Louis-François Ambroise est un imprimeur français mort le à Laval. Il est le fils de Jean Ambroise.

Biographie

Le père, Jean Ambroise Jean Ambroise vivait encore en 1722, très âgé. Il avait cédé son imprimerie à ses enfants et leur avait fait don de ses biens. Trois de ses fils et un de ses gendres ont pris la qualité d'imprimeurs, mais à titre d'associés. Son seul successeur, établi à Laval, fut Louis-François Ambroise.

Famille On sait peu de choses sur Louis-François Ambroise. Il épouse, vers 1718, Perrine-Charlotte Chevillard.

Il hérite de son beau-père, René Chevillard, sieur de la Pasquerie, la Billonière, le Petit-Guinefolle, le Haie-Richard en Cossé, les Vignes et la Bignon, de Quelaines.

L'aîné (?) de ses enfants naît le En 1758, il avait deux garçons et quatre filles. Sur ces six enfants, quatre seulement vivaient encore en 1770 à la mort de leur père : René-Louis Ambroise, qui, « abandonnant pour le sacerdoce la profession héréditaire de sa famille, devait lui donner par sa mort la plus sainte des illustrations » : il mourut pour la foi, le (voir J.-M. Richard, Bulletin de la Commission historique et archéologique de la Mayenne, , tome I, p. 266.). Perrine-Charlotte Ambroise, qui épousa Louis de la Broise, écuyer. Victoire Ambroise de la Billonnière, non mariée. Charlotte-Madeleine Ambroise, qui épousa Guillaume Hovius, imprimeur à La Flèche de 1727 à 1747. Devenue veuve, elle garda la direction de l'atelier jusqu’en 1759, époque où l'imprimerie ne dut plus avoir à La Flèche qu'un seul titulaire. Sébastien de la Bouillerie à qui l'abbé Angot doit ces renseignements nomme l'imprimeur fléchois Louis Hovius.

En 1758, il avait encore deux garçons et quatre filles. Sur ces six enfants, quatre seulement vivent encore en 1770 à la mort de leur père :

René-Louis Ambroise, qui, . Il n’exercera pas le ministère, il aimait l'étude et le travail manuel. Il tailla lui-même les pierres de la maison qu'il fit construire place de Hercé. Prêtre réfractaire, il fait partie des 14 martyrs de Laval. Il mourut « pour la foi », le voir J.-M. Richard, Bulletin de la Commission historique et archéologique de la Mayenne, 2e série, tome I, p. 266. ; Perrine-Charlotte Ambroise, qui épousa Louis de la Broise, écuyer ; Victoire Ambroise de la Billonnière, non mariée ; Charlotte-Madeleine Ambroise, qui épousa Guillaume Hovius, imprimeur à La Flèche de 1727 à 1747. Devenue veuve, elle garda la direction de l'atelier jusqu’en 1759. A cette époque, l'imprimerie ne devait plus avoir à La Flèche qu'un seul titulaire. Sébastien de la Bouillerie, à qui l'abbé Angot doit ces renseignements, nomme l'imprimeur fléchois Louis Hovius.

Charlotte-Madeleine Ambroise Sa fille, Charlotte-Madeleine, devenu veuve et mère de deux enfants, revint s'établir à Laval, près de la Trinité, dans le voisinage de son père. Sa maison devint le rendez-vous , selon Madame de la Jourdonnière dans sa correspondance avec son fils. Elle recevait chez elle des femmes débauchées et des gens L'abbé Ambroise, son frère aîné, en était indigné et les voisins murmuraient.

Louis-François Ambroise voulut, en 1766, prendre des mesures contre elle ; il fit appel à la justice ; trente témoins avaient protesté contre le scandale de la veuve Hovius, se sont rétractés devant la cour, les magistrats furent indulgents, le père fut débouté de sa plainte et condamné aux dépens envers sa fille.

Elle vendit ses meubles pour aller à Angers avec deux compagnons. Internée aux Bénédictines de Laval, elle en était sortie une heure après, et avait passé la nuit dans un champ de blé. Sous la menace d'une lettre de cachet, elle se sauva à Paris Elle y fut arrêtée. Le , fut signée une lettre de cachet Elle y vivait encore en 1783. Elle écrivit une lettre à sa famille pleine de bons sentimentsArchives du château de la Motte-Serant, en Montflours. On y voit que la famille Ambroise possédait la métairie de la Petite-Ame..

