore les zones habitées situées sous le niveau de la mer (Polders) ou les îles basses (AOSIS : alliance des petits États insulaires, menacés par une augmentation du niveau de la mer). Les zones chaudes ou subdésertiques sont concernées par un risque accru de désertification, salinisation ou incendies alors que les constructions appuyées sur le pergélisol perdent leur stabilité là où il fond anormalement.

Cet avant-bilan a été fait alors que les énergies fossiles étaient en croissance, et que les industries, individus et sociétés n'en ont jamais été aussi dépendants.. Des discussions ont alors préparé la convention de Rio dont les acteurs ont été pour la première fois réunis à une même table de discussion dans le but d'arriver à des accords.

Impacts climatiques

vignette|upright=1.7|Prévisions des hausses des températures à l'horizon des années 2070-2100. Les modèles climatiques permettent non seulement de simuler l'évolution des températures globales, mais aussi d'évaluer les impacts du réchauffement climatiques sur l'ensembles des systèmes terrestre. la communauté scientifique s'accorde aujourd'hui sur plusieurs conséquences majeures notamment la fonte des calottes glacières et des glaciers, la modification des régimes de précipitations, l'élévation du niveau des mers et l'intensification des évènements météorologiques extrêmes .

Catastrophes climatiques Selon l'Organisation météorologique mondiale (OMM), le nombre de catastrophes d'origine météorologique, climatique ou hydrologique a été multiplié par cinq entre 1970 et 2019. Plus de climatiques ont été recensées au cours de cette période, soit une par jour en moyenne, causant un peu plus de 2 millions de morts et de dégâts matériels. Plus de 91 % des décès sont survenus dans les pays en développement. Les sécheresses ont été responsables de quelque , les tempêtes de plus de , les inondations de et les températures extrêmes de près de . Le réseau de chercheurs World Weather Attribution (WWA) a mis au point une méthodologie pour calculer les accroissements de probabilité et d'intensité attribuables au réchauffement climatique. Par exemple, le WWA a calculé qu'un épisode de gels tardifs tel que celui d', qui a coûté 2 milliards d'euros de perte de chiffre d'affaires à la viticulture française, a 60 % de chances de plus de survenir du fait du dérèglement du climat par les activités humaines ; le phénomène de dôme de chaleur survenu en au-dessus de la Colombie-Britannique et du Nord-Ouest des États-Unis aurait eu une probabilité 150 fois moindre sans les gaz à effet de serre qui s'accumulent dans notre atmosphèreQuand le réchauffement climatique se traduit en catastrophes, Les Échos, 22 octobre 2021..

Montée des eaux vignette|350px|Zones à risques de submersion, pour l'Europe

Une des conséquences du réchauffement planétaire sur lesquelles s'accordent les scientifiques est une montée du niveau des océans. Deux phénomènes engendrent cette élévation : l'augmentation du volume de l'eau due à son réchauffement (dilatation thermique) ; l'apport d'eau supplémentaire provenant de la fonte des glaciers continentaux et des calottes polaires. Ce dernier phénomène s'étale sur une longue durée, la fonte des glaciers se mesurant à l'échelle de plusieurs décennies, et celle des calottes polaires sur plusieurs siècles ou millénaires..

De même que pour les températures, les incertitudes concernant le niveau de la mer sont liées aux modèles, d'une part, et aux émissions futures de gaz à effet de serre, d'autre part.

L'élévation entre 1993 et 2003 est estimée à par an (plus ou moins )... L’élévation prévue du niveau de la mer en 2100 est de , selon le quatrième rapport du GIEC.. Il s'agit probablement d'une estimation minimaliste, car les prévisions du GIEC sont basées uniquement sur le réchauffement futur de l'océan et la fonte prévue des glaciers de montagne, en excluant les phénomènes liés à une instabilité possible des calottes polaires, récemment mis en évidence. Le premier volet du 6ᵉ rapport du GIEC, publié le , souligne l'accélération de la montée du niveau des océans : de 1,3 mm entre 1901 et 1971, la hausse annuelle moyenne de la surface des mers est passée à 1,9 mm entre 1971 et 2006, puis de 3,7 mm entre 2006 et 2018. Dans le plus sombre des scénarios élaborés par le GIEC, basé sur un doublement des émissions d'ici à 2100 par rapport à leur niveau actuel, le réchauffement serait compris entre 3,3 et avec une hausse de près de 2 mètres du niveau des océans d'ici 2100Climat : le GIEC alerte sur la généralisation des périls, Les Échos, 9 août 2021..

Une montée des eaux de quelques centimètres n'a pas d'impact très visible sur les côtes rocheuses, mais peut avoir des effets très importants sur la dynamique sédimentaire des côtes plates : dans ces régions, qui sont en équilibre dynamique, la montée des eaux renforce les capacités érosives de la mer, et déplace donc globalement l'équilibre vers une reprise de l'érosion qui fait reculer les côtes.

