Forges-les-Eaux est une ancienne commune française située dans le département de la Seine-Maritime en Normandie, célèbre pour son casino.
La législation sur les maisons de jeux a longtemps empêché qu'elles soient trop près de Paris (d'où Deauville) avec cependant une tolérance pour les stations thermales. Le casino de Forges-les-Eaux est donc celui où l'on joue à la roulette le plus proche de Paris à part Enghien-les-Bains.
Le elle fusionne avec Le Fossé, donnant ainsi naissance à la commune nouvelle de Forges-les-Eaux. Elle prend alors le statut de commune déléguée.
C'est aussi l'unique station thermale de toute l'ancienne région de Haute-Normandie. Géographie La commune est traversée par l'Andelle. Elle abrite également plusieurs lacs, alimentés par ladite rivière. Au nord-est de la ville se trouve le bois de l'Épinay, qui abrite quelques lieux connus des habitants (notamment la source de La Chevrette, l'une des 4 sources de la ville), et qui est le théâtre annuel d'un concours de chiens de traineaux. Au nord de la ville près de Serqueux débute sur l'ancien tracé de la voie ferrée, l'avenue Verte, une piste cyclable qui s'arrête au sud de Dieppe.
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous la forme Forges-en-Bray au , avant que la réputation de ses eaux ne lui fournisse ce complément thermal dans la première moitié du .
Forges : du mot latin Făbrĭca, « atelier d'artisan », à l'origine du mot « fabrique ».
Devise Ferro et Aqua : « Par le fer et par l'eau ».
La devise de Forges-les-Eaux est très compréhensible lorsque l'on se plonge dans son histoire.
Forges-les-eaux tient en effet son histoire de son sol, riche en fer, et de ses sources thermales.
Histoire Un château-fort prenait place auprès des sources thermales. La dénomination « donjon » est restée depuis.
Les sources royales Les eaux de Forges sont remarquées depuis 1573 par Nicolas de Moy, seigneur local. Elles sont reconnues comme médicales et deviennent « sources de jouvence » par le biais de Julien Le Paulmier, ancien médecin du roi Henri III.
C’est la famille Francini (naturalisée Francine), auteur des systèmes hydrauliques des jardins du château de Versailles, des Jardins du Luxembourg à Paris, des terrasses du château neuf de Saint-Germain-en-Laye ou encore des fontaines du château royal de Fontainebleau qui aura pour charge de séparer les trois sources principales des eaux de Forges et qui porteront désormais les noms de Reinette, Royale et Cardinale.
En 1631, Louis XIII buvait de l'eau de Forges. Une cure sur place lui fut cependant recommandée. Il arriva à Forges le , Anne d'Autriche et Richelieu le rejoignant quelques jours plus tard. Ils logèrent dans la maison d'un gentilhomme verrier, Vincent Le Vaillant. La cour royale et ses artistes allaient ainsi goûter les eaux « claires, lumineuses et bienfaisantes ». La Grande Mademoiselle, Mademoiselle de Montpensier, nièce de Louis XIII contribua elle aussi à la renommée de Forges. Entre 1656 et 1681, elle effectua de très nombreuses visites, soignant ainsi ses maux de gorge. Sa présence entraîna la fréquentation de la ville thermale par la Cour et la haute bourgeoisie. La vie quotidienne de ces « buveurs d'eau » était rythmée de fêtes, spectacles et jeux et ceux-ci prirent une place prépondérante sous le règne de Louis XVI. D'illustres personnages dont le duc de Saint-Simon, Voltaire, Marivaux, Buffon ont participé à la renommée de Forges-les-Eaux.
La Révolution Pendant la Révolution, la ville de Forges-les-Eaux était privilégiée par les émigrés. Sous couvert de prendre les eaux, ceux-ci passaient en Angleterre par le biais d’une organisation clandestine tandis que la municipalité complice leur délivrait de faux certificats de résidenceLa Revue des Deux Mondes, , La Revue, 1953, .. Pâris, l’assassin royaliste de Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau, courut s’y réfugier une fois son forfait commis, avant de s’y suicider, le , d’une balle dans la tête, lorsqu’il se vit sur le point d’être arrêté.
Époque contemporaine Forges-les-Eaux fut en outre le siège du premier concours beurrier de France, en 1906. Organisé par la Société centrale d'agriculture de Seine-Inférieure, sur le modèle des concours britanniques, celui-ci se déroula sous la halle au beurre du au . Il avait pour but d'améliorer les performances laitières et beurrières de la race normande élevée notamment dans le pays de Bray. Pour la petite histoire, la gagnante du concours en première catégorie fut la vache « Princesse » appartenant à un éleveur du Thil-Riberpré qui produisit de beurre pendant le concours et reçut une prime de 300 F. À la suite de ce concours, un syndicat de contrôle laitier fut mis en place dans le pays de Bray.
