Capgemini est une entreprise de services du numérique française (ESN) créée par Serge Kampf en 1967 à Grenoble (Isère), sous le nom de Sogeti. Basée à Paris, la société fait partie du CAC 40 à la Bourse de Paris.
Histoire 1967-1975 : Sogeti Le , la Société pour la gestion de l'entreprise et traitement de l’information (Sogeti) est créée avec un capital de à Grenoble par Serge Kampf, ancien directeur régional Dauphiné-Savoie de Bull.. Sogeti compte alors cinq employés, tous venus de Bull, et propose dans la région Rhône-Alpes de l'assistance technique pour le démarrage des ordinateurs et la mise en œuvre de programmes de gestion : . En 1968, après une tentative manquée de prise de contrôle de la part d'un groupe d'actionnaires, Serge Kampf détient l'essentiel (84 %) du capital..
En 1970, Hermès Informatique, filiale d'infogérance d'infrastructures commune à Sogeti et Cofradel, est créée. Cette même année, la société lyonnaise des dépôts, les Docks lyonnais et le groupe Le Dauphiné libéré entrent au capital d'Hermès Informatique. La même année, Sogeti acquiert Solame (Société lyonnaise d'applications mécanographiques), société d'informatique spécialisée dans le traitement à façon (externalisation de la comptabilité)..
En 1971, Solame, Hermès Informatique et la société Infor fusionnent pour donner naissance à la société Eurinfor, spécialisée dans l'externalisation des services informatiques (infogérance). Eurinfor devient une entreprise deux fois plus importante que Sogeti qui est un des principaux actionnaires. La filiale Sogeti-Formation est également créée.
En 1973, la délégation à l'informatique, structure de l'État chargée de favoriser le développement du secteur de l'informatique, pousse la filiale informatique du CEA, la Cisi (Compagnie internationale des services informatiques), à prendre une participation de 34 % dans Sogeti et Eurinfor, afin de constituer un leader important français dans les services informatiques. Ce rapprochement sera difficile, et Serge Kampf qui veut garder son indépendance et la majorité du capital, s'engage en contrepartie à céder à terme sa participation dans Eurinfor à la Cisi.
En 1974, Serge Kampf décide le rachat de CAP (Centre d'analyse et de programmation) puis de Gemini Computer Systems qui formera alors la structure Cap Gemini Sogeti, et qui deviendra en 2004 Capgemini..
En , Cap Sogeti acquiert Gemini Computer Systems, une ESN présente en Europe, mais aux capitaux américains.
Au milieu des années 1970, à l'aube de la naissance de Capgemini, l'activité du groupe tourne autour de quatre grands types d'activités : l'infogérance (appelé alors Facilities Management) avec Eurinfor (leader en France), l'assistance technique (qualifié alors péjorativement de body shopping) : mise à disposition d'analystes programmeurs et d'ingénieurs, le conseil en organisation, les activités de traitement et d'exploitation de l'information (saisie et traitement de données).
1975-1991 : Groupe Capgemini Sogeti (CGS)
Le , Cap Sogeti et Gemini Computer Systems fusionnent pour donner naissance au groupe Cap Gemini Sogeti (CGS) qui devient la première SSII en France à l'époque avec 180 millions de francs de chiffre d'affaires et 1850 salariés.
En aout 1975, avant son rachat par Sogeti, le CAP s'était développé à l'international avec la création quelques années auparavant avec une SSII anglaise, s'appelant également Cap (CAP UK) d'une filiale commune CAP Europe dont le groupe français Cap (Cap France) détenait 42,5 % du capital. Mécontent du rapprochement de CAP France avec Sogeti, CAP UK se dispute avec Cap Gemini Sogeti, la participation dans Cap Europe, qui est présente dans quatre pays européens dont les Pays-Bas, qui était la plus grosse entité de Cap Europe. L'entité néerlandaise décide de faire passer un oral afin de choisir une option (celle de CAP UK ou celle de Cap Gemini Sogeti). Finalement, le choix se porte sur le groupe français, qui promet une certaine indépendance aux filiales de CAP Europe.
