Émilie ou la Petite Sirène 76 est une émission télévisée musicale française réalisée par Marion Sarraut et diffusée en 1976 dans la collection Numéro un de TF1. Le scénario et la musique sont de Michel Berger.

Synopsis Marie-France Pisier, narratrice farfelue, nous conte l’histoire d’Émilie, l’une des trois filles d’un éclairagiste de télévision. Comme son père, Émilie vit dans un monde de rêves, ce qui ne manque pas de susciter les gentilles moqueries de ses deux sœurs. Passionnée par la musique et les chanteurs qu’elle regarde régulièrement à la télévision, Émilie décide d'y tenter sa chance. Entrée en catimini dans l’un des studios, où l’on se prépare à filmer une prestation du chanteur Rod Stewart, elle se fait remarquer par Sébastien le cadreur, en le gênant dans son travail, et tous deux sont mutuellement troublés par cette rencontre.

Alors qu'elle visait un autre but, Émilie est touchée par l'amour et cherche les conseils de sa marraine Cécile, femme pleine d'expérience. Enhardie par les conseils de cette dernière, Émilie retourne aux studios, mais découvre que Sébastien, promu réalisateur par un célèbre couple de producteurs, a eu le coup de foudre pour la séduisante vedette de sa première émission.

Le mariage est célébré pendant qu’Émilie, désemparée, confie son chagrin à ses sœurs. Celles-ci lui remontent le moral et la renvoient à son objectif initial : faire de la musique. Émilie est auditionnée par un producteur qui lui donne sa chance pour une prochaine émission, celle à l'origine de ses aspirations musicales.

Suivant les conseils avisés du bon producteur, Émilie, grâce à l'aide de ses sœurs et de sa marraine, se transforme en meneuse de revue et son show est un triomphe. Emportant gloire et succès, elle reste peinée de n'avoir jamais pu regagner l'amour de Sébastien. Que sont la musique et la gloire, si l’on n’a pas l’amour ?

Fiche technique Titre : Émilie ou La Petite Sirène 76 Réalisation : Marion Sarraut Scénario : Michel Berger, Franck Lipsik, librement inspiré du conte La Petite Sirène d’Hans Christian Andersen Musique : Michel Berger Musique additionnelle : Gavin Sutherland Directeur de la photographie : Daniel Poteau Cadreurs : Martial Hazan, Jean-Yves Lemener, Marcel Moulinard, Gérard Raddaz, Patrick Epinette Effets spéciaux : Michel Faure Collaboration artistique : Pierre Fournier-Bidoz, Catherine Clément, Stéphanie de Crombrugghe, Monique Salmon Ingénieur du son : Joël Moulet, assisté d’Armel Le Roy Décorateur : François Comtet, assisté d’Alain Desjardin Chorégraphe : Barry Collins, assisté de Connel Miles Créateur des costumes : Michel Fresnay Costumière : Monique Jolivot Maquilleuse : Aida Rupert Coiffeuse : Nicole Stevanin Scripte : Catherine Roche Monteur magnétoscope : Gérard Griselin Pays d’origine : Producteurs : Maritie et Gilbert Carpentier Chargée de production : Thérèse Guichard Production 25px : TF1 Distributeurs : INA, LCJ Éditions & Productions Studios : SFP (Société française de production) Date de tournage : 1976 Format : couleur — 1.33:1 (Format 4/3) — son monophonique Genre : conte musical Durée : 56 minutes Date de première diffusion : sur TF1 Public : tous publics

Distribution Eddy Mitchell : le professeur de rock Vannick Le Poulain et Rima Vetter : les sœurs d’Émilie France Gall : Émilie Marie-France Pisier : elle-même, narratrice Christophe : le père d’Émilie Michel Berger et Martine Kelly : les « deux célèbres producteurs » (sic) Patrick Bouchitey : Sébastien, le cadreur Rod Stewart : lui-même (en Play-back) Nicole Croisille : Cécile, la marraine d’Émilie Françoise Hardy : la star Michel et Georges Costa : chœurs