Le , les communes de Forges-les-Eaux () et du Fossé () fusionnent sous le régime juridique des communes nouvelles. L'ensemble ainsi formé, qui regroupe reprend le toponyme de Forges-les-Eaux..
Politique et administration Tendances politiques et résultats
Liste des maires
Population et société Démographie
Casino vignette|Le casino. Au , la vogue des bains de mer sur la côte d'Albâtre, si proche de Forges-les-Eaux, engendre la création du casino : on édifie le tout premier établissement thermal qui propose alors salles de bains, douches, buvettes… Puis le couvent des Capucins cède sa place au Grand Casino qui est détruit en 1896 par un incendie. C'est en 1902 qu'un second casino est inauguré. En 1952, Jacques Hébertot, homme de théâtre, redonne un souffle nouveau aux thermes et aux jeux.
Le casino de Forges-les-Eaux est le second casino le plus proche de Paris après le casino d'Enghien-les-Bains.
À l'aube du , le groupe Partouche a pris en main la destinée du Grand Casino. Plaisir des jeux, mais aussi plaisir de l'eau avec le centre de remise en forme du ForgesHôtel qui renoue ainsi la tradition de l'eau.
Activités associatives, festives, culturelles, touristiques et sportives La commune est classée « trois fleurs » au Concours des villes et villages fleuris.
Culture locale et patrimoine Lieux et monuments Porte du couvent des Carmélites de Gisors. vignette|Porte de Gisors. Villa Richelieu, pavillon construit en 1867 à Paris à l’occasion de l’Exposition Universelle. Il s’agissait du pavillon Suisse. Église Saint-Éloi, de culte catholique édifié par les Forgions. Statue en bronze de Richelieu, œuvre du sculpteur Hippolyte Lefèbvre. Propriété de la Sorbonne, elle est prêtée à la ville. Statue en bronze « Les Trois Grâces » Musée de la Résistance et de la Déportation Calvaire route de Neufchâtel, construit en 1944 d'après les plans de l'architecte Pierre Chirol (1881-1953). Porte du pavillon de chasse de Madame de Maintenon venant de Versailles. Grange dans le bois de l'Épinay, datant du . 4 Sources thermales, dont 3 dans le jardin du Grand Casino. Gare thermale. Espace Jean-Bauchet. Piscine Hugues-Duboscq
Patrimoine naturel Bois de l'Épinay, situé entre deux rivières, l’Andelle à l’est et la Chevrette à l’ouest, il offre une grande diversité de milieu naturel et couvre une surface d’environ .Les essences y sont très variées mais certaines parties présentent une forte dégradation due à leur surexploitation au par les briqueteries, les forges et les faïenceries.Les étangs ne sont pas naturels, ils ont été aménagés sur d’anciennes tourbières dans les années 1980, permettant ainsi de rendre l’espace plus accueillant.Aujourd’hui protégé et classé espace naturel sensible du Département, cet endroit offre 4 jolies promenades ouvertes au public (promenades écologiques et forestières). Orme séculaire sis dans la propriété de Cartier .
Personnalités liées à la commune Louis-Henri Brévière (1797-1869), graveur, y est né. Nicolas François Thiessé (1759-1834), député au Conseil des Cinq-Cents 1798-1799, membre du Tribunat, né à Forges-les-Eaux.. Jules Thiessé (1833-1912), député de la Seine-Inférieure de 1876 à 1889, né à Niort, petit-fils de Nicolas François, et fils d'un homme de lettres qui fut préfet sous Louis-Philippe, mort à Forges-les-Eaux.
Forges les Eaux dans les arts Poulet au vinaigre, film réalisé par Claude Chabrol et sorti en 1985, tourné à Forges-les-Eaux« Forges-les-Eaux : quand Chabrol tournait Poulet au vinaigre… », paris-normandie.fr, 21 août 2016..
Héraldique
Voir aussi Bibliographie
Articles connexes Liste des communes de la Seine-Maritime Liste des communes nouvelles créées en 2016
Liens externes
Site de la mairie Site de l'office de tourisme
Notes et références Notes
Références
Catégorie:Commune déléguée dans la Seine-Maritime Catégorie:Ville adhérant à l'association Les Plus Beaux Détours de France Catégorie:Ancienne commune dans la Seine-Maritime