Madeleine Yvonne Svoboda, dite Madeleine Robinson, née le dans le et morte le à Lausanne (Suisse), est une actrice franco-tchèque naturalisée suisse.
Biographie Naissance et famille Fille de Suzanne Marie Boura, ménagère demeurant 23 rue Léon-Cladel à Sèvres, Madeleine Yvonne naît le au 47 rue Jacob, à l'Hôpital de la Charité, dans le de Paris Archives de Paris, naissance Paris 6e, du 29 octobre 1917 (acte n° 2191) au 13 novembre 1917 (acte n° 2277), cote6N 281_2, (page 12/31) acte (avec mentions marginales de mariage et sans mention marginale de décès).
Elle est reconnue par son père, Victor Svoboda, le à puis par sa mère Suzanne Marie Boura le à . Son père et sa mère sont des immigrés tchèques venus très jeunes en France. Son père est ouvrier pâtissier et sa mère receveuse de tramway.
Enfance Madeleine a trois frères et elle passe sa prime jeunesse au Pré-Saint-Gervais, une banlieue au nord-est de Paris (Seine-Saint-Denis), dans un minuscule 2 pièces au d'un immeuble. Elle dort avec son frère Serge sur un lit de camp datant de la Première Guerre mondiale. À 5 ans, elle est mise en pension à Marines dans le Vexin français. Puis elle part pour l'Italie. Quatre ans plus tard elle revient, en compagnie de son frère Serge, coureur cycliste, à Marines où elle passe, et réussit avec la mention très bien, son certificat d'études primairesVivre en Val d'Oise , page 64.. Ses parents se séparent lorsqu'elle a dix ans et la famille, très pauvre, se serre dans deux petites pièces sur cour. De ce fait, Madeleine commence à travailler dès l'âge de 14 ans comme ouvrière en usine puis comme vendeuse et bonne à tout faireHebdomadaire Télé 7 Jours , semaine du 28 août au 3 septembre 1965, pages 54 et 55, portrait-interview de Madeleine Robinson intitulé .
Parcours Elle se présente au Conservatoire où elle est refusée. Puis elle est admise comme auditrice libre (étant donné qu'elle a peu de ressources) par Charles Dullin pour suivre les cours d'art dramatique qu'il dispense dans son Théâtre de l'Atelier. Pour subvenir à ses besoins, elle pose comme modèle pour des photos et commence à faire un peu de figuration.
Comme elle l'écrit dans ses mémoires, elle choisit le pseudonyme « Robinson » après avoir d'abord songé à Source : son autobiographie Belle et Rebelle., puis à un mot représentatif de liberté, ce qui aurait donné . Elle en arrive finalement au souvenir de ses lectures d'enfance, notamment de Robinson Crusoé, .
Carrière au cinéma et à la télévision Sa carrière devant la caméra commence en 1934 dans Tartarin de Tarascon (aux côtés de Raimu) film réalisé par Raymond Bernard suivi d'un premier rôle dans Le mioche (aux côtés de Lucien Baroux) de Léonide Moguy en 1936.
Elle tourne ensuite dans 80 films au cinéma et dans de nombreux feuilletons télévisés et téléfilms (sa dernière apparition à l'écran eut lieu en 1995 dans L'Enfant en héritage, téléfilm réalisé par Josée Dayan).
Dès les années 1930, la carrière de Madeleine Robinson est prolifique. Elle est notamment Grisou dans le film de Maurice de Canonge réalisé en 1938.
Durant les années 1940, elle tient notamment des rôles dans les films Douce de Claude Autant-Lara en 1943 et La Grande Maguet en 1947 puis partage la tête d'affiche de nombreux films avec de célèbres acteurs, comme en 1948 pour les films Entre onze heures et minuit avec Louis Jouvet ou Une si jolie petite plage aux côtés de Gérard Philipe et sous la direction d’Yves Allégret.
Actrice de premier plan durant les années 1950, elle domine Dieu a besoin des hommes (1950) de Jean Delannoy qu’elle retrouvera l’année suivante pour Le Garçon sauvage qui lui permet de remporter la Victoire du cinéma français 1952. Suivront notamment L'Homme de ma vie (1952) avec Jeanne Moreau, Leur dernière nuit (1953) avec Jean Gabin, Le Couteau sous la gorge (1955) avec Jean Servais ou encore À double tour (1959) réalisé par le jeune Claude Chabrol avec Jean-Paul Belmondo. Elle reçoit pour ce film la Coupe Volpi pour la meilleure interprétation féminine à la Mostra de Venise 1959.
