Françoise Hardy, née le à Paris (Seine) et morte le à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), est une auteure-compositrice-interprète et actrice française.
Le répertoire de Françoise Hardy, basé sur des mélodies mélancoliques qu'elle affectionne, est en grande partie le reflet des doutes, des interrogations et de l'anxiété que suscitent en elle les tourments des relations sentimentales et de la nostalgie en général. À son apogée, elle chante en français, anglais, allemand et italien..
Parallèlement à la chanson, elle s'est intéressée à l'astrologie dans laquelle elle voit un complément à la psychologie.
Biographie Enfance, adolescence et apprentissage de la chanson Françoise Madeleine Hardy est née à la clinique Marie-Louise située au 3, cité Malesherbes dans le de Paris, le vers 21 h 30, lors d'une alerte à la bombe sous l'occupation allemande. Johnny Hallyday, qui a participé au même courant musical yéyé du début de leur carrière, y est né quelques mois plus tôt.. La jeunesse de Françoise Hardy se déroule en vase clos dans un deux pièces au 24, rue d'Aumale, dans le PARIS - Paradis des rockers, auprès d’une mère aide-comptable dont elle porte le nom de naissance, Madeleine Hardy, restée célibataireMadeleine Hardy (1920 – 1991), Françoise Hardy, Le Désespoir des singes… et autres bagatelles, Robert Laffont, 2008. et d’une sœur cadette, Michèle, née le et décédée en 2004Michèle Hardy ( – ), Françoise Hardy, Le Désespoir des singes… et autres bagatelles, Robert Laffont, 2008.. Sa mère dort dans la salle à manger et Françoise partage la chambre avec sa sœur..
Son père, Étienne DillardFrançoise Hardy, un long chant d'amour, de Frédéric Quinonero, Éditions de l'Archipel, 2017, directeur d'une fabrique de machines à calculer, frère d'un jésuite, le bienheureux Victor Dillard, résistant, déporté à Dachau, est issu d'une famille bourgeoise de Blois. Divorcé d'une première épouse et remarié en 1938 avec Renée Hélène de Bakounine, de la noblesse russe, dont il divorce en 1967, il est rarement présent et oublie souvent de payer la pension alimentaire ou les frais scolairesLaurent Delahousse, « Françoise Hardy et Jacques Dutronc », émission Un jour, un destin sur France 2, 13 novembre 2013.. Il ne reconnaîtra ses filles que bien plus tard..
Françoise Hardy passe régulièrement les week-ends chez ses grands-parents maternels, qui habitent en banlieue nord de Paris à Aulnay-sous-Bois, rue du TilleulInterview Obsession : Françoise Hardy, L'Obs, le . Sa grand-mère se montre désagréable avec son entourage et Françoise, qui subit ses brimades, en est profondément affectéeFrançoise Hardy sur son enfance et sa grand mère, Institut national de l'audiovisuel, 15 décembre 1991.. Quant à son grand-père, le plus souvent mutique à force d'être rabroué par sa femme, il ne lui adresse pour ainsi dire qu'une seule fois la parole, en 1962, alors qu'elle est propulsée au devant de la scène, par cette simple question : , qui la touche particulièrement ce jour-là, peu habituée à de la tendresse de sa partFrançoise Hardy, une vraie parisienne, France Bleu, 12 juin 2024.. Bien qu'elle fasse souvent des cauchemars la nuit chez ses grands-parents, elle cherche à se divertir la journée par de la lecture, en dégustant les fruits du jardin potager et plus tard devant la télévision, malgré les restrictions de sa grand-mère qui la laisse regarder uniquement les films du dimanche après-midi et La Séquence du spectateur qui lui fait découvrir d'autres horizons. Toutefois, elle attend avec impatience que sa mère vienne la rechercher ou, plus tard, de pouvoir rentrer avec sa sœur, parfois même à piedFrançoise Hardy, Le Désespoir des singes… et autres bagatelles, éd. Robert Laffont, 2008..
