Nonius Senior (1810-1838) est un étalon normand, fondateur de la race des Nonius à laquelle il a légué son nom. Né dans le Calvados, il est d'origine anglo-normande, vraisemblablement fils d'Orion, un étalon demi-sang anglais, et d'une jument normande. Amené au haras de Rosières-aux-Salines dans le cadre d'une expérience, il est capturé par l'armée autrichienne, qui l'emmène au haras de Mezőhegyes vers 1815 ou 1816, à la suite de la défaite des armées napoléoniennes.

Étalon bai, Nonius Senior est réputé pour sa grande taille et son physique jugé peu avantageux, avec un dos long, une encolure courte, et une grosse tête dotée de petits yeux et de longues oreilles.

Sa longue et fructueuse carrière de reproducteur au haras de Mezőhegyes, en Hongrie, en a fait un chef de race, avant sa mort à l'âge théorique de 28 ans. La race fondée par Nonius Senior est fixée par la consanguinité, l'étalon ayant été conduit à saillir ses propres filles.

Histoire Nonius Senior, parfois nommé de façon erronée, naît en 1810 dans le Calvados.... Il est envoyé au dépôt d'étalons national de Bec-Hellouin, dans l'Eure.. Tous deux sont situés dans la région française de Normandie. Il est envoyé subséquemment au haras de Deux-Ponts, mais la réunion de ce haras avec celui de Rosières-aux-Salines, en raison d’événements militaires, conduit finalement Nonius à Rosières..

Une expérience sur l'adaptation des chevaux normands à ce nouveau cadre de vie conduit à l'envoi de plusieurs poulains normands à Rosières-aux-Salines. Un auteur du Journal des haras, présenté comme « A. de M. », indique ignorer . Il cite une note, placée en regard de son nom sur un registre matricule du haras de Rosières. Cette note est d'après lui rédigée par M. de Solanet, inspecteur général des haras :

Les informations divergent à propos de la capture de Nonius Senior et de son envoi en Hongrie. D'après diverses sources vulgarisées, il serait capturé après la défaite française à Leipzig en 1813, ce qui n'est pas mentionné dans les sources d'époque. D'après un article paru dans Cheval Magazine, un général hongrois séduit par sa couleur de robe en aurait pris possession en 1812., ce qui est là aussi en contradiction avec les sources d'époque. D'autres sources évoquent un régiment de hussards hongrois, en 1813... La version la plus ancienne, celle d'Auguste Frédéric Viesse de Marmont, duc de Raguse, fait mention d'une action de l'armée autrichienne en 1814. Elle est reprise par d'autres ouvrages, notamment par Jean-Louis Gouraud, et par Touchstone. Une dernière version, mentionnée notamment dans l′Encyclopédie tchécoslovaque, cite des cuirassiers autrichiens, en 1815..

Quoi qu'il en soit, Nonius Senior est capturé pendant les guerres napoléoniennes. Il est amené à Mezőhegyes, un haras autrichien en Hongrie, probablement en 1816. D'après Podmaniczky (1913), il arrive directement depuis le haras de Rosières-aux-Salines avec 9 autres étalons.

Signalé comme toujours vivant par le duc de Raguse en 1837, Nonius Senior meurt vraisemblablement de vieillesse l'année suivante, à un âge avancé, après une longue et fructueuse carrière de reproducteur. La durée n'en est pas établie, des auteurs citant 16., 22, ou même 27 ans. de reproduction.

Description Nonius Senior est réputé pour avoir eu de nombreux défauts de conformation, aucune source ne le décrit comme bien conformé. Poulain, il est considéré comme . Parvenu à maturité, cet étalon atteint la taille respectable de (selon Elwyn Hartley Edwards), (selon S.-F. Touchstone), ou (selon un numéro de la revue de zootechnie daté de . et l'auteur américain Thomas Ryder).

Son squelette est celui d'un cheval solidement charpenté, large et bien établi.

