Loratoire Saint-Joseph du Mont-Royal est une église de Montréal au Québec , bâtie sur le versant sud-ouest du mont Royal.

Cet établissement catholique est situé au 3800, chemin Queen-Mary (quartier Côte-des-Neiges de l'arrondissement Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce)Site web officiel de l'oratoire Saint-Joseph.. L'élément secondaire du site est la basilique catholique. Structure unique, les dimensions de la basilique et de son dôme sont impressionnantes. Le dôme a de hauteur interne et de diamètre et sa croix, point culminant de Montréal, atteint au-dessus du niveau de la mer.. Dans les jardins de l'oratoire, on peut suivre un chemin de croix grandeur nature, inauguré en 1951, peuplé de sculptures représentant la Passion du Christ.

Inauguré en 1904 à l'initiative du frère André., les travaux de l'ensemble du lieu se terminèrent en 1967. L'Oratoire a fêté en 2004 le de la chapelle initiale du frère André.

Le tout domine la ville de son imposante silhouette. Le dôme peut être vu de plusieurs endroits dans la ville et même de l'extérieur de l'île de Montréal. Il est le troisième plus grand oratoire au monde après ceux de la basilique Notre-Dame-de-la-Paix de Yamoussoukro et de la basilique Saint-Pierre de Rome.

C'est le lieu de pèlerinage le plus important dédié à saint Joseph à travers le monde. Il attire environ deux millions de visiteurs chaque année, provenant de toutes les parties du monde. C'est aussi la plus grande église du Canada.

L'oratoire a été reconnu comme un lieu historique national du Canada le . Il a été désigné sanctuaire national par la Conférence des évêques catholiques du Canada, comme seulement une poignée d'autres sites.

Historique La chapelle du frère André

vignette|gauche|Chapelle dédiée au frère André. alt=Frère André (André Bessette) en 1920.|gauche|vignette|197x197px|Frère André (André Bessette) en 1920. Né Alfred Bessette à Iberville le dans une famille pauvre, le futur frère André perd son père menuisier à l'âge de neuf ans, victime d'un accident en forêt, puis sa mère, atteinte de tuberculose, trois ans plus tard. Après avoir exercé de nombreux métiers et s'être exilé aux États-Unis, il est encouragé par l'abbé André Provençal, curé de sa paroisse, à entrer dans la Congrégation de Sainte-Croix. Celui-ci écrit au supérieur : . Désigné portier du collège Notre-Dame de la Côte-des-Neiges, il dira avec son humour caractéristique : .

Dès 1900, le frère André nourrit le projet d'ériger une chapelle (un oratoire) et de créer ainsi un petit sanctuaire dédié à saint Joseph sur le mont Royal, en face du collège Notre-DameDenise Robillard, « , dit frère André » dans le Dictionnaire biographique du Canada.. Lorsque le téléphone est branché au collège en 1890, il ne cesse de sonner : on veut parler au . En 1896, on installe un kiosque sur le trajet des nouveaux tramways électriques devant le collège afin de lui permettre de recevoir la foule de visiteurs.

La popularité du frère André et l'affluence croissante des malades incitent la Congrégation de Sainte-Croix à autoriser la construction de la chapelle. La direction du collège et l'archevêque de Montréal, Paul Bruchési, précisent toutefois que les frais engagés seront à la charge des demandeurs..

Le frère André place une petite écuelle pour recueillir les dons des visiteurs. Bientôt, le terrain sur le mont Royal est acquis au montant de .. Grâce aux dons offerts spontanément, en argent ou en nature (par exemple des statues, des vases, des vêtements liturgiques, une cloche…), la construction débute.

Entre et , le frère André fit construire une chapelle avec l'aide du frère Abundius, maître-menuisier, et d'une poignée d'amis. Cette chapelle sera utilisée pour prier saint Joseph (père de Jésus). Modestement faite de bois et comprenant un espace très restreint de () sur (), la chapelle ne pouvait contenir tous les fidèles. Celle-ci était en fait un oratoire qui ouvrait ses deux grandes portes en noyer permettant aux fidèles de prier à l'extérieur et ce, en période estivale seulement. L'inauguration et la bénédiction eurent lieu le .

