Le Buis commun ou Buis toujours vert (Buxus sempervirens) est une espèce de plantes à fleurs du genre Buxus de la famille des Buxacées, à l'odeur caractéristique. C'est un arbuste à feuilles persistantes qui peut atteindre une hauteur de 5 à . Il produit au printemps des fleurs axillaires de petite taille. Les abeilles aiment visiter ses fruits au suc très sucré à l'automne.

Historique et dénomination L'espèce Buxus sempervirens a été décrite par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1753Linnaeus, C. (1753) Species Plantarum, Tomus II: 983.

Synonymie Buxus arborescens (L.) Mill., Gard. 1768 (L.) Mill., Gard. Dict., ed. 8, . 1768. Buxus colchica PojarkNauno-Issl. Rabot. Otd. Biol. Nauk 1945: 7. 1947.. Buxus hyrcana PojarkNauno-Issl. Rabot. Otd. Biol. Nauk 1945, 3. 1947.. Buxus myrtifolia Lamarck 1785 Lamarck 1785 Encycl. Méth. Bot., 1, 511. 1785. Buxus sempervirens f. angustifolia Elías & Sennen (nom invalide) Buxus sempervirens f. latifolia Sennen & Elías, dans sched. (MA 75885), (nom invalide) Buxus sempervirens f. macrocarpa Sennen, dans sched. (MA 75884), (nom invalide) Buxus sempervirens f. microrrhina Cuatrec., Cavanillesia 3: 15. 1930. Buxus sempervirens f. myrtifolia Lamarck, C.K.Schneid 1907 Lamarck, C.K.Schneid., Ill. Handb. Laubholzk. 2:140. 1907. Buxus sempervirens f. pendula (Dallim.) Rehder 1949(Dallim.) Rehder 1949,Bibl. cult. trees 390. 1949., Buxus sempervirens f. prostrata (Bean) Rehder 1949(Bean) Rehder 1949, Bibl. cult. trees 390. 1949., Buxus sempervirens subsp. hyrcana (Pojark.) Takht. 1972 (Pojark.) Takht. 1972Bot. Zhurn. 57(2): 250. 1972. Buxus sempervirens var. arborescens L., Sp. Pl. 1: 983. 1753. Buxus sempervirens var. suffruticosa L., Sp. Pl. 1: 983. 1753. Buxus sempervirens var. emarginata Sennen, Pl. Espagne n.° 3572 (MA 75889), (nom invalide) Buxus sempervirens var. myrtifolia (Lam.) Sweet Buxus sempervirens var. pendula Dallim., Holly Yew Box 228. 1909. Buxus sempervirens var. prostrata Bean, Trees shrubs hardy Brit. Isles 1:278. 1914. Buxus suffruticosa (L.) Mill., Gard. Dict., ed. 8, . 1768.

Description vignette|gauche|Tronc et écorce de Buis. vignette|gauche|Coupe - 95 à 100 cernes vignette|Feuilles (Jardin des plantes de Toulouse). vignette|gauche|Fleurs (Jardin des plantes de Toulouse). vignette|droite|Fruit. Le buis est une plante à croissance très lente, qui peut vivre plusieurs siècles. Il peut atteindre alors jusqu'à de hauteur en climat tempéré et jusqu'à en zone subtropicale.

Son bois est particulièrement dur, ce qui lui valut d'être utilisé comme matériau pour fabriquer des outils durant la Préhistoire avant la maîtrise du métal.

Il forme des branches courtes. Les feuilles ovales sont d'abord vert tendre puis plus foncé. Elles mesurent de 1 à de long et la moitié en largeur.

Le buis est monoïque. De mars à mai apparaissent à l'aisselle des feuilles de discrètes grappes de fleurs jaunâtres parfumées. Chaque grappe est généralement constituée d'une fleur femelle terminale et de plusieurs fleurs mâles pendantes. Une corolle est absente, il n'y a que quelques très petites sépales. Les fleurs femelles ont trois styles, chacune avec un stigmate en deux parties, les fleurs mâles ont chacune quatre étamines. Les fleurs produisent en abondance du nectar et du pollen et sont donc volontiers visitées par les abeilles et les mouches.

Le fruit est une capsule brune ou grise, coriace, d'environ de long, contenant de nombreuses graines matures en septembre. Le parfum des semences attire les fourmis, ce qui fait du buis l'une des rares plantes ligneuses d'Europe centrale dont les graines sont disséminées par les fourmis (myrmécochorie).