Durant la décennie suivante, Madeleine Robinson participe entre autres au film Le Gentleman d'Epsom en 1962 de Gilles Grangier avec Jean Gabin et Louis de Funès ou encore le film à sketches Le Diable et les Dix Commandements réalisé par Julien Duvivier où elle côtoie les plus grandes vedettes de l’époque.
Devenant par la suite un solide second rôle, elle impressionne souvent avec des rôles de femme de tête comme dans Une histoire simple de Claude Sautet en 1978, J'ai épousé une ombre de Robin Davis en 1982 ou encore Camille Claudel de Bruno Nuytten en 1988.
À partir des années 1980, la comédienne est aussi très présente à la télévision dans de nombreux téléfilms où elle est notamment dirigée par Jean-Claude Brialy, Yves Boisset ou Robin Davis.
Carrière au théâtre vignette| Parallèlement à sa carrière pour le septième art, Madeleine Robinson a également brûlé les planches et joué dans un grand nombre de pièces de théâtre, notamment trois grands succès, Un tramway nommé Désir, de Tennessee Williams, adapté par Jean Cocteau en 1950, Adorable Julia d'après Somerset Maugham (pièce représentée à plusieurs reprises entre 1954 et 1972, avec télédiffusion), et Noix de coco de Marcel Achard (1960, avec télédiffusion).
Elle a aussi incarné « Martha » dans la pièce Qui a peur de Virginia Woolf ? d’Edward Albee, mise en scène par Franco Zeffirelli, une production qui provoqua une polémique, « l'affaire Virginia Woolf », à cause des difficultés relationnelles de l'actrice avec son partenaire Raymond Gérôme, d'où une légende qui attribua « un sale caractère » à Madeleine RobinsonSource : dans son autobiographie Belle et Rebelle, Madeleine Robinson consacre un chapitre entier (Autopsie d'un accident) à cette pièce, où elle se remémore d' (pages 111 à 152).. Elle est récompensée pour cette pièce par le Prix de la meilleure comédienne du Syndicat de la critique (1965). On retiendra également la reprise notable des Parents terribles de Jean Cocteau, où elle joue « la tante Léo » avec Jean Marais comme partenaire et metteur en scène (1977).
Elle reçoit en 2001 un Molière d'honneur pour l'ensemble de sa carrière. La comédienne était en outre Officier de la légion d'honneur, de l'ordre national du mérite et commandeur des Arts et des Lettres.
Vie privée Madeleine Robinson se marie à Marseille le avec l'acteur Robert Dalban (dont elle a eu un fils, Jean-François, né en 1941). Par jugement du tribunal de la Seine, le couple divorce le .
Elle se remarie le à Chennevières-sur-Marne avec Guillaume Robert Amestoy (mariage célébré dans la stricte intimité ; ils étaient domiciliés au 28 rue de Champigny). Le couple divorce le .
Elle a vécu ensuite avec l'acteur-écrivain espagnol José Luis de Vilallonga, puis avec Jean-Louis Jaubert. De sa relation avec ce dernier, chanteur des Compagnons de la chanson, elle a eu une fille, Sophie-Julia (1955-1993), décédée à 38 ans du sida et pour laquelle, malgré le chagrin, elle témoignera à la télévision.
Retirée depuis des années à Montreux en Suisse, elle meurt à Lausanne le à l'âge de 86 ans.. Elle est incinéréeCimetières de France et d'ailleurs.
