L’adoubement est la cérémonie par laquelle une personne est élevée au rang de chevalier. Née au , elle est encore pratiquée par un certain nombre d’ordres de chevalerie ou honorifiques.
Terminologie Le mot signifie, en ancien français, et ..
Son étymologie est incertaine. Il peut dériver : du (cette étymologie est proposée par Du Cange) ; du proto-germanique : dubban / "frapper" (cette étymologie est généralement admise mais ne s'accorde guère avec la chrologie des occurences attestés du mot, notamment Girart de Vienne, 2193, ).
Historique
Au , l’adoubement (de l’ancien français « adouber » – littéralement toucher ou frapper, en référence à la « paumée », gifle ou, à la fin du Moyen Âge, à la « collée », coup de poing à la base du cou, ou enfin à l'« accolade », coup du plat de l'épée que l'adoubé reçoit sur le sommet du crâne, sur la nuque ou sur l'épaule pour tester son endurance ou lui rappeler douloureusement le souvenir du rituel.) était d’abord une cérémonie séculière et laïque par laquelle le jeune homme franchissait un rite de passage. Son principal élément est la remise des armesLe nom de la cérémonie d’adoubement en vint rapidement à également désigner l’équipement que le chevalier recevait officiellement à ce moment-là. par un supérieur social, souvent celui qui a assuré la formation du nouveau chevalier et qui l’a « nourri » selon les expressions de l’époque..
L’adoubement s’observe à de multiples niveaux au sein du groupe dominant laïc : si la plus ancienne description d’un rituel d’adoubement est celui de Geoffroy Plantagenêt en comme successeur du roi d’Angleterre.,
La première évolution de la chevalerie eut comme conséquence une limitation des individus susceptibles de participer à l’adoubement ; à partir du , l’adoubement est de plus en plus réservé aux fils de chevaliers, pratique qui aboutit à une confusion avec la notion de noblesse : ne peut être adoubé que le noble.. Seconde conséquence, la cérémonie devint de plus en plus fastueuse, impliquant la remise d’un grand nombre de pièces d’équipement tels les éperons, la bannière, l’écu et l’épée., tout en maintenant des rituels mettant en scène la soumission à un supérieur tel la colée, apparue au .. À partir de la seconde moitié du , cette évolution exclut toute une part de la petite noblesse. Dès lors, l’adoubement ne couronne plus la fin d’une formation et l’entrée dans un groupe de guerriers, mais constitue un honneur réservé à la strate supérieure de l’aristocratie..
La volonté de l’Église d’encadrer les pratiques des milites se traduisit par la construction d’une liturgie de l’adoubement destinée à transformer le rite de passage séculier en cérémonie religieuse. À partir du , on reprendra des formules de bénédiction des armes et bannières destinées aux princes pour un faire un rituel d’adoubement.. Des éléments de la cérémonie séculière, tels le bain, sont désormais investis d’un sens chrétien : celui de la purification. Dès la fin du , le nouveau chevalier effectue une veillée d’armes liée à une méditation religieuse. Pourtant, ces éléments purement religieux ne progressent que lentement dans les pratiques des milites ; ce ne fut qu’au que les formules religieuses de bénédiction des armes deviennent largement utilisées lors des adoubements.
Le sacre des rois de France, à partir de 1365, s'accompagne de son adoubement comme chevalier. Cependant, le second adoubement de de la main du chevalier Bayard, au soir de la bataille de Marignan, semble une invention de Symphorien Champier, un des biographes de Bayard : aucune autre source avant 1525 n'en fait état. Selon l'historien Didier Le Fur, cet adoubement hors norme aurait été inventé pour faire oublier que le « parrain » qui avait réellement adoubé le roi n'était autre que le connétable de Bourbon, plus tard traître à son roi et à sa patrie.
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Serment du chevalier
Liens externes
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