Conepatus semistriatus, le Conépate au sens strict, mais plus spécifiquement désigné sous le nom de Conépate rayé ou encore Moufette rayée à nez plat, est une espèce de mammifère carnivore de la famille des méphitidés. Dans la plupart des sources taxinomique, cette d’espèce est plus communément désignée sous le nom de « Moufette d'Amazonie », mais cela est une erreur dans le contexte actuel, car l’une de ses sous-espèces Conepatus semistriatus amazonicus, dont est originaire le nom vernaculaire et vivant en Amazonie, a été érigée en tant qu’espèce distincte. Ce conépate (Méphitiné du genre Conepatus) vit en réalité en Amérique centrale, du sud du Mexique jusqu’au Nord du Pérou, et non pas dans la partie Est du Brésil comme le montrent de nombreuses cartes.

Dénominations

Nom scientifique valide : Conepatus semistriatus (Boddaert, 1785) selon ; Nom normalisé anglais : Striped Hog-nosed Skunk ; Nom récommandé en français : Conépate rayé ; Noms vulgaires : Conépate de la Nouvelle-Espagne, Moufette rayée à nez plat, Moufette mapurito, Moufette d’Amazonie (sous réserve de l’invalidité de Conepatus amazonicus en tant qu’espèce) ;

Noms vernaculaires : Conépate, Mapurito, Moufette.

Taxonomie vignette|gauche|Le conépate, par Jacques de Sève dans l’Histoire naturelle de Buffon, tome 13, 1765 Dans son Histoire naturelle, Buffon introduit le « Conépate » en se fondant sur un critère morphologique précis : un pelage noir marqué de « cinq bandes blanches qui s'étendent longitudinalement de la tête à la queue ». Pour documenter cet animal, Buffon recourt à une compilation de sources coloniales et de récits de voyage, notamment les observations du naturaliste Pehr Kalm en Amérique du Nord traduites par le marquis de Montmirail. Bien que Kalm décrive sous les noms de Polecat, Skunk ou Fiskatte des animaux aux mœurs et aux sécrétions fétides mémorables, Buffon opère un rapprochement biogéographique plus vaste. Il assimile ces témoignages au Tepemaxtla et à l'Orolua décrits par Francisco Hernández en Nouvelle-Espagne (Mexique), postulant l'existence d'une unique et même espèce s'étendant de la Caroline à l'Amérique du Sud. Cette description textuelle du Conépate par Buffon, bien que composite, servira de référence directe à Mutis lorsqu'il publiera sa description sous le protonyme de . Le nom d’espèce putorius ne sera par conservé car il était déjà associé à l’espèce (Spilogale putorius).

Zimmerman et Gremlin ont décrit l’espèce dans deux entrées différentes, sous les noms de V. Conepalt et V. Mapurito en 1783 et 1788.

Mais le document faisant autorité pour la première description et le protonyme valide de l’espèce est fait par Pieter Boddaert en 1785 dans son Elenchus animalium sous le nom d’espèce de Viverra Semistriata.

Pour ce qui est de la Localité type, les sources les plus anciennes font état de la Nouvelle-Espagne, mais des documents plus récentes ont fait état de Mexico comme source probable, mais Cabrera (1859) a listé la localité-type suivante en Colombie : .

Sous-espèces Divisions passées Liste des sous-espèces recensées par :

La taxonomie du genre Conepatus a fait l'objet d'une révision importante par Anderson Feijó et Alfredo Langguth en 2013, remettant en cause le statut de la population orientale de l’espèce jusqu'alors considérée comme une sous-espèce ou une simple population disjointe du Conépate rayé (Conepatus semistriatus) sous le nom de C. s. amazonicus elle a été élevée au rang d'espèce de plein droit sous le nom binominal Conepatus amazonicus (Lichtenstein, 1838). Les auteurs s'appuient sur l'isolement géographique marqué des populations évoluant notamment dans le Cerrado et la Caatinga brésiliens, combiné à des divergences morphologiques et génétiques significatives par rapport aux populations de Conépates rayés d'Amérique centrale et du septentrionale.

Phylogénie Phylogénie des Méphitinés basée sur le superarbre de Nyakatura & Bininda-Emonds (2012)⁠, modifié au niveau du genre Conepatus pour positionner la Moufette de Humboldt sur une branche adjacente au Cinghe, conformément aux affinités génétiques discutées par Schiaffini et al. (2013) :

Description thumb|Crâne de Conépate rayé exposé au Museum Wiesbaden en Allemagne. Cette espèce mesure environ de la tête à la queue, les femelles étant légèrement plus petites que les mâles. Elle pèse entre et possède une queue courte couverte de poils noirs. Le museau, de petite taille, est typiquement noir. Le pelage varie en couleur et présente deux étroites bandes blanches qui s'étendent de la tête jusqu'à la croupe. L'espèce est dotée de longues griffes et de membres antérieurs adaptés au fouissage. Elle possède également des glandes anales spécialisées utilisées pour projeter un liquide de défense fétide.

Distribution et habitat L'aire de répartition du Conépate rayé s'étend du sud du Mexique, en Amérique centrale, jusqu'au nord du Pérou, en Amérique du Sud. Il vit dans une grande variété d'habitats, notamment les caatingas arborées, les vergers, les broussailles des forêts sèches, les prairies et, occasionnellement, les forêts tropicales humides. Pendant la saison des pluies, il préfère les hauteurs des forêts décidues. Il réside généralement dans de petits terriers d'environ de long creusés sous la surface, ou dans des tanières aménagées dans des troncs d'arbres tombés. Il utilise également des terriers creusés par d'autres animaux.

Comportement C'est un animal nocturne et solitaire, principalement actif après le coucher du soleil. Il est rarement observé pendant la journée. Il s'agit d'un omnivore qui se nourrit d'invertébrés, de petits vertébrés et de fruits. La période de reproduction a lieu au début du printemps. La femelle donne naissance à une portée de deux à pools cinq petits après une période de gestation d'environ 60 jours.

Interactions avec l’Homme vignette|Un Conépate rayé victime d’un accident de la route au Panama. En raison de sa grande population ainsi que de ses grandes capacitées d’adaptation, l’espèce est classée en préoccupation mineure sur la Liste rouge de l'UICN.

Une menace potentielle pour l'espèce, bien qu'elle soit faible, provient de la chasse, en particulier pour l'obtention de peaux de conépates. À cela s'ajoute, dans certaines régions, l'utilisation de pesticides qui a également des effets sur les animaux insectivores.

Références

Voir aussi

Liens externes

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