Borsalino and Co. est un film franco-italo-ouest-allemand réalisé par Jacques Deray et sorti en 1974. Il fait suite à Borsalino, du même réalisateur, sorti en 1970.

Le film a été restauré par Pathé Production en 2013.

Synopsis Roch Siffredi, chef de gang très en vue à Marseille, vient d'ouvrir un établissement somptueux qui lui promettrait des jours heureux dans cette ville, s'il ne venait pas d'enterrer son ami et associé François Capella, qui est décédé. Il jure de le venger. Il apprend qu'un certain Giovanni Volpone, récemment arrivé à Marseille, est à l'origine du meurtre. Le commissaire Fanti passe voir Siffredi après la mort de Capella. Il constate la réussite du truand et admire le nouvel établissement : il a une certaine estime pour Roch, mais quand des évènements agitent le milieu, sa politique est de laisser les truands s'entretuer ! Il informe cependant Siffredi que Volpone est un homme dangereux : le gangster italien, semble avoir des ambitions sur la ville de Marseille ; il a des moyens importants tant en hommes qu'en finances et des soutiens politiques efficaces dans la période qui précède la guerre. Volpone est en relation avec le fascisme international. Il a le projet de « nettoyer » la ville et d'en faire une base expérimentale pour préparer une ère nouvelle.

Roch apprend que le frère de l'Italien arrive à Marseille par le train et seul : il le tue en le précipitant hors du train en marche. Les bandes de Siffredi et Volpone se croisent sur le quai à l'arrivée en gare de Marseille et Volpone sait que son frère n'arrivera plus : on le retrouvera sur le bord de la voie dans les jours qui suivent.

La guerre est déclarée avec l'Italien. Les représailles ne tardent pas ! Siffredi a sous-estimé Volpone : celui-ci organise une vaste opération qui anéantit la bande de Roch et met la main sur le bordel du truand marseillais. Roch est lui-même pris par les hommes de l'Italien. Seul Fernand, jeté à la mer avec une pierre aux pieds, en réchappe in extremis.

Volpone anéantit le gang de Siffredi, contraint sa femme à se prostituer dans un de ses bordels. Le commissaire Fanti est remplacé par Cazenave, à la solde des fascistes. Volpone fait subir à Roch une cure « d'intoxication à l'alcool » jusqu'à en faire une épave qu'il livre en pâture aux journalistes, puis il le fait interner dans un hôpital psychiatrique. Roch est sevré de l'alcool, mais il n'est plus seulement humilié : il est psychologiquement affaibli. Fernand, son fidèle ami, s'acharne à le retrouver et n'a en tête que de le sortir de cette prison : il se fait embaucher dans une entreprise de menuiserie et peut pénétrer dans l'hôpital, qui ressemble à une forteresse.

Roch s'évade alors grâce à son ami, mais ils ne peuvent pas rester à Marseille. C'est le départ, par bateau, pour l'exil en Italie. Trois ans après, Siffredi a retrouvé ses moyens, sa santé et a reconstitué une bande. Avec Fernand, ils reviennent, occupent une ancienne demeure de Roch aussi discrète que luxueuse et, en quelques jours, ils libèrent Lola, détruisent le pouvoir de Volpone et son empire en employant des méthodes qui sont celles de la mafia : la gâchette et les explosifs fonctionnent à tout-va !

Mais Cazenave n'est pas à la hauteur et Volpone se trouve seul cette fois-ci face à Siffredi, qui prend l'initiative des actions : Fanti est rappelé quand on retrouve Cazenave et Sam, le second de Volpone, gavés d'alcool dans un bar, tenant des propos fascistes en présence des journalistes qui précèdent la police. Les autorités de l'État ne soutiennent plus Volpone : les temps ont changé et le personnage est encombrant. Fanti préconise de « laisser faire » les gangs : Volpone finit dans la chaudière du train qui l'emmène en Allemagne où il allait retrouver ses appuis. Roch a éliminé son adversaire et peut reprendre sa place, mais il ne se sent plus chez lui à Marseille et s'embarque pour les États-Unis en compagnie de son amie Lola et de son gang.

