Jean Messagier, né à Paris le et mort à Montbéliard le , est un peintre, graveur et sculpteur français.
Il se distingue d'abord comme peintre abstrait associé à la seconde École de Paris et à l’abstraction lyrique. Il refuse de s’enfermer dans une catégorisation entre abstraction et figuration, cultive un langage artistique singulier, s'inspire des forces de la nature et de sa relation intime avec elle.
Dans les années 1950, il se distingue par ses compositions oniriques. Les entrelacs et les tourbillons évoquent un mouvement constant. Son art se développe à l'international.
Il acquiert une reconnaissance internationale sur la scène artistique américaine. Artiste engagé, il explore la gravure et la sculpture, affirme sa polyvalence et son goût de la recherche.
Ses œuvres font aujourd’hui partie des collections permanentes de musées en Europe et aux États-Unis.
Biographie Jean Messagier naît à Paris, dans le 17e arrondissementÉtat civil de la ville de Montbéliard : l'acte de décès de Jean Messagier indique qu'il est « né le 13 juillet 1920 à Paris ( arrondissement) »., le .
1942-1952 Après des études secondaires à Montbéliard, Jean Messagier intègre, en 1942, l'École nationale des arts décoratifs de Paris. Il étudie avec Roland Oudot, Maurice Brianchon, Raymond Legueult et François Desnoyer. Il a pour condisciple Jean Labellie, dont il restera l'ami. En même temps, il suit les cours de poétique de Paul Valéry au Collège de France.
En 1944, Jean Messagier épouse la céramiste Marcelle Baumann, qu'il fréquentait aux Arts déco. Ils ont en commun la Franche-Comté. Marcelle Baumann est l'une des filles de Walter Baumann, directeur de la chaiserie de Colombier-Fontaine. Les parents de Messagier habitent alors Valentigney, son père étant employé aux cycles Peugeot de Beaulieu-Mandeure, tout près du berceau familial des Messagier (le village de Mathay). Grâce à la famille de sa mère, originaire d'Alsace et habitant Paris, il sillonne très jeune la capitale avec son grand-père, agent d'assurances et photographe amateur. Ce dernier lui apprend à regarder, , confie Jean Messagier dans son journal. Il l'emmène voir les spectacles de Guignol dans les squares parisiens. De cette période, naîtra son goût pour les marionnettes, il les collectionnera toute sa vie, et son envie d'amener l'art dans la rue.
En 1944, il réalise ses premières gravures. De 1945 à 1949, il est le disciple de Pablo Picasso et de François Desnoyer, qui fut son professeur aux Arts déco de Paris.
En 1947, Messagier modèle ses premières sculptures, voyage en Italie et Algérie. Sa première exposition personnelle a lieu à la galerie Arc-en-Ciel, Paris.. Il devient sociétaire du Salon d'Automne, section gravure, en 1948.
L'année suivante, naît son fils Matthieu, qui sera poète.
Il réalise une série de dessins et de collages entre les verres de diapositives photographiques et, en 1952, aménage son nouvel atelier du Moulin, d'abord dans la pièce du haut de l'ancien moulin puis, définitivement, dans un bâtiment en bois indépendant.
Messagier est révélé de nouveau au public lors de l'exposition organisée par Charles Estienne à la Galerie de Babylone, en 1952, sous le titre La Nouvelle École de Paris.
En 1952 est fondé un comité du Salon d'Octobre. Charles Estienne rédige ce communiquéJournal de Jean Messagier, 1952. :
Le Salon d'Octobre se réunira deux fois, en 1952 et en 1953.
1953-1967 En 1953, il rompt avec le post-cubisme à tendance expressionniste. Il s'appuie sur Jean Fautrier et Pierre Tal Coat pour élaborer une vision personnelle, dans laquelle il restitue « la lumière… une lumière différente de celle des impressionnistes » qu'il avait « pressentie abstraitement ».
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En 1954, naît son fils Thomas, qui sera taxidermiste ; son père meurt. La famille Messagier passe du rez-de-chaussée au étage, dans l'immeuble au 8, rue Pierre-et-Marie-Curie, à Paris.
