Jean Marbœuf est un réalisateur, scénariste et producteur de cinéma français né le à MontluçonExtrait de naissance /1942..
Biographie
Son père, Pierre, est chef de service chez Dunlop ; sa mère, Odette, caissière à La Samaritaine.
Il passe son enfance à s’ennuyer au fond de la classe et attend, avec impatience, le dimanche pour rêver dans les deux cinémas de sa ville : le Rex et le Central.
À onze ans ses parents identifient sa myopie et sa dyslexie. Il constate, alors, que ses héros du moment : Richard Widmark, Alan Ladd, Eddie Constantine (qu’il sollicitera plus tard pour Solitude) ne portent pas de lunettes. Alors il se réfugie dans l’ombre et déclare, à douze ans, à son instituteur de cours complémentaire qu’il sera metteur-en-scène.
Le , il obtient son certificat d’études primaires élémentaires puis, poursuivant ses : un CAP de vendeur-étalagiste.
Il écrit sa première nouvelle : La Promesse dans le journal de l’école des ventes de la ville de Paris : Kivantou - 10 -ème année - .
Il découvre au cinéma : Les enfants du Paradis qui le marque à tout jamais, ainsi que Casque d’or qui le rend amoureux de Simone Signoret.
Commence alors une adolescence troublée par le décès de son père dont il parlera dans sa pièce Jardin ouvrier, et le suicide d’un camarade de foot, gardien de but, revenu de la guerre d’Algérie, ayant été obligé de participer à des massacres de civils. Il en fera le thème sous-jacent de son premier long-métrage : Bel Ordure.
Il est condamné à six mois de prison avec sursis pour vol de livres : un Que sais-je ? sur les Francs-Maçons et un autre sur le Reich. Ses droits civiques lui sont retirés pendant cinq ans, à partir de sa majorité (21 ans à l’époque).
Il est sauvé d’une dérive négative et dangereuse par son amour pour le cinéma autrement dit : La Passion Lumière, l’un des titres de ses films. Et le foot qu’il pratique assidument.
Fureteur, comme le héros de son film Le p’tit curieux, il assiste à un gala où se produit Léo Ferré, y rencontre Daniel Guérin, historien libertaire. Il verse, alors, définitivement dans l’anarchie, celle de Proudhon.
Appelé sous les drapeaux afin de devenir officier, il préfère être garde-chambre. Il ne partira pas à cette guerre sans nom parce que . Il connait la prison malgré tout, est muté disciplinairement pour désobéissance.
Libéré, il fait différents petits métiers : manutentionnaire, mannequin, vendeur au Printemps Nation où il rencontre au rayon sports, Marcel Guiet, clown né, qui sera le modèle du dragueur de Vaudeville. Il y rencontre aussi Violetta Ferrer, démonstratrice au rayon photo, arrivée en France en 1936, réfugiée espagnole ; apprentie comédienne chez Dullin, danseuse flamenca qui lui fait connaitre May Picqueray, anarcho-syndicaliste antimilitariste et Louis Lecoin, défenseur de l’objection de conscience.
Il s’inscrit au C.I.C.F, école de cinéma dirigée par Jacques Daniel-Norman, réalisateur de 120 rue de la Gare. Il y côtoie François Barat qui joue dans ses courts-métrages. Ils réalisent ensemble des sujets pour les magazines Pour le plaisir et Dim Dam Dom (le journaliste chargé des interviews est Pascal Thomas).
Il rédige des contes et des scénarios pour la presse enfantine - Editions Fleurus et Pilote. Une nouvelle raconte un match de football en Algérie entre les soldats du contingent et l’armée du FLNUn ballon noir et blanc. J2J. .
Il fait de la figuration. Dans Paris brûle-t-il ?, habillé en soldat allemand, il propose au producteur du film : Paul Graetz de tourner un court-métrage : Dire nonCollection personnelle Marbœuf.. Celui-ci accepte. François Reichenbach, chargé du making-off s’y oppose. Il sympathise avec le réalisateur de la seconde équipe : André Smagghe qui lui demande d’écrire le scénario de Les Enfants de la Chance d’après Joseph Kessel. Le film n’aboutit pas. Il fait aussi la connaissance d’Yves Boisset, premier assistant-réalisateur avec qui il lie une amitié. Il y rencontre Jean-François Stévenin, venu chercher un autographe d’Orson Welles. Enfin, il rencontre Roger Stéphane - venu assister à la reconstitution de la prise de l’Hôtel de Ville de Paris dont il était un des libérateurs avec Chaban-Delmas en 1944. Roger Stéphane est écrivain et producteur d’émissions historiques pour la télévision. Pendant deux ans, il est son secrétaire, travaillant à Pathé, rue Francoeur – où s’implantera la Femis. Il rencontre Anne-France Lebrun, assistante-monteuse sur Les Grandes Batailles - série pour la télévision - avec laquelle il monte et mixe ses courts-métrages, la nuit, en catimini.