Maison et ateliers Louis-François acquit en 1731, pour une rente amortissable de 212 livres, une maison de la rue des Curés, près de la porte Beucheresse, et il y installa ses ateliers et sa famille.

La maison, avec ses dépendances, donnait sur la rue des Curés, elle était adossée aux murs de la ville qui la séparaient de la place nouvellement nivelée et plantée par le sieur Ambroise-Jean Hardy de Lévaré dont elle avait le nom. Ambroise obtint du duc de la Trémoïlle de percer une fenêtre dans le mur de ville et donnant sur la place nouvelle, puis de percer dans le même mur, entre deux tours, une porte sur la place, les fossés ayant été comblésJ.-M. Richard, Bulletin de la Commission, etc., , tome I, p. 337-338..

Imprimeur Louis-François Ambroise s'installe comme imprimeur en 1718J.-M. Richard : Commission Historique etc., loco citato. :

Comme son père, il eut quelques démêlés avec la justice. La publication d'un recueil de prières à l'occasion du jubilé lui valut des ennuis mineurs en 1745. Il avait, au mépris des privilèges du chapitre de Saint-Thugal, donné un rang secondaire à cette église, dans l'ordre de celles qui devaient servir de stations aux processions. Les chanoines réclamèrent leur droit de préséance. Cela fit connaître les œuvres des Ambroise, imprimeurs. Louis-François reconnut avoir agi par inadvertance, et promit d'être respectueux des privilèges de Saint-Thugal. Il en fut quitte pour faire amende honorable.

Jansénisme L'abbé Angot suggère qu'il était soupçonné de jansénismeSans répéter ce qui a été dit par Isidore Boullier et Couanier de Launay, l'abbé Angot se borne à reproduire ici une note extraite d'un travail inédit du R.P. Le Lasseur sur les auteurs jansénistes : « Les Ambroise étaient imprimeurs à Laval depuis plus d'un siècle et en telle réputation de jansénisme que Louis-François avait été soupçonné de prêter ses presses aux Nouvelles ecclésiastiques. ».. Des écrivains sérieux ont prétendu que Ambroise prêtait clandestinement ses presses aux Nouvelles ecclésiastiques, que rédigeaient les disciples de Cornelius Jansen, évêque d’Ypres ; cette imprimerie aurait fonctionné dans la maison de la rue Renaise.

L'abbé Angot donne comme seul indice la quantité considérable de caractères trouvée à la mort d'Ambroise. Cette quantité paraît disproportionnée avec les besoins d'une imprimerie qui avait produit peu de choses. Elle se faisait aider par les presses de La Flèche, du Mans, et d'Angers pour approvisionner sa librairie.

Commerce des livres à Laval au La boutique de Louis-François Ambroise était peu approvisionnée : « A vrai dire, si l'imprimerie d'Ambroise suffisait aux besoins des Lavallois, il n'en était pas de même de sa librairie, et l'on se plaignait de la difficulté de se procurer des livres. René Pichot de la Graverie se fait l'écho de ces plaintesCouanier de Launay, Histoire de Laval, p. 511..

En 1755, les habitants de Laval adressent à l'autorité des réclamations : ils ne trouvent pas chez Ambroise les livres qu'ils désiraient, ils demandent de le contraindre à s'approvisionner mieux. Le , le juge ordinaire, M. Le Pannetier des Salles, accompagné du procureur fiscal, (qui remplit à Laval les fonctions de ministère public), et du greffier, se rend chez Ambroise

Ambroise leur montre

Le juge lui expose la plainte dont il est saisi : il ne peut fournir des livres

J.M. Richard rapporteJ.-M. Richard, Commission Historique, etc., loco citato. :

