La Tentara Nasional Indonesia Angkatan Udara (« Force aérienne de l'armée nationale indonésienne ») est la force aérienne de la république d'Indonésie.

Histoire Les débuts Quand la guerre du Pacifique éclate en 1941, il n'y a dans toutes les Indes orientales néerlandaises que deux pilotes indigènes dans l'aviation militaire de l'armée royale des Indes néerlandaises (Militaire Luchtvaart ou ML-KNIL). L'un des deux est le lieutenant Adisutjipto (dont l'ancien aéroport international de Yogyakarta porte le nom). L'autre pilote meurt lorsque son Martin B-10 est abattu par un chasseur japonais au large de la péninsule Malaise. Adisutjipto, affecté à un escadron de reconnaissance, survivra.

Il sera le seul pilote disponible lorsque l'armée de l'air indonésienne est fondée le sous le nom d'Angkatan Udara Republik Indonesia ou AURI ("force aérienne de la république d'Indonésie"). Pour comparaison, l'Inde a pilotes quand elle devient indépendante en 1947. . En revanche, l'AURI avait hérité d'une centaine d'appareils d'entraînement japonais Kawanishi K5Y1 "Churen".

Le transfert par les Néerlandais thumb|North American B-25 Mitchell de l'armée de l'air indonésienne en 1952 Après le transfert formel de souveraineté du royaume des Pays-Bas à la république d'Indonésie en 1949 à La Haye, l'AURI récupère le matériel et les installations de la ML. Sa flotte est ainsi composée de : 36 avions de transport Douglas C-47 Skytrain, 22 bombardiers North American B-25 Mitchell, 22 chasseurs North American P-51 Mustang, 18 avions d'observation Auster AOP 9, 40 avions d'entraînement North American AT-6 Harvard, 5 hydravions PBY-5 Catalina, 26 avions d'entraînement Vultee BT-13 Valiant et 4 avions de transport Lockheed L-12.

Équipement américain L'AURI achète ensuite 10 bombardiers Martin B-26 Marauder pour remplacer les B-25. Elle envoie aussi 60 officiers en formation aux États-Unis. Au moment de la conférence Afro-Asiatique de Bandung en 1955, l'armée de l'air indonésienne est la plus puissante d'Asie du Sud-Est.

Équipement soviétique En 1958 éclate la rébellion séparatiste du PRRI/Permesta à Padang (Sumatra occidental) et Manado (Sulawesi du Nord), soutenue par les États-Unis. L'Indonésie est frappée d'un embargo américain. L'Indonésie se tourne alors vers l'Union soviétique et acquiert des bombardiers biréacteurs Tupolev Tu-16. Par ailleurs, la république populaire de Chine met à la disposition 12 bombardiers Tupolev Tu-2, 24 chasseurs bombardiers Lavotchkine La-11 et 12 chasseurs Mikoyan-Gourevitch MiG-17. Enfin, l'Union soviétique livre aussi à l'Indonésie son chasseur le plus moderne, le Mikoyan-Gourevitch MiG-21, faisant de l'armée de l'air indonésienne la seule de l'hémisphère sud à posséder des appareils capables de voler à Mach 2.

Équipement occidental La situation changera après le mouvement du 30 septembre 1965 et la répression anti-communiste qui s'ensuit. L'Indonésie renoue avec les États-Unis mais est tellement endettée qu'elle doit réduire son budget de défense. En plus, l'implication de l'armée de l'air dans le mouvement (six généraux avaient été enlevés et emmenés à la base aérienne de Halim près de Jakarta) la rendait suspecte aux yeux du nouveau régime de Soeharto, issu de l'armée de terre. thumb| Douglas A-4 Skyhawk indonésien dans un musée. Il est équipé de canons DEFA et d'une avionique différentes des standards américains. Graduellement, le matériel d'origine soviétique se détériore faute de pièces de rechange. L'armée de l'air sera finalement autorisée à se rééquiper. Elle acquiert des avions d'entraînement américains T-33, des chasseurs CAC Sabre de la Royal Australian Air Force, des avions de liaison et d'attaque au sol Rockwell OV-10 Bronco, des A-4E Skyhawk de l'armée de l'air israélienne, des chasseurs BAE Hawk, des F-5E/F Tiger II et finalement des F-16 A/B.