Il se lance dans l’écriture de scénarios et romans - sans réussite.
Il fera quelques gammes sur un jeu télévisé : Deux minutes d’attention d’Armand Jammot - visite des villes de France où une petite énigme est proposée au téléspectateur - et des reportages dans Dimanche Martin sur les sorties de films dont les critiques sont assurées par Dominique Rabourdin.
Anne-France lui signale qu’un jeune producteur : Jean-Pierre Fougea cherche de nouveaux cinéastes. Ils feront trois courts-métrages ensemble. Le premier : Mon nom, Superman sera totalement interditLettre de la commission de contrôle du .. Le deuxième, Requiem pour un Pauvre MecNouvelle République – 8 février 1971. , sortira en première partie des Années-Lumière de Jean Chapot. Le troisième, Kakicity<ref name="ftn8">Actuel – Rambaud.</ref>, sera acheté par Jean Yanne pour Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil.
Il participe ensuite au premier jour des États-Généraux du cinéma en mai 68, à l’école Louis Lumière de la rue de Vaugirard. Il prend la parole en compagnie d’un jeune homme. Ils proposent d’occuper le C.N.C. On leur répond que .
Il joue aux côtés de Delphine Seyrig, Evelyne Bouix et Jacques Doniol-Valcroze dans Une saison des feuilles de son ami Serge Leroy. Ce n’est pas pour ses qualités de comédien que Serge Leroy a fait jouer Marbœuf (piètre acteur) mais, atteint d’un cancer, il a voulu s’entourer de ses proches.
Laurent Pétin, devenu producteur, et Marbœuf décident de tourner Corentin ou les infortunes conjugales coécrit avec Josiane Lévêque. Sujet : les tribunaux d’impuissance au XVIIe siècle. Le film est mal accueilliLe Figaro – Claude Baignères – 21 avril 1988.Première – Jean-Jacques Bernard – avril 1988.Pariscope – Jean-Pierre Cassel- 20 avril 1988.. Déçu, dépressif, il se retire à la campagne en compagnie de sa femme et de ses chats.
Il emprunte de nouveau de l’argent et tourne Voir l’éléphant avec Jean-Marc Thibault, Michel Duchaussoy, Bernard Menez. Françoise Arnoul, celle de French-Cancan de Renoir et Des gens sans importance de Verneuil et Julie Marbœuf. Trois semaines de tournage, caméra à l’épaule avec un nouveau chef-opérateur : Dominique Bouilleret. C’est son film préféréCahier du cinéma – J.F Pigoullié. Octobre 1990.Pariscope - Bernard Pivot. Septembre 1990.Le Nouvel Observateur. Alain Riou. Septembre 1990.Le Figaro. Marie-Noêl Tranchant. Septembre 1990.. Georges Gavarentz signe la musiqueTexte de J.M en hommage à Georges Gavarentz dans le livre sur L’Orchestre de l’Europe. . Jacques Siclier, Le Monde 3 Oct 1990..
Il tourne des films de télévision : La Femme des autres (avec Évelyne Bouix, Michel Duchaussoy, Philippe Volter, Jean-Luc Moreau - scénario Philippe Viard)L’évènement du jeudi – Isabelle Girard – .La revue du cinéma – Jacques Zimmer - Mars. 90.Déshabillés fatals (avec Alain Bashung, Jean-Pierre Cassel, Jean-François Perrier - scénario François Guérif, Michel Quint)Télérama – Marie-Laure - Le Foulon – .Libération – Francis Zamponi – . Une affaire d’Etat (avec Bernard Pivot, Dominique Labourier - Jean-Pierre Cassel – Catherine Arditi - scénario Edwy Plenel et Georges Marion)Télérama – JB – 27 avril 1991.Télé 7 Jours – 27 AVRIL 1991. Les Dessous de la passion (avec Pierre Mondy, Danièle Évenou, Isabelle Renauld, Clovis Cornillac, Vincent Cassel, Violeta Ferrer - scénario Alain Riou).