En 1975, conformément à ses engagements auprès de la Cisi, le groupe se sépare de ses activités d'infogérance (Eurinfor).
En 1976, le groupe entre dans le capital de Bossard Consultants, qui compte parmi ses responsables Jean-René Fourtou.
En 1977, le groupe essaye de se séparer de la Cisi, son encombrant actionnaire à 34 %, qui est à la fois un concurrent du groupe Cap Gemini Sogeti. Une tentative de rapprochement avec EDS est envisagé. En 1978, après l'échec du rapprochement avec EDS, une première filiale aux États-Unis (Cap Gemini Inc) est créée.
En 1979, le groupe fait appel à Jacques Séguéla pour trouver un nom plus commercial et international. Les propositions telles que Sogecap ou International Computer Services ne sont finalement pas retenues et le groupe garde son nom.
En 1980, le groupe crée Cap Gemini Logiciel, filiale spécialisée dans les activités télématiques qui participera dans un consortium à la création de l'annuaire électronique sur Minitel.
En 1981, Cap Gemini Inc rachète la SSII américaine DASD. Cette acquisition est pour l'époque la plus grosse acquisition d'une SSII américaine par des européens. La même année, la Cisi vend sa participation de 34 % dans Cap Gemini Sogeti à un pool bancaire. Le groupe veut alors entrer en Bourse, mais l'arrivée de François Mitterrand qui veut lancer un programme de nationalisation et interdire les sociétés d'intérim, auxquelles sont assimilées les SSII, retarde ses ambitions.
En 1982, le groupe atteint 1 milliard de francs de chiffre d'affaires. (dont 50 % à l'étranger).
En 1983, Cap Gemini Sogeti cède des activités de saisies informatiques et de la Sorinfor (prestations machines). Le groupe se concentre sur les activités intellectuelles. La même année, la CGIP (holding d'Ernest-Antoine Seillière) acquiert pour 200 millions de Francs, les 34 % du capital autrefois détenu par la Cisi. Toujours en 1983, Jacques Stern actionnaire à 34 % de la SSII Sesa (société de services et de systèmes informatiques), est nommé à la direction de Bull, nationalisé par l'État. Il vend sa participation à Cap Gemini Sogeti, qui prend ainsi le contrôle d'une société fournissant autrefois des systèmes complexes pour l'armée, les télécommunications et les transports, et qui est très présente dans les nouveaux métiers que sont l'intégration de systèmes et les réseaux de transmissions de données.
En 1984, l'anglais devient la langue officielle du groupe..
En 1985, Capgemini Sogeti est introduit à la Bourse de Paris. Le groupe ouvre son capital à hauteur de 10 %, la demande porte sur 40 millions d'actions à 650 francs, soit 123 fois l'offre disponible. À tel point que les autorités boursières demandent une hausse du prix de souscription d'une action qui passe alors à 875 francs. La même année, le groupe double sa taille aux États-Unis avec l'acquisition des services informatiques de CGA Computers.
En 1987, CGE (Alcatel) actionnaire à 51 % de SESA (Société d'étude des systèmes d'automation) est privatisé, et vend pour un montant non révélé sa participation dans la SESA, qui permet à Capgemini Sogeti d'accroître son chiffre d'affaires d'un milliard de francs. Les activités françaises prennent le nom de Cap Sesa, le groupe portant toujours le nom de Cap Gemini Sogeti.
Le , Capgemini Sogeti (environ 3 800 salariés) et SESA (environ 1 200 salariés) fusionnent. La même année, le groupe IBM tente de racheter Capgemini Sogeti, leader européen et numéro 5 mondial des services informatiques, où IBM est encore peu présent. Bien que les négociations soient poussées, elles n'aboutissent pas. En , le groupe Capgemini Sogeti prend une participation dans Sema-Metra pour entraver sans succès le projet de fusion entre Sema-Metra et CAP Scientific.
En 1989, le groupe réalise 7 milliards de francs de chiffre d'affaires et emploie 12 000 salariés.