Le mars 1908, le supérieur de la Congrégation de Sainte-Croix, le père Dion, évoque pour la première fois un cas de guérison. Les ecclésiastiques demeurent prudents, mais la population fait confiance au petit frère qu'on surnomme désormais . Des centaines de personnes défilent chaque jour à sa rencontre. À cause de cette renommée croissante et de l'augmentation de l'affluence des fidèles, l'agrandissement devint une nécessité. On décide d'agrandir et de chauffer l'édifice en 1908.

La chapelle situé sur le flanc de la montagne gagne en popularité. On l'agrandit une seconde fois en 1910, la nef y est ajoutée ainsi que le clocher et la chambre du frère André située au-dessus de la chapelle (dans le jubé). Cette dernière est une modeste pièce comportant également un second lit servant au frère André à accueillir des pèlerins ou malades. À la suite de ce second agrandissement, le bâtiment obtint l'aspect qu'il a aujourd'hui.

La crypte vignette|gauche|Vue d'ensemble de la crypte. vignette|redresse|Saint Joseph dans la crypte. L'Oratoire était trop petit pour les immenses foules qu'il accueillait pour rencontrer le frère André et prier saint Joseph. Il fut alors décidé en 1915 de construire une église. Les plans prévoyaient la construction d'une crypte couverte par une basilique. Les travaux débutèrent en 1916 selon les plans des deux architectes Dalbé Viau et Alphonse Venne.

L'inauguration ainsi que la bénédiction eurent lieu en 1917. Le nom crypte vient du fait que sa voûte repose sur des arcs surbaissées et de sa position au pied de la basilique. La crypte peut accueillir .. Encore aujourd'hui, elle reçoit la visite des fidèles pour participer aux offices quotidiens.

La basilique vignette|redresse|Travaux sur le dôme de l'oratoire en 1940. vignette|redresse|Intérieur en 1940. vignette|redresse|Pèlerins à genoux devant l'Oratoire en 1942. La construction de la basilique commença en 1924. On fit alors appel aux architectes Dalbé Viau et Alphonse Venne. Le moine français Dom Paul Bellot dessina le dôme suivant le style de la renaissance italienne accompagné de quelques touches modernes.

La mort du frère André précède les travaux de finition extérieure, entrepris par les architectes montréalais Lucien Parent et Ernest Cormier en collaboration avec Dom Bellot, qui débutèrent en 1937.

Un dôme d'une hauteur extérieure de du sol, de diamètre à sa base, surmonté d'un lanterneau hexagonal, lui-même surmonté d'une croix de de hauteur, sera réalisé selon des plans de Dom Bellot et Lucien Parent (1937). La chapelle votive (1946-1949) selon des plans de Dom Bellot, Lucien Parent et Ernest Cormier. Les verrières de la basilique (1958-1961) seront réalisées par Marius Plamondon. Mise en place d'un orgue Rudolf von Beckerath, 78 jeux, cinq manuels et pédalier, (1960). Le chemin de la Croix extérieur est conçu en plâtre par Lucien Parent. Quarante-deux personnages répartis sur seize stations sculptés dans la pierre et le marbre par le sculpteur Ercolo Barbieri). La crypte-église réaménagée par l'artiste montréalais Jean-Charles Charuest (1966). La chapelle primitive (1904) sera ornée à l'extérieur d'un monument de bronze réalisé par Émile Brunet ; Musée de l'Oratoire (réserve de plus de 900 crèches acquises partout au monde et dont une partie est exposée chaque année à l'occasion de la fête de Noël).

Le béton des murs fut recouvert de granit argenté provenant de Saint-Samuel (maintenant dans la municipalité de Lac-Drolet, MRC du Granit), au Québec (Canada). Quatre colonnes de (), dans le style corinthien, se dressent sur la façade de la basilique. Le dôme a été couvert de cuivre.

Son maître-autel a été consacré en 1955 par le cardinal Paul-Émile Léger. Cette même année, l'oratoire Saint-Joseph du mont Royal a été institué par le pape .

