vignette|L'Arbre de la connaissance (tableau de Lucas Cranach l'Ancien). L'arbre de la connaissance du bien et du mal (en hébreu עֵץ הַדַּעַת טוֹב וָרָע ets hada'at tov va'ra), ou simplement « arbre de la connaissance », est un symbole du Livre de la Genèse.
Suivant le récit biblique, il est l'un des deux arbres non alimentaires plantés par Dieu dans le jardin d’Éden, l'autre étant l'arbre de vie.
Récit biblique Selon la Bible (Livre de la Genèse, ch. 2 et 3), l'arbre de la connaissance du bien et du mal se situait dans le jardin d'Éden, où vivaient Adam et Ève. Dieu interdit à Adam de manger du fruit de ce seul arbre et le prévint que le jour où il en mangerait il en mourrait.
Ève est tentée par le serpent qui lui dit qu'ils ne mourront pas pour cela mais qu'ils seront alors comme des dieux qui connaissent le bien et le mal. Elle mange alors un fruit issu de l'arbre de la connaissance puis le donne à Adam.. Alors, Ils se firent des pagnes et se cachèrent lorsqu'ils entendirent le pas de Dieu.
Dieu appela l'homme qui lui dit s'être caché par honte de sa nudité. Dieu comprit alors qu'Adam avait mangé des fruits de l'arbre défendu, puisque sa nudité originelle lui apparaissait comme un mal. L'homme chercha à se disculper en rejetant la responsabilité sur la femme ; et elle-même sur le serpent.
Dieu punit alors tour à tour le serpent, la femme et l’homme. Il renvoya du jardin d'Éden l’homme et la femme qui s’étaient appropriés la connaissance du bien et du mal, pour qu'ils ne mangent pas du fruit de l'arbre de vie qui les rendraient éternels comme Dieu.
Essences assimilées à l'arbre vignette|redresse|L'arbre de la connaissance du bien et du mal, bas-relief extérieur du Dôme de Milan. Le fruit défendu n'étant pas décrit dans le texte biblique, l'arbre de la connaissance du bien et du mal a été assimilé à différentes essences. La tradition juive y voit souvent un figuier qui est présenté comme l'arbre qui permet à Adam et Ève de couvrir leur nudité une fois le fruit défendu consommé. La littérature apocryphe chrétienne, à travers l'Apocalypse de Moïse explique qu'à la suite de cet épisode tous les arbres perdent leurs feuilles à l'exception du figuierLise Wajeman, La parole d'Adam, le corps d'Ève : le péché originel au , éd. Droz, 2007, 59, extrait en ligne.. Mais on trouve toutes sortes d'arbres dans les différentes représentations de la scène. Des représentations judaïques proposent parfois un citronnier, d'anciennes représentations chrétiennes, une vigne , un dattier, un cerisier ou le cédrat comme montré en 1432 dans le retable Adoration de l'Agneau mystique des frères van Eyck.
gauche|vignette|Détail du retable Adoration de l'Agneau mystique les frères van Eyck peignent un cédrat dans la main d'Eve.
Au Moyen Âge, la tradition chrétienne occidentale identifie l'arbre à un pommier pour plusieurs raisonsSuzel Fuzeau-Braesch, Pour l'astrologie: Réflexions d'une scientifique, Albin Michel, , page 169. : à cause de la signature anatomique (pomme d'Adam, pomme assimilée au sein d’Ève), de l'homophonie et de l'homographie en latin vulgaire entre les mots mālum (a long en latin classique) pour « le pommier »En latin classique, le mot pouvait désigner d'autres essences que le seul pommier mais cette acception s'impose à partir du ; cf. Michel Pastoureau, « Bonum, malum, pomum. Une histoire symbolique de la pomme », dans L'Arbre : histoire naturelle et symbolique de l'arbre, du bois et du fruit au Moyen Âge, éd. Le Léopard d'or, 1993, 155 et suiv. et mălum (a court en latin classique) pour « le mal »Jean-Yves Tilliette, Des mots à la parole, éd. Droz, 2000, 143, extrait en ligne.. Si, à la Renaissance, le fruit défendu tend à se réduire aux deux solutions traditionnelles de la figue et de la pomme dans les représentations, c'est cette dernière qui s'impose progressivement dans l'imaginaire occidental.
Interprétations chrétiennes vignette|redresse=1|L'arbre de la connaissance du bien et du mal, par Jacob Meydenbach, Hortus sanitatis (1491), avec assimilation du serpent au corps féminin. Le fait que la femme puis l'homme mangent le fruit défendu de l'arbre de la connaissance du bien et du mal est appelé « péché originel » par le christianisme. L'expression ne figure pas dans la Bible et le concept est absent du judaïsme. La manière dont ce « péché » se transmet a donné lieu à différentes doctrines dans le christianisme.
Au début du , Augustin d'Hippone, en réaction au manichéisme, a écrit sur le libre arbitre le traité De libero arbitrio, œuvre de jeunesse, qui fut remarquée par le moine breton Pélage. Celui-ci en fit à son tour une interprétation qui fut critiquée par Augustin dans de nombreux ouvrages, où il établit la doctrine du péché originel à partir du chapitre 3 du Livre de la Genèse relatif à la Chute, où il est question de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, ainsi que de quelques passages du Nouveau Testament. Le de Carthage en 418 affirma les doctrines du péché originel et de la grâce salvifique, contre les positions de Pélage et de ses disciples (le pélagianisme).
Le genre littéraire de Genèse 1-11 est celui du mythe.
Notes et références
Annexes
Bibliographie
Robert Alter, The Five Books of Moses: A Translation with Commentary, New York, W. W. Norton & Company, 2004 . Willibald Sandler, Der verbotene Baum des Paradieses. Was es mit dem Sündenfall auf sich hat, Kevelaer, Topos Taschenbuch, 2009 .
Articles connexes
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