En , le groupe organise à Marrakech une rencontre des managers. Ces derniers sont appelés à voter pour le choix stratégique du groupe. : renforcement du groupe dans ses métiers de bases, meilleure coordination de ses prestations. : convergence des métiers, développement de la gamme de services dans chaque pays où le groupe est implanté. : faire du groupe Cap Gemini Sogeti l'un des 3 ou 4 leaders mondiaux des services informatiques en le renforçant là où il est peu présent (Angleterre, Allemagne), en externalisant (infogérance autrefois abandonnée), et en le réorganisant autour d'une direction à la fois géographique et par secteurs d'activités économiques. Ce scénario entraînerait un risque de faire perdre l'indépendance au groupe. Le premier scénario recueille 12 % des suffrages exprimés, le second 37 % et le troisième, 51 % des suffrages.
Le , Capgemini Sogeti acquiert la SCS, la SSII allemande derrière Debis SystemHause (groupe Daimler-Benz). Le , Capgemini Sogeti acquiert, pour 2 milliards de francs, Hoskyns, leader européen de l'infogérance employant plus de 3500 salariés, auprès du groupe britannique .
Capgemini Sogeti recherche depuis 1989, un actionnaire industriel stable. Des contacts sont pris avec France Télécom, et ATT. Le , finalement, Daimler-Benz entre à 34 % dans le capital du groupe à travers un montage financier complexe et évolutif. Beaucoup voient dans cette entrée au capital, la chronique d'un rachat annoncé. En 1991, Gemini Consulting est créé par la fusion des différentes acquisitions du groupe dans le domaine du conseil (United Research, Mac Group, Gamma International) dans une holding regroupant 1 400 consultants dans le monde.
1992-1999 : Le groupe se réorganise En 1992, Cap Gemini SCS (Allemagne) et la division prestations informatique de Debis SystemHaus, du groupe Daimler-Benz fusionnent pour donner naissance à Cap Debis..
En , après 20 ans de croissance rapide (15 à 20 % par an), le secteur informatique s'essouffle, la croissance du secteur se ralentit et la concurrence des géants américains devient dangereuse.
En 1993, le programme Genesis met en place une organisation uniforme au niveau mondial (aujourd'hui abandonné), structurée de la manière suivante : division support (comptabilité, RH, communication) ; divisions opérationnelles regroupées par secteurs géographiques (SBA : Strategic Business Area) elle-même divisée en d'autres divisions : Market Development Unit (MDU) : fonctions commerciales auprès d'un secteur donné ; skill-center (centre de services) : réalisations des prestations informatiques d'un secteur donné et commercialisées par les MDU.
Le plan sera confié à Gemini Consulting et représentera un investissement de 150 millions de dollars.
En 1995, après trois années de pertes, le groupe affiche un bénéfice de 52 millions de francs. La même année, le programme Convergence, visant à rapprocher les fonctions de conseil et techniques, est lancée ; il débouchera à la création en 1997 de GMU (Global Market Unit), des pôles transnationaux mélangeant les activités conseils et techniques autour de secteurs donnés.
En 1996, pour suivre les ambitions de globalisation du plan Genesis, le groupe change de nom pour adopter un nom au niveau mondial, et devient Cap Gemini. Une nouvelle Strategic Business Area en Asie, basée à Singapour, est lancée.
En 1997, le groupe acquiert les 51 % restants du capital de Bossard Consultants, leader français du conseil employant et générant de chiffre d'affaires. La même année, Daimler-Benz cède sa participation dans le capital du groupe. La crise économique et du secteur informatique, ainsi que les conflits entre les dirigeants de Cap Gemini et de l'actionnaire allemand, pousseront Daimler-Benz à vendre sa participation alors qu'en 1991, il envisageait clairement de racheter Cap Gemini. La CGIP par un montage financier acquiert la participation de Daimler-Benz et possède 34 % du capital, seuil limite avant le déclenchement d'une OPA.
À partir de 2005 : Retour à la croissance