Numéros musicaux Michel Berger a composé treize chansons et trois instrumentaux, à l’exception de Sailing, paroles et musique de Gavin Sutherland : La Leçon de rock’n roll : Eddy Mitchell, Vannick Le Poulain, Rima Vetter, Michel et Georges Costa, France Gall Le Monologue d’Émilie : France Gall, Vannick Le Poulain, Rima Vetter La Lumière plein les yeux : Christophe, Michel et Georges Costa, France Gall, Vannick Le Poulain, Rima Vetter Chanson des producteursChansons de Michel Berger déposées à la SACEM : Michel Berger, Martine Kelly Sailing : Rod Stewart Je n’y arriverai jamais : France Gall, Patrick Bouchitey Juste un peu d’amour vrai (Chanson de Cécile) : Nicole Croisille, France Gall Arrivée de la star (instrumental) Cette chanson-là est au moins pour quelqu’un : Françoise Hardy Est-ce que par hasard c’est vous ? : Patrick Bouchitey, Françoise Hardy Une fille de plus : France Gall Retransmission télévisée du mariage (instrumental) Aime et tout s’arrangera : France Gall, Vannick Le Poulain, Rima Vetter Ça balance pas mal à Paris : France Gall, Michel Berger Suis ta musique où elle va : Michel Berger Transformation d’Émilie (instrumental) C’est notre show (final) : Tous Titres retenus et publiés : La Leçon de rock’n roll : Eddy Mitchell enregistre, en 1977, une version courte dans le volume Il ne rentre pas ce soir de son anthologie parue en 1994, Eddy Mitchell Sessions, CD Polydor / Universal. Ça balance pas mal à Paris : initialement paru en 1976 en face A du 45 tours Single WEA 16785. Réédité par la suite sur CD dans diverses compilations Warner Le Monologue d’Émilie : initialement paru en 1976 en face B du 45 tours Single WEA 16785. Réédité en CD en 2004 dans l’anthologie Warner de France Gall. Suis ta musique où elle va : initialement paru en 1976 sur l’album 33 tours / LP Mon piano danse de Michel Berger, WEA. Album réédité ensuite sur CD WEAAvec un ajout de cordes, la version télévisée étant uniquement accompagnée au piano..

Rod Stewart chante Sailing, paroles et musique de Gavin Sutherland, initialement paru en 1975 sur l’album 33 tours / LP Atlantic Crossing. Album réédité sur CD WEA 7599-27331-2

Thèmes et contexte Émilie ou La Petite Sirène 76 permet à Berger de peaufiner son élaboration de la comédie musicale après le projet commencé puis abandonné d’Angelina Dumas en 1974 et avant l’aboutissement de Starmania, coécrit avec Luc Plamondon en 1978.

La chorégraphie et la scénographie restent restreintes malgré les moyens importants dont bénéficient, à l’époque, les producteurs Maritie et Gilbert Carpentier pour leur Numéro un. Berger y fait d’ailleurs allusion de façon amusante dans l’un de ses couplets extrait de son duo avec Martine Kelly en « célèbre couple de producteurs » (sic) en mal de moyens : Les producteurs : Chanson des Producteurs Si on vivait à Hollywood, Where the music is in the mood, Ça changerait. Mais regardez un peu nos coudes, C’est une bonne machine à coudre Qu’il nous faudrait.

Néanmoins, on a droit à quelques tandems réjouissants, pas vraiment des duos, mais des dialogues chantés qui annoncent l’architecture musicale des futurs opéras-rock de Berger. Les échos féminins et masculins des complaintes amoureuses, qu’ils soient d’Émilie ou de la star avec le même cadreur, Sébastien, se répondent significativement : Émilie et Sébastien : Je n’y arriverai jamais Émilie Une minute, un sourire peut-être, Toute la vie pour vivre au passé. Je crois le voir, le reconnaître, Si par hasard je me trompais.Sébastien Une minute pour dire des mots tendres, Toute la vie pour les regretter. Une minute pour ne rien attendre, Toute la vie pour espérer. Je n’y arriverai jamais, Je ne saurai pas comment m’y prendre, Je n’y arriverai jamais, Et s’il ne savait pas me comprendre.Je n’y arriverai jamais, Je ne saurai pas comment m’y prendre, Je n’y arriverai jamais, Si elle ne savait pas me comprendre.

La star et Sébastien : Est-ce que par hasard c’est vous ? Sébastien J’ai pas besoin de voir celle que j’aime Le soir à la télévision, Plutôt que de l’entendre sur les antennes, J’aime mieux la voir à la maison, C’est pas une star qu’il me faut.La star J’ai pas besoin d’un cameraman Pour mettre en scène mes psychodrames, J’ai pas besoin d’un metteur en scène, Je distribuerai le rôle moi-même, Je sais bien ce qu’il me faut.