Phytosociologie Au même titre que le chêne kermès, qu'il concurrence sérieusement comme ayant la même écologie, le buis, pourtant moins méditerranéen que ce dernier, constitue un élément important de certains paysages des garrigues élevées et des causses ; toutefois, il peut descendre jusqu’à une faible altitude, sur des substrats calcaires, mais aussi sur des marnes, et privilégie les versants nord. Coupé ou incendié, il devient rampant et se plaque au sol ; s'il n’est pas entravé dans son développement, il s'élance et émerge des autres végétations, qu'il finit par étouffer. Il résiste bien à l'érosion, car il s'accroche aux fissures et diaclases, ce qui lui permet de croître dans les ravins profonds. Il a des semis nombreux aux endroits dénudés..

Statuts de protection, menaces L'espèce n'est pas considérée comme étant menacée en France. En 2021, elle est classée Espèce de préoccupation mineure (LC) par l'UICN.

Toutefois, l'espèce peut se raréfier localement : elle est considérée en Danger (EN) en Alsace.

Culture Le buis préfère la mi-ombre, mais tolère le soleil s'il a assez d'humidité, apprécie les sols légèrement calcaires, bien drainés et riches, mais s'adapte à de moins bons sols, nécessite un hiver froid pour réduction de ses parasites, à l'exception d'une chute trop brutale de la température en quelques heures, résiste au gel, au vent et à la sécheresse, 10 à 12 jeunes plants par mètre pour les bordures.

Multiplication La multiplication non naturelle du buis peut se faire par semis (très lent), par marcottage ou par bouturage (méthode la plus courante car la culture de semences est très longue).

• Pour bouturer, on prélève de septembre à mars des branches de 10 à de longueur dont on défolie les deux tiers inférieurs qu'on plante dans le sol jusqu'aux premières feuilles en protégeant du plein soleil. Les boutures prélevées en août forment des racines avant l'hiver. La deuxième année, on transplante dans un pot de taille supérieure en maintenant l'ombre et l'humidité toute l'année. Enfin, la transplantation peut avoir cours avec plus de succès lorsque l'enracinement est bien dense.

Répartition Buxus sempervirens se trouve du Portugal, en passant par le Nord de l'Espagne et par la France, jusqu'en Allemagne, en Angleterre, au sud de la Belgique, au Luxembourg et en Suisse.

Le buis fait partie de la flore belge actuelle, mais n'a jamais été une plante autochtone de l'Italie (malgré les textes de Pline l'Ancien et d'autres anciens).

Par contre, on la retrouve dans les Balkans (l'ancienne Yougoslavie, la Grèce, le Kosovo…) jusqu'en Bulgarie.

Écologie Il est intéressant d'observer que ce buis ne présentera pas tout à fait le même aspect selon la qualité du sol, l'ensoleillement et la pluviométrie. Dans les endroits humides ou ombragés, sa feuille verte atteindra la plus grande surface et sera de couleur sombre alors que son bois pourra atteindre plusieurs mètres de haut. Dans les endroits plutôt secs et ensoleillés, la feuille sera plus claire, voire presque jaune, alors que son développement restera plus réduit. De fait, la croissance du buis semble favorisée par la fraîcheur et l'humidité. Toutefois, sa présence spontanée sur des sols secs et arides (par exemple, dans le Sud-Est de la France) montre que la chaleur ne le rebute pas.

On pourrait le comparer avec le houx (Ilex aquifolium) et l'if commun (Taxus baccata), espèces à même rôle écologique, et seules espèces d'arbustes à feuilles persistantes spontanées au nord de la Loire.

Ravageurs et maladies Le buis commun est sujet à diverses affections., en partie cumulables, dont :

Ravageurs Cochenille virgule du buis (Lepidosaphes ulmi), Cécydomie du buis (Monarthropalpus buxi).., Phytopte du buis ou galle du buis (Aceria unguiculata)., Psylle du buis (Psylla buxi), Pyrale du buis (Cydalima perspectalis), Tétranyque du buis (Eurytetranychus buxi),

Maladies cryptogamiques Dépérissement du buis (Cylindrocladium buxicola), Dépérissement du buis (Pseudonectria buxi, syn. Volutella buxi), Rouille du buis (Puccinia buxi)., Pourriture des racines et du collet (Pythium spp.), Phytophthora sp., Phytophthora, Pourriture noire des racines ou chalara (Thielaviopsis basicola, syn. Chalara elegans).