Il écrit pour Jacques Kirsner (Modfilms) un scénario avec Bernard Thomas - journaliste au Canard enchaîné - d’après son livre sur Alexandre Marius Jacob, anarchiste qui a inspiré à Maurice Leblanc, son personnage d’Arsène Lupin. Patrick Bruel n’accepte pas le rôle, le projet ne trouve pas de complément de financement.
Plus tard, Jacques Kirsner lui propose de tourner Pétain d’après le livre de Marc Ferro. Plusieurs cinéastes ont déjà décliné l’offre (entre autres Alain Corneau). Il refuse comme il a déjà refusé plusieurs foisThéorème – L’histoire en image – L’œuvre de Marc Ferro p 89, note 29.. Alain Riou l’encourage à accepter. Jean Marbœuf, marqué par son complexe social ne se sent pas légitime pour réaliser ce film, ce que fera remarquer Pialat dans une interview radiophonique, le considérant . Ils s’expliqueront. Pialat s’excusera. Le film se tourne dans l’urgence. L’entente est parfaite entre les acteurs et le réalisateur. Une violente querelle oppose Marbœuf à Kirsner qui veut remplacer Anne-France au montage. Marbœuf menace de partir. Le montage est arrêté. Un compromis est accepté. Le film sort, il est diversement accueilliTélérama – Michel Bouju – 5 mai 1993.Charlie Hebdo – Gérard Biard - 5 mai 1993.. Cinéma et Histoire. Marc Ferro..Un Bouillon de culture de Pivot (Mai 93) et un numéro de L'Avant-scène () sont consacrés au film.
En 1994, dans le cadre d’une campagne pour la prévention du Sida, il réalise un court-métrage : Mort d’un ami, avec François Cluzet, Michel Duchaussoy et Julie Marbœuf.
Il est nommé au grade de Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres.
En 1995, il présente le scénario de Temps de chien à l’avance sur recettes. Il n’obtient qu’une aide à l’écriture à condition qu’il réécrive avec un scénariste. Il choisit un voisin de quartier : Éric-Emmanuel Schmitt. Ils écrivent ensemble, en toute harmonie. Le scénario terminé, il se représente et est boulé. Jean Marbœuf tourne quand même grâce à René Bonnel – Canal Plus. Avec Françoise Arnoul, Évelyne Bouix, Catherine Arditi, Michèle Simonnet, Fabienne Chaudat, Josiane Lévêque, Séverine Vincent, Julie Marbœuf. C’est un film entièrement fémininLe Nouvel Observateur – Alain Riou – 5 mars 1997.Charlie Hebdo – Michel Boujut – 5 Mars 1997.. Il obtient le prix du scénario au festival international de Namur 96.
Un Bouillon de Culture est consacré au filmB de C du 28 février 1997..
Guy Marchand tourne pour la télévision Les Nouveaux Mystères de Paris de Léo Malet. Dans cette série se trouve Brouillard au pont de Tolbiac. Guy connait la passion de Jean pour cet ouvrage. Il l’impose au producteur qui lui annonce : Les jeudis de l’ESRA. Entretien 3. et . Jean Marbœuf quitte le bureau. Guy Marchand le rattrape dans le couloir. Ils tournent avec le brouillard, le pont et le métro. À la suite de la projection Léo Malet lui enverra une lettre chaleureuse le remerciant Cette lettre est visible au musée Mallet à Montpellier.Minute – Aline Mazé – 8 février 1995.Le Canard Enchainé – Yvan Audouard – février 1995.. Le scénario est signé Pierre Uytterhoeven. Jean Marbœuf s’est servi surtout de la BD de Tardi comme story-board qu’il crédite au générique.
S’ensuit une série de films pour la télévision pour payer les factures du laboratoire Eclair. Le quincailler amoureux (avec Daniel Prévost, Pierre Santini, Patricia Malvoisin – scénario Bernard Thomas). Madame le proviseur (avec Danièle Delorme, Daniel Gélin - scénario Patrick Rotman). L'Alambic (avec Victor Lanoux, Bernard Haller et François Arnoult - scénario Alain Quercy)Télérama – Bernard Génin – 21 janvier 1998.. En garde Burma (avec Guy Marchand, Astrid Veillon, Julie Marbœuf, Violeta Ferrer - scénario Lionel Cherky)Télé 7 jours – FL – 4 septembre 98.. Miranda (avec Patrick Raynal, Patricia Malvoisin - scénario François Migeat). Billard à l’étage (avec Clovis Cornillac, Jean-Marc Thibault, Michel Fortin, Violeta Ferrer et François Arnoult - d’après le roman de Michel Quint) - Festival du film policier de Cognac 95.