La Dordogne () est un cours d'eau français qui prend naissance sur les flancs du puy de Sancy (), dans la chaîne des monts Dore, par la réunion de deux torrents, la Dore et la Dogne. Après avoir parcouru six départements au travers du Massif central et du Bassin aquitain, elle conflue avec la Garonne pour former l'estuaire de la Gironde, qui débouche sur l'océan Atlantique.
La vallée de la Dordogne est classée pays d'art et d'histoire dans sa partie lotoiseVilles et pays d'art et d'histoire par région sur le site des Villes et pays d'art et d'histoire, consulté le 11 juillet 2013.. Le , l'ensemble de son bassin versant est classé en tant que réserve de biosphère par l'UNESCOChantal Gibert, « La Dordogne labellisée », Sud Ouest édition Dordogne du 13 juillet 2012..
Rivière ou fleuve ? La Dordogne conflue avec la Garonne, ce qui forme l'estuaire de la Gironde. Pour cette raison, elle est qualifiée de rivière dans les dictionnaires et encyclopédies, ainsi que par le Sandre.. Toutefois, quelques organismes régionauxExemples : le Comité de Bassin Adour-Garonne () ou l'Établissement public territorial du bassin de la Dordogne (Épidor) (). la qualifient de fleuve, considérant que la Gironde est un estuaire commun à la Garonne et à la Dordogne, ce qui ferait de la Dordogne le cinquième plus long fleuve de France métropolitaine.
La divergence de dénomination (alors que ses caractéristiques hydrologiques ne sont pas en cause) renvoie au problème de la définition d'un estuaire : la Gironde est-elle un estuaire commun entre la Dordogne et la Garonne, ou bien la Dordogne est-elle un affluent du fleuve Garonne ? Si le choix reste anodin pour l'appellation du cours d'eau, il implique toutefois une hiérarchisation différente du ou des bassins versants.
Un argument notable qui fait de la Dordogne un fleuve est la présence d'un mascaret puissant résultant de la pénétration du domaine maritime dans le cours d'eau lors des hautes marées. Le mascaret de la Dordogne est très connu et constitue une attraction. Pour la Dordogne, la vague remonte jusqu'à Fronsac aux abords de Libourne, soit à une trentaine de kilomètres à l'intérieur. La vague est particulièrement puissante au port de Saint-Pardon sur la commune de VayresLe Mascaret sur le site de la mairie de Vayres, consulté le 23 août 2013.. L'influence maritime sur la Dordogne ne se limite pas au seul mascaret : le niveau du cours d'eau est soumis à l'action des marées jusqu'à Castillon-la-Bataille, allant même jusqu'à Pessac-sur-Dordogne lors des marées de vives-eauxAnnie Paule et Christian Félix, La navigation sur la Dordogne et ses affluents, collection Parcours et Labeurs, Éditions Alan Sutton, Saint-Cyr-sur-Loire, février 2002 , .. Ces flux et reflux quotidiens peuvent être aisément visualisés sur le relevé des hauteurs d'eau mesurées à la station hydrologique de LibourneStation Libourne (Dordogne) sur Vigicrues, site du ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie, consulté le ..
Géographie vignette|gauche|Cascade de la Dore (). vignette|gauche|redresse|Confluence de la Dore et de la Dogne. La Dordogne se forme dans le Puy-de-Dôme, sur les flancs du puy de Sancy, la plus haute montagne du Massif central, par la réunion de deux torrents : la DoreLe torrent Dore, qui prend sa source dans les monts Dore, sur les flancs du puy de Sancy, et se rattache au bassin versant de la Dordogne, est un simple homonyme de la rivière Dore, dont la source se trouve dans les monts du Livradois (également dans le département du Puy-de-Dôme) mais qui, comme affluent de l'Allier, se rattache au bassin versant de la Loire. dont la source se trouvait à d'altitude en 1864, et qui reçoit à d'altitude la Dogne, sur la commune de Mont-Dore au pied du puy de Sancy« La source de la Dordogne, reconnue réserve mondiale de biosphère, se situe au Mont-Dore », sur La Montagne.fr, 27 juillet 2012..
Au bec d'Ambès, dans le département de la Gironde, sur la commune de Bayon-sur-Gironde, elle se jette avec la Garonne dans un estuaire commun, la Gironde.
