Françoise Isabelle Louise Marie d’Orléans (en grec moderne : ), princesse d'Orléans puis, par son mariage, princesse de Grèce et de Danemark, est née le à Paris et morte dans cette même ville le . Mère de l’écrivain Michel de Grèce, c’est une descendante de , roi des Français, et un membre de la famille royale hellène.

Françoise d’Orléans passe son enfance et son adolescence entre la France et le Maroc, où ses parents, le duc et la duchesse de Guise, s’installent à partir de 1910. Sur les domaines de Larache et de Maarif, la jeune fille mène une existence assez libre et participe fréquemment aux travaux agricoles à tel point que, durant la Première Guerre mondiale, elle aide sa mère à diriger l’exploitation familiale en l’absence du personnel européen. En 1921, un projet matrimonial voit le jour entre Françoise et le jeune roi mais le mariage ne se concrétise pas, malgré le soutien officieux du gouvernement français.

C’est seulement en 1929 que la jeune femme trouve un époux en la personne du prince Christophe de Grèce. Avec lui, elle s’installe en Italie où elle mène une existence oisive jusqu’à ce que le couple se retrouve ruiné. Désargentée, Françoise se voit alors dans l’obligation d’emprunter de l’argent à son père et de poser pour des photos publicitaires, ce qui n’est pas sans faire scandale. En 1940, le prince Christophe de Grèce trouve la mort et sa veuve choisit de quitter, avec son fils, l’Italie et son régime fasciste. Après avoir un moment pensé s’installer en Grèce, elle retourne vivre au Maroc, auprès de ses parents. Dans le protectorat nord-africain elle tente, comme elle le peut, de soutenir les Alliés. Puis, après la Seconde Guerre mondiale, la princesse s’installe en Espagne et enfin à Paris, où elle meurt des suites d'une dépression en 1953.

Famille vignette|redresse|gauche|alt=photographie noir et blanc : portrait d'un homme avec une moustache et une barbiche|Le prince Jean d'Orléans, duc de Guise. Françoise d'Orléans est la deuxième fille de Jean d'Orléans (1874-1940), duc de Guise et prétendant orléaniste au trône de France sous le nom de « », et de son épouse, la princesse française Isabelle d'Orléans (1878-1961). Par chacun de ses parents, Françoise est donc une arrière-arrière-petite-fille du roi des Français (1773-1850).

La princesse est également la sœur d'un autre prétendant français, Henri d'Orléans (1908-1999), comte de Paris (le « » des orléanistes), et la tante du prétendant suivant, Henri d'Orléans (1933-2019), comte de Paris et duc de France (le « » des orléanistes).

Le , la princesse Françoise épouse, à Palerme en Italie, le prince Christophe de Grèce et de Danemark (1889-1940). Christophe, dont c'est le second mariage, est le fils cadet du roi (1845-1913) et de sa femme la grande-duchesse Olga Constantinovna de Russie (1851-1926). Par son père, il est le petit-fils du roi (1818-1906), surnommé le « beau-père de l'Europe », ce qui en fait le neveu ou le cousin de très nombreux monarques européens.

De cette union, qui est l'un des rares mariages mixtes de l'époque, naît un seul enfant : Michel de Grèce (1939-2024), prince de Grèce et de Danemark, qui épouse l'artiste grecque Marína Karélla (1940). Il s'agit là d'une union non conforme aux lois de sa maison qui prive le prince de tout droit de succession sur les couronnes de Grèce et de Danemark.

Biographie Une enfance marocaine alt=photographie noir et blanc : portrait d'une femme assise en robe claire|gauche|vignette|La princesse Françoise d'Orléans dans les années 1920. Françoise d'Orléans naît en France dans le de Paris., à une époque où son père, le duc de Guise, n'est pas encore le chef de la maison d'Orléans et n'a donc pas à souffrir des conséquences de la loi d'exil, votée par le Parlement français en 1886. La princesse passe donc les premières années de son enfance au château familial des Orléans, au Nouvion-en-Thiérache. Cependant, en 1909, le duc et la duchesse de Guise décident de partir mener la vie de colons au Maroc et s'installent, l’année suivante, dans la petite ville de Larache avec leurs enfants. Dans la région, la famille achète sans difficulté des terres aux autorités chérifiennes et prend le pseudonyme d'Orliac, nom d’un tambour-major du duc d’Aumale.

vignette|alt=Carte moderne du nord de l'Afrique.|Carte du Maroc espagnol (Rif). Dans le royaume nord-africain, Françoise et sa famille vivent dans des conditions spartiates. Pendant plusieurs années, leur résidence n’est en effet qu’un baraquement en torchis recouvert de tôle ondulée et il faut attendre 1918 pour que cette modeste bicoque laisse la place à une confortable villa dotée d’un plancher et de l’eau courante. Avant l’instauration du protectorat français, les Guise vivent par ailleurs dans une relative insécurité au Maroc : en 1911, une grande révolte berbère secoue en effet le pays et des dizaines d’Européens sont massacrés tandis que le sultan Moulay Abd al-Hafid est assiégé dans Fès. Les parents de Françoise choisissent alors de rester à Larache avec leurs enfants mais, par précaution, les membres de la famille dorment tout habillés, des fusils toujours à portée de main. En 1912, la France et l’Espagne se partagent finalement le pays et la demeure des Guise à Larache se retrouve dans le protectorat espagnol tandis que leur exploitation agricole de Maarif est intégrée à la zone française.