L'embargo américain L'armée de l'air indonésienne a été l'objet d'un embargo des États-Unis à la suite des violences qui ont suivi un référendum au Timor oriental en 1999, où près de 80 % de la population avait voté en faveur de l'indépendance. Cet embargo a notamment cloué au sol ses General Dynamics F-16 Falcon et A-4 Skyhawk, qui constituaient alors près de 80 % de sa flotte de combat. En réponse à l'embargo, l'Indonésie avait acheté en 2003 deux Soukhoï Su-27 Flanker (puis 3 Soukhoï Su-27SKM seront livrés en ) et deux Soukhoï Su-30 Flanker-D, toujours en 2003 (un contrat pour 6 Soukhoï Su-30MK2 additionnels sera signé le , les appareils étant livrés à partir de ).

Une politique de diversification reflétant un désir de non-alignement Le , le ministère de la Défense indonésien a annoncé sa décision de remplacer les 9 Northrop F-5 Freedom Fighter restants par des Soukhoï Su-35 qui devaient être livrés au début des années 2020 et à cette occasion, le ministre a réaffirmé la politique indonésienne de non-alignement, reflétée par des achats de matériels aussi bien américains que chinois ou russes"Defence Ministry Decides Sukhoi-35 To Replace F-5 Tiger", Tempo, 3 septembre 2015. Cependant, le , la commande est annulée sous la pression des États-Unis.

Le , le gouvernement indonésien signe un contrat pour six chasseurs Dassault Rafale. La commande totale prévoit la livraison de 42 de ces avions de combat à partir de 2026.. La vente pour 733 millions d'euros auprès d'Excalibur International, une filiale du groupe de défense tchèque CSG, de 12 Mirage 2000-5 ex qataris est confirmé le ..

Incidents Le défi pour l'Indonésie est de pouvoir surveiller son espace aérien avec des moyens encore insuffisants. Comme le reconnaissait le commandant de la défense aérienne indonésienne, le général de division aérienne Hadiyan Sumintaatmadja, en , après l'interception d'un avion civil, "c'était alors par hasard en effet". Pour l'instant, les moyens d'interception de l'armée de l'air indonésienne se limitent à un escadron de F-16 et un de F-5 basés à Iswahyudi dans l'est de Java, un escadron de Su-27/Su-30 basé à Makassar dans le sud de Célèbes et un embryon d'escadron de F-16 basé à Pekanbaru dans l'est de Sumatra. Si un appareil étranger pénétrait l'espace aérien indonésien à Medan à l'ouest ou à Sorong à l'est, l'armée de l'air est impuissante : "Pour aller à Sorong il faut environ 2 heures, à Medan aussi environ 2 heures avec un Sukhoi ou un F-16. Ce que nous pouvons faire se limite à observer, puis faire un rapport au commandant de l'armée, pour faire une note diplomatique""Udara Luas, Pesawat Sedikit" ("le ciel est vaste, les avions peu nombreux"), Kompas, 16 novembre 2014. À l'époque, l'Indonésie n'avait pas encore reçu les premiers F-16 pour former l'escadron de Pekanbaru. Par ailleurs, des négociations ont commencé pour l'acquisition d'un escadron de Su-35 pour remplacer les neuf F-5 d'Iswahyudi"Russia, Indonesia begin talks on Sukhoi Su-35 deliveries", Interfax, 7 avril 2015.

Le , deux F-16 interceptent un Boeing 777 d'Ethiopian Airlines immatriculé ET-AVN se rendant d'Addis Abeba à Hong Kong sans autorisation de survol du territoire indonésien.

Le , deux avions interceptent un Airbus A320 immatriculé V8-RBT (c'est-à-dire de Brunei) qui avait illégalement pénétré l'espace aérien des îles Riau.

Le , un Cirrus SR-20 du loueur d'avions américain Aircraft Guaranty, piloté par le lieutenant commander (l'équivalent d'un capitaine de corvette français) James P. Murphy de la US Navy, qui se rendait de Mindanao aux Philippines, à l'aéroport de Seletar à Singapour, est intercepté par deux Sukhoi de la base aérienne Hasanuddin de Makassar, et contraint de se poser à l'aéroport de Tarakan (Kalimantan du Nord). L'avion voulait faire un raccourci en survolant mais n'avait pas les autorisations nécessairesN. Adri, "US Navy Pilot can't resume flights, held at TNI lodge", The Jakarta Post, 10 novembre 2015.

