vignette|Église de Cossé-en-Champagne où fut baptisée Yvonne Beauvais.

Yvonne-Aimée de Malestroit, née Yvonne Beauvais, en religion « mère Yvonne-Aimée de Jésus », née le à Cossé-en-Champagne (Mayenne) et morte le au monastère des Augustines de Malestroit (Morbihan), est une religieuse augustine française.

Biographie

Enfance Yvonne Beauvais naît le à Cossé-en-ChampagneActe de naissance n°18 de l'année 1901, Registre d'état civil de Cossé-en-Champagne (1901-1910), 4E 82/13 p.12/169, Archives départementales de la Mayenne., village situé dans le Maine entre Laval et Le Mans. Elle est la fille d'Alfred Beauvais, négociant en vin, et de son épouse Lucie (née Brulé), institutrice. Elle a une sœur aînée, Suzanne. Elle est baptisée trois mois plus tard. Son père meurt le à . À la mort de son père, qui a fait de mauvaises affaires, sa mère se trouve financièrement contrainte de vendre la maison familiale. Yvonne est confiée à ses grands-parents. Ceux-ci lui enseignent la générosité envers les pauvres et très tôt, elle cherche à leur donner ce qu’elle a de plus précieux. Sa grand-mère lui apprend à mieux connaître Jésus et depuis lors, jamais elle ne séparera l’amour de Dieu de l’amour des autres.. Sa grand-mère lui lit un ouvrage posthume écrit par une jeune religieuse normande, publié quelques années plus tôt et qui connaît un grand succès en renouvelant la relation de l'Homme à Dieu : ’Histoire d’une âme de Thérèse de Lisieux, ouvrage qui marque Yvonne au point qu'elle souhaite ardemment « devenir une sainte ».

Elle rejoint sa mère à l'âge de six ans et la suit dans les différents pensionnats dont elle a la direction..

Suite au décret "Quam singulari" publié par le pape Pie X le , Yvonne, âgée de neuf ans, peut faire sa première communion tant désirée. Le lendemain, , Yvonne voue sa vie au Christ dans une lettre qu'elle lui écrit avec son sang : « Ô mon petit Jésus, Je me donne à toi entièrement et pour toujours. Je voudrai toujours ce que tu voudras. Je ferai tout ce que tu me diras de faire. Je ne vivrai que pour toi. Je travaillerai en silence. Et, si tu veux, je souffrirai beaucoup en silence. Je te supplie de me faire devenir sainte, une très grande sainte, une martyre. Fais-moi être fidèle, toujours. Je veux sauver beaucoup d'âmes et t'aimer plus que tout le monde, mais je veux aussi être toute petite afin de te donner plus de gloire. Je veux te posséder mon petit Jésus, et te rayonner, je veux n'être qu'à toi, mais je veux surtout ta volonté. Ta petite Yvonne »..

Jeunesse Adolescente, Yvonne passe deux années scolaires en Angleterre qui lui permettront de développer toute sa sensibilité artistiqueÀ 14 ans, en Angleterre, où elle continue ses études, elle prend l’habitude de réciter chaque jour le « Petit Office de la Sainte Vierge ».. Revenue en France, elle termine ses études et se consacre au service des pauvres en se rendant quotidiennement dans les quartiers les plus dangereux de Paris, la « zone rouge »« La zone, la frontière entre Paris et la banlieue, a longtemps été sacrifiée par les politiques publiques »., pour secourir des familles en détresse. Créative, elle se procure l'argent nécessaire à leurs besoins en exerçant différents métiers improvisés : peintre d'images et de tableaux, concertiste, romancière, bonne à tout faire et cuisinière extra. Un témoin de l’époque a rapporté à propos de la mère Yvonne-Aimée : « Je l’ai entendu dire un jour à Notre Seigneur : "Je n’ai pas pu Te recevoir dans l’hostie (elle était malade), je vais Te retrouver chez Tes pauvres que Tu as consacrés comme Tu as consacré l’hostie" ».

Plus tard, le père René-Marie de La Chevasnerie, S.J., relatera ces épisodes de la vie d'Yvonne dans le livre Monette et ses pauvresVoir référence ouvrage..

