Esvres (prononcé ), appelée également Esvres-sur-Indre, est une commune française située dans le département d'Indre-et-Loire, en région Centre-Val de Loire.
Le territoire d'Esvres porte des traces d'occupation humaine depuis le Paléolithique. C'est surtout au que les indices s'accumulent (nécropoles, établissements ruraux, habitat groupé) pour suggérer l'existence d'une agglomération protohistorique dont l'importance et les contours restent cependant à définir, mais qui semble rester active jusqu'au Bas-Empire. Esvres, que cite déjà Grégoire de Tours, devient au le siège d'une viguerie, puis celui d'une seigneurie au Moyen Âge central. Au , la commune ne connaît qu'une faible baisse de sa population, et le nombre de ses habitants augmente sans cesse depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, épisode par ailleurs marqué sur le plan local par plusieurs figures de la Résistance. Aux , outre sa forte croissance démographique , Esvres connaît un important développement économique avec notamment la création d'une zone industrielle très active le long de la , principal axe routier entre Tours et Loches. La vocation agricole d'Esvres se maintient pourtant ; la céréaliculture domine largement mais les vignes de l'appellation touraine-noble-joué sont bien présentes et la surface qui leur est consacrée augmente même légèrement.
L'église d'Esvres, dédiée à saint Médard, semble construite à partir du mais elle garde des vestiges d'édifices plus anciens, comme une partie de sa façade et de ses fondations. Le château de Montchenin est, du à la Révolution, la villégiature des abbés de Saint-Paul de Cormery. Plusieurs châteaux ou manoirs, souvent médiévaux à l'origine mais reconstruits à la Renaissance et remaniés après la Révolution, constituent une part importante du patrimoine bâti d'Esvres. L'un d'eux, le château de la Dorée, qui a appartenu au à Alexandre-Pierre Odart, maire d'Esvres et savant ampélographe, accueille le troisième plus grand site français du groupe AG2R La Mondiale ; l'entreprise y emploie en 2016 plus de .
Le patrimoine naturel est constitué de quatre zones naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique] (ZNIEFF) liées aux vallées de l'Indre ou de ses affluents, ou aux massifs boisés encore très présents dans le nord du territoire communal.
Géographie Localisation et communes limitrophes Esvres est une commune de la vallée de l'Indre, le bourg se trouvant au niveau du confluent de cette rivière et de l'Échandon, l'un de ses affluents. La localité se trouve à environ au sud-est de Tours., distance exprimée à vol d'oiseau. Dans la partie nord-est du canton de Monts ( séparent Esvres du bureau centralisateur.), Esvres est rattachée à l'aire urbaine et au bassin d'emploi de Tours alors qu'elle est le siège d'une unité urbaine et d'un bassin de vie.
Géologie et relief vignette|redresse=1.2|alt=Carte en couleurs représentant les strates géologiques affleurantes d'un territoire.|Carte géologique simplifiée d'Esvres.. Au sud du Bassin parisien géologique, le territoire d'Esvres est centré sur une légère cuvette (synclinal de Courçay) remplie du calcaire lacustre de Touraine déposé à l'Éocène (e7) sur les strates calcaires crétacées ; la plus récente de ces dernières est celle de la Craie de Blois, blanche avec des inclusions de silex. En périphérie de cette cuvette se retrouvent des dépôts sableux fossilifères du Miocène., intacts au nord (m3-p) mais parfois dégradés au sud (Rm3-p), sableux (E) ou limoneux quaternaires (LP). Les vallées du ruisseau de Nantilly et de l'Échandon ont creusé leur lit dans ce substrat de calcaire lacustre sans jamais atteindre le tuffeau turonien sous-jacent ; l'Indre, par contre, a érodé le plateau jusqu'à entamer cette strate. Des alluvions d'âge variable, témoignant de l'érosion progressive par les cours d'eau, couvrent le fond de leurs vallées (Fw-z).. Le calcaire lacustre, souvent meuliérisé, est utilisé dans la construction sous le nom de « pierre d'Esvres » mais depuis 2003, les carrières ne sont plus en exploitation..
Le territoire communal affecte sensiblement la forme d'un rectangle légèrement allongé du nord au sud et séparé en deux parties inégales par la vallée de l'Indre, environ deux tiers de la superficie de la commune au nord, un tiers au sud. Avec une superficie communale de quand la moyenne nationale s'établit à ., Esvres est une commune de grande taille.
L'altitude moyenne du plateau varie autour de , avec un maximum de au nord-ouest et au nord-est de la commune. L'Indre coule dans une vallée dont l'altitude évolue de vers l'est à vers l'ouest.
Hydrographie vignette|gauche|alt=Photographie d'une source s'écoulant dans un bassin sous un double escalier.|Source de la mairie. vignette|redresse=1.2|alt=Carte matérialisant le tracé des cours d'eau sur un territoire.|Réseau hydrographique d'Esvres. L'Indre traverse le territoire communal d'est en ouest sur une longueur de . et sa vallée, parfois marécageuse, est jalonnée de plusieurs bras morts dont l'emplacement et le tracé ont varié au fil des siècles. Son principal affluent est, sur la rive gauche, l'Échandon qui se jette dans l'Indre à l'entrée du bourg. Sur la rive droite, plus en aval, le ruisseau de Nantilly alimente également l'Indre. Le réseau hydrographique communal, d'une longueur totale de , comprend deux autres petits cours d'eau.
