Georges de Scudéry, né le au Havre et mort le à Paris, est un romancier, dramaturge et poète français.

Biographie de Georges de Scudéry Venant d’une famille noble provençale d’Apt, qui se prétendait d’origine sicilienne, son aïeul et son père ont suivi la carrière des armes, et celui-ci a rempli la charge de lieutenant du roi au Havre. Resté orphelin et presque sans fortune, vers l’âge de douze ans, sa sœur Madeleine a été recueillie par un riche oncle..

Après avoir achevé ses études, il a fait partie de l’armée du duc de Savoie puis de Louis XIII, et se signale, à l’en croire, sur terre et sur mer. À l’âge de trente ans, il commande le régiment de Scudéry. Ayant connu le poète Théophile de Viau pendant un séjour dans le Midi, il quitte l’état militaire pour se livrer tout entier à la littérature et publie, en , une édition de ses Œuvres, avec une préface pleine de rodomontades, où il prend sa défense contre ses ennemis.

Ses premiers écrits montrent un matamore littéraire, d’une vanité puérile et d’une réjouissante outrecuidance, qui se donne la gloire, sans l’attendre, en faisant sans cesse allusion à la noblesse de sa maison, à ses exploits militaires, et pose sans cesse en gentilhomme et en capitaine qui déroge en consentant à écrire :

Dans la préface de Lygdamon et Lydias, son premier ouvrage dramatique, il écrit : Aujourd’hui, ce théâtre de Scudéry est peu lu, voire presque totalement ignoré..

Son ton avantageux et soldatesque, sa présomption, jointe à sa prolixité, ont été cruellement raillés par Nicolas Boileau dans des vers célèbres :

Poussé par le besoin, ainsi que les succès qu’il obtenait, il produit de façon incessante, surtout pour le théâtre, ayant soin de dédier ses œuvres aux personnages les plus considérables, particulièrement à Richelieu. Ce fut lui qui donna le signal de la levée de boucliers contre Corneille après la représentation du Cid. Bien que lié d’amitié avec le poète, il publie anonymement des Observations (1637), auxquelles Corneille répond par l’Examen à Ariste, puis par une Lettre apologétique.

Piqué au vif, Scudéry provoque, dans sa Lettre à l’illustre Académie, l’examen de la tragédie attaquée à ce corps savant. Non content d’avoir réussi dans son projet, il tente d’opposer au Cid une de ses propres pièces, l’Amour tyrannique, que son ami Sarrasin a vainement supplié l’Académie de prouver que c’était le chef-d’œuvre de la scène française.

Longtemps bénéficiaire de la protection du cardinal de Richelieu, il adopte, après la disparition de ce ministre, une prudente neutralité à l’égard du cardinal Mazarin, qui le nomme gouverneur du fort de Notre-Dame-de-la-Garde, forteresse située près de Marseille (1644-1647) et lui confère un brevet de capitaine des galères, charge purement honorifique quoique lucrative. Parti, avec sa sœur cadette Madeleine, pour son poste, il n’a eu rien de plus pressé que de chanter sa forteresse en vers ampoulés, qui contrastent singulièrement avec la description railleuse qu’en ont fait Chapelle et Bachaumont. Quelques années plus tard, faute de ressources suffisantes pour entretenir et payer ses soldats, il doit la quitter..

Son recueil poétique Le Cabinet de M. de Scudéry, qui décrit une collection imaginaire de tableaux, dessins et gravures, date de ces années marseillaises et présente son auteur comme un grand amateur d’art et un véritable précurseur de la critique d’art..

Revenu à Paris, au moment de la Fronde, il s’attache au parti du Grand Condé et fut exilé en Normandie. Il publia des Poésies diverses puis, à la mort de Vaugelas, il parvient, grâce à ses protecteurs, à se faire élire à l’Académie, en 1650.

C’est surtout à partir de ce moment qu’ont paru sous son nom les grands romans qui ont fait les délices des ruelles et lui ont valu la meilleure part de sa réputation, bien que ces romans aient été, en réalité, écrits par sa sœur Madeleine, et qu’il n’y fût lui-même que pour fort peu de chose. Cela ne le dérangeait pas outre mesure de s’attribuer les travaux de sa sœur. La part respective des deux auteurs peut néanmoins se déduire de la prédominance des aventures guerrières ou des conversations galantes. Ainsi, on peut penser que Almahida est presque entièrement dû à Georges, tandis que la part de Madeleine est évidente dans Clélie, mais également à partir du cinquième volume d'Artamène ou le Grand Cyrus.

Installé à Rouen, il épouse, en 1655, la riche Marie-Madeleine de Martinvast, belle personne et d’esprit distingué, qui entretiendra une longue correspondance avec Roger de Bussy-RabutinRoger de Bussy-Rabutin, Marie-Madeleine de Scudéry, Correspondance, Éd. Christophe Blanquie, Paris, Classiques Garnier, 2019.. Il publie, à cette époque, le poème d’Alaric.

La reine Christine lui avait promis pour la dédicace du livre une chaîne d’or de mille pistoles, mais elle lui fait demander par Urbain Chevreau de rayer les vers où il parlait du comte de La Gardie, qui était tombé dans sa disgrâce : La reine ayant reçu le poème imprimé tel qu’il avait été écrit et n’envoya rien. Scudéry n’eut pas même un remerciement du comte de la Gardie..

Malgré son riche mariage, la pauvreté le force d’aller passer plusieurs années en Normandie. Il finit par obtenir du roi une pension de quatre cents écus, par l’intermédiaire du duc de Saint-Aignan, qui voulut, avec de Montpensier, présenter son premier enfant au baptême, en 1662. Sur la fin de sa vie, devenu dévot, il meurt d’apoplexie, et repose à Saint-Nicolas des Champs.

Œuvre Romans Avec Madeleine de Scudéry, Ibrahim ou l’Illustre Bassa, 1641. Repris au théâtre en tragi-comédie en 1643 par Georges. Avec Madeleine de Scudéry, Artamène ou le Grand Cyrus, 10 vol., 1649-1653. Avec Madeleine de Scudéry, Clélie, histoire romaine, 10 vol., 1654-1660. Avec Madeleine de Scudéry, Almahide, 8 vol., 1660-1663.

Théâtre Annibal, 1631. . . . Le Vassal généreux, 1635. . Le Fils supposé, 1636. . . Didon, 1637. . . . . Ibrahim ou l’Illustre Bassa, 1642), tirée du roman éponyme. Arminius, 1643. Axiane, 1643.

Autres Observations sur « Le Cid », 1637. Preuve de passages allégués dans les « Observations sur « Le Cid », 1637. . . .

Notes et références

Bibliographie . Christian Biet et Dominique Moncond’huy, Le Cabinet de M. de Scudéry. Édition critique, Paris, Klincksieck, 1991. Gédéon Tallemant des Réaux, Historiettes t. 2, texte intégral établi et annoté par Antoine Adam, Paris, Gallimard, 1970, . . Georges de Scudéry et le théâtre, Jörn Steigerwald, Hendrik Schlieper (éds.), Tübingen, Papers on French Seventeenth Century Literature XLVI, 91, 2019. .

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