Fiche technique Titre original : Borsalino and Co. Réalisation : Jacques Deray Scénario : Jacques Deray et Pascal Jardin Dialogues : Pascal Jardin Musique : Claude Bolling Décors : François de Lamothe Costumes : Jacques Fonteray Photographie : Jean-Jacques Tarbès Caméraman : Claude Bourgoin Montage : Henri Lanoë Son : Jean Labussière Assistants du réalisateur : Patrick Bureau, Philippe Lefebvre Producteur : Julien Derode pour Maurice Jacquin et Alain Delon Sociétés de production : Adel Camaccio, Paris ; Medusa Produzione, Rome ; T.I.T., Munich Société de distribution d'origine : CIC - Cinema International Corporation Pays de production : , et Langue : français Distributeur : C.I.C. (France) Durée : 100 minutes Date de sortie : France : Classification CNC : initialement « interdit aux moins de 13 ans », puis « tous publics »

Distribution

Alain Delon : Roch Siffredi Riccardo Cucciolla : Giovanni Volpone / Francesco Volpone Reinhard Kolldehoff : Sam Lionel Vitrant : Fernand Catherine Rouvel : Lola Daniel Ivernel : le commissaire Fanti André Falcon : le commissaire Cazenave Marius Laurey : l'inspecteur Teissère Adolfo Lastretti : Luciano Greg Germain : le « Nègre » Pierre Koulak : Spada Djelloul Beghoura : Lucien Gunter Spoerle (non crédité) : Giuliano Roger Lumont (non crédité) : le patron du bar de la Marine Jacques Debary : le préfet Marc Eyraud (non crédité) : le médecin-chef de l'asile Henri Attal : un gardien à l'asile Janine Souchon : la religieuse à l'asile Anton Diffring (doublé par Howard Vernon) : l'allemand venu de Berlin Serge Davri : Charlie, le comique de l'Alcazar Michèle Bach : la chanteuse de l'Alcazar Marie Marczack : une employée de l'Alcazar Bruno Balp : un spectateur de l'Alcazar Joëlle Bernard : la maquerelle du bordel Sylvain Lévignac : le portier du bordel Jacques Pisias : un homme de Sam Philippe Castelli : le barbier Marcel Gassouk : un joueur de cartes Maurice Auzel : un policier (et un homme de Sam)Maurice Auzel, doublure attitrée de J.-P. Belmondo, apparaît comme tel à la (séquence d'Alain Delon/Roch Siffredi « dans la fosse ») Mireille Darc : une prostituée dans la rue Laure Moutoussamy : une prostituée Corinne Corson : la prostituée vitriolée Günter Meisner : le médecin qui soigne la prostituée vitriolée Claudine Auger : la passagère sur le paquebot (caméo) Evelyne Scott : la servante au gâteau (à confirmer) Jean AbeilléCité in filmo publiée par C. Bier d'après interview de l'intéressé

Noëlle GuidiCitée par IMDB Yvan Chiffre

Production Genèse et développement Une suite était envisagée à Borsalino, sorti en 1970, mais quatre ans plus tard il ne reste plus qu'un seul protagoniste. En réalité, Jean-Paul Belmondo ne peut apparaître à cause d'un conflit juridique qui oppose les deux acteurs. En effet, sur l'affiche de Borsalino, le premier reproche à Alain Delon de faire apparaître deux fois son nom, à la fois comme acteur et comme producteur, et de plus devant le sien. Jean-Paul Belmondo porte l'affaire devant les tribunaux et gagne son procès. La brouille, rapportée et amplifiée dans les médias, servit le succès de Borsalino, mais explique l'absence de Jean-Paul Belmondo dans sa suite et la mort du personnage qu'il interprète, François Capella, à la fin du premier opus. Dans Borsalino and Co., Roch Siffredi venge son ami et tue ses assassins.. Alain Delon organise une coproduction avec l'Italie et l'Allemagne et confie la réalisation à Jacques Deray, qui dirige pour la quatrième fois Alain Delon sur les neuf au total.