Françoise Hardy effectue sa scolarité dans une institution religieuse de la rue La Bruyère, chez les sœurs trinitairesHARDY FRANÇOISE, Encyclopædia Universalis.École et collège La Bruyère Sainte Isabelle Origines & histoire, labruyeresainteisabelle.fr/, à l'initiative de son père. Elle déteste cette école en raison de la situation familiale de ses parents qui ne vivent pas ensemble, du fait que son père paie tardivement les frais de scolarité, de sa différence sociale et d'âge qui lui fait sauter une classe, ou de son introversion qui l'empêche de se lier avec les autres filles. Les rares bons souvenirs qu'elle en garde sont les communions, pour les images pieuses et sa jolie robe et celui d'avoir joué l'infante puis Chimène dans la pièce de théâtre Le Cid. Elle passe ses vacances d'été avec sa sœur, pendant près de huit années, en Autriche, chez Hedwig Welser (« tante Hedi ») et ses enfants qui ne parlent pas un mot de français dans la maison Plumeshof, entre Innsbruck et Natters. Elles s'y rendent seules avec l'Orient-Express, sans leur mère ; cette séparation est encore vécue par elle comme une déchirure les premières années. Elles y vont pour apprendre l'allemand sur les conseils d'un ami de leur mère, le baron Gilbert von Giannellia. C'est dans ce paradis perdu dont elle gardera de bons souvenirs qu'elle découvre les œuvres de Simone de Beauvoir qui la passionnent à l'Institut français d'Innsbruck où elle emprunte des livres.
Complexée et sentimentaleJeanne Milot-Hardy, ., la jeune Françoise se réfugie dans la lecture et l'écoute de chansons diffusées à la radio. Ses premiers souvenirs musicaux vont de Georges Guétary, son chanteur préféré car elle le trouve beau, à Tino Rossi, Luis Mariano et Charles Trenet. Mais ce qui change sa vie est la découverte sur la station Radio Luxembourg du rock 'n' roll et de la musique pop. Elle déclare à ce sujet : Elle apprécie particulièrement The Everly Brothers, Elvis Presley, Cliff Richard (, , ), Brenda Lee et sa chanson qu'elle trouve sublime. À cette époque, elle aime acheter ses disques dans une boutique rue de la Chaussée-d'Antin en face des Galeries Lafayette et, lorsque cette boutique, paraissant branchée, ne dispose pas de ce qu'elle souhaite, ce qui arrive assez souvent, elle ressort avec une sorte de fierté, se disant qu'elle connait des choses géniales que ces disquaires ne connaissent pas. À seize ans, comme récompense de sa réussite à son premier bac en , elle demande une guitareVisiteur d'un soir, interview de Françoise Hardy, (écouter en ligne), RTS, ..
Aidée d’une méthode d'apprentissage sommaire, elle s’essaye à poser quelques accords de guitare sur des mots qui traduisent ses états d'âme et se met à rêver d’un métier ayant un rapport, de près ou de loin, avec le milieu musical..
Le , elle assiste au premier festival international de rock au palais des Sports à Paris pour y écouter Richard Anthony. Mais, alors qu'elle ne s'y attendait pas, elle est fascinée par la performance de Johnny Hallyday qui surpasse celle de Richard Anthony.
Après une première année d’études supérieures d'allemand à la faculté des lettres de Paris, une annonce du journal France-Soir, dans la rubrique Les Potins de la commère, retient son attention, car son rêve est de faire un disque : la maison de disques Pathé-Marconi souhaite auditionner de jeunes chanteurs. Voyant les succès de Richard Anthony et surtout de Johnny Hallyday, par le truchement des radios et de la télévision, les producteurs de disques sont à la recherche de jeunes talents.. Françoise obtient un rendez-vous et passe un essai qui reste sans suite, mais qui l'encourage à continuer car elle n'a pas été jetée dehors. Avant de contacter d’autres maisons de disques , elle s'inscrit au Petit Conservatoire de la chanson de Mireille ; elle y reste deux ansLe Petit Conservatoire de la chanson, « Témoignages : Françoise Hardy » — cliquer sur le dossier des sièges pour accéder au témoignage des chanteurs — sur le site du Hall de la chanson (écouter en ligne)..