Déclin de l'imprimerie

Le roi voulait réduire le nombre des imprimeries du royaume ; une enquête a été ordonnée par l'intendant de la généralité résidant à Tours. Il se rendit chez Ambroise et fit l'inventaire de son matérielLe sieur Dupont, subdélégué à Laval, se rendit au domicile d’Ambroise et fit l'inventaire de son matériel. Il trouva dans l'atelier deux presses et les caractères d'imprimerie suivants : petit-texte, romain et italique ; — Cicéron, romain et italique ; — du Saint-Augustin, romain, et italique ; — du gros-romain avec son italique ; — gros-canon avec son italique ; — gros-parangon. Tous ces caractères étaient neufs depuis cinq ans. Quant à l'opinion du subdélégué sur l'opportunité de la suppression ou du maintien d'une imprimerie à Laval, elle était favorable, on le conçoit, à la conservation d'une industrie utile dans la ville qu'il habitait et il l'exprima en ces termes : « Notre ville paraît assez considérable pour espérer être dans le nombre de celles à qui on conservera une imprimerie. Elle y est d'ailleurs nécessaire aux divers bureaux de régie, qui autrement seroient obligés de s'adresser aux villes voisines pour leurs registres. « Quoique le sieur Ambroise soit seul imprimeur, il n'est pas riche, et s'il n'avoit quelque bien de patrimoine, son imprimerie ne suffiroit pas pour faire subsister sa famille. Notre juge de police m'a dit être content de lui, et de la façon dont il exerce sa librairie. « Laval, . (Signé) Dupont. ». Il rendit un témoignage favorable à Louis Ambroise. L'imprimerie demeura supprimée à Laval, mais, par une faveur accordée au titulaire et à sa femme, ceux-ci purent continuer leur commerce et leur industrie, leur vie durant. L'imprimerie n'était pas florissante, elle fut accablée par cette décision supérieure. Le titulaire était vieux, il n'avait plus d'espoir de remettre son fonds à un membre de sa famille, puisque son fils unique était prêtre, ni même à un étranger, à cause de l'arrêt de suppression : il négligea son commerce.

Dans la nomenclature des ouvrages imprimés du temps de Louis-François Ambroise, presque tous ceux qu'il met en vente ne sortent pas de son atelier et ont été composés par des imprimeurs de La Flèche ; ceux dont le public avait besoin sont fournis par des imprimeurs d'Angers et du Mans. Un mémoire manuscrit, rédigé vers 1768 par Gabriel Andouard, montre qu'il n'assurait plus les petits travaux : billets pour l'hôpital, pour la fabrique de la Trinité, placards pour les tragédies du collège...

Postérité Le , sur le bruit du décès de Me Louis-François Ambroise qui serait arrivé la veille, l'officier public se présenta à son domicile, rue des Curés, pour apposer les scellés ; deux des héritiers étaient absents et hors de la province. René-Louis Ambroise, prêtre, se trouvait à la maison avec sa sœur Françoise ; il répondit que son père était trop malade pour qu'on pénétrât dans sa chambre, mais qu'il n'était pas mort. Le magistrat soupçonna qu'on voulait lui cacher la mort de l'imprimeur pour soustraire des effets de la succession ; il revint un peu plus tard, constata le décès et apposa les scellésNous savons par la levée des mêmes scellés qui eut lieu à la requête de tous les intéressés le 7 août suivant, dans quel état se trouvait le matériel d'imprimerie. L'atelier était installé dans une chambre au second étage et dans une galerie. On y trouva une vieille presse hors d’usage, et une autre en bon état. Plusieurs planches étaient encore composées, mais depuis quel temps ! La quantité de caractères de divers types qu'on découvrit entassés çà et là était si considérable que le octobre, quand on voulut les recueillir pour les déposer au greffe, on en remplit vingt-cinq sacs de toile..

La famille Ambroise ne s'est pas enrichie dans l'imprimerie.

Son titre d'imprimeur n'était plus estimé que 100# quand il le céda dans la part de son fils René-Louis, prêtre. Le prêtre ne pouvait l'exploiter.

Louis-Désiré, autre fils de l'imprimeur, en avait fait profession à Toussaint d'Angers en 1750.

Le nom s'éteignit avec son petit-fils, Louis Ambroise, marchand poislier, mort le , qui avait pourtant 16 enfants.

Bibliographie Règlement pour les avocats du siège ordinaire du Comté Pairie de Laval. In-4°, comprenant, une feuille de garde ornée d’un grand écusson aux armes de la Trémoïlle, 14 pages de texte et une feuille pour la Liste des avocats dudit siège ordinaire du Comté-Pairie de Laval, suivant l’ordre de leur réception. 1724. Sans indication de lieu, mais facile à reconnaître comme une production locale ;