Durant ces années, sa mère cherche à la marier, mais Yvonne repousse tous les prétendants qu'elle lui présente jusqu'à sa rencontre avec Robert, un jeune futur médecin, avec qui elle accepte de se fiancer.

Entrée au monastère de Malestroit En 1922, elle est atteinte d'une fièvre paratyphoïde dont elle se remet difficilement. Ses violents maux de tête la reprennent et ne la quitteront qu'à sa mort. Elle part en mars, pour la première fois, en convalescence à la clinique des Sœurs augustines hospitalières de la Miséricorde à Malestroit (Morbihan)Sœurs augustines hospitalières de la Miséricorde à Malestroit : Mère Yvonne-Aimée où elle se remet de cette fièvre.

Le , dans sa chambre à Malestroit, elle a une expérience mystique au cours de laquelle Jésus lui montre la Croix : « Veux-tu la porter ? ». C'est à cette époque que commencent les grâces et phénomènes extraordinaires dont elle sera l'objet toute sa vie. Sa vocation religieuse est alors évidente et elle doit rompre ses fiançailles avec Robert. L'évêque de Vannes, informé de ses dons mystiques, refuse qu'elle entre à Malestroit craignant qu'elle n'ait trop d'influence sur la communauté. Il la confie au père Joseph de Tonquédec qui impose une enquête rigoureuse qui lui est « extrêmement pénible ». Elle vit alors au foyer de l'avenue de Versailles à Paris.

En 1926, elle subit dans le cadre de cette enquête des agressions morales et mêmes physiques, ce qui entraîne pour elle une période de « souffrances aiguës ». Elle n'hésite pas alors à affirmer : « Pour moi, c'est la nuit la plus absolue, une souffrance indéfinissable » – qu'elle vit en esprit de réparation.

En 1927, elle reçoit finalement l'autorisation d'entrer au monastère des Augustines de Malestroit pour y commencer son noviciat, sous le nom de sœur Yvonne-Aimée de Jésus. Femme pratique autant que mystique, grande organisatrice, elle lance en 1928 - elle a - le projet d'une clinique moderne à proximité du monastère, clinique qui ouvrira ses portes en 1929. En 1932, elle devient maîtresse des novices et en 1935, elle est élue supérieure du monastère de Malestroit.

Très active malgré ses graves problèmes de santé, visionnaire, elle réforme profondément la communauté des Augustines hospitalières. D’un tempérament fédérateur, elle a également fortement marqué l’ordre de son empreinte. En 1946, soucieuse de maintenir une unité entre les maisons et de consolider les liens de charité et d’entraide, la mère Yvonne-Aimée obtient de Rome la création de la toute première Fédération de monastères féminins réunissant les communautés d’Europe et d'Afrique issues de Dieppe. Elle en est élue supérieure générale.

Dès 1922, Yvonne Beauvais avait reçu du Seigneur l'invitation à prier et à faire prier l'invocation suivante : « Ô Jésus Roi d'Amour, j'ai confiance en votre Miséricordieuse Bonté ». Cette dévotion est étendue à l’Église universelle par le pape en 1958.

Pendant la guerre Sous l'Occupation, elle soigne à la clinique de Malestroit aussi bien des blessés allemands que des parachutistes anglais et des résistants (spécialement ceux du maquis de Saint-Marcel). Elle héberge clandestinement à la clinique le général Audibert (commandant de la région ouest de l'Armée secrète)Témoignage de sœur Marie-Bernard d'Antin sur le site de l'INA. et apporte une aide active à la Résistance. En , un prêtre, la soupçonnant d'imposture, l'accuse d'être une « fausse mystique » et prépare un procès pour la dénoncer aux autorités religieuses.

Le , comme elle en avait eu la prémonition, elle est arrêtée à Paris par la Gestapo au prieuré Notre-Dame-de-ConsolationPetit prieuré ouvert à Paris dans le quartier d’Auteuil par Yvonne Beauvais en pour permettre aux jeunes religieuses de l’Ordre de préparer leurs diplômes d’hospitalières. et amenée à la prison du Cherche-Midi. Torturée, elle se serait évadée « miraculeusement » après avoir demandé des prières au père Paul Labutte, son fils spirituel, auquel elle apparaît dans le métro, en bilocation...