En 1955, il montre une cinquantaine de toiles, aquarelles, dessins, montages photographiques au Cercle Volney. Il y rencontre Jacques Putman qui lui présente Bram Van Velde. L’accueil du public lui apporte de grands encouragements.
En 1957, Messagier voyage en Sardaigne et réalise des dessins sur le sable. L'année suivante, naît Simon, qui sera peintre, avec un intermède entomologique de 1976 à 1986. En 1959, Messagier devient membre du comité du Salon de mai.
En 1962, Pierre Alechinsky et Jean Messagier, qui se connaissent depuis 1953, réalisent une toile à quatre mains rehaussée de phrases du critique Charles Estienne. La même année, Messagier représente la France à la Biennale de Venise aux côtés de Alfred Manessier, Serge Poliakoff, André Marfaing et James Guitet.
Pour Messagier, un artiste se doit d'être un acteur social, un « aiguillonneur » pour reprendre ce néologisme confié à un journaliste du journal La Croix. Pour cela, il devient organisateur de fêtes monumentales : par exemple, l'inauguration, le et les jours suivants, de son moulin de Lougres, sa demeure principale. Les familles Messagier et Baumann sont entourées des officiels nationaux, des artistes amis venus de ParisParmi la foule sont présents Micky et Pierre Alechinsky, Jacques Benador, Huguette Arthur Bertrand, Renée Bolenger et Jean Degottex, Roel d'Haese, Lucien Durand, Charles Estienne, Roger-Edgar Gillet, Pierre Granville, Monsieur et Madame Kerchache et leur fils Jacques à la contrebasse de l'orchestre du bal, Edouard et Pierre Loeb, Marcelle Loubchansky, Jean Perrier, Marcelle et Serge Poliakoff, Jean Pollac, Jean Pons, Michel Puig, Claude Rivière, André Schœller, Daniel Smerck, Bram van Velde..., des galeristes les plus connus (un match de football artistes/marchands de tableaux fait partie des festivités), des officiels locaux mais aussi des ouvriers qui ont construit la demeure, de toute la population des villages de Lougres et Colombier-Fontaine que Jean a conviée. Ainsi, le menuisier côtoie le député, le gamin du village parle à un monsieur au fort accent russe s'appelant Serge Poliakoff, l'architecte (Jean-Louis Véret, élève de Le Corbusier) danse avec la « nounou » Marguerite, le peintre Pierre Alechinsky s'essay au tir à l'arc. Jean Messagier renouvellera cet esprit quand il le pourra.
A Lougres, il réalise des sculptures d'herbes, des dessins sur la neige. Il obtient la médaille Pour un été, La Monnaie de Paris.
Entre 1963 et 1965, il voyage en Italie.
À Sao Paulo, lors de la d'art, Messagier est un des cinq peintres représentant la France. L'année suivante, il crée un concours de tir annuel, et devient membre titulaire du Comité national de la gravure française, à Paris.
En 1965, il invite Hugh Weiss au Salon de mai. En 1967, il participe à la sortie d'une série de timbres artistiques et à la réalisation d'une fresque collective dans le cadre du Salon de maiJean Messagier, timbres postaux.
1968-1978 introduit une rupture dans l'œuvre de Messagier, il revient partiellement à la représentation.
Il est fait Chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres.
Il reçoit le , à Alexandrie, de la d'art ; il est à Rijeka, à la internationale de dessins originaux. Il reçoit le Prix de la galerie d'art contemporain de Zagreb. A Vela Luka, il participe à la réalisation d'une mosaïque collective dans le cadre de la rencontre internationale d'artistes. Il investit la Maison d'Art et Loisirs de Sochaux (MALS) avec la complicité de son directeur, Yves Deschamp, en 1969. Il participe aux carnavals de Montbéliard, invente le ZNUP, architecture de thermoformages investie par les habitants de la ZUP de la Petite Hollande de Montbéliard. Il contribue aux « fêtes du futur » de la Saline royale d'Arc-et-Senans durant les années 1970 et propose au Grand Palais à Paris en 1972 lors du festival d'automne son Grand palais des conversations de framboises et des collines respirantes.