L'Indre, d'une longueur totale de , prend sa source à une altitude de sur le territoire de Saint-Priest-la-Marche dans le département du Cher et se jette dans la Loire à Avoine, après avoir traversé .. Les crues de l'Indre sont le plus souvent de type inondation de plaine. Sur le plan de la prévision des crues, la commune est située dans le tronçon de l'Indre tourangelle, ., dont la station hydrométrique de référence la plus proche est située à Cormery. La hauteur maximale historique a été atteinte en novembre 1770 avec , .. Ce cours d'eau est classé dans les listes 1Le classement en liste 1 est réservé aux cours d'eau qui sont en très bon état écologique, ou identifiés par les SDAGE des eaux comme jouant le rôle de réservoir biologique nécessaire au maintien ou à l'atteinte du bon état écologique des cours d'eau d'un bassin versant, ou dans lesquels une protection complète des poissons migrateurs est nécessaire. et 2Ce classement est attribué aux parties de cours d'eau ou canaux sur lesquels il est nécessaire d'assurer le transport suffisant des sédiments et la circulation des poissons migrateurs. au titre de l'article L. 214-17 du code de l'environnement sur le Bassin Loire-Bretagne. Au titre de la liste 1, aucune autorisation ou concession ne peut être accordée pour la construction de nouveaux ouvrages s'ils constituent un obstacle à la continuité écologique et le renouvellement de la concession ou de l'autorisation des ouvrages existants est subordonné à des prescriptions permettant de maintenir le très bon état écologique des eaux. Au titre de la liste 2, tout ouvrage doit être géré, entretenu et équipé selon des règles définies par l'autorité administrative, en concertation avec le propriétaire ou, à défaut, l'exploitant... Sur le plan piscicole, l'Indre est classée en deuxième catégorie piscicole. Les espèces biologiques dominantes sont constituées essentiellement de poissons blancs (cyprinidés) et de carnassiers (brochet, sandre et perche)..
L'Échandon, d'une longueur totale de , prend sa source dans la commune de Manthelan et se jette dans l'Indre à Esvres, en limite sud du bourg, au droit du pont supportant la RD 62, après avoir traversé six communes.. La station hydrométrique de Saint-Branchs permet de caractériser les paramètres hydrométriques de l'Échandon. Le débit mensuel moyen (calculé sur pour cette station) varie de au mois d'août à au mois de février. Le débit instantané maximal observé sur cette station est de le , la hauteur maximale relevée a été de ce même jour... Ce cours d'eau est classé dans la liste 1 au titre de l'article L. 214-17 du code de l'environnement sur le Bassin Loire-Bretagne et en deuxième catégorie piscicole sur le plan piscicole. Pour ce qui est des carnassiers, on note la présence d’anguilles, de brochets et de perches communes qui dominent..
L'ensemble des cours d'eau de la commune est géré en 2019 par le Syndicat d’aménagement de la Vallée de l’Indre qui a en particulier entrepris en 2017 des travaux de restauration de l’Échandon..
La vaste nappe phréatique du Séno-Turonien du bassin versant de l'Indre s'étend en sous-sol sur l'ensemble de la commune..
Les vallées servent de réceptacle à de nombreuses exsurgences de sources karstiques issues d'infiltrations dans le plateau de calcaire lacustre par le biais de dolines ; c'est par exemple le cas des sources d'Avon à la limite de Truyes. Vingt-deux de ces sources sont recensées sur le territoire communal. Plusieurs d'entre elles s'accompagnent de dépôts de tuf au niveau de leur exsurgence.. ; une autre, canalisée en sous-sol, contourne le chevet de l'église puis passe sous la mairie dans le mur de laquelle se trouve son exutoire..
Les cressonnières installées aux sources d'Avon et sur le ruisseau de Nantilly dont les eaux convenaient bien à leur culture. cessent leur activité dans les années 2000..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Moyenne vallée de la Loire, caractérisée par une bonne insolation () et un été peu pluvieux.. Elle est en outre dans la zone H2b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Reignac-sur-Indre à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Paysages naturels et biodiversité vignette|gauche|alt=Carte en couleurs matérialisant l'emprise des différents types de paysages naturels ou agricoles sur un territoire.|Zonage paysager communal.. La partie septentrionale de la commune, principalement au nord-est de la , reste très boisée ainsi que, dans une moindre mesure, les vallées des cours d'eau ; les bois représentent un tiers de la superficie communale. Le reste du territoire de part et d'autre de l'Indre est occupé par des cultures (céréales au sud de l'Indre et cultures plus variées incluant des prairies, avec une implantation nette de la vigne dans un secteur bien délimité au nord), ou bien construit (habitat et activités commerciales ou industrielles)..
Quatre zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) intéressent, à des degrés divers, le territoire de la commune. vignette|alt=Carte en couleurs matérialisant les secteurs naturels remarquables d'un territoire.|Cartographie des ZNIEFF d'Esvres.