L'engin blindé de reconnaissance (EBR) est un véhicule blindé français produit par Panhard. Il est en service dans l'armée française de 1951 à 1984 pour la reconnaissance blindée.

Historique Le Panhard 201 à huit roues est conçu en 1939 par pour répondre au programme d'automitrailleuse de 1938 émis par l'armée française<François Vauvillier, Tous les blindés de l'armée française - 1914-1940 Histoire de guerre, blindés & matériel, GBM 100, avril, mai, juin 2012, , , .. Ce matériel est commandé en mais ne peut être produit après juin 1940.

Le Panhard 212 reprend la base agrandie du modèle 201.

vignette|gauche|Ligne d'assemblage des EBR à Paris en 1951.

Le véhicule entre en production en 1951 sous le nom d'EBR, pour un total de . Le de hussards reçut les premiers exemplaires en 1952 pour essais.

Il subit deux évolutions au cours de sa carrière. La tourelle FL 10 de l'AMX-13 est adaptée en 1954, avec un canon de calibre 1954 EBR PANHARD mod 55, chars-francais.net.. Un canon de calibre est installé en 1964 sur la tourelle FL 11..

En 1957, pour les opérations durant la guerre d'Algérie, un peloton de véhicules blindés de l'armée française dispose organiquement de cinq EBR, un dirigeant le peloton et deux groupes de deux EBR, d'un groupe de protection avec cinq jeeps Willys MB ou Hotchkiss M201 et d'un groupe de support de mortiers avec deux jeeps.

Le tableau d'effectifs et de dotation ABC 012 - « Escadron d'EBR » - spécifique pour le déploiement en Afrique du Nord est le suivant: L'escadron a un effectif de 210 hommes: 6 officiers, 29 sous-officiers, 175 cavaliers répartis en: 1 peloton de commandement constitué de 33 hommes (1-6-26) matériel: 2 jeeps - 3 motos - 3 EBR - 1 Half Trak M16 quadritubes - 2 camions 1 peloton d'échelon constitué de 7 hommes (1-2-4) matériel: 1 Willys MB ou Hotchkiss M201 - 1 camion - 1 HT 3 pelotons d'EBR identiques constitués de 42 hommes (1-6-35) matériel: blindés 5 EBR - groupe porté 5 jeeps, 1 mortier de 81 mm, 2 LRAC de 73 mm, 1 camionnette 1 peloton porté constitué de 39 hommes (1-3-35) matériel: 3 groupes disposant chacun de 4 jeeps, 1 LRAC, 3 mitrailleuses

À partir de 1967, un escadron de recherche dispose de 4 pelotons de combat de 3 engins soit 12 au total, le peloton de commandement n'en disposant plus en propre. Sa zone d'action est de 10 à 20 km et il employé en collaboration avec les aéronefs de l'Aviation légère de l'Armée de terre.

Le Panhard EBR est employé durant la guerre d'Algérie pour surveiller entre autres les lignes Morice et Challe et utilisé durant la crise de BizerteHabib Bourguiba, Rapport confidentiel de l'amiral Amman - - COMPTE RENDU DES EVENEMENTS SURVENUS A BIZERTE DE JUIN A OCTOBRE 1961. BIZERTE le 20 novembre 1961. Le Vice-Amiral d’Escadre AMMAN, Commandant Supérieur de la base Stratégique de BIZERTE - 22 juillet : 14H. 30, le TG 253/6 entre à son tour dans le port de guerre avec le reliquat du personnel et matériels prévus à charrue longue ; en particulier les échelons lourds de la de Réserve Générale et deux escadrons du . Dès 16H30, le d’EBR de ce régiment était mis à la disposition du - 20 août : vers 10H30, nouvel incident au voisinage de BECHATEUR : des gardes nationaux prennent position à l’intérieur de notre dispositif. L’arrivée d’un peloton d’EBR les amène à se replier., la guerre d'indépendance de l'Angola Peter Abbott, Manuel Rodrigues et Ronald Volstad, Modern African Wars: Angola and Moçambique 1961-74, Osprey Publishing, 1988 , . ; la guerre des SablesFARMAROC : Guerre des Sables 1963 - Part IV (film sur la guerre des sables de 1963 entre le Maroc et l'Algérie) - apparitions : 2 min 52, 5 min 28 et 8 min 14 - et la guerre du Sahara occidental. Ce véhicule, démuni de sa tourelle, a transporté le cercueil du général de Gaulle à Colombey-les-Deux-ÉglisesMarie-Claude Aristégui, Il était sur le char. Militaire retraité, ancien hussard, Pierre Hoine vit aujourd'hui à Lagord. Sud Ouest, 10 novembre 2010..