Le , deux Sukhoi de Hasanuddin interceptent un biréacteur Gulfstream saoudien immatriculé HZ-103 qui volait des Philippines vers l'Australie sans autorisation pour traverser l'espace aérien indonésien et l'ont forcé à atterrir sur l'aéroport El Tari à Kupang"Private jet bound for Darwin from Saudi Arabia intercepted... two weeks after fighter jets 'locked on' to Australian plane for 'violating' the country's airspace", www.dailymail.co.uk, 3 novembre 2014.

Le , deux F-16 stationnés à l'aéroport de Batam près de Singapour interceptent un avion civil qui volait de Colombo au Sri Lanka à Singapour.

Le , deux Sukhoi décollent de l'aéroport de Batam pour intercepter un Beechcraft King Air BE9L immatriculé VH-PKF (c'est-à-dire en Australie) mais piloté par un instructeur militaire singapourien avec deux élèves chinois. L'avion a été contraint d'atterrir sur la base aérienne Supadio à PontianakBagus BT Saragih, "Another foreign plane intercepted by RI fighter jets", The Jakarta Post, 29 octobre 2014.

Le , un bimoteur Beechcraft Travel Air piloté par deux Australiens est intercepté par deux Sukhoi de Makassar et forcé d'atterrir sur la base aérienne Sam Ratulangi de Manado. Il avait pénétré l'espace aérien indonésien mais refusé d'en sortir sur l'injonction de la base de Manado"Indonesian jets ‘force Australian plane to land’", www.news.com.au, 22 octobre 2014. L'avion était parti de Darwin et se rendait aux Philippines.

Rien que dans les 9 premiers mois de 2013, l'armée de l'air indonésienne a dû par 4 fois forcer des appareils étrangers, dont un Dornier 328 de l'US Air Force, à atterrir parce qu'ils avaient violé l'espace aérien indonésienAndi Hajramurni, "4 foreign aircraft forced down by RI Air Force in 2013", The Jakarta Post, 7 octobre 2013.

En 2012, deux Sukhoi Su-30, également de Makassar, forcent un Cessna 208 à atterrir sur l'aéroport international Sultan Aji Muhamad Sulaiman de Balikpapan.

En 2011, ç'avait été le cas d'un Boeing 737-300 de la Pakistan International Airlines, et un appareil transportant le vice-premier ministre de la Papouasie-Nouvelle-Guinée Belden Namah.

En , deux F-16 armés décollent en urgence de la base aérienne Iswahyudi pour intercepter cinq F/A-18 Hornet de la US Navy qui manœuvraient au-dessus de l'île de Bawean à l'est de Java. L'incident s'est terminé pacifiquement après un échange de signaux manuels Friend or Foe. Un porte-parole indonésien a ensuite expliqué que les appareils avaient demandé l'autorisation d'entrer dans l'espace aérien indonésien pour escorter un porte-avions, mais que la demande était arrivée trop tard au quartier général de la défense aérienne à Jakarta pour des raisons bureaucratiques..

En 2000, 5 appareils de la Royal Australian Air Force ont été interceptés.

Organisation L'armée de l'air indonésienne est organisée en trois commandements opérationnels (KOOPSAU), un à base aérienne Halim Perdanakusuma à Jakarta, à la base aérienne Hasanuddin à Makassar dans South Sulawesi au sud de Celebes et à la base aérienne de Biak.

Les unités, skadron udara ("escadrons aériens") sont réparties entre ces 2 commandements.

KOOPSAU I

BaseVilleProvinceRoesmin NurjadinPekanbaruRiauSupadioPontianakKalimantan occidentalHalim PerdanakusumaJakartaJakartaSuryadarmaPurwakartaJava occidentalAtang SendjajaBandungJava occidentalAdisutjiptoYogyakartaYogyakarta

KOOPSAU II BaseVilleProvinceIswahyudiMadiunJava orientalAbdurrachman SalehMalangJava orientalSultan HasanuddinMakassarSulawesi du Sud

KOOPSAU III BaseVilleProvinceEl TariKupangPetites îles de la Sonde orientalesSilas PapareJayapuraPapuaManuhuaBiakPapua

Unités A ses débuts, l'armée de l'air indonésienne possédait 5 escadrons, numérotés de 1 à 5 : 1 : combat tactique, 2 : transport léger, 3 : chasse, 4 : transport léger, 5 : observation,

Les numéros 6 à 9 étaient réservés à des escadrons d'hélicoptères. Par la suite, les numéros 11 à 19 ont désigné des escadrons de combat, 21 et 22 de bombardement, 31 et 32 de transport lourd, et 41 et 42 de bombardement à long rayon d'action.

En 2015, l'armée de l'air indonésienne était composée des unités suivantes :