En 1973, il signe une pétition contre la pollution du Doubs réunissant . Il est délégué pour le Pays de Montbéliard de l'APEDI (association pour la protection des eaux et des ressources naturelles du bassin inférieur du Doubs). Il crée la pochette d'un disque de Vinko Globokar (d'après la toile Paysages à imaginer). - Tapisserie : Dolman pour un pêcheur - Lougres, Le Moulin : Sculptures de glace moulée dans des thermoformages.
En 1974, à Montbéliard, il réalise des chars pour le carnaval. À Paris, pour le festival d'automne, il expose une sculpture commémorative pour l'édition 1974. À Vaucresson, il fait la décoration de l'école maternelle ; à Mougins, il réalise, avec l'aide d'André Villers, les premiers dévelofixers : objets ou éléments végétaux jetés sur le papier photographique peint à l'aide du révélateur.
En 1975, il est fait Chevalier de la Légion d'honneur.
Il crée une Médaille : Hommage à Watteau, pour La Monnaie de Paris, à Etupes, reçoit le Prix de caisses à savon, à Metz, réalise la décoration du collège de Metz-Queuleu, à Montbéliard, réalise des chars pour le carnaval et pour l'école maternelle du Petit-Chênois, crée Un jardin dans le ciel, décoration en thermoformages ; à Paris, s'investit dans le Lancer du RAVNI (RAdis Volant Non Identifié), dans le cadre de l'exposition à la galerie Beaubourg.
En 1976, à Etupes, il reçoit à nouveau le Prix de caisses à savon ; à Lougres, Le Moulin, crée des sculptures de glace moulée dans des thermoformages et dessins dans la neige à l'aide de bombes aérosol de peinture.
En 1977, à Arc-et-Senans, pour la « Fête du Futur : Hommage au sel », il expose une sculpture réalisée en thermoformages ; à la La Colle-sur-Loup, il organise un du match de football artistes - marchands de tableaux, dans le cadre de l'exposition à la fondation Maeght de Saint-Paul de Vence ; à Paris, il signe l'illustration du Théâtre de Beaumarchais pour l'Imprimerie Nationale.
1978, à Arc-et-Senans, il fait la décoration de la montgolfière La Futurible dans le cadre du championnat de France de montgolfières et la réalisation d'une médaille pour l'occasion ; à Colombier-Fontaine, il fait le Char pour la fête du bois ; à Vitry-sur-Seine, il signe la décoration des tribunes du stade et match de football artistes - marchands de tableaux.
1979-1999 1981 : Grande rétrospective au Grand Palais, Galeries Nationales, Paris, préface de Michel Troche et textes de Dore Ashton et de Charles Estienne.
Il est nommé Officier de l'Ordre National des Arts et des Lettres.
Il réalise l'épée d'académicien du Professeur Marcel Bessis, remise le , à la Sorbonne Paris.
En 1982, son portrait de Jimi Hendrix illustre la pochette de l’album live « The Jimi Hendrix Concerts ». Le disque, produit par Alan Douglas, sort chez CBS, Reprise Records.
Le peintre se tourne alors vers des thèmes ironiques ou absurdes ; il n'hésite pas à revisiter l'histoire de l'art en empruntant des images aux Grands Ainés.
Après une vie de création, Jean Messagier meurt à Montbéliard, le . Il repose au cimetière de Valentigney (Doubs). Il avait choisi son épitaphe :
Jean Messagier était un amoureux de la nature, un pêcheur, un chasseur, un mycologue, un organisateur de fêtes, un amateur de bonne chère et un passionné de sports (le football, particulièrement).
Collections De nombreuses collections publiques, en France comme à l'étranger, possèdent aujourd'hui des œuvres de l'artiste : musée d'Art moderne de Paris, Bibliothèque nationale de France, musée des beaux arts de Dijon, Grenoble, Marseille, Montbéliard1979 : inauguration de la salle permanente d'exposition « Messagier Maintenant II » au musée de Montbéliard., Saint-Étienne, Châteauroux, Ornans, Bruxelles, Genève, musée d'art contemporain de Skopje, Rio de Janeiro, Jérusalem, Eindhoven, Nagaoka…
Expositions
1947 : Première exposition personnelle, galerie Arc-en-Ciel, Paris. 1952 : La Nouvelle École de Paris, galerie de Babylone, Paris.