Le séniorat est, en droit des successions, une loi coutumière appliquée par la plupart des dynasties magyares. et slaves du haut Moyen Âge, selon laquelle la couronne va au membre le plus âgé et/ou le plus compétent de la famille régnante.
Le successeur est habituellement connu du vivant du monarque en exercice.
En Europe
La succession par séniorat a donné lieu à des querelles intestines sanglantes qui ont contribué à la dispersion voire la disparition de la dynastie Piast en Pologne, de la dynastie Árpád en Hongrie, de la dynastie riourikide de la Rus' de Kiev et de la dynastie přemyslide en Bohême, ce qui explique que ce mode de succession a été finalement remplacé par la succession par primogéniture ou la succession par élection.
Dans l'Empire ottoman
La succession de la dynastie ottomane est devenue une succession par séniorat à partir du règne du sultan Soliman II (r. 1687-1691). Cette règle est toujours en vigueur au sein des prétendants au trône de la dynastie déchue. Ainsi le très âgé prince Haroun a succédé en 2021 à « Osman VI » en vertu de cette règle.
En Arabie saoudite
Avant même d'unifier l'Arabie saoudite, Ibn Séoud avait désigné comme héritier son fils aîné Turki, né en 1900, mais sa mort prématurée en 1919 a contraint le monarque a déterminer sa succession future entre ses nombreux fils sous une forme proche du séniorat. Aussi le prince Saoud, en tant que fils aîné survivant du roi, est devenu l'héritier officiel plutôt que Fayçal ibn Turki, le tout jeune enfant de feu le prince Turki (ce qui aurait été le cas dans une succession par primogéniture où le fils de l'héritier décédé prime sur le frère cadet de l'héritier décédé).
À la mort du roi Abdelaziz en 1953, le prince héritier Saoud monte sur le trône. Cependant, la règle de succession dynastique des tribus arabes prévoit la transmission du pouvoir aux frères puis aux demi-frères du roi, par rang d'âge, l'héritier étant ensuite confirmé par le conseil de famille. Dès lors, la dynastie saoudienne est régie par la succession adelphique.
Bien que des frères de plus en plus âgés se succèdent, la transmission de la couronne demeure quelque peu aléatoire puisque le roi n'est pas nécessairement l'aîné : « Chaque roi potentiel est à la tête d’une faction, dont la puissance est déterminée par la force de son clientélisme, son soutien dans les forces armées et ses appuis dans le monde religieux et intellectuel. ». Il s'agit donc d'une forme de succession assimilable au séniorat, mais avec des nuances de realpolitik qui font que le plus vieux fils vivant du roi Abdelaziz ne devient pas nécessairement héritier de son frère monarque.
Finalement la succession adelphique en Arabie saoudite a pris fin en pratique en avril 2015 : officiellement, le prince héritier Moukrine a demandé lui-même à « être relevé de ses fonctions de prince héritier ». C'est la première fois dans l'histoire de l'Arabie saoudite qu'un prince héritier est écarté de la succession. Son neveu, le prince héritier en second Mohammed ben Nayef, prend alors sa place jusqu'à sa propre destitution en 2017. La succession adelphique et toute proximité avec le séniorat disparaissent alors que Mohammed ben Salmane est désigné prince héritier par son père.
Articles connexes Loi salique Primogéniture Tanistrie Succession adelphique
Références
Catégorie:Droit féodal Catégorie:Droit des peuples slaves Catégorie:Droit des successions Catégorie:Monarchie