Après la guerre, le , elle reçoit la Croix de guerre avec palme, à Saint-Marcel. Le , le général de Gaulle en personne lui remet la Légion d'honneur, à Vannes, pour avoir caché et soigné à la clinique soldats alliés et résistants bretons. Le , on lui décerne la médaille de la Résistance et la médaille de la Reconnaissance française.

En 1946, elle fonde la Fédération des monastères d'Augustines dont elle est élue première supérieure générale.

Le , la clinique de Malestroit reçoit la Croix de guerre avec palme pour avoir sauvé plus de cent parachutistes, aviateurs et maquisards.. Quant à la mère Yvonne-Aimée, elle est décorée de la King's Medal for Courage in the Cause of Freedom par le consul du Royaume-Uni.

Le soir du , elle meurt à Malestroit d'une hémorragie cérébrale foudroyanteUn de ses biographes, le docteur Patrick Mahéo, a fait un historique de ses maladies : fièvre paratyphoïde, scarlatine, syndrome néphrotique, tuberculoses pulmonaire et rénale, hypertension artérielle, fibrome de l'utérus dont elle est opérée, cancer du sein. alors qu'elle s'apprêtait à partir pour l'Afrique du Sud.. Elle a .

Six ans plus tard, on ouvre son cercueil ; son corps, qui baigne dans d'eau, est intact. Elle repose toujours aujourd'hui dans le petit cimetière du monastère des Augustines de Malestroit.

Postérité Yvonne Beauvais a laissé des carnets intimes ainsi qu’une abondante correspondance que de nombreux destinataires ont gardée en raison de sa valeur spirituelleMère Yvonne-Aimée, pourvoyeuse de grâces.. En 1924, son confesseur, le père Crété, lui demande de mettre par écrit ses souvenirs et ses rêves..

Le , à la veille de , craignant que son cas ne suscite « une vague d'illuminisme », le cardinal Ottaviani, alors pro-secrétaire du Saint-Office, décrète l'arrêt du procès en béatification (commencé à la suite de son exhumation qui a lieu le ) et interdit la publication d'ouvrages sur elle. Le Saint-Office était en effet circonspect devant le nombre élevé de faits extraordinaires qui auraient jalonné la vie de la mystique : dons de prophétie, de guérison, de bilocation ( recensés), stigmates, prémonitions, xénoglossieSelon Antoine Wenger, , vision et réception d'hosties profanées.et matérialisations (de fleurs, le plus souvent des lis ou des roses, de bagues).

Cependant, en réponse à une demande de la sœur Nicole Legars, alors prieure du monastère des Augustines de Malestroit, le cardinal Franjo Šeper, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, autorisa, dans une lettre du , la publication d’une biographie sur Yvonne Beauvais, et suggéra même le nom du chanoine René Laurentin pour ce faire. Cette biographie devint le livre Yvonne-Aimée de Malestroit : Un amour extraordinaire, de l'abbé René Laurentin, auquel l'évêque de Vannes, Pierre Boussard, accorda l'imprimatur en ces termes, le :

En 2009, Raymond Centène, évêque de Vannes, a de nouveau demandé, très officiellement, que le Vatican examine attentivement le dossier..

Extrait de lettres Venez à moi, vous tous qui peinez ː

Distinctions

(décret du ) (1945) (décret du )

(Royaume-Uni)

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie

Sur Yvonne-Aimée de Malestroit . .

. . .

. . 1. . 2. . 3. . 4. . 5. . . . . .

Étude filmée Noces du Ciel et de la terre (2000). Les Noces du Ciel et de la terre. DVD réalisé par France 3 à partir de témoignages, diffusion F.-X. de Guibert . Yvonne-Aimée de Malestroit - Songe prophétique du 25 mars 1929, et des honneurs qu'elle recevra en 1945.

Ouvrages généraux .

Articles connexes

Bilocation Miracle Mystique

Liens externes

Site officiel du monastère des Augustines hospitalières de Malestroit Biographie d'Yvonne-Aimée sur le site des augustines de Malestroit Cossé-en-Champagne, village natal de Mère Yvonne Aimée de Jésus Débarquement : sept portraits de femmes dans la Résistance bretonne / Mère Yvonne-Aimée, la vertu du mensonge Histoire de Mère Yvonne-Aimée de Malestroit : Prophéties, apparitions de fleurs, bilocations ...

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