La montée du niveau moyen de la mer a ainsi des effets beaucoup plus importants que la simple translation de la ligne de côte jusqu'aux courbes de niveau correspondantes.

De même, du fait du moindre déferlement des vagues, la côte d'arase des digues doit être remontée davantage que la simple augmentation du niveau de la mer Guirec Prevot, Xavier Kergadallan & Philippe Sergent (2014) Évolution des périodes de retour des évènements franchissants avec le changement climatique, La Houille Blanche, 100:2, 42-47, DOI: 10.1051/lhb/2014015.

Précipitations et foudre Selon le rapport 2007 du GIEC, une augmentation des précipitations aux latitudes élevées est tandis que dans les régions subtropicales, on s'attend à une diminution, poursuivant une tendance déjà constatée« Summary for Policymakers », lire en ligne), p. 16 : , même si d'autres experts tempèrent cela, estimant les données trop rares et incomplètes pour pouvoir dégager une tendance actuelle à la hausse ou à la baisse. . Selon des études publiées en 2007-2008, à l'horizon 2025, un tiers de la population mondiale pourrait se trouver en état de stress hydriqueSelon le rapport L'eau à l'horizon 2025 publié en par l’association des entreprises pour l’environnement. ; le réchauffement aurait tantôt un effet positif, tantôt un effet négatif, la balance entre les deux dépendant du mode de comptage adoptéCharacterising dangerous climate change. Nigel Arnell. Tyndall Centre for Climate Change Research. 2007..

Selon une étude publiée en dans la revue Science, le réchauffement climatique devrait accroître de 50 % le nombre d'impacts de foudre au cours du ; le risque de foudre pourrait s'accroître de 12 % par degré Celsius additionnel aux États-Unis.

Dégradation de la qualité de l'air Ce sujet est en France notamment traité par l'INERIS dans le cadre du projet SALUTAIR, et dans la perspective de la COP 21 à Paris en 2015INERIS, Qualité de l’air et climat : quelles synergies ? Double page (PDF) sur le thème des synergies entre polluants de l'air et climat. et dans le cadre du projet SALUTAIR (Évaluation des stratégies de lutte contre la pollution de l'air à longue distance dans le contexte du changement climatique)Trois documents ( et de SALUTAIR téléchargeables ici ., et depuis 2009 au moinsIneris (2009) Interactions entre pollution atmosphérique et changement climatique, ; 13 pages (PDF).Bertrand Bessagnet, Jean-Marc Brignon, Anne-Christine Le Gall, Frédérik Meleux, Simone Schucht, Laurence Rouïl (2009) Politiques combinées de gestion de la qualité de l’air et du changement climatique (): enjeux, synergies et antagonismes, Rapport d'étude /2009 , INERIS, réalisé pour MEEDDAT/DGEC .. Il s'agit notamment de mieux comprendre et modéliser les effets sur la pollution dite « longue distance », par exemple étudiée par le programme de recherche PRIMEQUALProgramme de recherche inter-organisme pour une meilleure qualité de l'air (Portail Web, page d’accueil).

Circulation thermohaline La circulation thermohaline désigne les mouvements d'eau froide et salée vers les fonds océaniques qui prennent place aux hautes latitudes de l’hémisphère nord. Ce phénomène serait, avec d'autres, responsable du renouvellement des eaux profondes océaniques et de la relative douceur du climat européen.

En cas de réchauffement climatique, le moteur qui anime les courants marins serait menacé. En effet, les courants acquièrent leur énergie cinétique lors de la plongée des eaux froides et salées, et donc denses, dans les profondeurs de l'océan Arctique. Or, l'augmentation de la température devrait accroître l'évaporation dans les régions tropicales et les précipitations dans les régions de plus haute latitude. L'océan Atlantique, en se réchauffant, recevrait alors plus de pluies, et en parallèle la calotte glaciaire pourrait partiellement fondre (voir Événement de Heinrich).. Dans de telles circonstances, une des conséquences directes serait un apport massif d’eau douce aux abords des pôles, entraînant une diminution de la salinité marine et donc de la densité des eaux de surface. Cela peut empêcher leur plongée dans les abysses océaniques. Ainsi, les courants tels que le Gulf Stream pourraient ralentir ou s'arrêter, et ne plus assurer les échanges thermiques actuels entre l'équateur et les zones tempérées. Pour le , le GIEC considérait dans son rapport 2007 comme un ralentissement de la circulation thermohaline dans l'Atlantique, mais comme un changement brusque de cette circulation.

Arrêt de la circulation thermohaline