Ravageur 2017 : la pyrale Le buis commun est vulnérable à une chenille originaire de Chine, la pyrale du buis (Cydalima perspectalis). Cette chenille a été observée pour la première fois en Europe à Weil-am-Rhein, en Allemagne, en 2006. Elle a été signalée en masse en AlsaceSource : dès SAE SEM, http://sites.estvideo.net/sae/pyrale_du_buis.html%7C Société Alsacienne d'Entomologie oct. 2008 et progresse très rapidement partout en Europe et en France. La chenille détruit le buis en éliminant presque totalement son feuillage (défoliation)Source : .. En 2017, la France et la Suisse ont subi un développement inédit de la pyrale du buis.

L’animal La pyrale du buis connaît encore peu de prédateurs convenables : frelon asiatique, moineau domestique, mésange bleue…

Le traitement varie pendant le cycle de vie de cet insecte lépidoptère, (38 à 57 jours, à 25 °C, en France, en 2017, avec pause en dessous de 7 °C) : Papillon (adulte, imago) : à éliminer si possible avant ponte, et alimentation sur divers végétaux : Repérage visuel, nocturne et diurne : tout éclairage nocturne attire, public ou privé. Piège à phéromone (spécifique, du commerce ou du producteur), à renouveler mensuellement, à multiplier selon le volume végétal à traiter (100 insectes (mâles ?) par 24 h, à évacuer, en période chaude), Bassine d’eau avec savon ou produit vaisselle, avec éclairage nocturne (borne solaire forte), Filet de protection envisageable uniquement pour topiaires et petites haies, mais sur 8 mois (hiver fort exclu), Pulvérisation de produit anti-pyrale (biocompatible), pas très efficace. Ponte sur une semaine. L’insecte s’abrite de jour en sous-bois, dans les buis ou non, endommage et consomme peut-être d’autres éléments végétaux. L’insecte peut devenir invasif, même à l’intérieur des habitations.

Œufs : en sous-feuille, à éliminer avant éclosion, et avant destruction des feuilles et jeunes pousses, traitement possible par trichogramme(s), uniquement après vol et ponte : micro-hyménoptères qui parasitent les œufs des pyrales.

Chenille (larve, 4 semaines, première visibilité par les soies), à éliminer, avant transformation en chrysalide puis papillon : destruction individuelle mécanique : pouce-index (avec ou sans gant), pincette, cure-dent… destruction collective par pulvérisation de produit au ‘’bacillus thuringiensis’’ (Bt, biocompatible), par pulvérisateur (1 l, 5 l, 10 l, 20 l)… pulvérisation de tanaisie commune (eau où a séjourné un mois suffisamment de tanaisie), ou de simple vinaigre.

Nymphe (chrysalide, cocon) : à éliminer avant transformation en papillon, par traitement du support végétal, des déchets végétaux, et du sol (dont rocaille).

Le produit (au Bt). à pulvériser est le seul produit efficace contre la chenille, à condition d’être renouvelé, surtout quand le buis est en buisson (large, profond, haut), et après toute pluie. Le produit est dangereux aussi pour l’homme : gants, lunettes, masques, sans utilisation en milieu de journée, ni par vent. D’autres produits, insecticides chimiques, non biocompatibles, sont plus destructeurs, mais non ciblés, donc encore plus dangereux pour l’homme, les autres animaux (abeilles…), les autres végétaux.

Le traitement le plus pertinent reste de limiter son champ d’action, par réduction de son support et alimentation, le buis, à tailler vigoureusement.

Le végétal

Le buis commun (‘’buxus sempervirens’’) est un arbuste rustique, robuste, ancien en Europe, sans doute autochtone, endémique, toujours vert, à croissance lente, particulièrement adapté aux terrains calcaires. En taillis, bois, forêt, il peut devenir arborescent (dépassant 5 mètres de hauteur, avec tronc de diamètre supérieur à 10 cm).

L’utilisation du buis en buisson, ou en bordure, est ancienne, sauvage, et majoritaire, particulièrement en friche, bois, broussaille, etc.

L’utilisation en massif, ou en haie, est plus récente. Le buis taillé, en topiaire, reste minoritaire.