D'une longueur de , la Dordogne est navigable en aval de Castillon-la-BatailleLes arrêtés de police de navigation sur Dordogne, l'Isle et la Vézère, Domaine public fluvial Dordogne (consulté le )., lieu jusqu'auquel la marée se fait sentir..
Si la Dordogne elle-même arrose six départements (le Puy-de-Dôme, le Cantal, la Corrèze, le Lot, la Dordogne et la Gironde, d'amont en aval), son bassin versant s'étend à cinq autres : la Creuse, la Haute-Vienne, le Lot-et-Garonne, la Charente et la Charente-MaritimeÉpidor, Dordogne, Contexte physique (consulté le 26 juin 2010)..
Hydronymie
Contrairement aux apparences, le nom de la Dordogne n'est pas un assemblage récent des noms de la Dore et la Dogne. Son nom vient d'un ancien Durānius, issu vraisemblablement de Doranonia, formé de la racine indo-européenne *dhu-ro-, issue de *dheu-, « courir, couler », et de deux suffixes, -ano- auquel a été adjoint -onia.
Les formes médiévales ont adopté un suffixe redoublé -ononia : Dorononia fluvius (), Dornonia () qui évolue en DordoniaMarcel Villoutreix, Noms de lieux du Limousin, Christine Bonneton éditeur, 1995 . () par un phénomène de dissimilation donnant ainsi l'impression d'une étymologie Dore-Dogne. Aimoin de Fleury est le premier auteur connu à utiliser le nom dordoniaÉtudes archéologiques des eaux thermales ou minérales de la Gaule à l'époque romaine. J. G. H. Greppo. année illisible, . p. 105..
En occitan, le cours d'eau porte le nom de Dordonha.
Hydrologie Comme la plupart des autres cours d'eau français de la façade atlantique, la Dordogne est un fleuve abondant, bénéficiant du climat humide et des fortes précipitations qui règnent sur la plus grande partie de son bassin. Son débit a été observé sur une période de (1958 – 2011), à Bergerac, localité située à une distance importante de son confluent avec la Garonne.. La surface étudiée y est de , soit à peine 59 % de la totalité du bassin versant du fleuve, et à . Les chiffres suivants excluent notamment l'important débit de l'Isle.
Le module du fleuve à Bergerac est de /s.
La Dordogne présente des fluctuations saisonnières de débit, avec une période de hautes eaux d'hiver portant le débit mensuel moyen à un niveau situé entre /s, de décembre à avril inclus (avec un maximum en janvier-février). Dès fin mars, le débit diminue progressivement pour aboutir à la période des basses eaux qui se déroule de juillet à septembre, avec une baisse du débit moyen mensuel allant jusqu'à /s au mois d'août, ce qui reste considérable comparé à bien des fleuves français. Cependant, les fluctuations de débit peuvent être plus importantes d'après les années et sur des périodes plus courtes.
À l'étiage, le VCN3 peut chuter jusque /s, en cas de période quinquennale sèche, ce qui est relativement sévère, surtout comparé à la Garonne sa voisine, dont les débits d'étiage sont partiellement soutenus par les neiges et pluies des Pyrénées.
Les crues peuvent être importantes, à l'instar de celles des autres cours d'eau du bassin aquitain. Les QIX 2 et QIX 5 valent respectivement /s. Le QIX 10 est de /s, le QIX 20 de /s, tandis que le QIX 50 se monte à pas moins de /s.
Le débit journalier maximal enregistré à Bergerac a été de /s le . En comparant cette valeur à l'échelle des QIX du fleuve, il apparaît que cette crue était d'ordre vicennal, et donc destinée à se reproduire assez fréquemment, tous les en moyenne. Le débit instantané maximal a été de /s le et ce même jour, la hauteur maximale instantanée a été de soit .
Au total, la Dordogne est un fleuve très abondant. La lame d'eau écoulée dans son bassin versant est de annuellement, ce qui est près de deux fois supérieur à la moyenne française, tous bassins confondus (environ ), et aussi largement supérieur au bassin de la Garonne ( au Mas-d'Agenais). Le débit spécifique (ou Qsp) du fleuve atteint par seconde et par kilomètre carré de bassin.