Avec la colonisation, le quotidien de Françoise et de sa famille devient plus facile et les Guise nouent des relations étroites avec le résident général français Hubert Lyautey comme avec les administrateurs espagnols du Rif. Les enfants princiers mènent désormais une vie assez libre sur la plantation familiale mais reçoivent cependant une éducation très stricte, dirigée par la duchesse de Guise elle-même. Cette dernière enseigne à sa progéniture l’anglais, qu’elle parle couramment puisqu’elle a passé son enfance en exil au Royaume-Uni, tandis qu’une préceptrice alsacienne leur apprend l’allemand et une institutrice italienne le toscan. Les enfants s’initient par ailleurs à l’espagnol, qui est la langue des colons de la région, et même à l’arabe, grâce au contact des indigènes. Sur ordre de leur mère, Françoise, son frère et ses sœurs doivent ainsi utiliser, chaque jour, une langue différente pendant leurs jeux.

vignette|redresse|gauche|alt=photographie noir et blanc : portrait d'une femme assise en robe claire|La duchesse de Guise en 1935. La famille n'oublie pas pour autant ses racines françaises. Chaque été, les Guise et leur progéniture viennent passer leurs vacances dans l'hexagone et s’installent alors tantôt chez la duchesse de Chartres, au château de Saint-Firmin, tantôt chez la comtesse de Paris, au château de Randan. Il arrive cependant que le duc et la duchesse quittent le Maroc sans leurs enfants afin de rendre visite à leur nombreuse parentèle européenne. À ces occasions, la fratrie est chargée de gérer la plantation familiale et son éducation est alors quelque peu négligée. La princesse Françoise profite de son temps libre pour apprendre à monter à cheval et devient ainsi une excellente cavalière. Elle est d'ailleurs si douée pour l'équitation qu'elle devient, plus tard, la seule femme à recevoir l’autorisation de s’entraîner à l’école militaire romaine de cavalerie de Tor di Quinto.

De la Grande Guerre à l’exil bruxellois La duchesse de Guise et ses enfants sont en vacances à Randan lorsqu’éclate la Première Guerre mondiale, le . Aussitôt, la princesse et sa progéniture s’empressent de rejoindre Jean d’Orléans, resté à Larache. Mais, à peine rentrés au Maroc, Françoise et sa famille repartent en métropole, où le duc de Guise tente sans succès de se faire admettre dans l’Armée française. Débouté de sa demande par le président Poincaré, le prince intègre finalement la Croix-Rouge tandis que son épouse et ses enfants travaillent quelque temps auprès de blessés dans le château de Randan, transformé en hôpital militaire.

vignette|redresse|alt=photographie noir et blanc : portrait d'homme en pied, en grand uniforme, appuyé sur un sabre, avec un shako à plumet|Le roi de Yougoslavie. Après plusieurs mois, Françoise, sa mère et ses frère et sœurs regagnent le Maroc mais s’installent, cette fois, en zone française. À cette époque, les troupes espagnoles stationnées dans le Rif sont en effet fortement germanophiles et la famille préfère échapper à l’atmosphère anti-française qui règne dans la colonie. Pendant près de quatre ans, les Guise attendent donc la fin du conflit et le retour du prince Jean mais la famille ne reste pas inactive pour autant. La guerre ayant vidé la plantation de tout son personnel européen, la duchesse, aidée de ses deux filles aînées, Françoise et Isabelle, prend la direction des domaines marocains et la famille s’occupe elle-même d’un certain nombre de tâches agricoles.

La fin de la guerre ramène Jean d’Orléans au Maroc et les Guise retournent vivre à Larache, où les travaux sont enfin terminés dans la demeure familiale. Cependant, les Guise continuent à effectuer des séjours réguliers en France. Ainsi, en 1921, le duc, la duchesse et leurs enfants ont une entrevue secrète, à Randan, avec le roi , qui se cherche une épouse et souhaite demander Françoise en mariage. Mais, malgré l’accord du gouvernement français qui voit une telle alliance d’un bon œil, le projet matrimonial est un échec et le souverain s'unit finalement à la princesse Marie de Roumanie.

En 1923 et en 1927, les deux sœurs de la princesse Françoise, Isabelle et Anne, se marient tandis que son frère Henri quitte progressivement la demeure familiale pour poursuivre ses études. Entre-temps, le duc de Guise est devenu le chef des Orléans à la mort de son beau-frère, le prince Philippe, en 1926. Le nouveau prétendant a donc décidé de transférer sa résidence principale du Maroc à la Belgique, afin d’être plus facilement en contact avec les organisations monarchistes françaises. Malgré tout, Françoise et ses parents continuent à séjourner près de la moitié de l'année dans leurs domaines marocains.

Princesse de Grèce alt=photographie noir et blanc : portrait d'une femme assise en robe claire|gauche|vignette|La princesse Françoise d'Orléans en 1922. Longtemps célibataire, Françoise rencontre, pour la première fois, son futur époux, lors du mariage de la princesse Mafalda d'Italie et du prince Philippe de Hesse-Cassel, en 1925, au palais Racconigi, près de Turin. Ce n'est cependant que quatre ans plus tard, en 1929, que Christophe de Grèce et Françoise d'Orléans commencent à se fréquenter. C'est en effet chez une tante de Françoise, la duchesse d'Aoste, que les deux jeunes gens font réellement connaissance. Rapidement séduit., le prince hellène cherche à se rapprocher de la jeune femme, qu'il commence à courtiser. De treize ans son aîné, l'homme est veuf d'une riche Américaine, Nancy Leeds, dont il a hérité une grande partie de la fortune. Il vit entre Rome et Palerme, en Italie, depuis le désastre de la guerre gréco-turque de 1919-1922, qui a causé l'exil de la plupart des membres de la famille royale hellène. Très grand et très chauve, le prince n'en est pas moins séduisant : son humour et ses dons artistiques viennent en effet combler les imperfections de son physique. Il est, par ailleurs, entouré d'une aura de mystère qui n'est pas sans rapport avec son goût pour l'occultisme.