L'attentat de la Ghriba est un attentat-suicide, effectué par un kamikaze du groupe Al-Qaïda et survenu le devant la synagogue de la Ghriba à Djerba (Tunisie). Il a fait .

Déroulement Un camion-citerne de gaz naturel bourré d'explosifs saute à devant la synagogue tuant (quatorze touristes allemands, trois Tunisiens, un Franco-Tunisien et un Français.) et faisant trente blessés.

Les autorités tunisiennes présentent d'abord l'explosion comme un accident., mais l'enquête menée par la Tunisie, la France et l'Allemagne montre rapidement qu'il s'agissait d'une attaque délibérée, ce que confirme une bande sonore, attribuée au réseau terroriste Al-Qaïda d'Oussama ben Laden, qui revendique la responsabilité de l'attaque et déclare « envoyer un message à l'Allemagne ».

Nizar Naouar, un Franco-Tunisien de mort dans l'explosion du camion-citerne., est identifié comme le kamikaze qui a effectué l'attaque avec l'aide de son oncle Belgacem Naouar. L'enquête montre qu'il avait fait croire à ses proches, une famille originaire de Ben Gardane, qu'il poursuivait des études en tourisme au Canada, entre 1999 et 2001, alors qu'il s'entraînait dans des camps d'Al-Qaida en Afghanistan.. Dans son testament découvert dans la cache d'un membre d'Al-Qaida à Karachi, en , il y dit et indique avoir agi seul..

Pour Jalloul Jeribi, ministre des Affaires religieuses au moment de l'attentat, ..

Poursuites Les conséquences judiciaires de cet acte ont des ramifications dans divers pays, notamment en France.

Tunisie Belgacem est arrêté au lendemain de l'attaque et incarcéré dans une prison de Tunis.

Il est alors interrogé, notamment par le juge anti-terroriste français Jean-Louis Bruguière, les enquêteurs l'accusant d'avoir aidé Nizar à faire monter une citerne remplie de gaz sur le camion. Il confirme alors que son neveu l'avait informé de ses intentions dès le , soit deux jours avant l'attentat. Belgacem, qui encourt la peine de mort, est condamné le par la quatrième chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis à vingt ans de prison ferme pour , et .

Il est préalablement interrogé durant une vingtaine de minutes par le juge Tarak Braham en l'absence de ses avocats qui boycottent le procès après avoir demandé en vain de disposer au préalable du contenu de son interrogatoire par des juges allemands. Il nie alors les charges retenues contre lui et affirme tout ignorer des desseins terroristes de son neveu, reconnaissant seulement l'avoir assisté pour l'achat d'un véhicule qu'il devait utiliser dans un commerce. S'agissant de l'argent et des papiers d'identité de Nizar retrouvés en sa possession, il soutient qu'ils y avaient été placés à son insu par son neveu.

France Paul Sauvage et Mohamed Elkamel Fatmi, deux ressortissants français figurant parmi les morts., le parquet de Paris ouvre une information judiciaire. et fait perquisitionner le  le logement de la famille Naouar à Vénissieux (département du Rhône) ; trois de ses membres sont mis en examen par le juge Bruguière qui instruit l'information judiciaire. Parmi ceux-ci figure Walid Naouar, le frère cadet du kamikaze, soupçonné d'avoir acheté sous un nom d'emprunt, en date du , un téléphone satellitaire Thuraya — avec lequel son frère aurait contacté Khalid Cheikh Mohammed pour obtenir le feu vert pour commettre l'attentat — et de lui avoir fourni un modem et des faux papiers. Niant ce fait dans un premier temps, Walid avoue finalement après la découverte du téléphone en Tunisie et se voit arrêté le ; il est incarcéré à la prison de Fresnes où il passe son baccalauréat et entame des études d'histoire.