La navigation fut longtemps active sur la Dordogne, avec un trafic intense de marchandises de toutes sortes. En dépit de ses dangers et de ses irrégularités, elle fait vivre jusqu'au tout un peuple de mariniers. Le flottage de bois était une activité importante à Souillac. Les argentats étaient des bateaux éphémères construits à Argentat dans le même style que les rambertes pour la Loire. Ils transportaient du bois à brûler et du charbon de boisLa France industrielle aux , , siècles, par Paul Delsalle. Éd. Orphrys, Gap, 1993, p. 26 .. Aujourd'hui, seule la Dordogne maritime a conservé un trafic notable. La Dordogne entre l'aval de Bergerac (barrage de Grand-Salvette) et l'estuaire est toujours classée « voie navigable » sous la responsabilité de Voies navigables de France (VNF) et permet une navigation de loisir de qualité (bateaux promenade et bateaux motorisés) en tenant compte du tirant d'eau suivant les débits. L'amont ne porte plus que les barques des pêcheurs, les canoës et quelques gabarres.
Risque inondation
Département de la Dordogne À l'intérieur du département de la Dordogne, plusieurs plans de prévention du risque inondation (PPRI) ont été approuvés : en 2011 pour la Dordogne amont concernant , depuis Cazoulès jusqu'à Coux-et-Bigaroque en rive droite et de Saint-Julien-de-Lampon à Siorac-en-Périgord en rive gauchePPR inondation - 24DDT20090002 - Dordogne Amont, DREAL Aquitaine, consulté le 14 février 2019. Dordogne amont - Plan de prévention du risque inondation (31 pages), DREAL Aquitaine, consulté le 14 février 2019. ; en 2008 pour la Dordogne centre concernant , de Saint-Chamassy jusqu'à Creysse en rive droite et du Buisson-de-Cadouin à Cours-de-Pile en rive gauchePPR inondation - 24DDT20070002 - Dordogne Centre, DREAL Aquitaine, consulté le 14 février 2019. Dordogne centre - Plan de prévention du risque inondation (20 pages), DREAL Aquitaine, consulté le 14 février 2019.. Pour les cinq communes où passe le canal de Lalinde, ce plan aborde également le risque de mouvements de terrain aux abords du canal Dordogne centre - Plan de prévention du risque inondation (pages 11, 9, 3, 16 et 12), DREAL Aquitaine, consulté le 14 février 2019. (d'amont vers l'aval : Mauzac-et-Grand-Castang, Lalinde, Baneuil, Saint-Capraise-de-Lalinde et Mouleydier). À la date d'approbation de ce plan, aucun mouvement de terrain n'avait été constaté pour les communes des deux extrémités du canal, Mauzac-et-Grand-Castang et Mouleydier ; en 2006 pour du Bergeracois, depuis Bergerac sur les deux rives jusqu'à La Force en rive droite et Lamonzie-Saint-Martin en rive gauchePPR inondation - 24DDT20050012 - Bergeracois, DREAL Aquitaine, consulté le 18 février 2019. Bergeracois - Plan de prévention du risque inondation (5 pages), DREAL Aquitaine, consulté le 18 février 2019. ; en 2002 pour les zones basses de chacune des sept autres communes riveraines de la Dordogne : Gardonne, y compris la partie de la Gardonnette en aval de la route départementale 936 (les mètres)PPR inondation - 24DDT20000011 - Gardonne, DREAL Aquitaine, consulté le 21 février 2019. - Plan de prévention du risque inondation - Gardonne, DREAL Aquitaine, consulté le 21 février 2019. ; Lamothe-Montravel, y compris la partie de la Lidoire en aval de la ligne ferroviaire (les trois derniers kilomètres)PPR inondation - 24DDT20000012 - Lamothe-Montravel, DREAL Aquitaine, consulté le 21 février 2019. - Plan de prévention du risque inondation - Lamothe-Montravel, DREAL Aquitaine, consulté le 21 février 2019. ; Le Fleix, y compris le ruisseau de Peytavit, la partie de la Vieille Gouyne en aval de la route menant de Barrat à la Raufie (les deux derniers kilomètres), et la Gane en aval de Gava (les trois derniers kilomètres)PPR inondation - 24DDT20000010 - Le Fleix, DREAL Aquitaine, consulté le 21 février 2019. - Plan de prévention du risque inondation - Le Fleix, DREAL Aquitaine, consulté le 21 février 2019. ;