Un verre correcteur est une lentille optique portée devant l'œil, principalement pour corriger les amétropies : myopie, hypermétropie, astigmatisme et presbytie.
Les lunettes sont portées à une faible distance des yeux. Les lentilles de contact sont portées directement à la surface de l'œil. Les lentilles intraoculaires sont implantées chirurgicalement, majoritairement pour corriger la cataracte.
La myopie est corrigée par une lentille divergente, l'hypermétropie par une lentille convergente, l'astigmatisme par une lentille torique (qui peut être divergente, convergente ou les deux), et la presbytie par une lentille progressive (dont la correction varie).
Prescription des verres correcteurs Les verres correcteurs sont prescrits, en France, par un ophtalmologue. Dans divers pays les opticiens ou les optométristes peuvent prescrire les verres correcteurs. L'ordonnance contient les principaux paramètres de correction : puissance pour chaque œil pour la vision de loin (ou de près), correction pour l'astigmatisme de chaque œil, supplément de correction pour la vision de près.
En France, les opticiens peuvent délivrer des lunettes sans prescription médicale, sous certaines conditions. Dans le contexte actuel de déclin du nombre des ophtalmologistes, parallèle à l'allongement des délais d’attente pour obtenir un rendez-vous et alors que le vieillissement de la population devrait se traduire par une augmentation des besoins en soins oculaires par les ophtalmologistes, l’article 54 de la loi n° 2006-1640 du de financement de la Sécurité sociale et ses décrets d’applicationdécrets 2007-553 et n° 2007-551 du 13 avril 2007 ont permis aux opticiens lunetiers d’adapter, dans le cadre d'un renouvellement, les prescriptions médicales initiales de verres correcteurs datant de moins de 3 ans (à l'exclusion de celles établies pour les personnes âgées de moins de 16 ans et sauf opposition du médecin). En 2007, un décret a précisé les conditions d’adaptation par l’opticien-lunetier de la prescription médicale initialedécret n° 2007-553 du 13 avril 2007. À la demande du ministère de la SantéDirection de la sécurité sociale et de la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (Cnamts), la Haute Autorité de santé a publié en des recommandations de bonne pratique sur les « Troubles de la réfraction : délivrance de verres correcteurs par les opticiens dans le cadre d’un renouvellement »« Troubles de la réfraction : délivrance de verres correcteurs par les opticiens dans le cadre d’un renouvellement ».
Le décret n° 2016-1381 du modifie la durée de validité des prescriptions médicales de verres correcteurs et par conséquent la période pendant laquelle les opticiens peuvent adapter la correction à la suite d'un examen de vue. Pour les patients de moins de 16 ans, les ordonnances restent valables un an et ne peuvent être modifiées. Pour les patients âgés de 16 à 42 ans, les ordonnances sont valables pendant 5 ans ; l'opticien n'est cependant pas habilité à décider du premier passage en verre progressifs. Au-delà de 42 ans, les ordonnances sont à nouveau valables pendant un maximum de 3 ans.
Ces recommandations visent à donner aux opticiens un référentiel sur les situations dans lesquelles l’opticien doit orienter le patient vers l’ophtalmologiste avant délivrance de verres correcteurs et à donner aux ophtalmologistes un référentiel sur les situations pathologiques justifiant que le médecin s’oppose à la délivrance, après adaptation par un opticien dans les conditions prévues par le Code de la santé Publiquel’article L. 4362-10.
Les mesures d'écartement entre les yeux (écart interpupillaire) et des données de centrage sont faites par les opticiens de façon à centrer parfaitement les verres en fonction des lunettes choisies et de la position des yeux.
Géométrie du verre Un verre dont les deux faces sont parallèles (le verre peut être plat ou les deux faces peuvent avoir la même courbure) est dit afocal ou plan et ne corrige aucun défaut de vison. Le verre peut aussi être sphérique, cylindrique, sphérocylindrique ou toriqueISO 13666:2019(fr) Optique ophtalmique — Verres de lunettes — Vocabulaire.
Composition sphérique de la correction La puissance des verres, mesurée en dioptries (δ), est obtenue par la forme sphérique de la lentille. Une puissance convergente (indiquée positivement : ex ) focalise la lumière pour corriger l'hypermétropie ou pour faciliter la lecture et corriger la presbytie.
À l'opposé, une puissance divergente est négative (ex : ) et corrige la myopie.
Composition cylindrique de la correction L'astigmatisme nécessite une correction différente suivant la direction (par exemple corrections horizontale et verticale différentes).
Cette correction s'obtient par des déformations cylindriques du verre (en complément de la forme sphérique décrite plus haut).
Cette correction est positive lorsque le nombre de dioptries du cylindre s'ajoute à la correction sphérique (ou augmente la convergence). Les opticiens et les verriers utilisent généralement un cylindre positif lors de l'enregistrement, de la commande et de la fabrication des verres correcteurs.
Une correction cylindrique négative, au contraire indique une correction plus divergente que la correction sphérique. Les ophtalmologistes, les optométristes, les orthoptistes et les opticiens utilisent généralement un cylindre négatif lors de la mesure de la correction et de la rédaction des ordonnances ou de leur adaptation.
Une correction cylindrique est systématiquement accompagnée d'un axe compris entre 0° et 180° qui définit l'orientation d'astigmatisme.
Lunettes sans ordonnance Une faible presbytie peut être corrigée par des lunettes de lecture qui ne corrigent que la vision de près (jusqu'à environ).
Ces lunettes sont disponibles en libre service à différents grossissements en général compris entre +1 δ et +4 δ.
Il vaut mieux vérifier auprès d'un ophtalmologiste que ce type de lunettes est approprié car le centrage des verres étant standardisé lors de la fabrication, il peut ne pas être adapté et provoquer des troubles visuels ou des migraines.