S'il possède tous les traits de conformation qui lui sont attribués — la liste comprend des lacunes importantes, Nonius Senior est un étalon à l'encolure courte, au dos long et faible, aux mauvais aplombs, aux épaules droites et à l'arrière-main peu développée, avec des hanches étroites et une queue attachée bas. Les qualités de ses descendants suggèrent qu'il possède une grosse tête lourde et très simple, « sans beauté particulière dans [son] allure ».. Ses yeux sont petits, et ses oreilles sont plutôt longues.

Son registre le note comme étant de robe bai clair, avec deux balzanes haut-chaussées aux membres postérieurs. Son caractère est réputé docile et agréable.

Origines Nonius Senior a des ascendants anglo-normands, et probablement des trotteurs du Norfolk, car ce type de croisement se pratiquait en Normandie à l'époque. Son père, Orion, est un étalon demi-sang d'origine anglaise selon la majorité des sources.., Bonnie Lou Hendricks (université d'Oklahoma) indiquant qu'il s'agit d'un trotteur Norfolk..

Sa mère est une jument normande, probablement une Anglo-normande solidement charpentée. Il est vraisemblablement aux 3/8 Pur-sang, et appartient à la race de l'Anglo-normand. Les informations à propos de sa lignée diffèrent selon les sources. Il est toutefois certain qu'il avait un pourcentage élevé d'ascendants Pur-sang. Il est peut-être imprégné par le trotteur Norfolk.

Carrière de reproducteur et descendance

vignette|Gravure d'un Nonius présumé, Otto Eerelman, 1898 Nonius Senior a d'abord peu servi comme étalon à Mezőhegyes. Il n'est pas populaire, jusqu'à ce que sa progéniture commence à montrer une endurance et une puissance rares.

Nonius Senior a probablement rencontré le succès parce qu'il donnait de l'ampleur et de la substance à ses descendants. Il existe des informations contradictoires au sujet de son influence. En effet, si certaines sources vulgarisées estiment que Nonius Senior ne transmettait pas ses défauts de conformation à sa descendance, M. le comte de Hardegg, directeur général des haras de l'empire d'Autriche, et M. de Champagny, inspecteur général des haras de France, sont d'un avis inverse : .

Nonius Senior est croisé à des juments de différentes origines : Pure race espagnole, Lipizzan, Arabe, Turkoman, Kladruber, Holsteiner, des demi-sang anglaises et diverses autres races hongroises. À l'époque, ses compagnons de haras à Mezőhegyes sont des chevaux à la mode hispano-napolitaine, descendants de la souche arabo-hongroise.

Il engendre plus de 300 poulains, dont une centaine deviennent à leur tour des étalons. Il est croisé avec certaines de ses filles, et par consanguinité, ses caractéristiques sont fixées à ses petites-filles et ses petits-fils, donnant ainsi naissance à la race des Nonius, à laquelle il lègue son nom.. Les chevaux qu'il a engendrés sont encore de nos jours très proches physiquement les uns des autres, comme le souligne le compte-rendu de l'exposition universelle de 1867 :

Hommages Le Maréchal Duc de Raguse cite Nonius, sous le nom erroné de « Honius », comme étant le fondateur d'une race de chevaux normande qu'il qualifie de « plus belle de Hongrie », en 1837 :

Quelques années plus tard, le comte Achille de Montendre donne un avis opposé à celui du Duc de Raguse dans son ouvrage, Des institutions hippiques et de l'élève du cheval dans les principaux États de l'Europe :

En 1901, S. F. Touchstone signale que le squelette de Nonius Senior est conservé à Mezőhegyes.

Nonius Senior est cité dans le roman d'Alain Fleischer intitulé Les Angles morts (2003), lorsque les protagonistes rencontrent des Csikos sur la plaine hongroise..

Notes et références

Annexes Bibliographie

Ouvrages généralistes

Articles de presse

Articles connexes Nonius

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