Le Cycle de Fondation est une œuvre de science-fiction écrite par Isaac Asimov qui « consistait à rédiger un roman historique du futurASIMOV (Isaac), Petite histoire de la Fondation, préface à Terre et Fondation, Paris, 1987, éd. Gallimard, coll. Folio SF, - ». Dans cette optique, la série ne met en scène que des humains et, plus rarement, des robots, mais aucune espèce extraterrestre.

Cette série a reçu en 1966 le prix Hugo spécial de la meilleure série de science-fiction/fantasy de tous les temps.

Composition Les sept nouvelles originelles paraissent entre 1942 et 1950 dans Astounding Science Fiction. Au début des années 1950, l'éditeur Gnome Press rassemble ces nouvelles et publie la trilogie fondamentale : Fondation (Foundation, 1951) ; Fondation et Empire (Foundation and Empire, 1952) ; Seconde Fondation (Second Foundation, 1953).

Après une trentaine d'années, plusieurs romans s'y ajouteront, étoffant le cycle d'origine en aval et en amont de la période chronologique traitée dans ce dernier: Fondation foudroyée (Foundation's Edge, 1982) ; Terre et Fondation (Foundation and Earth, 1986) ; et un début : Prélude à Fondation (Prelude to Foundation, 1988) ; L'Aube de Fondation (Forward the Foundation, 1993).

L'ordre d'écriture du Cycle de Fondation n'est donc pas le même que son ordre chronologique que voici : Prélude à Fondation L'Aube de Fondation Fondation Fondation et Empire Seconde Fondation Fondation foudroyée Terre et Fondation

Toutefois, les deux premiers romans décrivent la genèse de la Fondation et peuvent être considérés à part des cinq suivants qui sont l'histoire de la Fondation à proprement parler.

D'après Asimov, son œuvre aurait influencé George Lucas pour son univers Star WarsAsimov écrit dans son autobiographie : « Moi-même j'ai largement puisé dans l’Histoire du déclin et de la chute de l'Empire romain pour la structure d'ensemble de Fondation, et il me semble qu'à leur tour, les différents épisodes filmés de la Guerre des étoiles empruntent sans hésiter à ma série », in Moi, Asimov, Éditions Folio, collection Folio SF, 2003, ..

Présentation Le Cycle de Fondation se déroule environ ans dans le futur de l'Humanité, qui s'est répandue dans toute la Galaxie, occupant 25 millions de planètes avec un trillionLa version originale utilise le terme quintillion (en échelle courte, Asimov étant américain), qui a été laissé par erreur dans la traduction française. (un milliard de milliards en échelle longue) d'êtres humains. Tous ces mondes sont organisés en un Empire Galactique, celui-ci a pour capitale Trantor, la planète habitable la plus proche du noyau galactique.

En l'an de l’Ère Galactique (démarrée à la création de l'Empire), Hari Seldon, mathématicien âgé, fait beaucoup parler de lui. Se fondant sur la psychohistoire, science mathématique qu'il a inventée et qui permet de prévoir l'évolution des sociétés humaines (voir plus bas), il estime que la chute de l'Empire est proche et inéluctable. Trente mille ans de barbarie s'ensuivront.

Pour pallier cela, Seldon a secrètement mis au point le plan Seldon, dont le but est la constitution, au bout de mille ans seulement, d'un Second Empire Galactique, plus vaste et plus solide que le premier. C'est pour le mener à bien qu'il crée deux Fondations, aux missions opposées mais d'égale importance.

La Première, publique et ignorant tout du Plan, part s'installer aux limites de la Périphérie Galactique, sur la planète Terminus. L'autre, secrète, chargée grâce à la psychohistoire d'assurer la réalisation complète du Plan, est situé à Star's End ().

La série suit principalement l'évolution historique, sociale, économique et politique de la Première Fondation, qui se développe comme une entité politique normale, à la seule différence près que ses habitants font preuve de confiance en l'avenir : puisque Seldon a prédit qu'on s'en sortirait, quoi que l'on fasse, on est sûr de le réussir, Seldon l'a dit ! Et c'est précisément ce que Seldon voulait. Grâce à cette confiance, les habitants de la Fondation vont essaimer dans l'Empire galactique qui se délite, entreprenant sans le savoir la réunification.

Le Cycle entier s'étend sur 500 des mille ans du plan Seldon. Aussi, il y a entre deux nouvelles ou romans un allant de 50 ans à deux siècles, et chaque histoire présente sa galerie de personnages, avec ses enjeux bien de son temps et de son époque, ce qui procure une grande variété d'intrigues.

Une des particularités du Cycle de Fondation est que l'on voit la Fondation évoluer sans même s'en rendre compte. Les personnages d'une nouvelle sont devenus des héros historiques dans la suivante, et ce qui était une quête entraînante d'un personnage devient finalement un conte, une légende, ou un acte fondateur presque sacré.

De façon générale, on remarque une nette évolution du style entre la trilogie originelle et les ajouts ultérieurs (voir plus haut). Tout d'abord, Fondation foudroyée et Terre et Fondation sont des romans, l'un étant la suite immédiate de l'autre, formant une odyssée galactique de forme longue, plus en adéquation avec le style actuel, qui contraste avec la trilogie composée de nouvelles fixées sur des moments extrêmement précis de l'histoire (d'ailleurs la longueur des nouvelles augmente au sein de la trilogie).

