La manufacture d'armes de Saint-Étienne (MAS) est une ancienne entreprise française d'armement située à Saint-Étienne.

Architecture

Les bâtiments actuels datent de 1864 et s'étendent sur une surface de douze hectares près de la place Carnot. Conçue dans l'esprit des architectures rationalistes du , dans la lignée de la Saline royale d'Arc-et-Senans de Claude-Nicolas Ledoux et du Grand-Hornu près de Mons, la manufacture est un « palais » industriel et militaire, en briques rouges et pierres blanches, une représentation prestigieuse de la puissance du Second Empire. Une partie des bâtiments, dont l'hôtel des directeurs, ont été détruits pour la réalisation de la Cité du design.

Historique Le début de la manufacture

La ville de Saint-Étienne était réputée dès le Moyen Âge pour son artisanat de coutellerie. Près de produisaient des armes de guerre ou de chasse. En 1665, un magasin royal des armes, alimenté par Saint-Étienne, est construit à Paris pour permettre de réaliser des stocks en cas de conflit.

La Manufacture royale d'armes est créée en 1765., avec l’approbation du roi Louis XV, sous la direction de M. de Montbéliard qui était inspecteur de la manufacture de Charleville. Elle obtient le titre de « manufacture royale » qui lui permet d’être le fournisseur officiel des troupes françaises et étrangères. Le propriétaire est alors Jean Joseph Carrier de Montieu. Mêlé à un trafic d'armes lors de la réforme des armes voulue par Gribeauval, il est condamné à la prison, lors du « procès des Invalides ». Il sera gracié sous Louis XVI et reprendra une activité de soutien aux insurgés américains en collaboration avec Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais. Ils vont s'adresser à un armateur de Nantes : Jean Peltier Dudoyer.

Alors située place Chavanelle, l'usine produit des armes de guerre et des armes civiles. À l'approche de la Révolution, l’activité ne cesse d'augmenter avec une production supérieure à par an. Cela nécessite le déménagement dans plusieurs sites dispersés dans la ville et notamment des églises désaffectées, comme le couvent des Ursulines, l'église des Pénitents ou la Grand'Église.

Dès le début de la Révolution, la fabrication des armes prend une extension telle qu'on cherche par tout moyen à accélérer les fabrications. Saint-Étienne est reconnue comme commune d'armes et surnommée Armeville.

En 1838, Messieurs Jovin frères vendent au gouvernement la manufacture dont la production annuelle à cette époque oscille entre .

La nouvelle manufacture

La capacité de production étant insuffisante face aux commandes du second Empire, les entrepreneurs de la manufacture décident alors la construction d'une nouvelle usine moderne utilisant l’énergie des machines à vapeur. En , le conseil municipal stéphanois engage l’édification d’une nouvelle manufacture. Les terrains retenus sont situés au niveau du champ de Mars entre la voie ferrée et la route de Roanne, sur une surface de .

Les premiers bâtiments sont construits en 1864 avec l'édification de la grande usine de et d’un réservoir pouvant contenir . Deux ans plus tard, elle est complétée par les bâtiments d'administration de la direction, les logements des différents directeurs et la forge.

En 1868, on achève l'usine des meules, l'atelier de précision et de réparation des machines, l'atelier de trempe des armes de sabre, le logements des officiers. Enfin les bureaux, l'atelier des monteurs de sabres baïonnettes et le bâtiment du montage sont finis en 1870.

La superficie originelle des usines est de au sol et la force motrice totale de . Cette nouvelle installation permet de produire annuellement plus de .

La manufacture traverse ensuite les difficultés de la guerre franco-prussienne de 1870. La commande d'armes rendue illimitée dès ne peut être menée à bien compte tenu des événements politiques et de la colère des ouvriers qui ne sont plus payés.

Dans les années 1890, l’usine compte plus de et près de ce qui permet de produire plus de par jour, ainsi que des revolvers, des carabines, des mousquetons, des épées et autres sabres-baïonnettes. En 1894, la Manufacture devient un établissement d'État dirigé par le ministère de la Guerre.

Le déclin

Au , la fabrication des armes légères suit les époques de guerre, de paix, d'occupation, et selon les circonstances de crise, décolonisation et pacification. En 1963, la fabrication se diversifie vers trois secteurs d’activités, du matériel pour l'équipement des blindés (tourelles de véhicules blindés), la production d’armes antichars (lance-roquettes, grenades et éléments de missiles) et enfin du matériel de protection (matériel de détection, et de décontamination nucléaire et chimique).

Mais la baisse permanente des commandes entraîne une diminution des effectifs passant de plus de en 1940. à en 1981. GIAT industries reprend les rênes de la manufacture en 1989.

En 2001, la Manufacture d'armes de Saint-Étienne ferme définitivement ses portes.

Reconversion du site

Avec le départ de Giat, le site de est reconverti en différents projets : sur la partie sud, plus de résidentiels sont construits ; la partie centrale est reconvertie en Cité du design ; la partie nord est affectée à un centre de recherche et d'enseignement dans le domaine de l’optique vision ; l'École supérieure d'art et design est installée près de la Cité du design ; l'ancienne imprimerie est reconvertie en centre médiatique avec l'école International Rhône-Alpes Media, les bureaux de France bleu et France 3« France Bleu aura une antenne locale à Saint-Étienne en 2013 », leprogres.fr., 4 septembre 2012..

Protection

Le bâtiment dit « de l'horloge », la grille, le portail, les jardins, les murs de soutènement, les balustres, le monument aux morts, la grande usine appelée « double H » avec sa salle des moteurs, l'ancienne usine des meules et l'atelier d'ajustage ont été inscrits au titre des monuments historiques par arrêté du , consulté le 21 juin 2012..

Les armes produites

Notes et références

Annexes Bibliographie

Le Revolver réglementaire Chamelot-Delvigne Modèle 1873, par Bastié et Casanova, Éditions H&L, 2001. Connaissance du revolver français Modèle 1873, par Gérard Henrotin, Éditions H&L, 2011. L'armateur préféré de Beaumarchais Jean Peltier Dudoyer, de Nantes à l'Isle de France, par Tugdual de Langlais, Éd. Coiffard, 2015, 340 p. . Historique de la Manufacture d'Armes de Guerre de Saint-Etienne, par le Capitaine Raymond Dubessy, 1900.

Liens externes

Archives de la manufacture d'Armes de Saint-Étienne sur le site du Service historique de la Défense. Les revolvers d'ordonnance français (1873, 1874, 1885, 1887, 1892).

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