Particularités des engins de reconnaissance français À partir de 1935, la France développe et utilise de nombreux modèles d'engins blindés de reconnaissance à roues, à la suite des réformes des divisions légères mécaniques et de l'introduction d'automitrailleuses à capacité antichar.

Cet effort procède d'un besoin tactique de couvrir les grandes étendues du champ de bataille, dans le contexte de lenteur et de faible autonomie des chars de combat de l'époque. Le char s'emploie de manière massive et concentrée, ce qui empêche sa dispersion dans des tâches de sûreté et d'éclairage blindé.

C'est donc un trait particulier aux véhicules de reconnaissance français que d'être puissamment armés : l'ancêtre de l'EBR, le Panhard 178 était armé d'un canon antichar de calibre , ce qui était, pour l'époque, un calibre important pour un si petit véhicule. Le successeur direct de l'EBR, l'AMX-10 RC, sera lui aussi un engin de reconnaissance à roues, armé d'un puissant canon de calibre à conduite de tir automatique, dont la puissance de feu est quasi similaire à celle d'un char de bataille des années 1980.

Dans le même esprit, on notera une configuration identique pour les AML 90 et l'ERC-90 Sagaie.

Ces engins de reconnaissance ne sont pas seulement destinés à la découverte et l'investigation (mission que peuvent remplir des véhicules plus légers et moins armés), mais aussi à des missions de sûreté dans les intervalles du champ de bataille (flanc-garde, reconnaissance offensive, protection) ce qui requiert une importante puissance de feu non seulement pour détruire les éléments avancés adverses, mais aussi pour s'opposer à une incursion blindée dans des actions de freinage ou de jalonnement.

Caractéristiques techniques

Le blindé est de taille contenue pour se dissimuler aisément, le volume interne est restreint.

La configuration de l'engin est originale : il est capable de circuler dans les deux sens, par une disposition symétrique avant / arrière et la présence de deux postes de conduite (inverseur). La caisse blindée est montée sur huit roues motrices, dont quatre roues intérieures entièrement métalliques qui se relèvent pour la conduite sur route et s'abaissent en terrain difficile..

L'engin est conçu pour résister aux effets des mines. La caisse est profilée et les garde-boue et trains de roulement se détachent en cas d'explosion, pour préserver le blindage. Les sièges sont attachés aux parois du véhicule, l'absence de liaison avec le plancher évite la transmission de l'onde de choc à l'équipage. Sur un total de vingt-huit attaques à la mine recensées en Algérie, aucun décès n'a été déploré..

Le moteur Panhard est un douze cylindres à plat refroidi par air, très compact et qui s'insère sous le panier de la tourelle. Ce groupe propulseur dérive du moteur à deux cylindres des DynaSerge Pivot, avec le concours de Robert Alazet, historien de l'association des anciens du de hussards, Véhicules d'exception, l'EBR Panhard Mle 51, ou , MVCG France - ; Charly Rampal, LOUIS DELAGARDE, Panhard Racing Team, 2010 - . Les pilotes (avant et inverseur) ne peuvent avoir une taille supérieure à et vissent leur volant une fois installés sur leur siège.

L'engin est équipé de la tourelle FL 111951 EBR PANHARD mod 51, chars-francais.net., armée d'un canon SA 49 de et de deux mitrailleuses de , coaxiale et sur la tourelle. Une mitrailleuse de est placée sous le volant de chaque conducteur.

vignette|Un EBR modèle 1951 armé d'un canon SA 49 de 75 mm.

