alt=|vignette|Étalement urbain dans la banlieue de Paris en 2005. alt=|vignette|Les vallées urbaines composent de véritables couloirs verts dans le tissu urbain. Du fait de leur encaissement marqué, de leur intérêt écologique, paysager, récréatif ou économique (ici le val de la Chézine qui traverse Nantes), elles peuvent échapper à l'étalement urbain.
L’étalement urbain est la progression des surfaces urbanisées à la périphérie des villes ; c'est un type d'artificialisation. Il concerne l'habitat, en grande partie des maisons individuelles, et de nombreuses entreprises qui utilisent de grandes surfaces, notamment les centres commerciaux. Dans tous ces lieux desservis par la voiture individuelle, une part importante de l'espace utilisé est attribuée aux voies et aux stationnements enrobés, dont les nuisances ont été relevées. Surtout, cette grande dépendance à l'égard de la voiture participe à l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre. L'étalement urbain peut aussi prendre la forme de bidonvilles.
Cet étalement urbain induit de nombreuses contraintes aux usagers qui ont fait le choix d'y habiter ou qui doivent y travailler. Ils dépendent des fluctuations des prix des carburants pour souvent deux véhicules par couple, des longues distances à parcourir jusqu'à leurs différentes activités et des encombrements des voies aux heures de pointe, générant du stress. Mais la démarche des habitants vers ce type de résidence est déterminée par de multiples motivations dont l'étude révèle toute la complexité.
Enfin ce type d'habitat effectue une forte pression sur l'environnement. Terres arables, bois… sont ainsi occupés par un étalement urbain croissant, surtout depuis la fin du . Les mesures, nombreuses, le confirment. Ce type d'occupation de l'espace péri-urbain engendre ainsi non seulement l'artificialisation des sols mais nécessite aussi, l'extension et l'entretien des voies et des réseaux : eaux et assainissement, gaz, électricité, réseau téléphonique, éclairage public. La crise environnementale et la nécessité de réponses rapides motivent à ce propos de nombreuses recherches, surtout au , qui sont évoquées dans cet article.
Vue d'ensemble Cette vue d'ensemble peut s'appliquer à des pays dits « riches » ou en pleine croissance économique, comme la Chine. De nombreuses parties (de cet article) se réfèrent explicitement au cas particulier de la France.
Mise en place de l'étalement L’étalement urbain correspond à la progression des surfaces urbanisées sur la périphérie des villes de façon plus rapide que la croissance démographique.Selon l'Agence européenne pour l'environnement, l'étalement urbain se manifeste lorsque le taux de changement d'occupation des terres excède le taux de croissance de la population, autrement dit quand, sur un territoire donné, la progression des surfaces urbanisées excède celle de la population. Référence : .. L’étalement urbain résulte de la périurbanisation, en général un choix résidentiel fait par certains ménages. Cela correspond à un desserrement des populations et des activités (surtout depuis les années 1980 en France)..
L'un des espaces d'étalement urbain les plus courants est la lisière de la villeFrançois Déalle-Facquez (urbaniste à Ville Ouverte) dans ., qui contient encore d'anciennes exploitations agricoles, éventuellement reconverties en logements, des espaces de cultures résiduels en dents creuses, et où il est plus difficile d'agir qu'ailleurs avec le zonage pour le contrôle de l'utilisation des sols. Ces terrains agricoles ou anciennement agricoles sont le plus souvent viabilisables, grâce à la présence des réseaux d'électricité, d'eau, d'assainissement et de transport (ou leur extension possible, à peu de frais, depuis l'existant). Mais cet étalement se fait aussi par l'implantation de l'habitat tourné vers la ville (travail, études des enfants, commerces…) dans des villages situés de plus en plus loin des villes. Certains appellent cela l'émiettement urbain.
Les principaux attraits des milieux périurbains par rapport aux centres-villes sont, pour ceux qui y résident : un coût du foncier et de l'immobilier avantageux, la possibilité de vivre dans une maison individuelle et un cadre de vie plus proche des milieux naturels. C’est l’amélioration des conditions de transports et notamment l’accès à l’automobile qui a permis cet étalement urbain résidentiel. La facilité de se rendre en centre-ville toujours plus vite et de plus en plus loin grâce aux améliorations des services de transports a permis l’élargissement continu des agglomérations.
L’étalement urbain n’est pas lié uniquement à une dynamique résidentielle. Le coût du foncier et l’espace disponible expliquent aussi que de nombreuses entreprises aux activités tertiaires ou secondaires, nécessitant des espaces importants, s'installent sur les zones d’activités et des parcs industriels qui se développent en périphérie des agglomérations. De vastes zones commerciales offrant la possibilité de trouver tous les produits nécessaires sans entrer dans les centres-villes sont également construites dans ces espaces et polarisent une clientèle nombreuse pouvant parcourir de longues distances grâce à la facilité d’accès en voiture.
Accélération La plupart des espaces occupés par cette périurbanisation sont d'anciens espaces agricoles ou parfois des milieux naturels qui pâtissent de cette transformation. Ainsi, en moyenne et depuis 1960 en France, l'équivalent des surfaces agricoles d'un département français a été artificialisé tous les dix ans. Ce mouvement s'est accéléré dans les années 2010, avec l'équivalent d'un département tous les six ans environ..
Par ailleurs, cette accélération est découplée de l'augmentation de la population. Toujours en France, (en 2010) : (en 2010, cf. graphique même page).
Conséquences L'étalement urbain entraîne de graves conséquences sur l'environnement et le réchauffement climatique, particulièrement sur les écosystèmes locaux.