Type de lentille correctrice Unifocale Distance focale fixe. Le plus simple à fabriquer. Corrige une focale : vision de loin ou vision de près.
Multifocale Bifocale
Anciens verres type double foyer séparés par une ligne horizontale (« Executive ») ou par une pastille (aussi appelé segment). Corrige deux focales : vision de loin et vision de près.
Trifocale Les verres dits tri-focaux, plus communément appelé triples foyers permettent d'obtenir sur un même verre trois puissances différentes correspondant, de haut en bas sur le verre à la vision de loin, la vision intermédiaire et la vision de près. Bien que toujours existants, ces équipements se font de plus en plus rares de nos jours du fait des progrès réalisés sur les verres progressifs qui permettent aujourd'hui une vision nette à toutes distances et un confort satisfaisant.
Progressive
Verres pour les presbytes. Vision plus limitée sur les côtés. Nécessite une certaine habitude et plus de mouvement de l'œil. Les verres progressifs remplacent de plus en plus les verres bifocaux et tri-focaux. Les verres progressifs sont plus esthétiques, néanmoins, ils sont sensiblement plus chers car beaucoup plus complexes à fabriquer.
Asphérique Distance focale variable selon l'écart par rapport au centre optique. Compense les défauts géométriques en bordure des verres dus à des corrections plus fortes. Suppression des déformations en coussinet ou en barillet. Nécessite un centrage parfait des deux pupilles en vis-à-vis du centre des verres. Ce verre nécessite un montage de précision par l'opticien mais donne de très bons résultats et un confort visuel exceptionnel notamment pour les hypermétropes.
Dans le cas de l'hypermétropie, le verre asphérique permet d'obtenir, pour une même correction, un verre sensiblement plus fin qu'un verre sphérique de même indice ; il est donc recommandé pour les hypermétropies les plus fortes (à partir de +4 δ). En cas de fort astigmatisme, les verres asphériques permettent également d'obtenir un verre plus fin qu'un verre sphéro-cylindrique de même indice.
Les lentilles progressives sont toujours asphériques.
Forme de la lentille optique
Le verre correcteur est une lentille de type ménisque dont chaque face a un rayon de courbure différent. La différence de rayon de courbure entre la face avant et la face arrière indique la puissance de la correction. La courbure de la face avant est supérieure à celle de la face arrière pour corriger l'hypermétropie et la presbytie. C'est l'opposé pour la myopie.
Indice de réfraction L'indice de réfraction est en général donné pour la lumière jaune He des raies de Fraunhofer, en abrégé n. Les matériaux sont classés en fonction de leur indice de réfraction de la façon suivante : indice normal - 1,48 ≤ n < 1,54 ; indice moyen - 1,54 ≤ n < 1,60 ; haut indice - 1,60 ≤ n < 1,74 ; très haut indice - n ≥ 1,74.
Plus l'indice est élevé plus le verre sera mince, et à égalité de densité plus il sera léger. Un indice plus fort se traduit cependant souvent par une densité plus élevée (notamment dans le cas des verres organiques qui représentent l'ultra majorité des verres correcteurs commercialisés), le gain d'épaisseur doit donc être suffisamment important pour justifier l'augmentation de l'indice.
Un indice élevé permet d'obtenir des verres plus minces sur les bords ou au centre, et donc une meilleure esthétique, surtout pour les fortes correction de myopies ou d'hypermétropie.
Par contre, un indice élevé entraîne les inconvénients suivants : un nombre d'Abbe plus faible et donc des aberrations chromatiques qui peuvent provoquer une vision de plus mauvaise qualité plus la vision s'éloigne du centre optique du verre et éventuellement des maux de tête ; la nécessité d'y associer un traitement de surface antireflet, pour augmenter la transmission lumineuse à l’œil et diminuer les effets de lumière parasites.
Qualité optique
Nombre d'Abbe
Le nombre d'Abbe ou constringence d'un verre optique sert à en déterminer la dispersion, c'est-à-dire la variation de l'indice de réfraction avec la longueur d'onde. Il quantifie l'aberration chromatique transversale du verre, définie par une formule mathématique inventée par Ernst Abbe.
Plus la constringence est élevée, moins le verre présente de dispersion chromatique. Un nombre d'Abbe compris entre 39 et 60 détermine un aberration chromatique modérée à excellente et est donc souhaitable.
Aberrations géométriques des lentilles Les principaux défauts des lentilles sont : l'aberration sphérique ; l'aberration de Coma ; l'astigmatisme ; les distorsions géométriques.
Poids et esthétique des verres Pour les corrections moyennes (3 δ) à fortes (6 δ), choisir un verre d'indice 1,6 ou supérieur peut faire diminuer l'épaisseur du verre de plus de 30 %. Pour les plus fortes correction de myopies ou d'hypermétropie, à partir de -8 δ ou de +6 δ, les indices 1,67 et 1,74 peuvent être conseillés, l'épaisseur au bord pouvant être divisée par 2 par rapport à un verre standard de myope par exemple.
Matériaux Verre minéral Le verre minéral est fabriqué à partir de la silice. Il présente une excellente qualité optique et une résistance à la rayure très élevée mais aussi des inconvénients majeurs. Lourd surtout quand on augmente l'indice de réfraction du verre car on inclut des sels de métaux lourds. Sa densité peut aller jusqu'à trois fois celle d'un verre organique. Le verre minéral est très fragile et se casse facilement en cas de choc, il est donc considéré comme dangereux car il présente un risque de blessures de l'œil. Il est interdit à la vente pour les personnes de moins de 18 ans. Faible protection contre les UV (coupure UV de pour l'indice 1,5).