Tourelle oscillante FL 11 Étudiée par Fives Lille à partir d'une l'idée de l'ingénieur Michaux, la tourelle FL 11 est composée de deux parties distinctes mais solidaires. Elle est simple : la supérieure, appelée corps oscillant, pivote en site sur deux tourillons encastrés dans le corps pivotant ou sellette. Elle permet le chargement automatique et la possibilité d'un tir rapide de trois obus dans le même temps que met une tourelle classique à n'en tirer qu'un seul.

Nomenclaturée FL 11, elle équipe l'EBR Mle 1951 et l'AMX 13 Mle 1951, aux puits de tourelle identiques. Servie par deux hommes : chef de voiture-chargeur et tireur, son mouvement s'effectue au moyen d'un servo-pointage hydraulique offrant une rotation totale en 14 secondes, ou manuellement à l'aide de volants. Son pointage en site est de -10° à +15°.

Les appareils d'observation et de pointage résident en une lunette de tir direct APX-L 852 au grossissement de 5,8, deux épiscopes pour le tireur, huit pour le chef de voiture, restent deux - chef de voiture et tireur qui contribuent à dégrossir le pointage.

Armement Jumelée à la pièce, la tourelle dispose d'une mitrailleuse MAC 31 E Reibel, calibre de 7,5 mm, si deux autres arment les deux extrémités de la caisse, quatre lance pots fumigènes complètent le dispositif.

La tourelle abrite vingt obus de , trente-six autres sont en caisses, la dotation pour les mitrailleuses est de , les chargeurs de + 1 inerte, douze grenades offensives complètent cette dotation.

SA 49 La tourelle FL 11 est agencée autour d'un canon de SA 49 à culasse semi-automatique. Il tire la munition perforante M61 APCBC-HE-T d'origine américaine utilisée par le canon M3 du même calibre armant le char M4 Sherman. Il tire aussi la munition du canon de modèle 1897 modifiée. Le canon SA 49 est reconnaissable par son frein de bouche à deux étages d'aubes. La vitesse initiale de l'obus perforant M61 est de , il perce d'acier à blindage à une distance de .

CN 90 F2 En 1964, les tourelles FL 11 montées sur les EBR Mle 1951 sont ré-armées avec un canon à basse pression D 924 de qui prendra plus tard l'appelation CN 90 F2. Le passage au calibre de est obtenu par réalésageIngénieur général de l’armement Michel Marest et ingénieur en chef de l’armement (retr.) Michel Tauzin, L'armement de gros calibre, T.9, COMHART : COMITÉ POUR L’HISTOIRE DE L’ARMEMENT TERRESTRE, T.9, 2008, . du tube du canon 75 SA 49 et par l'installation de deux freins latéraux. Le frein de bouche est réduit à un étage.

Le CN 90 F2 tire quatre types de munitions :

OCC90 EMP Mle 62 : un obus à charge creuse empenné capable de percer un blindage vertical en acier de ou sous une incidence de 60°. Le projectile pèse et possède une vitesse initiale est de . OCC90 Emp 63 : un obus explosif empenné contenant de tolite. SCC Emp 90 F1 : un obus antichar d'exercice. OX Emp 163 : un obus antipersonnel d'exercice.

Tourelle oscillante FL 10

Moteur Afin de répondre à une parfaite symétrie et aux spécificités du véhicule, le moteur de l'EBR, inspiré du bicylindre de la Panhard Dyna, ne peut être implanté que sous la tourelle. Il occupe les deux tiers arrière de l'emplacement disponible sous son plancher. En conséquence, les ingénieurs de Panhard développèrent un moteur à plat, refroidi par air, ne dépassant pas l'épaisseur de . Ce bloc n'entame en rien la hauteur de la caisse, qui n'est que de participant ainsi à la furtivité du véhicule. Le moteur Panhard type 12 H 6000 S, quatre temps à essence refroidi par air d'une cylindrée de , développe une puissance maximale de à , permettant à l'EBR d'atteindre les . Les d'essence, passant par deux carburateurs Zénith 50 INX, assurent une autonomie de pour une consommation comprise entre . La vitesse de croisière moyenne s'étend entre sur route, en tout chemin (terrain moyennement accidenté) et entre en terrain varié.