Considéré par les enquêteurs comme l'un des personnages centraux du dossier, Christian Ganczarski est un ressortissant allemand d'origine polonaise, converti à l'islam en 1986, qui effectue des séjours au Pakistan et en Afghanistan entre 1999 et 2001. Suspecté d'être un membre important d'Al-Qaida, il est soupçonné d'avoir planifié l'opération puis d'avoir donné sa à Nizar Naouar — qui l'avait rencontré à plusieurs reprises à partir de 2000 — lors d'un coup de fil passé au matin du , jour de l'attentat. Il est interpellé le à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle après son expulsion d'Arabie saoudite. Au terme de l'enquête, Ganczarski ainsi que Khalid Cheikh Mohammed sont mis en examen pour complicité d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste. Ce dernier fait l'objet d'un mandat d'arrêt international car il est considéré comme le commanditaire et le financier de cette opération ; Naouar l'a d'ailleurs appelé au Pakistan avant de contacter Ganczarski.

Le s'ouvre le procès des trois hommes, devant la cour d'assises spéciale de Paris, pour « complicité et tentatives d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste ».. Cheikh Mohammed ne comparaît pas puisqu'il est détenu sur la base américaine de Guantánamo où il est jugé par un tribunal militaire pour son rôle dans les attentats du 11 septembre 2001 ; la cour décide le de disjoindre son cas et de le traiter séparément.. Au terme du procès, le , Ganczarski est condamné à de prison alors que Naouar est condamné à de prison, peines inférieures aux 30 et de réclusion réclamées par l'accusation..

Le , Christian Ganczarski, ne voulant pas être extradé vers les États-Unis pour un jugement comme l'un des coordinateurs des attentats du 11 septembre 2001, attaque trois surveillants pénitentiaires avec un couteau..

Espagne En , cinq personnes accusées d'avoir financé cette attaque sont arrêtées en Espagne. Deux d'entre eux, l'homme d'affaires Enrique Cerda et le Pakistanais Ahmed Rukhsar, sont condamnés à cinq ans de prison le .

Victimes +Bilan Pays Morts 14 3 1 - 2 Total20

Liste

Elena Epp, 22 ans, Allemande Raissa Epp, 50 ans, Allemande Edeltraud Gschweng, 59 ans, Allemande Hilmar Heckt, 41 ans, Allemand Jovanka Heckt, 15 ans, Allemande Werner Hinrichs, 52 ans, Allemand Anne Marklstorfer, 54 ans, Allemande Anke Radszuweit, 39 ans, Allemande Günter Radszuweit, 44 ans, Allemand Birgit Reichwald, 43 ans, Allemande Felix Reichwald, 12 ans, Allemand Ruth Schmidt, 65 ans, Allemande Helga Ulmer, 51 ans, Allemande Paul Sauvage, 74 ans, Français Mohamed Fatmi, 50 ans, Franco-Tunisien Hédi Amari, 48 ans, Tunisien Ghouma Tannich, 58 ans, Tunisien Omar Tannich, 52 ans, Tunisien

Hommage Dix ans après l'attentat, à la suite de la révolution tunisienne et grâce à la liberté de parole et d'organisation, de simples citoyens de l'île de Djerba veulent briser le silence et rendre hommage aux victimes de l'attentat.

Le , le président de la République tunisienne Moncef Marzouki, l'ambassadeur d'Allemagne en Tunisie, , et l'ambassadeur de France en Tunisie, Boris Boillon, participent à une marche silencieuse en mémoire des défunts. Le président tunisien rencontre les familles des victimes qui peuvent assister à la commémoration et prononce un discours au nom de l'État tunisien où il abhorre cet acte et exprime au nom du peuple tunisien une compassion et une solidarité pour les victimes et leurs familles.

Références

Ghriba Ghriba Ghriba Ghriba Ghriba 2002 Catégorie:Avril 2002 Catégorie:2002 en Tunisie Catégorie:Terrorisme en 2002 Catégorie:Histoire des Juifs à Djerba Catégorie:Attentat d'Al-Qaïda Catégorie:Explosion en 2002 Catégorie:Antisémitisme en Tunisie