Filmographie Cinéma Années 1930 1934 : Tartarin de Tarascon de Raymond Bernard : une dame au casino 1935 : Promesses de René Delacroix 1935 : Les Beaux Jours de Marc Allégret 1935 : La Fille de madame Angot de Jean Bernard-Derosne : l'amoureuse 1936 : Le Mioche de Léonide Moguy : Denise Mériel, la mère 1936 : L'Assaut de Pierre-Jean Ducis : Georgette 1937 : Nuits de feu de Marcel L'Herbier : Macha, la tzigane 1937 : L'Homme à abattre de Léon Mathot : Andrée Ruval 1937 : L'Innocent de Maurice Cammage : Lisette 1938 : Gosse de riche de Maurice de Canonge : Simone Maravon 1938 : Le Capitaine Benoît de Maurice de Canonge : Denise Benoît 1938 : Tempête sur l'Asie de Richard Oswald : Suzanne 1938 : Grisou de Maurice de Canonge : la Loute 1938 : La Cité des lumières de Jean de Limur : Madeleine Pascard
Années 1940 1940 : La Nuit merveilleuse de Jean-Paul Paulin : la réfugiée 1942 : Promesse à l'inconnue d'André Berthomieu : Françoise Parker 1942 : La Croisée des chemins d'André Berthomieu : Henriette Rouvray 1943 : Douce de Claude Autant-Lara : Irène Comtat 1943 : Lumière d'été de Jean Grémillon : Michèle 1945 : Sortilèges de Christian-Jaque : Marthe 1947 : Les Chouans d'Henri Calef : Madame du Gua 1947 : Le Fugitif de Robert Bibal : Simone Bréville 1947 : La Grande Maguet de Roger Richebé : Catherine Maguet dite « la grande Maguet » 1948 : Le Cavalier de Croix-Mort (Une aventure de Vidocq) de Lucien Ganier-Raymond : Élisabeth d'Anthar 1948 : Les Frères Bouquinquant de Louis Daquin : Julie 1948 : Entre onze heures et minuit d'Henri Decoin : Lucienne 1948 : Une si jolie petite plage d'Yves Allégret : Marthe 1949 : Le Mystère Barton de Charles Spaak : Lucy 1949 : On ne triche pas avec la vie de René Delacroix et Paul Vandenberghe : doctoresse Louise Montivier 1949 : Vedettes en liberté (court métrage) de Jacques Guillon : simple participation Années 1950 1950 : L'Invité du mardi de Jacques Deval : Fernande Josse, alias Minou 1950 : Dieu a besoin des hommes de Jean Delannoy : Jeanne Gourvennec 1951 : Le Garçon sauvage de Jean Delannoy : Marie 1952 : L'Homme de ma vie de Guy Lefranc : Madeleine Dubreuil 1952 : Seuls au monde de René Chanas : Geneviève 1953 : Je suis un mouchard de René Chanas : Mado 1953 : Leur dernière nuit de Georges Lacombe : Madeleine Marsan 1953 : Minuit… quai de Bercy de Christian Stengel : Irène Cazenave 1954 : L'Affaire Maurizius de Julien Duvivier : Elisabeth Maurizius 1955 : Le Couteau sous la gorge de Jacques Séverac : Mado 1955 : Les Chiffonniers d'Emmaüs de Robert Darène : Vatier 1956 : Les Possédées de Charles Brabant : Agata 1956 : Mannequins de Paris d'André Hunebelle : Véronique Lanier 1957 : Les Louves de Luis Saslavsky : Julia Pradal 1958 : La Bonne Tisane d'Hervé Bromberger : Maine Lecomte 1959 : Péché de jeunesse de Louis Duchesne et René Thévenet : Mathilde Belin 1959 : À double tour de Claude Chabrol : Thérèse Marcoux
Années 1960 1960 : Les Arrivistes ou La Rabouilleuse de Louis Daquin : Flore Brazier 1961 : Jour après jour (Giorno per giorno disperatamente) d'Alfredo Giannetti : Tilde 1961 : Le Goût de la violence de Robert Hossein : Bianca 1962 : La Croix des vivants d'Ivan Govar : Madame Van Domeck 1962 : Leviathan de Léonard Keigel : Madame Londe 1962 : Le Gentleman d'Epsom de Gilles Grangier : Maud 1962 : Le Diable et les Dix Commandements de Julien Duvivier, épisode Tes père et mère honoreras / Tu ne mentiras point : Germaine Messager 1962 : Le Procès (The trial) d'Orson Welles : Madame Grubach 1962 : La Salamandre d'or (Il Paladino della corte di Francia) de Maurice Régamey : Louise de Savoie 1963 : Couple interdit (El juego de la verdad) de José María Forqué : Lucia Bernardo 1964 : Agent spécial à Venise (Voir Venise et crever) d'André Versini : Madame Trégard 1964 : Un gosse de la butte (Rue des Cascades) de Maurice Delbez : Hélène 1965 : Piège pour Cendrillon d'André Cayatte : Jeanne Mureau 1966 : Un monde nouveau de Vittorio De Sica : la femme riche 1966 : Le Voyage du père de Denys de La Patellière : la tenancière du Trianon Années 1970 1970 : Le Cœur fou de Jean-Gabriel Albicocco : Clara Noël 1971 : Le Petit Matin de Jean-Gabriel Albicocco : Éva 1971 : Aussi loin que l'amour de Frédéric Rossif : la femme du bar 1978 : On peut le dire sans se fâcher (La Belle Emmerdeuse) de Roger Coggio : la mère de Pauline 1978 : L'Amant de poche de Bernard Queysanne : Madame Josée 1978 : Une histoire simple de Claude Sautet : la mère 1979 : Corps à cœur de Paul Vecchiali : la mère 1979 : Les Sept Jours en janvier (Siete días de enero) de Juan Antonio Bardem : Adelaïda
Années 1980 et 1990 1982 : J'ai épousé une ombre de Robin Davis : Madame Meyrand 1985 : Hors-la-loi de Robin Davis : la femme du ranch