Une autre différence est la disparition totale des passages de lEncyclopedia Galactica, qui rythmaient la trilogie originelle à chaque début de chapitre et contribuaient beaucoup, de par leur style, à l'« ambiance » du récit. Asimov les réintroduit dans Prélude à Fondation et L'Aube de Fondation, en les mêlant à la vie de Seldon, qui par ailleurs est décrite comme une odyssée dans Prélude à Fondation, ressemblant aux romans, et comme une suite d'instants importants mais très espacés dans L'Aube de Fondation, ressemblant à la trilogie originelle.

Extension du Cycle de Fondation À l'origine, le Cycle de Fondation constituait un tout, entièrement différent de celui du Cycle des robots. Ce dernier comprenait des nouvelles placées dans un futur proche par rapport à notre temps, plus les deux romans « policiers de science-fiction » représentés par Les Cavernes d'acier (1953) et Face aux feux du soleil (1956), lesquels se déroulent aux alentours de l'an Au des Cavernes, il est dit : . L'ensemble fut écrit dans les années 1950, postérieurement à Fondation. Fondation appartenait en revanche au même univers de science-fiction que les autres romans du Cycle de l'Empire (ou Cycle de Trantor) qui racontent la genèse de l'Empire Galactique (Les Courants de l'espace (1952), Poussière d'étoiles (1951), Cailloux dans le ciel (1950)). Ce n'est que très tardivement, à l'époque où la science-fiction commençait à toucher vraiment le grand public, c'est-à-dire au début des années 1980 (Asimov avait alors plus de 60 ans), que commença à s'insinuer en lui l'idée de relier les deux cycles. Les deux romans Les Robots de l'aube et Les Robots et l'Empire forment une transition voulue. Le premier reprend une histoire d'enquête policière avec les personnages d'Elijah Baley, le « flic » humain et R. Daneel Olivaw, son collaborateur (et ami) robot « humaniforme », mais introduit des idées qui visent à poser un début de cohérence possible entre les deux cycles, par exemple quand il est dit que Fastolfe, le créateur de Daneel, cherche en réalité à construire une théorie et une pratique de l'histoire humaine, la « psycho-histoire » (le mot est écrit en toutes lettres), le but réel (voire unique) de la création des robots humanoïdes étant d'étudier le fonctionnement du cerveau humain afin de déterminer les règles et les paramètres qui le régissent. Mais Fastolfe admet que cette science n'est pas « de son temps » et ne sera encore très longtemps que tout à fait embryonnaire. De fait, il faudra pour la mettre au point (la naissance d'Hari Seldon se situerait environ vers 25000 ou 26000 de l'ère chrétienne et la vie d'Elijah Baley vers 5000 ou 5500 de notre ère). Le second se déroule plusieurs siècles après la mort de Baley et décrit un monde dans lequel la Terre s'est remise à coloniser la galaxie. Il introduit la « Loi zéro » de la robotique qui prime sur la première loi en plaçant comme priorité absolue le bien de l'Humanité. La mise en cohérence est explicitement affirmée. À plusieurs reprises, le robot « télépathe », Giskard Reventlov, rêve à l'établissement d'une « psycho-histoire » permettant de prévoir le futur de l'humanité tout en avouant que ce but est formidablement lointain. Daneel, survivant à Giskard, « mort » à la fin du roman, sera chargé de veiller à son émergence… dans un futur inimaginable.

À partir de là, les derniers romans du maître (Fondation foudroyée, Terre et Fondation, Prélude à Fondation, L'Aube de Fondation) mettront le tout en cohérence. La « psychohistoire » d'Hari Seldon, base originelle de la Fondation, n'est en réalité qu'un seul des éléments ayant permis une évolution rationnelle et favorable de l'humanité, cette évolution étant en fait contrôlée depuis au moins par des robots humanoïdes (et/ou télépathes) très peu nombreux, au premier rang desquels R. Daneel Olivaw, le héros des Cavernes d'acier. Daneel apparaît finalement dans l'œuvre d'Isaac Asimov comme une sorte de transposition laïque et matérialiste de la Providence, un « Dieu » tutélaire et bienveillant, guidant efficacement, sans leur ôter leur liberté, non pas ses créatures, mais, magnifique paradoxe, ses créateurs.

Il est précisé à plusieurs reprises que dans la société galactique, vers A.D., il n'y a plus de robots parce qu'ils ont été volontairement éliminés pour des raisons éthiques, économiques et surtout sociologiques. Cela est indiqué clairement dans Les Robots et l'Empire. À cette époque les robots sont associés aux Spatiens, habitants des tout premiers mondes colonisés, qui méprisent la Terre, et ils sont facteurs de décadence des civilisations. Les robots sont donc condamnés par les Terriens et les nouveaux mondes qu'ils coloniseront seront bâtis sans robots.

Les deux cycles ayant été conçus au départ indépendamment l'un de l'autre et sur une longue période, la cohérence est loin d'être complète. Dans Cailloux dans le ciel (chap.16), il est dit que la Terre est devenue radioactive vraisemblablement à cause d'une guerre nucléaire, idée qu'Asimov jugera ensuite scientifiquement improbableC'est ce qu'il explique lui-même dans la postface de l'édition Del Rey Books de Cailloux dans le Ciel., et une autre explication sera donnée dans Les Robots et l'Empire.