Scénario Borsalino and Co. est une sorte de western marseillais où la vengeance tient une place centrale et où la tonalité sombre qui l'enveloppe est en parfait contraste avec l'ironie subtile et insouciante du premier opus. Le thème de l'homme confronté à son passé, qui apparaît ici pour la première fois, est une des constantes les plus récurrentes des personnages interprétés par la suite par Delon.

Attribution des rôles C'est l'un des deux interprètes principaux de Sacco et Vanzetti, Riccardo Cucciolla, qui joue le rôle de l'ennemi de Roch Siffredi, le fasciste Volpone. Plusieurs acteurs de Borsalino reviennent dans ce second volet : certains retrouvent leurs personnages (Alain Delon, Catherine Rouvel, Daniel Ivernel, Marius Laurey, Lionel Vitrant, Pierre Koulak, Mireille Darc), alors que d'autres jouent un rôle différent (Philippe Castelli, ou Henri Attal qui mourait dans le premier film).

Musique On retrouve le thème musical créé par Claude Bolling.

Sortie et accueil Tourné avec le même budget que son prédécesseur (14 millions de francsGoogle Books), Borsalino and Co sort dans les salles françaises le avec une interdiction aux moins de 13 ans. en raison de la violence de certaines scènes du film alors que le premier opus était tous publics à sa sortie (note: entre 4:48 et 8:45).Le film obtient la mention « tous publics » à partir de fin 1989 lorsque Pathé Cinémas a fait la demande au CNC de revoir la classification en vue d'une autorisation de diffusion en prime time sur Antenne 2.. Toutefois, il ne réitère pas le succès de son prédécesseur., puisque après un démarrage honorable, le film connaît une forte baisse dans les salles les semaines suivantes, se contentant de terminer son exploitation avec en France, dont sur Paris et sa banlieue, alors que Borsalino avait fini avec , dont sur Paris et sa banlieue..

+Box-office détaillé des premières semaines d'exploitation du film, semaine par semaine, en FranceSource : « BO hebdo France 1974 et 1975 » sur Les Archives du box-office, d'après le CNC. Semaine Rang Entrées Cumul du box-office 1du au 2283 767283 767 entréesLa moutarde me monte au nez2du au 3346 700630 467 entréesLa moutarde me monte au nez3du au 4208 335838 802 entréesLa moutarde me monte au nez4du au 7115 952954 754 entréesLa moutarde me monte au nez5du au 8100 9861 055 740 entréesLa moutarde me monte au nez6du au 898 1031 153 843 entréesRobin des Bois7du au 971 8041 225 647 entréesRobin des Bois8du au 1145 5691 271 216 entréesRobin des Bois9du au 2028 8821 300 098 entréesLes bidasses s'en vont en guerre10du au 1373 8761 373 974 entréesLes bidasses s'en vont en guerre11du au 1837 5981 411 572 entréesLes bidasses s'en vont en guerre12du au 2523 5721 435 144 entréesLes bidasses s'en vont en guerre13du au 2819 4321 454 576 entréesLes bidasses s'en vont en guerre

À noter C'est le nom du personnage principal, Roch Siffredi, qui a inspiré le nom de scène de l'acteur pornographique Rocco Siffredi.. En réalité, Roch Siffredi est le nom du régisseur du film. Cheville ouvrière de tous les tournages qui se font à Marseille, il fut également régisseur de French Connection 2.. C'est à cette époque qu'Alain Delon et Jacky Imbert ont été présentés par Bimbo Roche, un lieutenant de Jean-Dominique Fratoni et de Tany Zampa. Jacky a l'habitude de fréquenter une discothèque très en vue à l'époque à Marseille sur la place Thiars, L'Ascenseur, tenue par Monique Sessler. En 1973, à l'époque du tournage de Borsalino and Co., Alain Delon s'assoit souvent à la même table que Jacques Imbert. Jacky suit avec assiduité les prises de vue. À tel point que certains pensent avoir vu Imbert à l'écran. Ce à quoi ce dernier répond de manière ironique :

Notes et références

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