Sialkot (en ourdou : le سیالکوٹ) est une ville située dans le nord de la province du Pendjab au Pakistan aux pieds des crêtes enneigées du Cachemire près du fleuve Chenab. Elle se trouve à environ 125 kilomètres au nord-est de Lahore et seulement à quelques kilomètres de Jammu.
C'était l'ancienne Sagala, capitale du roi indo-grec Ménandre .
La ville est peuplée de plus de habitants selon le recensement de 2023.
Histoire « Sagala » ou « Sangala », qui désignait en grec ancien l'actuelle cité de Sialkot, au Pakistan, se trouve dans le nord du Pendjab. C'était la capitale du royaume gréco-bactrien de Ménandre I. Les habitants de la région l'appelaient Sakala dans l’Antiquité.
D'après le Mahabharata On y retrouve le nom de Sakala, avec une rivière nommée Apaga, et un clan des Vahikas appelé clan des Djarttika (Mbh 8:44). Nakoula, se rendant à Sakala, ville des Madras, fit accepter par amour par son oncle Chalya l'audace des Pandava (Mbh 2:31).
Destruction par Alexandre le Grand vignette|Sagala était une forteresse du Pendjab oriental, marquant la limite extrême des campagnes d’Alexandre en Asie (Pakistan).
Cette ville est mentionnée dans la geste d'Alexandre le Grand dans les colonies perses d’Asie orientale. Après avoir franchi l'Hydraotes, Alexandre, rejoint par Porus et ses éléphants ainsi que guerriers indiens, mit le siège devant Sagala, où les Cathéens s'étaient retranchés. Une fois prise, la ville fut rasée et ses habitants mis à mort :
Sagala, une fois reconstruite, devint la tête de pont des Grecs et fut annexée à l'empire d'Alexandre.
Le royaume gréco-bactrien Sagala fut la capitale du roi gréco-bactrien Ménandre (entre 160 et 135 av. J.-C.), en sanskrit « Milinda ».
Plusieurs villes gréco-bactriennes possédaient une architecture grecque. Contrairement aux autres satrapies, les sources littéraires indiquent que les Grecs et la population autochtone de villes comme Sagala vivaient en relative harmonie, certains indigènes exerçant même des fonctions publiques et quelques Grecs se convertissant même au Bouddhisme et épousant les traditions locales.
Mais les meilleures descriptions de Sagala nous viennent du Milinda Panha, un dialogue entre le roi Ménandre et le moine bouddhiste Nagasena. Certains historiens, à l'instar de Sir Tarn, estiment que ce document est postérieur d'un siècle environ au règne du roi Ménandre, ce qui témoignerait du souvenir de prospérité et de bienveillance laissé parmi ses sujets ; cela confirme la théorie selon laquelle le souverain aurait même été considéré comme un « Chakravartin ».
Dans le Milinda-panha, la ville de Sagala est ainsi décrite :
L'ère Sounga vignette|Sagala au sein de l'empire des Chounga, entre 185 et 73 av. J.-C.
Après avoir détruit l'Empire Maurya, Pouchyamitra Sounga établit son propre empire et l'étendit au nord-ouest jusqu'à Sagala. Selon l'Açoka-vadana () :
Dans la Géographie de Ptolemée (), la ville est dénommée « Sagala ou Euthydemia. »
L'invasion des Hephtalites Devenu chef des Huns Hephtalites (512-528), Mihirakoula, fils de Toramâna, envahit l’Inde du Nord et établit sa capitale à Sakala. Il est cité comme adorateur du dieu hindou Shiva dans une inscription du temple du soleil situé dans le territoire de Gwalior. D’après la Râja-taranginî, c’est un tyran d’une grande cruauté.
Économie
Elle est l'un des centres industriels principaux du Pakistan, bien connu pour la fabrication et l'exportation d'instruments chirurgicaux, d'instruments de musique, d'articles de sports (notamment des balles de baseball cousues main), de maroquinerie, de textile et de nombreux autres produits.
La ville concentre ainsi les deux-tiers de la production mondiale de ballons de sports. Les conditions de travail sont souvent déplorablesAu Pakistan, la capitale mondiale des ballons de foot sur Slate.fr, 16 mars 2010.
Démographie La population de la ville a été multipliée par plus de trois entre 1972 et 2017, passant de habitants à lors du recensement de 2017. Entre 1998 et 2017, la croissance annuelle se situe à 2,4 %, soit le même niveau que la moyenne nationale Pakistan: Provinces and Major Cities sur citypopulation.de. Selon le recensement de 2023, la population grimpe à habitants.
La ville est essentiellement pendjabie, puisque près de 86 % des habitants en parlent la langue. Environ 10 % des habitants ont l'ourdou pour langue maternelle, tandis qu'on compte quelques minorités Pachtounes parlant pachto (3 %)Population by mother tongue, sex and rural/urban pbs.gov.pk.
Essentiellement musulmane, la ville inclut une petite minorité chrétienne, comptant plus de fidèles, soit presque 4 % des habitants de la villePopulation by sex, religion and rural/urban sur pbs.gov.pk.
La ville compte l'un des plus fort taux d'alphabétisation du pays, à 83 % en 2023 (contre une moyenne nationale de 61 %), dont 84 % pour les hommes et 82 pour les femmesLiteracy rate, enrolments, and out-of-school population by sex and rural/urban sur pbs.gov.pk.
Elle est la septième plus grande ville de la province du Pendjab et la douzième au niveau national.
+Démographie de Sialkot1972 (rec.)1981 (rec.)1998 (rec.)2017 (rec.) 2023 (rec.)Population
Enseignement Une université des sciences et de technologie a été installée à Sialkot (près de Sambrial) avec la collaboration suédoise. Une université médicale y a également été fondée. Un institut polytechnique et une école d'infirmiers s'y trouvent aussi.
Aéroport international de Sialkot Une base de l'armée du Pakistan (cantonnement de Sialkot) est située à côté de la ville. L'aéroport international de Sialkot (SIAL) dessert la région de Sialkot, Gujranwala et Gujrat.
Politique
Depuis le redécoupage électoral de 2018, la ville est représentée par les deux circonscriptions 36 et 37 à l'Assemblée provinciale du Pendjab. Lors des élections législatives de 2018, elles sont remportées par un candidat du Mouvement du Pakistan pour la justice et un de la Ligue musulmane du Pakistan (N) PP-36 (Sialkot-II) sur ecp.gov.pk PP-37 (Sialkot-III) sur ecp.gov.pk.
+Résultats à l'Assemblée provinciale lors des législatives de 2018 Parti Voix % Élus provinciaux Mouvement du Pakistan pour la justice 44,03 % 1 Ligue musulmane du Pakistan (N) 41,94 % 1 Muttahida Majlis-e-Amal 5,74 % 0 Tehreek-e-Labbaik Pakistan 4,43 % 0 Autres partis 2,76 % 0 Indépendants 1,09 % 0 Total exprimés (participation : 51,39 %) 100 % 2 Source : Commission électorale du Pakistan
Personnalité Mohamed Iqbal (1877-1938), Écrivain musulman de l'Inde, y est né. Rehman Malik (1951-2022), Homme politique pakistanais, y est né.
Références
Voir aussi
Catégorie:Ville dans la province du Pendjab (Pakistan)