Ensemble Je rêve de quelqu’un de simple Qui me parle d’amour sans faire semblant, Je rêve de quelqu’un de simple Qui me parle d’amour simplement, Est-ce que par hasard c’est vous ?

La quête amoureuse qu’on retrouvera dans Starmania concerne presque tous les intervenants et, quand ils ne sont pas déçus, ils espèrent sans grande conviction : Émilie : Le Monologue d’Émilie Moi, Émilie, je croyais Que l’amour vrai existait, Mais ne le trouvais jamais.Cécile, la marraine : Juste un peu d’amour vrai Pauvre Cécile, tu voulais Juste un peu d’amour vrai, Mais ne le trouvais jamais. La star : Cette chanson-là est au moins pour quelqu’un Et quand son rire a chaviré, Et que mon rire l’a consolé, S’il me dit que chanter n’est rien, Cette chanson-là est au moins pour quelqu’un.Émilie : Une fille de plus Je ne suis qu’une fille de plus Qui croise son chemin, Qui croise son destin, Une fille de plus.Les sœurs d'Émilie : Aime et tout s'arrangera Elle attend depuis trop longtemps Qu'on vienne la prendre par la main, L'amour échoue encore une fois Mais il réussira demain.

Le contrepoint léger ou humoristique de la trame est dû, outre les commentaires distanciés de la narratrice excentrique, aux interventions de personnages secondaires comme le père d’Émilie, ses sœurs ou son professeur de rock, prétextes à des ballets, déploiements artistiques hauts en couleur (La Lumière plein les yeux) ou effets spéciaux (Transformation d’Émilie) jusqu'au finale qui clôturera joyeusement ce conte qui se termine mal : Final : C’est notre show C’est notre show, Ça passe trop vite, c’est comme la vie, C’est notre show, On tourne la tête et c’est déjà fini.

Les fleurons de cette comédie musicale restent les titres édités, dont l’un eut beaucoup de succès et l’autre nettement moins mais ils constituent pourtant un diptyque, d’un côté, aspirations artistiques d’une chanteuse en devenir et de l’autre, conseils avisés et profession de foi du producteur : Émilie et le producteur : Ça balance pas mal à Paris Émilie : Je veux faire un show. Le producteur : Je demande pas mieux. Émilie : Mais du nouveau. Le producteur : C’est tout ce que je veux. Émilie : Mais je veux pas copier Ginger Rogers. Le producteur : Pourquoi toujours America first ?Le producteur à Émilie : Suis ta musique où elle va Chante-leur les mots pour émouvoir, Fais-leur connaître ton pouvoir, Et de l’est jusqu’à l’ouest Et du nord jusqu’au sud Suis ta musique où elle va…

Autour de l’œuvre Michel Berger affirme être tombé immédiatement sous le charme de La Petite Sirène quand il l'a lu, et a depuis envisagé d'en faire une adaptation en comédie musicale, transposée dans un monde modernePropos recueillis par Georges Hilleret pour Télé 7 jours, du .. Jacques Dutronc devait figurer à l'origine dans la pièce, en tant que « livreur de piano », ce qui ne s’est finalement pas concrétisé. C’est l’actrice Marie-Hélène Breillat qui devait incarner, avec Vannick Le Poulain, l’une des deux sœurs d’Émilie. Pour une raison indéterminée, Rima Vetter la remplacera in extremis. Le couple d’amoureux de La Petite Sirène 76 est dans la vraie vie, une paire d’amis. Patrick Bouchitey, comédien révélé au cinéma dans La Meilleure Façon de marcher, en 1976, reçoit de France Gall quelques judicieux conseils sur la meilleure façon de chanter. Avant de devenir comédien, il gagnait d'ailleurs sa vie comme guitariste dans un orchestre de musique pop. Michel Berger et France Gall auraient souhaité que les chansons de ce conte musical fassent l’objet d’un album. Malheureusement, à cause de la multiplicité des labels auxquels appartenaient les différents artistes, ce souhait est irréalisable, et un single parait, sous le label WEA. Au-delà de l'inspiration évidente du conte d’Andersen, certains éléments de l'intrigue rappellent étrangement le parcours de France Gall avant sa rencontre avec Michel Berger :