Le logement individuel, qui correspond à une aspiration de nombreux ménages en milieu périurbain, rejette proportionnellement beaucoup plus de gaz à effet de serre que les logements collectifs présents dans le centre des agglomérations. En effet, les logements individuels consomment bien plus d’énergie pour se chauffer, ne profitant pas du chauffage des logements mitoyens, et le contact direct du sol augmente lui aussi la perte de chaleur.
Les espaces anciennement ruraux périphériques se densifient et se polarisent. Ils font désormais partie des agglomérations. Selon Martine Berger : ..
En Amérique du Nord, en raison d’, le développement urbain représente près d’un pour cent de la surface du CanadaOCDE, 2004. et 3,1 % de la surface des États-Unis Lubowski, R., Vesterby, M. and Bucholtz, S., « publications/arei/eib16/eib16_1-1.pdf Land use » , dans Wiebe, K. and Gollehon, N. (dir.) , 2006, US Department of Agriculture, Economic Research Service (consulté le ).. Au Canada, dans l’ensemble, la superficie bâtie a augmenté d’environ 122,96 % en , soit de 1966 à 2001.. C'est un des sujets de préoccupation du Programme des Nations unies pour l'environnement. Ce sujet était soulevé dans le rapport GEO-3 et selon le rapport GEO-4 de 2007 PNUE, Rapport GEO-4 , Programme des Nations unies pour l'environnement.. La taille des maisons et les lotissements grandit, alors que le nombre moyen d’habitants par maison a chuté.
vignette|Exemple d'étalement pavillonnaire de Levittown (Pennsylvanie) vers 1959Levittown (Pennsylvanie) : ..
Ce mode de logement nécessite donc pour chaque résident une utilisation bien plus importante des transports, notamment de l’automobile, qu'en centre-ville.. Ceci a entraîné une augmentation du nombre de voitures, de kilomètres parcourus et de routes imperméabilisées en Amérique du Nord au cours des vingt dernières années. En effet, vitesse, longueur de déplacement et étalement urbain sont intimement liés : depuis 1960, l’explosion des mobilités a engendré une dilatation croissante des espaces urbains et des territoires. Cet étalement, qui est lié au développement démographique des agglomérations, se fait avec une densité du bâti d'autant plus faible que l'on s'éloigne du cœur des villes. La faible densité est due au caractère pavillonnaire de cette urbanisation, qui prend le plus souvent la forme du lotissement, la surface occupée par un foyer (maison et jardin privatif) étant plus importante que celle d'un appartement en immeuble, ainsi qu'à l'importance des espaces naturels conservés dans les communes concernées.
Dans le monde Généralités L’étalement urbain a connu différentes formes depuis le début du phénomène. Il se développe fortement dès le milieu du aux États-Unis et dans le dernier quart du en Europe occidentale, il apparaît par exemple en France dans les années 1920 alors qu'il est plus précoce au Royaume-Uni.
Déjà au , les théories hygiénistes préconisent une faible densité afin de « faire circuler l'air », à une époque où la ville s'industrialise, avec toutes les conséquences qu'entraîne une production industrielle polluant l'air de manière évidente (fumées, puanteurs). Ce mouvement s'accompagne des premières formes de transports en commun, qui accroissent la mobilité des populations, sous la forme du chemin de fer. C'est aussi pour pallier les inconvénients de la ville que Ebenezer Howard, urbaniste anglais, imagine le concept des cités-jardins, entraînant une urbanisation à faible densité.
L'étalement urbain est le produit d'une volonté d'abord individuelle qui se développe avec le rêve pavillonnaire et le désir d'un retour à la nature tout en bénéficiant des avantages de la proximité de la ville.. À cela s'ajoute dans les années 1970 le phénomène des développé par Joel Garreau aux États-Unis.. Ce phénomène produit un accroissement de l'étalement urbain par la création de zones d'emplois et d'activités qui attirent des populations en zone périurbaine ou suburbaine. Enfin, l'étalement urbain peut être l'objet de politique publique afin de limiter ou d'organiser le phénomène, comme l'illustre le pôle Paris-Saclay en Île-de-France, par l'intermédiaire de l'Établissement public d'aménagement Paris-Saclay..
Avec la crise économique de 2008, les deux piliers contribuant au développement de l’étalement urbain se sont affaiblis. Ainsi, le resserrement de l’accès au crédit et la hausse des prix du pétrole se sont traduits par une baisse relative de l’activité de l’industrie du bâtiment dans les espaces périurbains..
États-Unis thumb|Banlieue de Colorado Springs aux États-Unis. Aux États-Unis, l'attirance pour le périurbain est liée à la possibilité et à la volonté de construire des logements individuels sur de grands terrains. Ce phénomène est facilité par la baisse des coûts des déplacements automobiles.
La périurbanisation a opéré une césure, laissant les populations les plus démunies dans les centres-villes vieillissants. Cette césure a entraîné à son tour un appauvrissement des institutions, faisant des centres des « lieux de délabrement social et physique, posant problème aux politiques »..
France Étalement urbain En France, de 1968 à 1999, les surfaces urbaines connaissent une croissance de 45 %, alors que la population urbaine n’augmente que de 27 %. En 1954, 7,6 % du territoire est urbanisé ; aujourd’hui le bâti occupe 18,4 % du territoire métropolitain. De 1975 à 1999, les agglomérations connaissent en moyenne un étalement de 18 % de leurs superficies.. Cette urbanisation s’organise sous forme des zones à urbaniser en priorité (ZUP). De 1958 à 1968, l’État préconise le développement rapide des surfaces urbanisées pour supporter la forte croissance démographique qui a lieu durant cette période.