Les travaux de finition intérieure furent complétés en 1966 par l'architecte montréalais, Gérard Notebaert. C'est en 1967 que la construction fut achevée, trente ans après la mort du frère André.

Quelques caractéristiques de la Basilique vignette|redresse|gauche|Crèche de Noël, 2018. La basilique se dresse à () au-dessus du chemin Queen-Mary et à () du niveau de la mer, ce qui en fait le point le plus élevé de Montréal, hors antenne. Le dôme, qui repose à la croisée du transept, est en fait une double structure comprenant un dôme extérieur (le deuxième par ses dimensions pour une basilique catholique après celle de Saint Pierre de Rome), recouvrant une coupole intérieure. De nombreux vitraux, sculptures et tableaux sont exposés dans cette basilique. On peut gravir jusqu'à 283 marches à l'oratoire Saint-Joseph du chemin Queen-Mary au portique de la basilique. 99 marches en bois sont réservées à la prière et servent aux pèlerins qui désirent monter à genoux.

Tombeau du frère André Le frère André est décédé le à l'âge de . Un million de personnes, soit un Québécois sur trois à l'époque, rendent un dernier hommage au vieil homme qu'on nommait affectueusement . Son corps fut conservé dans un autre emplacement en attendant la fin de la construction de son dernier gîte.

Le tombeau final étant complété, son corps fut déposé à l'intérieur. Celui-ci est situé dans une petite chapelle funéraire en dehors de l'église. L'arche de briques a été dessinée par Dom Paul Bellot. Le Premier ministre du Québec de l'époque, Maurice Duplessis, qui fut un ami du frère André, offrit le marbre noir de la sépulture.

Le , le tombeau fut ouvert par le Tribunal ecclésiastique chargé de la béatification pour s'assurer de l'intégrité du corps qui était alors en état de momification et intact. La béatification fut finalement effectuée le par le pape depuis la basilique Saint-Pierre à Rome.

Des centaines de milliers de personnes le visitent chaque année. La fresque (d'Henri Charlier), sur le mur derrière le tombeau, illustre la dévotion de frère André à la Passion du Christ. On peut y lire l'inscription : « Pauvre, obéissant, humble serviteur de Dieu ». Un buste du frère André est exposé sur le mur opposé. Sous ce buste, se trouvent des registres contenant des millions de signatures en faveur de la canonisation du frère AndréVies et œuvres d’Henri et André Charlier..

Le cœur du frère André Au Moyen Âge, en France et en Italie, la coutume voulait que le cœur des personnes célèbres soit gardé en signe d'admiration et de reconnaissance. C'est ainsi que ceux des rois de France furent conservés. Georges Gauthier, archevêque de Montréal, demanda que le cœur du frère André soit ainsi conservé après sa mort.

Le cœur du frère André était exposé au grand public, attirant les foules pour des moments de recueillement. Il fut volé dans la nuit du au . Grâce à des informations divulguées au service de police, le cœur est retrouvé presque deux ans plus tard. Le les policiers entrent dans une maison au sud de Montréal et retrouvent le cœur intact du frère André au sous-sol, soigneusement enveloppé.

Le cœur du frère André est de nouveau exposé au grand public, dans la salle d’exposition dédiée à sa vie et son œuvre. Les autorités religieuses ont veillé à ce que le cœur soit bien protégé derrière une grille en fer forgé.

Le Chemin de la Croix Dans les jardins de l'Oratoire, on peut suivre un chemin de croix grandeur nature peuplé de sculptures représentant la Passion du Christ. C'est l'œuvre originale de l'artiste Louis Parent. Le sculpteur québécois y consacra 10 ans de sa vie (1943-1953). Elles ont été sculptées dans la pierre naturelle de l’Indiana (États-Unis) et le sculpteur Ercolo Barbieri sculpta le marbre de Carrare (Italie) entre 1952 et 1958. L’architecte paysagiste Frederick Gage Todd dessina les jardins de l'Oratoire.

Le cardinal Paul-Émile Léger, inaugura le Chemin de la Croix le . Le rêve du frère André devenait une réalité : offrir aux pèlerins un lieu privilégié pour la prière et la méditation.