Elle se présente ensuite chez Vogue, un Label discographique qui produit notamment Johnny Hallyday et souhaite lui trouver un pendant féminin. Elle auditionne une première fois avant les vacances d'été dans les studios d'enregistrement de Villetaneuse. Il lui est conseillé d'apprendre la mesure avec un pianiste pour que les musiciens puissent l'accompagner. L'ingénieur du son de Vogue, André Bernot, la contacte après les vacances pour lui proposer des cours de solfège. La deuxième audition a lieu dans les bureaux parisiens de Vogue avec le responsable des auditions, Jacques Wolfsohn, qui, après quelques minutes à peine, lui demande les coordonnées de ses parents pour lui faire signer un contrat. De cette audition, Françoise Hardy déclare en 2016 : Le , le directeur artistique de Vogue lui fait signer le contrat.
Débuts dans la chanson : les années « Vogue » Les cours suivis au Petit Conservatoire de la chanson font l’objet d’une émission télévisée hebdomadaire, intitulée En attendant leur carrosse et diffusée sur l'unique chaîne en noir et blanc de la RTF. « Mademoiselle Hardy » y fait sa première apparition le avec une chanson titrée La Fille avec toi« Françoise Hardy, "La Fille avec toi" », Le Petit Conservatoire de la chanson. En attendant leur carrosse, sur le site de l'INA (voir et écouter en ligne). L’enregistrement de son premier 45 tours est bouclé le Françoise Hardy, Le Désespoir des singes… et autres bagatelles, éd. Robert Laffont, 2008, .. Sur ce disque se trouve l'adaptation française d’une chanson américaine (Oh oh chéri), sur laquelle mise la production et trois de ses propres compositions. Peu avant sa sortie chez les disquaires, la chanteuse le présente avec fierté à Mireille dans l'émission du . Les quatre titres ne tardent pas à être diffusés par la radio. Bien accueillis par la jeunesse, du sont achetés en trois mois.
L'été 1962, Françoise Hardy rencontre Jean-Marie Périer — photographe du magazine Paris Match, puis de Salut les copains — place du Tertre pour une séance photo, à la demande de l'éditeur Daniel Filipacchi, qui ne fut guère enthousiasmante, car Françoise s'avère peu conciliante et Jean-Marie, mal inspiré. Néanmoins, lors du tirage des photographies, Jean-Marie Périer la trouve particulièrement photogénique et demande une deuxième séance photo à Jean Georgieff, chargé des relations publiques pour Vogue. Cette rencontre a lieu chez elle en présence de sa mère, dans le modeste appartement de la rue d'Aumale. Jean-Marie Périer découvre alors toute l'étendue sociale qui les sépare, ce qui l'émeut, en voyant Françoise Hardy chez elle, devant son étagère de bureau qui représente toute sa vie, alors que lui vit dans un hôtel particulier où le monde entier défile. Par la suite, Jean Georgieff informe Françoise Hardy qu'elle ne laisse pas indifférent Jean-Marie Périer. Ensuite, elle découvre ses origines. Élevé par François Périer, il est toutefois le fils biologique d'Henri Salvador ; cette situation modifie le regard de Françoise sur son compagnon, car elle devine la complexité des rapports qu'il entretient avec ses parents, rapports qui font écho, chez elle, avec la relation qu'elle a avec les siens. L'étendue des connaissances de Jean-Marie par rapport à elle l'attire encore davantageFrançoise Hardy, un long chant d'amour, Frédéric Quinonero Éditions de l'Archipel, (2017).Jean-Marie Périer: « Je considère juste que ma vie est ratée », Le Temps, 29 février 2020.. Cet amour grandissant, la mère de Françoise lui suggère de prendre son indépendance ; elle décide donc d'acheter un studio sous les toits au 8, rue du Rocher. De son côté, Jean-Marie Périer prend une colocation avec Régis Pagniez, rue du Faubourg-Saint-HonoréLe Désespoir des singes... et autre bagatelles, Françoise Hardy, Éditions Robert Laffont, 2011..